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Personnalité du 26/10/2011 – François MITTERRAND 26 octobre, 2011

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François Mitterrand

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François Mitterrand

né le 26/10/1916 à Jarnac (16) – FRANCE

THEME NATAL

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BIOGRAPHIE

François Mitterrand, (*) né le 26 octobre 1916 à Jarnac (Charente) et mort le 8 janvier 1996 à Paris, est un homme d’État français.

Agent contractuel sous le Régime de Vichy, puis résistant, il est onze fois ministre sous la IVe République. Opposé au retour du général de Gaulle, il affronte celui-ci au second tour de l’élection présidentielle de 1965, qu’il perd. Il devient premier secrétaire du jeune Parti socialiste en 1971. Candidat de l’Union de la gauche à la présidentielle de 1974, il est battu par Valéry Giscard d’Estaing.

Élu président de la République française en 1981, il fait voter plusieurs lois sociales, mais décide le « tournant de la rigueur » devant la menace qui pèse sur le franc. Contraint de nommer Jacques Chirac Premier ministre après la défaite de la gauche aux élections législatives, en 1986, il est néanmoins réélu deux ans plus tard. Son second septennat est notamment marqué par la première nomination d’une femme, Édith Cresson, au poste de Premier ministre, la deuxième cohabitation avec Édouard Balladur, des révélations sur son passé et son mauvais état de santé.

Il détient le record de longévité (14 ans) à la présidence de la République française.

Vie personnelle

Enfance et études

François Maurice Adrien Marie Mitterrand est né dans la ville charentaise de Jarnac, au sein d’une famille bourgeoise catholique et conservatrice. Son grand-père paternel était chef de gare à Jarnac, fils d’un éclusier du Canal de Berry (à Audes dans le département de l’Allier), et un catholique pratiquant. Son père Joseph, était ingénieur de la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans, puis devint industriel vinaigrier et président de la fédération des syndicats de fabricants de vinaigre. Sa mère, Yvonne Lorrain, issue d’une famille de tradition républicaine, était la fille de Jules Lorrain, un négociant en vins et eaux de vie et un conseiller municipal de Jarnac (et neveu par alliance du ministre Léon Faucher). François a trois frères : Robert (1915-2002), polytechnicien ; Jacques (1918-2009), général d’armée aérienne ; Philippe, (1921-1992), exploitant agricole et ancien maire de Saint-Simon en Charente, et quatre sœurs : Antoinette, épouse Ivaldi ; Marie-Josèphe ; Colette, épouse du capitaine Landry ; et Geneviève (1919-2006), épouse Delachenal.

François grandit dans une famille fortunée, ayant l’électricité dès 1922. Il fréquente l’école communale de Jarnac avec son frère Robert jusqu’en 1925. Cette année-là, François entre au collège Saint-Paul d’Angoulême pour entamer des études secondaires. Il se révèle excellent en histoire, en géographie, en latin et en instruction religieuse, et prend goût pour la littérature. Il devient membre de la JEC, structure étudiante de l’Action catholique. En 1933, un discours lui vaut de remporter le Championnat de l’Éloquence.

Il obtient son baccalauréat en 1934 et décide de s’inscrire aux Facultés des lettres et de droit de Paris. À son arrivée dans la capitale, il s’installe au 104 rue de Vaugirard, où se trouve un foyer de pères maristes. Parallèlement, il entre à l’École libre des sciences politiques, de laquelle il sort diplômé en juin 1937. La même année, il obtient un diplôme d’études supérieures de droit public, suite à l’obtention d’une licence ès lettres l’année précédente.

À partir de novembre 1934, François Mitterrand milite pendant environ un an aux Volontaires nationaux, mouvement de jeunesse de la droite nationaliste des Croix-de-feu du Colonel de La Rocque. Il participe aux manifestations contre « l’invasion métèque » en février 1935 puis à celles contre le professeur de droit Gaston Jèze, après la nomination de ce dernier comme conseiller juridique du Négus d’Éthiopie, en janvier 1936. Il cultive par la suite des relations d’amitiés ou de famille avec des membres de La Cagoule. Il est un temps critique littéraire et écrit sur la société contemporaine et la politique dans la Revue Montalembert et dans le quotidien L’Écho de Paris d’Henry de Kérillis, proche du Parti social français. Il y écrit notamment un article regrettant que le quartier latin se soit laissé envahir par le « dehors ». « Désormais, le quartier Latin est ce complexe de couleurs et de sons si désaccordés qu’on a l’impression de retrouver cette tour de Babel à laquelle nous ne voulions pas croire. » Il publie également le 18 mars 1936, un compte-rendu de la conférence donnée par Marcel Griaule sur l’Éthiopie, concluant notamment qu’« Il est toujours utile de connaître l’histoire de peuples si particuliers, et, en même temps, si pareils aux autres, car, au fond, ce n’est pas la couleur de la peau ou la forme des cheveux qui ont donné quelque valeur aux âmes. ». Il se serait aussi inquiété de l’expansionnisme nazi lors de l’Anschluss dans l’un de ses articles. En 1937, il obtient son diplôme de l’École libre des sciences politiques et s’inscrit pour le Service militaire dans l’infanterie coloniale. Il y rencontre son grand ami, Georges Dayan (juif et socialiste) après l’avoir sauvé d’agressions d’antisémites de l’Action française et devient son meilleur ami. En septembre, il est incorporé pour son service militaire dans le 23e régiment d’infanterie coloniale.

En septembre 1939, lors de l’engagement de la France dans la Seconde Guerre mondiale et terminant ses études d’avocat à Paris, il est envoyé sur la ligne Maginot avec le grade de sergent chef, à proximité de Montmédy au 23e régiment d’infanterie coloniale 7e compagnie du capitaine Xavier Louis. En mai 1940, quelques jours avant l’invasion allemande, il se fiance avec Marie-Louise Terrasse (future Catherine Langeais, elle rompra en janvier 1942).

Famille 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, François Mitterrand rencontre une jeune résistante bourguignonne, Danielle Gouze née en octobre 1924. Il l’épouse le 28 octobre 1944. Avec elle, (actuelle présidente de la fondation France Libertés fondée en 1986), il aura trois fils :

D’une relation extra-conjugale avec Anne Pingeot, conservatrice de musée, François Mitterrand a eu une fille : Mazarine Pingeot, née le 18 décembre 1974, à Avignon, agrégée de philosophie (reçue 18e sur 73 à l’agrégation de Philosophie en 1997), enseignante, écrivain et chroniqueuse de télévision.

François Mitterrand a eu en outre sept neveux, dont un des fils de Robert Mitterrand, Frédéric Mitterrand né le 21 août 1947, écrivain, réalisateur et présentateur de télévision, directeur de la Villa Medicis entre 2008 et 2009 puis ministre de la Culture et de la Communication depuis le 23 juin 2009.

Régime de Vichy et Résistance

François Mitterrand et la Seconde Guerre mondiale et François Mitterrand et l’extrême droite.

À la suite de la déclaration de guerre du 3 septembre 1939, François Mitterrand est mobilisé sur la ligne Maginot11. Le 14 juin 1940, le sergent Mitterrand est blessé à l’omoplate droite, et, après des soins rudimentaires, qui lui évitent de perdre un bras, il est fait prisonnier par les Allemands le 18 juin.

Après dix-huit mois dans les stalags IX A de Ziegenhain-Trutzhain et IX C de Schaala et deux tentatives infructueuses, il s’évade en décembre et rentre en France.

En janvier 1942, bien que recherché par les Allemands en tant qu’évadé, après un séjour chez les Levy-Despas à Saint-Tropez, il travaille à la Légion française des combattants et des volontaires de la révolution nationale en tant que contractuel du gouvernement de Vichy puis, à partir de juin, au Commissariat au reclassement des prisonniers de guerre, où il est chargé des relations avec la presse et où il favorisera la fourniture de faux-papiers pour aider les évasions. En juin 1942, il participe à des réunions au château de Montmaur, où sont jetées les premières bases de son réseau de Résistance.

Le 15 octobre 1942, Mitterrand est reçu par le maréchal Pétain avec plusieurs responsables du Comité d’entraide aux prisonniers rapatriés de l’Allier.

En janvier 1943, Mitterrand démissionne du Commissariat, suite au remplacement du vichysto-résistant Maurice Pinot par André Masson, un partisan de la collaboration. Il conserve cependant un poste à la tête des centres d’entraides.

En février 1943, puis plus tard au printemps, il se rapproche de la puissante Organisation de résistance de l’armée (ORA), en cours de formation. Il commence à prendre Morland comme pseudonyme (il utilisera aussi les noms de code Purgon, Monnier, Laroche, capitaine François, Arnaud et Albre) et cofonde le Rassemblement national des prisonniers de guerre avec Maurice Pinot financé par l’ORA.

Plusieurs membres du réseau Mitterrand-Pinot sont, en pratique, membres de l’ORA. François Mitterrand lui-même est considéré par le service Action de l’organisation comme un de ses membres. Plusieurs actions sont décidées en commun entre des dirigeants de l’ORA et des dirigeants du RNPG et exécutées par des militants des deux mouvements.

En mars 1943, Mitterrand rencontre Henri Frenay et le convainc aisément de travailler avec lui. Grâce à Frenay, la Résistance intérieure soutient François Mitterrand contre Michel Cailliau. Cependant, la date du 28 mai 1943, lors de sa rencontre avec le gaulliste Philippe Dechartre a été considérée comme la date de sa rupture définitive avec ses anciens protecteurs de Vichy.

Au printemps 1943, parrainé par deux membres de La Cagoule (Gabriel Jeantet, membre du cabinet du maréchal Pétain, et Simon Arbelloti), il est décoré de l’ordre de la Francisque.

Selon Jean Pierre-Bloch, chef de la section non militaire du Bureau central de renseignements et d’action à l’époque, « c’était sur notre ordre que François Mitterrand était resté dans les services de prisonniers de Vichy. Lorsqu’il a été proposé pour la francisque, nous avons parfaitement été tenus au courant ; nous lui avions conseillé d’accepter cette “distinction” pour ne pas se dévoiler. » (no 2202).

L’activité du RNPG se déplace, au cours de l’année 1943, de la fourniture de faux papiers vers la fourniture de renseignements à la France libre. Selon Pierre de Bénouville, « François Mitterrand avait réussi à mettre sur pied un véritable réseau de renseignement dans les camps. Grâce aux prisonniers de guerre, nous avons pu prendre connaissances d’informations, parfois décisives, sur ce qui se passait derrière les frontières. »

Le 10 juillet 1943, François Mitterrand et le militant communiste Piatzook sont les auteurs d’un coup d’éclat lors d’une grande réunion publique à Paris, salle Wagram, consacrée à la « relève » des prisonniers par les ouvriers. Au moment où André Masson flétrit la « trahison des gaullistes », François Mitterrand l’interpelle de la salle et lui dénie le droit de parler au nom des prisonniers de guerre, qualifiant la relève d’escroquerie. François Mitterrand n’est pas arrêté, sa fuite ayant été facilitée par Piatzook.

C’est à partir de la fin de l’été ou à l’automne 1943 que François Mitterrand entre en résistance passe à la clandestinité, traqué par la Gestapo, le Sicherheitsdienst et la Milice.

Le Sicherheitsdienst (SD) perquisitionne à son domicile, absent. Deux de ses amis sont arrêtés, déportés ; l’un ne revient pas du camp de concentration. Peu après, il est sauvé par la femme du colonel Pfister, dirigeant de l’Organisation de résistance de l’armée, d’une arrestation par la Gestapo. Il est établi que René Bousquet, Secrétaire général de la Police, sentant le vent tourner, a fait prévenir Mitterrand, par l’intermédiaire de l’un de ses collaborateurs, Jean-Paul Martin, des risques d’arrestation qui pesaient sur lui.

En novembre 1943, il se rend à Londres, puis à Alger, où il rencontre le général de Gaulle, le général Giraud et Pierre Mendès France. La rencontre fut âpre, De Gaulle demande à ce que les organisations de prisonniers fusionnent sous l’égide de M.R.P.G.D., seule condition pour recevoir matériel et argent. Mais Mitterrand refuse la tutelle du mouvement de Michel Cailliau. Finalement, de Gaulle accepte les conditions de François Mitterrand. Le 18 mars 1944, Henri Frenay écrit à Michel Cailliau qu’il se « porte personnellement garant » de François Mitterrand, et que le général de Gaulle partage son point de vue.

À partir de février 1944, François Mitterrand dirige, en France, le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés, qui unifie tous les réseaux de résistance de prisonniers de guerre.

En août 1944, Mitterrand participe à la libération de Paris, où il s’empare du siège du Commissariat général aux prisonniers de guerre. Il est nommé secrétaire général des prisonniers et des victimes de guerre. Puis, en octobre 1944, après avoir épousé Danielle Gouze, il monte avec Jacques Foccart l’opération Viacarage, dont l’objectif est la libération des camps de prisonniers et de concentration.

Enfin, en avril 1945, François Mitterrand accompagne le général Lewis comme représentant de la France pour la libération des camps de Kaufering et de Dachau, à la demande du général de Gaulle. C’est là, en compagnie de Pierre Bugeaud, qu’il découvre, « par un hasard providentiel », Robert Antelme, mari de son amie Marguerite Duras, à l’agonie, atteint du typhus. Les mesures sanitaires interdisant de l’évacuer, il organise l’évasion de cet ancien membre de son réseau. Rétabli, celui-ci sera l’auteur d’un livre important sur la déportation : L’Espèce humaine.

Carrière politique

Gouvernement provisoire et Quatrième République

Ascension, glissement vers la gauche et libéralisme colonial (1944-1954)

Peu après, François Mitterrand participe au gouvernement des secrétaires généraux voulu par le général de Gaulle avant l’installation du gouvernement provisoire à Paris.

Invité à « plancher » devant l’atelier « L’Abbé Grégoire », affilié à la loge maçonnique Grande Loge de France (GLF), il est expulsé manu militari à la demande de Jean Pierre-Bloch qui ne peut tolérer la présence d’une personne décorée de la Francisque dans une loge, alors qu’il lui aurait demandé d’accepter cette distinction.

Le 28 octobre 1944, il épouse Danielle Gouze à la mairie, puis à l’église Saint-Séverin à Paris.

En 1945, François Mitterrand et André Bettencourt apportent un témoignage en faveur du fondateur du groupe L’Oréal, mais aussi collaborateur et ancien financier de la Cagoule, Eugène Schueller. François Mitterrand est alors (brièvement) engagé comme président-directeur général des Éditions du Rond-Point (et directeur du magazine Votre Beauté) appartenant au groupe fondé par Schueller.

En février 1946, François Mitterrand adhère à l’Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR), qu’il préside ensuite de 1953 à 1965 et qui lui offre un premier laboratoire politique.

Candidat aux élections de la seconde Assemblée constituante, le 6 juin 1946, dans la 5e circonscription de la Seine, il ne recueille que 6 % des voix. Par la suite, François Mitterrand hésite entre s’implanter politiquement dans la Vienne ou dans la Nièvre24. Eugène Schueller le convainc alors de se présenter dans la Nièvre. Avec l’aide du clergé et des notables nivernais, François Mitterrand est élu, le 10 novembre 1946, député de la Nièvre, à la tête d’une liste « Unité et action républicaine », au programme anticommuniste. François Mitterrand abandonne alors ses fonctions aux éditions du Rond-point.

En 1947 François Mitterrand devient l’un des plus jeunes ministres de France avec le portefeuille des Anciens Combattants dans le gouvernement du socialiste Paul Ramadier. Dans les années qui suivent, il détient plusieurs portefeuilles ministériels, dont ceux de l’Information, de la France d’outre-mer, et le ministère délégué au Conseil de l’Europe.

En mai 1948, parmi 800 délégués (dont Konrad Adenauer, Léon Blum, Winston Churchill, Harold Macmillan, Paul-Henri Spaak et Altiero Spinelli), il participe au Congrès de la Haye, à l’origine du Mouvement européen, auquel il adhère.

En 1949, il est élu conseiller général de la Nièvre dans le canton de Montsauche-les-Settons. Il est réélu en 1955, 1961, 1967, 1973 et 1979.

En 1950, René Pleven le nomme ministre de l’outre-mer. Il est partisan de l’instauration d’une union franco-africaine où les territoires d’outre-mer jouiraient d’une autonomie négociée et librement consentie et s’efforce d’améliorer le sort des Africains, encore soumis à un régime très dur. Il est alors traité de « bradeur d’empire » : il s’attire dès cette époque une vive hostilité de la part des colons et du RPF, le parti gaulliste de l’époque, qui s’exprime notamment par la voix de Jacques Foccart, Édouard Frédéric-Dupont et Maurice Bayrou. Il participe aux négociations entamées par René Pleven pour légaliser le Rassemblement démocratique africain et apparenter les députés de ce parti à l’UDSR. Afin de consolider cette politique libérale, François Mitterrand relève le gouverneur Laurent Péchoux, qui avait été nommé par son prédécesseur Paul Coste-Floret pour démanteler le RDA. François Mitterrand s’aliène alors le MRP.

En août 1951, le Mouvement républicain populaire obtient de René Pleven que François Mitterrand quitte le ministère de l’Outre-Mer. Ne faisant plus partie du gouvernement, François Mitterrand, réélu à l’Assemblée le 17 juin 1951, devient président du groupe parlementaire et renforce son influence sur l’UDSR, et obtient l’élection, au poste de secrétaire général, d’un de ses partisans, Joseph Perrin. Pour autant, il conserve sa loyauté à René Pleven, resté président du Conseil.

En 1952, François Mitterrand devient ministre d’État sous le gouvernement d’Edgar Faure. Il prend en charge le dossier tunisien et esquisse un plan d’autonomie interne. Mais le gouvernement Faure est renversé six semaines seulement après sa formation. Les libéraux en matière coloniale (c’est-à-dire ceux qui refusent la répression systématique et prônent l’égalité des droits entre colons et colonisés, puis l’autonomie, voire l’indépendance si elle est réclamée avec force par la population et un interlocuteur crédible) sont provisoirement écartés du pouvoir.

Après la formation du gouvernement d’Antoine Pinay, François Mitterrand critique la participation systématique de l’UDSR aux gouvernements et demande un recentrage à gauche. Il dénonce à l’Assemblée la politique répressive du gouvernement et défend avec vigueur le droit des Tunisiens à l’autonomie.

En 1953, il devient ministre délégué au Conseil de l’Europe, mais démissionne rapidement en raison de son hostilité à la répression menée au Maroc et en Tunisie ; il préconise vis-à-vis de ces pays, ainsi que pour l’Indochine, une politique plus libérale. Il signe, avec des personnalités comme Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Alain Savary ou Louis Vallon, le « Manifeste France-Maghreb », demandant que « soient mis en œuvre tous les moyens légaux pour que les principes des droits de l’homme soient appliqués sans distinctions en Afrique du Nord ».

Le 23 novembre 1953, il est élu président de l’UDSR par le comité directeur. Il soutient alors une ligne libérale (mais déjà commune à cette époque) pour l’outre-mer : arrêt de la guerre d’Indochine, constitution d’un ensemble franco-africain, fédéral puis confédéral (ce qui revient à accorder l’autonomie, voire l’indépendance-association aux territoires colonisés). Il publie au même moment Aux frontières de l’Union française. Indochine-Tunisie, préfacé par Pierre Mendès France. Il se prononce pour l’indépendance de l’Indochine (avec, si possible, une association) et pour une refonte des liens avec les pays africains : la défense, la monnaie et la politique étrangère doivent relever de l’Union française, avec une pleine association des Africains aux décisions ; les autres domaines doivent relever de l’autonomie des populations locales. Plus généralement, l’élection de François Mitterrand marque une évolution de l’UDSR vers des positions plus à gauche, cependant que le nouveau président du parti « se positionne dès lors pour atteindre l’hôtel Matignon ».

Dans la tourmente de la guerre d’Algérie (1954-1958)

En 1954, il est nommé Ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Pierre Mendès France. Il est alors opposé à l’indépendance de l’Algérie. Ses tentatives de muter le gouverneur général Léonard et le directeur de la Mosquée de Paris, puis d’augmenter le SMIG d’Algérie, rencontrent l’hostilité des colons et de l’administration. Le 8 septembre 1954, François Mitterrand apprend qu’il est l’objet d’une enquête de la part des services secrets français : ainsi débute ce qu’on a appelé l’Affaire des fuites.

Du 19 au 23 octobre 1954, il se rend en Algérie, où il rencontre une nette hostilité de la part des partisans de l’Algérie française.

Le 5 novembre de cette même année, à la tribune de l’Assemblée nationale, alors que les premiers conflits de la guerre d’Algérie éclatent, il déclare : « La rébellion algérienne ne peut trouver qu’une forme terminale : la guerre. », puis « L’Algérie, c’est la France. »

En novembre 1954, le gouvernement annonce une forte augmentation des investissements sociaux en Algérie dans l’agriculture et l’éducation, et entend préparer « l’égalité des citoyens […] des chances égales à tous ceux, quelle que soit leur origine, qui naissent sur le sol algérien. » François Mitterrand, ministre de l’Intérieur, autorise alors Germaine Tillion à mener une enquête dans la zone d’insurrection, afin, entre autres, de signaler les éventuelles exactions policières. En accord avec le président du Conseil, il fusionne la police d’Alger avec celle de Paris. Les décrets du 20 janvier 1955, qui mettent fin à l’autonomie de la police d’Algérie, contribuent à permettre la mutation de deux cents agents soupçonnés d’actes de torture ou de l’avoir encouragée. Parmi eux, le directeur des Renseignements généraux d’Alger. Les députés conservateurs en matière coloniale critiquent fermement cette décision. D’après François Mitterrand, la suppression de ce « système détestable » est à l’origine de la chute du gouvernement Mendès France, un mois plus tard (lettre à Pierre Mendès France, 31 août 1959). En tout état de cause, le sénateur Henri Borgeaud, porte-parole des pieds-noirs, avait ainsi menacé : « Si vous fusionnez les polices, nous voterons contre votre gouvernement. »

François Mitterrand assiste Pierre Mendès France dans les négociations qui aboutissent à l’autonomie de la Tunisie et du Maroc.

L’Assemblée nationale ayant été une nouvelle fois dissoute, il mène campagne dans la Nièvre et conserve son siège lors des élections du 2 janvier 1956. Un mois plus tard, il est nommé garde des Sceaux dans le gouvernement Guy Mollet. François Mitterrand participe aux travaux du gouvernement, qui accorde l’indépendance à la Tunisie et au Maroc, l’autonomie à l’Afrique noire. Sur la question algérienne, il critique fermement (en privé) la dérive répressive qui suit l’échec de la tentative de libéralisation, en février 1956. Toutefois, c’est lui qui est chargé par le Conseil des ministres, de défendre le projet de loi remettant les pouvoirs spéciaux à l’armée. Il donne forcément son aval, en tant que Garde des Sceaux, aux nombreuses sentences de mort prononcées par les tribunaux d’Alger contre des militants de la lutte pour l’indépendance, notamment Fernand Iveton, membre du Parti communiste algérien (PCA), guillotiné à Alger le 11 février 1957. Il couvre l’exécution de quarante-cinq militants algériens condamnés de manière expéditive. Il est certain qu’assumer la charge de Garde des Sceaux en pleine bataille d’Alger, à l’époque où l’armée française recourt massivement à la torture et aux exécutions sommaires pour mater l’insurrection algérienne, constitue une redoutable épreuve pour l’humaniste et l’homme de gauche dont, malgré tout, François Mitterrand veut sans doute continuer de donner l’image. Les témoins cités par son biographe Jean Lacouture décrivent d’ailleurs un homme bouleversé, profondément hésitant. Cependant, au risque de s’exposer à l’accusation d’avoir couvert, voire encouragé des pratiques renouvelées de celles de la Gestapo et relevant pour le moins du crime de guerre, l’ancien Résistant reste au gouvernement, car il veut accéder à la présidence du Conseil, où, pense-t-il, sa marge de manœuvre serait plus large ; il pourrait, après tout, rendre plus libérale la politique algérienne.

Dans un tout autre domaine, il fait adopter le statut de l’Agence France-Presse (AFP).

Après la démission de Guy Mollet, François Mitterrand refuse de participer à un gouvernement, à moins de le diriger. Il n’y parvient pas, bien que le président René Coty ait sérieusement envisagé de faire appel à lui.

Le 1er juin 1958, il refuse de voter la confiance à Charles de Gaulle, expliquant ainsi son vote :

« Lorsque, le 10 septembre 1944, le général de Gaulle s’est présenté devant l’Assemblée consultative provisoire issue des combats de l’extérieur ou de la Résistance, il avait près de lui deux compagnons qui s’appelaient l’honneur et la patrie. Ses compagnons d’aujourd’hui, qu’il n’a sans doute pas choisis, mais qui l’ont suivi jusqu’ici, se nomment le coup de force et la sédition. […] En droit, le général de Gaulle tiendra ce soir ses pouvoirs de la représentation nationale ; en fait, il les détient déjà du coup de force. »

En septembre 1958, il appelle à voter non au référendum sur la Constitution, qui est néanmoins adoptée à une très large majorité, puis promulguée le 4 octobre 1958.

Dans la 3e circonscription de la Nièvre, nouvellement créée, François Mitterrand est battu aux élections législatives le 30 novembre 1958 par le candidat indépendant Jehan Faulquier.

Récapitulatif de ses fonctions gouvernementales

Fonction Gouvernement Période
Secrétaire général aux Prisonniers Charles de Gaulle du 26 août au 10 septembre 1944
Ministre des Anciens combattants et des Victimes de guerre Paul Ramadier du 22 janvier au 22 octobre 1947
Ministre des Anciens combattants et des Victimes de guerre Robert Schuman du 24 novembre 1947 au 26 juillet 1948
Secrétaire d’État à l’Information André Marie du 26 juillet au 5 septembre 1948
Secrétaire d’État à la vice-présidence du Conseil Robert Schuman du 5 au 11 septembre 1948
Secrétaire d’État à la présidence du Conseil Henri Queuille du 11 septembre 1948 au 28 octobre 1949
Ministre de la France d’outre-mer René Pleven du 12 juillet 1950 au 10 mars 1951
Ministre de la France d’outre-mer Henri Queuille du 10 mars au 11 août 1951
Ministre d’État Edgar Faure du 20 janvier au 8 mars 1952
Ministre d’État délégué au Conseil de l’Europe Joseph Laniel du 28 juin au 4 septembre 1953
Ministre de l’Intérieur Pierre Mendès France du 19 juin 1954 au 23 février 1955
Ministre d’État, chargé de la Justice Guy Mollet du 1er février 1956 au 13 juin 1957

Cinquième République : l’ascension vers la présidence

Survie politique et premières tentatives d’union de la gauche (1959-1971)

François Mitterrand en 1959.

En mars 1959, il est élu maire de Château-Chinon (il le reste jusqu’à mai 1981) et, un mois plus tard, sénateur de la Nièvre. Il s’inscrit au groupe de la Gauche démocratique.

En octobre 1959, a lieu l’attentat de l’Observatoire dans lequel François Mitterrand est impliqué et qui le mène, après la levée de son immunité parlementaire, à être inculpé le 9 décembre pour outrage à magistrat au motif qu’il l’aurait lui-même commandité dans le but de regagner les faveurs de l’opinion publique. La loi d’amnistie de 1966 met fin à la procédure.

En 1961, il effectue un voyage en Chine ou il rencontre Mao Zedong.

Le 18 mai 1962, François Mitterrand est appelé à témoigner à décharge au procès du général Salan par Jean-Louis Tixier-Vignancour. Le témoignage de Mitterrand porta sur l’« affaire du Bazooka », tentative d’assassinat perpétrée contre le général Salan le 16 janvier 1957 et qui avait fait un mort, le colonel Rodier. Mitterrand appuya la thèse de Salan à propos du complot gaulliste fomenté (plus ou moins indirectement, c’est selon) par Michel Debré (d’autres personnalités comme Roger Frey et Alain Griotteray furent aussi citées comme prenant aussi plus ou moins part au complot). Cette thèse du complot gaulliste fomenté directement par Debré fut reprise par Mitterrand dans un éditorial du Courrier de la Nièvre. Les auteurs et commanditaires de l’attentat, Philippe Castille, Michel Fechoz et René Kovacs notamment, avaient motivé leur action par la nécessité de remplacer le général Salan, considéré avec Pierre Mendès France comme le liquidateur de l’Indochine, par un général authentiquement favorable à l’Algérie française. Pour François Mitterrand, « Raoul Salan garde le droit de récuser certains de ses accusateurs qui, pour corriger la maladresse de l’avoir manqué, firent de lui plus tard son complice dans les événements de mai 1958 qui ramenèrent le général de Gaulle au pouvoir ». Une partie de la gauche s’en prit alors à Mitterrand, lui reprochant d’être intervenu dans un règlement de compte au sein de la droite française, d’avoir été jusqu’à saluer Salan dans son box et d’avoir pris place au milieu de ses partisans.

Le 25 novembre 1962, Mitterrand retrouve son siège de député de la Nièvre et abandonne celui de sénateur.

Lors du référendum de 1962, il appelle à voter contre l’élection du président de la République au suffrage direct. Le oui l’emporte avec 62,25 % des suffrages exprimés (46,66 % des inscrits).

En 1964, il devient président du conseil général de la Nièvre. Il prend la tête de la Convention des institutions républicaines (CIR) et publie Le Coup d’État permanent, qui renforce sa position d’opposant de gauche à Charles de Gaulle.

Conscient des divisions de la gauche et de la difficulté de se placer en leader (Paris égaré par ses intellectuels de gauche)51, François Mitterrand décide de concentrer ses attaques contre l’image même du général de Gaulle, image renforcée, en particulier, par son célèbre appel du 18 juin. En effet, François Mitterrand craignait que l’image du général de Gaulle, bien ancrée dans l’opinion, réduise ses chances dans une élection au suffrage direct, même avec une gauche rénovée.

En outre, la séparation des pouvoirs et les domaines réservés prévus par la Constitution en cas de cohabitation conduisent François Mitterrand à radicaliser sa position.

D’où l’agressivité qu’il manifeste en 1964, il précise : « qu’il importe que l’opposition s’affirme sans accommodement. Il n’y a d’opposition qu’inconditionnelle dès lors qu’il s’agit de substituer un système de gouvernement à un autre. Retoucher, aménager, corriger le pouvoir absolu c’est déjà composer avec lui, c’est mimer l’opposition de Sa Majesté qui, autant que la majorité, participe au régime qui le soutient. »

En 1965, bien que représentant d’une petite formation politique (la CIR), il est le candidat unique de la gauche à l’élection présidentielle. Il axe sa campagne sur le changement comme l’indique son slogan de campagne : « Un président jeune pour une France moderne ». Son résultat est inespéré (en seconde position avec 31,78 % des suffrages), tout comme celui du candidat centriste Jean Lecanuet (15 % des suffrages). François Mitterrand reçoit alors l’appui pour le second tour de toute la gauche, mais aussi de Jean Lecanuet, du conservateur modéré Paul Reynaud54 et d’une partie de l’extrême droite : Jean-Louis Tixier-Vignancour et des partisans de l’OAS. Au soir du second tour, Mitterrand est battu avec le score de 45,51 % des suffrages contre 54,49 % au général de Gaulle.

Fort de ce résultat (peu de monde pensait que de Gaulle pouvait être mis en ballottage), il prend la tête de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), qui regroupe la gauche non communiste (essentiellement la SFIO, le Parti radical, la CIR et divers clubs). Il forme également le premier contre-gouvernement en France, en 1966, expérience qui ne dure qu’un an. Aux élections législatives de mars 1967, le scrutin uninominal à deux tours et la nouvelle disposition qui relève le seuil et élimine du second tour tous les candidats n’ayant pas obtenu au premier tour au moins 10 % des inscrits, favorisent la majorité sortante face à une opposition hétéroclite (PC, PS et centristes de Jacques Duhamel) et désunie. Mais avec 194 sièges, l’ensemble des partis de gauche (FGDS, Parti communiste) parvient à gagner 63 sièges, le Parti communiste restant la principale force de gauche avec 22,5 % des suffrages. Néanmoins, la coalition gouvernementale est reconduite avec une majorité réduite à un seul siège à l’Assemblée nationale (247 sièges sur 487, dont 231 sièges en métropole). En Métropole, au premier tour, l’ensemble de la gauche (FGDS, PSU, PC) obtient même plus de voix que les seuls partis gouvernementaux gaullistes et giscardiens (46 % contre 42,6 %), alors que le Centre démocrate de Duhamel recule de trois points à 7 % des voix. Mais avec le taux exceptionnel en France de 38 % des suffrages (en hausse de deux points par rapport au précédent scrutin), l’Union pour la Ve république reste le premier parti de France.

Le 28 mai 1968, il déclare : « il convient dès maintenant de constater la vacance du pouvoir et d’organiser la succession. » Cette déclaration est faite la veille du départ du général de Gaulle, parti consulter le général Massu en Allemagne. Il propose le nom de Mendès France pour former le gouvernement provisoire et annonce qu’il est candidat à la présidence de la République, au cas où une élection anticipée aurait lieu. De Gaulle a en effet annoncé qu’il organiserait un référendum, et qu’il démissionnerait si le « non » l’emportait (une idée à laquelle le général a finalement renoncé).

Le discours du 30 mai de de Gaulle réplique de façon sèche. Les élections législatives anticipées de juin 1968 se soldent par un raz-de-marée gaulliste (293 sièges pour la seule UNR et 61 sièges aux républicains indépendants) et une majorité à droite jamais vue depuis le Bloc national de 1919, alors que la gauche s’effondre de 194 à 91 députés. François Mitterrand parvient toutefois à sauver son siège de député.

En 1969, Mitterrand ne se présente pas à la présidence de la République car il a perdu le soutien de Guy Mollet, qui refuse de lui accorder le soutien de la SFIO. La gauche, représentée par Gaston Defferre pour les socialistes, Jacques Duclos pour les communistes, et Michel Rocard pour le PSU, est éliminée du second tour de l’élection présidentielle, qui voit la victoire de Georges Pompidou face au centriste Alain Poher.

Premier secrétaire du PS (1971-1981)

En juin 1971, lors du Congrès d’Épinay, la Convention des institutions républicaines se fond dans le Parti socialiste (créé en 1969 en remplacement de la SFIO). François Mitterrand est élu premier secrétaire du PS, avec l’appui de l’aile gauche du parti, le CERES mené par Jean-Pierre Chevènement, et celui de deux puissantes fédérations, celles du Nord de Pierre Mauroy et des Bouches-du-Rhône de Gaston Defferre. Comme l’a rapporté Pierre Mauroy dans ses Mémoires, François Mitterrand n’envisageait pas initialement de devenir premier secrétaire : cette tâche devait revenir au dirigeant du Nord, et François Mitterrand lui-même devait exercer un rôle comparable à celui de Léon Blum entre 1921 et 1938. Mais Augustin Laurent a réclamé que Pierre Mauroy fût son successeur à la mairie de Lille sans exercer de responsabilités nationales.En juin 1972, il signe le Programme commun de gouvernement avec le Parti communiste de Georges Marchais et le Mouvement des radicaux de gauche de Robert Fabre.

En mars 1973, aux élections législatives, le Parti socialiste obtient presque autant de voix que le Parti communiste au premier tour et davantage au second, mettant fin à une supériorité qui remontait à 1946. Les élections cantonales qui ont lieu en septembre de la même année confirment cette évolution. Par ailleurs, le PSU chute de 4 à 2 % par rapport à 1968. Au congrès du PS tenu à Grenoble la même année, la motion finale de François Mitterrand obtient 96 % des voix.

Le 2 avril 1974, le président de la République, Georges Pompidou, meurt. François Mitterrand est désigné candidat du Parti socialiste le 8 avril, puis devient le candidat unique de la gauche. Le 19 mai 1974, lors du second tour de l’élection présidentielle anticipée, François Mitterrand perd face à Valéry Giscard d’Estaing, avec 49,19 % des voix au second tour.

Pendant l’été 1974, François Mitterrand se rend incognito sur le Larzac à une fête rassemblant plusieurs milliers de militants luttant contre l’extension du camp militaire voisin. Reconnu par la foule, il est la cible d’invectives et de jets de pierre. Des paysans non-violents l’entourent, le protègent puis le soignent. Sept ans après, élu président en 1981, il annulera le projet d’extension du camp militaire et rendra leurs terres aux paysans.

Aux élections cantonales de mars 1976 et aux élections municipales de mars 1977, le PS devance largement le PCF.

En septembre 1977 a lieu la rupture de l’Union de la gauche, les communistes mettant de nouvelles conditions à l’actualisation du Programme commun.

Aux élections législatives de mars 1978, la gauche qui était majoritaire au premier tour est néanmoins battue par la droite (UDF-RPR). Toujours d’après Jean Lacouture, Raymond Aron et Mitterrand, cette défaite est largement imputable aux roueries du Parti communiste. Michel Rocard remet alors en cause François Mitterrand et la direction du Parti socialiste.

En avril 1979, il s’allie avec le CERES de Jean-Pierre Chevènement contre Michel Rocard (la Deuxième gauche) pour remporter le congrès de Metz du Parti socialiste.

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François Mitterrand lors d’un meeting de campagne, le 7 avril 1981.

Lors du congrès extraordinaire de Créteil, qui se déroule en janvier 1981, il est officiellement désigné candidat du PS avec 83,64 % des voix. Il adopte les « 110 propositions pour la France » comme programme.

Le 24 avril 1981, au premier tour de l’élection présidentielle, François Mitterrand talonne le président sortant avec 25,85 % des voix contre 28,32 % pour Valéry Giscard d’Estaing. Jacques Chirac est troisième avec 18,00 % des suffrages.

Au soir du 10 mai 1981, François Mitterrand est élu président de la République avec 51,76 % des suffrages exprimés contre 48,24 % à Valéry Giscard d’Estaing. Le soutien de Jacques Chirac au président sortant est resté extrêmement ambigu : il déclare ne pouvoir voter, à titre personnel, que pour Valéry Giscard d’Estaing mais refuse de donner une consigne de vote.

Présidence de la République (1981 – 1995)

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François Mitterrand et Ronald Reagan en 1981

Premier septennat (1981-1988)

Premier mandat présidentiel de François Mitterrand.

Le 21 mai 1981, le septennat du nouveau président s’ouvre par une cérémonie au Panthéon. Puis il nomme son premier gouvernement dirigé par Pierre Mauroy.

Le lendemain, il dissout l’Assemblée nationale. Les élections qui suivent, les 14 et 21 juin 1981, lui donnent la majorité absolue au Parlement. Un deuxième gouvernement de Pierre Mauroy fait entrer quatre ministres communistes. De nombreuses réformes sociales sont alors adoptées.

Sur le plan économique, le septennat est marqué dans un premier temps par une vague de nationalisations (loi du 13 février 1982) et par une politique de maîtrise de l’inflation, infléchie vers l’austérité à partir du tournant de la rigueur, passage à une culture de gouvernement.

Le septennat s’achève en 1988 sous la première cohabitation de la Ve République.

Gouvernement Mauroy (mai 1981 – juillet 1984)

 

 

« Salut aux humiliés, aux émigrés, aux exilés sur leur propre terre qui veulent vivre et vivre libres. Salut à celles et à ceux qu’on bâillonne, qu’on persécute ou qu’on torture, qui veulent vivre et vivre libres. Salut aux séquestrés, aux disparus et aux assassinés qui voulaient seulement vivre et vivre libres. Salut aux prêtres brutalisés, aux syndicalistes emprisonnés, aux chômeurs qui vendent leur sang pour survivre, aux indiens pourchassés dans leur forêt, aux travailleurs sans droit, aux paysans sans terre, aux résistants sans arme qui veulent vivre et vivre libres. A tous, la France dit : Courage, la liberté vaincra. Et si elle le dit depuis la capitale du Mexique, c’est qu’ici ces mots possèdent tout leur sens. »

Gouvernement Fabius (juillet 1984 – mars 1986)[modifier]

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François Mitterrand et le chancelier allemand Helmut Kohl : les deux hommes ont établi entre eux une réelle complicité, formant l’un des nombreux « couples franco-allemand » qui ont marqué l’histoire des relations entre les deux pays depuis la fin de la Seconde guerre mondiale

Gouvernement Chirac (mars 1986 – mai 1988), première cohabitation

Second septennat (1988-1995)

Second mandat présidentiel de François Mitterrand.

Bien qu’il sache, depuis novembre 1981, qu’il est atteint d’un cancer de la prostate, il annonce sa candidature pour un second septennat le 22 mars 1988 au journal d’Antenne 2. L’information concernant ce cancer ne sera dévoilée que lors de son hospitalisation au Val-de-Grâce en septembre 1992.

Le 24 avril, François Mitterrand arrive nettement en tête de l’élection présidentielle avec 34,11 % des suffrages face à son Premier ministre et le chef de la majorité Jacques Chirac (19,96 %).

Le 8 mai, François Mitterrand est réélu en remportant l’élection présidentielle contre Jacques Chirac avec 54,02 % des voix.

Le second septennat de François Mitterrand est marqué par l’instauration du RMI et de la CSG, les célébrations du bicentenaire de la Révolution, la chute du mur de Berlin, la réunification allemande (à laquelle il était réticent), l’engagement dans la première guerre d’Irak, le référendum sur le traité de Maastricht, mais aussi par les affaires politiques, la maladie du président, la révélation publique de l’existence de sa fille adultérine Mazarine Pingeot (dont il a tenté de cacher l’existence par tous les moyens) et les polémiques sur ses activités et ses amitiés nouées dans les années 1930 et sous le régime de Vichy.

Gouvernement Rocard (mai 1988 – mai 1991)

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François Mitterrand à la réunion de Toronto du G7 en 1988

Il nomme Premier ministre Michel Rocard et dissout l’Assemblée nationale. Le groupe socialiste et apparentés remporte alors une majorité relative, les communistes refusent une alliance gouvernementale. Les gouvernements socialistes sont contraints à un jeu de bascule entre le groupe communiste et les éléments modérés de l’opposition, surtout l’Union du centre (UDC, groupe parlementaire autonome issu de l’UDF).

Gouvernement Cresson (mai 1991 – avril 1992)

François Mitterrand en 1991

En mai 1991, il remplace Michel Rocard par Édith Cresson laquelle altère rapidement son image par des propos maladroits sur les Anglais (« des homosexuels ») et les Japonais (« des fourmis »). Sa remarque « La Bourse, j’en ai rien à cirer » effrita encore davantage sa crédibilité. Elle cède la place dix mois plus tard à Pierre Bérégovoy.

Gouvernement Bérégovoy (avril 1992 – mars 1993)

Le 1er mai 1993, Pierre Bérégovoy se donne la mort. Le 4 mai, lors de ses obsèques, François Mitterrand déclare : « Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme, et finalement sa vie », visant les médias en général.

Gouvernement Balladur (mars 1993 – mai 1995), deuxième cohabitation

François Mitterrand ne peut empêcher la droite de remporter très largement les élections législatives en 1993 : le groupe socialiste et apparentés ne compte plus que 67 députés sur 577. Le président nomme alors Édouard Balladur à la tête du gouvernement : ce sera son dernier Premier ministre.

Récapitulatif de ses Premiers ministres

Premier ministre de à Remarques
Pierre Mauroy 1981 1984 Premier chef de gouvernement socialiste de la Ve République
Laurent Fabius 1984 1986 Chef de gouvernement le plus jeune (nommé à 37 ans, 10 mois et 27 jours) depuis Élie Decazes
Jacques Chirac 1986 1988 Première cohabitation de la Ve République
Michel Rocard 1988 1991 Animosité entre François Mitterrand et Michel Rocard
Édith Cresson 1991 1992 Première femme Premier ministre, dont le mandat sera le plus court de l’histoire de la Ve République
Pierre Bérégovoy 1992 1993 Premier ministre le plus âgé lors de sa prise de fonctions (66 ans, 3 mois et 10 jours)
Édouard Balladur 1993 1995 Deuxième cohabitation de la Ve République

Fin de mandat et décès

Durant les derniers mois de sa présidence, François Mitterrand, diminué par la maladie, est contraint de rester la plupart du temps allongé. Ne se présentant pas à l’élection présidentielle de 1995, il pousse Jack Lang à briguer la présidence de la République et entretient des relations tendues avec le candidat du Parti socialiste, Lionel Jospin, qui se montre critique envers son passé et le bilan de sa présidence. Jospin est battu par Jacques Chirac au second tour de l’élection présidentielle, le 7 mai 1995.

Le 8 mai, le président élu, Jacques Chirac, et François Mitterrand, encore en fonction, célèbrent à Paris la victoire de 1945 et affichent leur bonne entente. C’est la première fois que deux présidents de la République française se retrouvent côte à côte dans ce genre de cérémonie. Le 17 mai 1995, Jacques Chirac est officiellement investi et François Mitterrand lui transmet ses pouvoirs au cours d’une cérémonie officielle au palais de l’Élysée. Après la passation de pouvoirs, François Mitterrand se rend au siège du Parti socialiste, rue de Solférino, où il prononce son dernier discours public.

En tant qu’ancien président, il devient membre de droit du Conseil constitutionnel, mais refuse d’y siéger. Il se consacre dès lors principalement à la lecture, à l’écriture et effectue de nombreux déplacements (familiaux, politiques), bien qu’étant très affaibli. Il reçoit chez lui des hommes politiques comme Henri Emmanuelli, Michel Charasse, Michel Barnier, Édouard Balladur ou Valéry Giscard d’Estaing. Devant ses visiteurs, il désapprouve deux décisions prises par Jacques Chirac au début de son mandat : la reprise des essais nucléaires français et la reconnaissance de la responsabilité de la France dans la déportation vers l’Allemagne de Juifs français au cours de l’Occupation. En privé, il critique également la montée en puissance de Lionel Jospin au sein du Parti socialiste.

François Mitterrand interprète pendant quelques secondes, en septembre 1995, son propre rôle dans Lumière et Compagnie (segment de Régis Wargnier), un film documentaire réalisé par 41 réalisateurs. Le mois suivant, il participe à un colloque d’anciens chefs d’État et de gouvernement organisé par George H. W. Bush à Colorado Springs.

Le 24 décembre 1995, il passe Noël à Assouan en Égypte. Ce voyage lui avait été fortement déconseillé en raison de son état de santé. Le 31 décembre, il passe le réveillon en famille dans sa propriété à Latche, dans les Landes. Le 2 janvier, il doit rentrer à Paris pour effectuer des examens médicaux importants et subir un nouveau traitement.

François Mitterrand meurt le 8 janvier 1996 des suites de son cancer, dans son appartement de fonction du 9 avenue Frédéric-Le-Play, dans le 7e arrondissement de Paris, immeuble où réside également Anne Pingeot. Des chefs d’État et des personnalités politiques se rendent très vite sur les lieux. Le soir même, le président Chirac rend hommage à François Mitterrand dans un discours officiel retransmis en direct à la télévision.

Ses obsèques, le 11 janvier 1996, donneront l’occasion d’apercevoir côte à côte ses deux familles, officielle et officieuse. Une messe privée se déroule en l’église de Jarnac, Charente (durant cette cérémonie, son labrador nommé Baltique était resté à l’extérieur de l’église, tenu en laisse par Michel Charasse). Une messe officielle se déroule au même moment en la cathédrale Notre-Dame de Paris célébrée par le cardinal Lustiger en présence de 61 chefs d’État et de gouvernement. Le 11 janvier 1996 est déclaré jour de deuil national.

François Mitterrand repose au cimetière de Jarnac, en Charente, dans le caveau familial. Il avait initialement décidé de se faire inhumer au sommet du mont Beuvray, mais avait dû y renoncer en 1995, face à la polémique suscitée par cette annonce.

Bilan de ses mandats présidentiels

Détail des mandats et fonctions 

Mandat de député 

Mandat de sénateur 

Mandats locaux 

Fonctions politiques 

Principales affaires et controverses

Affaire des écoutes de l’Élysée

Affaire des écoutes de l’Élysée.

Affaire du Rainbow Warrior

Affaire du Rainbow Warrior.

D’après Le Monde du 10 juillet 2005, François Mitterrand a donné son « autorisation personnelle » à l’amiral Pierre Lacoste, directeur général de la sécurité extérieure, pour faire couler le Rainbow Warrior, navire de l’organisation écologiste Greenpeace, qui protestait contre les essais nucléaires français.

Attentat de l’Observatoire

Attentat de l’Observatoire.

Cancer caché

François Mitterrand se savait atteint un cancer de la prostate dès 1981, c’est-à-dire l’année de sa première élection à la présidence de la République. Ordonnant à son médecin, Claude Gubler, de falsifier ses bulletins de santé, il dissimule sa maladie jusqu’en 1992, date à partir de laquelle il doit se faire opérer.

Financement du Parti socialiste

Affaire Urba.

Implication dans la Françafrique

Françafrique.

Quand François Mitterrand arrive au pouvoir, il continue le système de réseaux en Françafrique avec Elf notamment. Le fils de Mitterrand, Jean-Christophe, a été impliqué, se connectant à une branche des réseaux Pasqua.

Elf financera aussi les campagnes présidentielles de Mitterrand, de 1965 jusqu’à sa victoire en 1981.

Nuage radioactif de Tchernobyl

Rapports avec l’extrême droite

François Mitterrand et l’extrême droite.

Les relations entre François Mitterrand et l’extrême droite ont défrayé la chronique en particulier dans les années 1990, notamment avec la parution en 1994 du livre de Pierre Péan, Une jeunesse française, qui évoque la jeunesse du futur président durant les années 1930 et les années 1940, en revenant notamment sur sa relation avec René Bousquet. Avant lui, Franz-Olivier Giesbert, dans son livre François Mitterrand ou la tentation de l’histoire (1977) avait décrit, entre autres, le parcours de Mitterrand à l’époque de Vichy.

D’autres ouvrages (notamment La Fin d’une époque, de Franz Olivier Giesbert) ont accrédité la thèse selon laquelle le président Mitterrand aurait sciemment favorisé la montée du Front national dans les années 1980, pour contrer le RPR de Jacques Chirac.

Rôle dans l’exécution de condamnés à mort

Entre 1956 et 1957, François Mitterrand, en tant que garde des Sceaux, et contre l’avis de la majorité des autres membres du gouvernement (Pierre Mendès-France, Alain Savary, Gaston Defferre), avalise personnellement l’exécution de 45 condamnés à mort pour terrorisme, dans le cadre de la guerre d’Algérie ; la culpabilité de certains de ces exécutés (Badèche ben Hamdi, Fernand Iveton) est aujourd’hui remise en cause.

Soutien polique et financier au régime Hutu

Génocide au Rwanda, Rôle de la France dans le génocide au Rwanda et Commission Mucyo.

Le régime Hutu est à l’origine du génocide au Rwanda. Son gouvernement a été officialisé au sein même de l’ambassade de France de Kigali, dès les premiers jours du génocide. En matière d’« affaires africaines », le président de la République française dispose d’une très grande autonomie via la « Cellule africaine de l’Élysée », dont les décisions peuvent échapper à toute forme de débat ou d’information du Gouvernement et/ou du Parlement. C’est d’ailleurs Jean-Christophe Mitterrand, son fils, qui en est le conseiller en 1990, lors de la première intervention militaire française au Rwanda. François Mitterrand figure en tête des responsables politiques désignés par le rapport, toutefois suspect d’être très peu digne de foi, de la Commission Mucyo, comme principaux responsables du génocide.

Suicides de Pierre Bérégovoy et François de Grossouvre

Traitement financier par l’État de sa fille adultérine

Mazarine Pingeot et sa mère Anne logent à partir du printemps 1983 dans un appartement de fonction du quai Branly (7e arrondissement de Paris) de plus de 250 m2, spécialement rénové pour l’occasion. Pendant treize ans, huit « super-gendarmes », placés sous la direction de Christian Prouteau, veillent en permanence sur les deux femmes, qui s’installent ensuite dans le château de Souzy-la-Briche, résidence de villégiature de la République française mise à disposition du Premier ministre.

Décorations et titres honorifiques

Informations complémentaires 

Surnoms
Résidences de François Mitterrand
Chiens de François Mitterrand
Hommages

(*) Wikipedia

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PHOTOS

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insutfranoismitterrand Institut François Mitterrand.

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VIDEOS

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Image de prévisualisation YouTube  Le 10 Mai 1981, François Mitterrand l’emporte et devient le 1er président de gauche de la Vème République.

 

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RS

Dernière Révolution Solaire de François MITTERRAND

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Pour le 26/10/1995 à 07h37 T.U., à Paris.

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 1, ET NOEUD SUD EN MAISON 7

Vous rencontrez des difficultés dans votre vie relationnelle. Il s’agira donc d’avoir des égards particuliers pour votre partenaire et même dans vos associations. Par compensation, vous disposez d’un soutien planétaire pour votre accomplissement personnel, mais ne recherchez pas l’aide d’autrui, celle-ci vous est refusée pour l’instant.

Votre réussite viendra de votre propre détermination à la saisir. C’est le moment de devenir un self-made man : imposez votre personnalité, projetez-vous sur le devant de la scène, prenez tout sur vos épaules. Mais ne comptez que sur vos propres initiatives car, durant cette période, vous ne disposez d’aucune aide.

Il est certain que ce sera difficile de préserver l’harmonie de votre relation de couple ou de traverser cette période sans heurts. Bien entendu, ne choisissez pas cette période pour vous associer ou quelque chose de ce genre.

Par ailleurs, tentez de reporter toute procédure légale (divorce, séparation ou autre) à une date ultérieure car vous y perdriez sans doute la meilleure cause. Cette période prédispose plus à la séparation qu’à l’alliance. Tentez donc de ne compter que sur vous-même car vous n’obtiendrez pas aisément le concours d’autrui. Celui-ci sera plus un fardeau qu’un soutien et il se révélera négatif à terme.

Imposez votre personnalité, votre identité et soyez autonome. N’épargnez pas vos efforts, évitez de garder les deux mains liées. Rien ne se produira spontanément. Toutes vos configurations planétaires vous aident toutefois dans la construction ou l’expérimentation d’une plus grande confiance en vous et en vos potentialités ; vous devez en être convaincu.

Ne vous plaignez pas de ce manque apparent de soutient. Les autres ne vous lâchent pas. Le destin vous refuse l’aide d’autrui pour l’instant et veut que vous appreniez à suffire à vous-même. Cette période qui s’étendra sur dix huit mois, donc au-delà de votre année individuelle, a pour but d’affirmer votre personnalité sans assistances extérieures. Soignez donc particulièrement votre corps, votre beauté, votre prestance, votre mise, votre apparence physique et votre santé.

Ce sont là vos meilleurs et seuls atouts actuellement. Bon courage…

 

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personnalité du 30/11/2010 – Winston CHURCHILL 30 novembre, 2010

Posté par phoenix2savoie dans : 11/2010,Personnalités du jour,Politique , ajouter un commentaire

————————————– PERSONNALITE DU JOUR ———————————–

http://scrapetv.com/News/News%20Pages/Everyone%20Else/images-7/winston-churchill-young.jpg

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http://sarremia.com/blog/wp-content/winston_churchill.jpg

https://wiki-land.wikispaces.com/file/view/Sir-Winston-Churchill.jpg/63495262/Sir-Winston-Churchill.jpg
http://www.cdrummond.qc.ca/cegep/informat/Professeurs/diane/Cours/420-UC1/images/winston_churchill_british_bulldog_portrait.jpg

winstonchurchill

http://www.winstonchurchill.org/
—————————————- 28 Novembre 2010 ——————————————

Winston CHURCHILL

né le 30 Novembre 1874 à 01h30 à Woodstock – ROYAUME UNI

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Sir Winston Leonard Spencer-Churchill, KG, OM, CH, TD, FRS, CP (Can), (*) né le 30 novembre 1874 et mort le 24 janvier 1965 à Londres, est un homme politique britannique. Surtout connu pour avoir dirigé le Royaume-Uni pendant la Seconde Guerre mondiale, cet homme d’État fut Premier ministre du Royaume-Uni de 1940 à 1945 et de nouveau de 1951 à 1955, officier de l’armée britannique, journaliste, historien, écrivain lauréat du prix Nobel de littérature et artiste.

Durant sa carrière militaire, Churchill combat en Inde, au Soudan et lors de la Seconde Guerre des Boers. Il est surtout un correspondant de guerre, auteur de livres sur ses campagnes militaires. Il sert brièvement sur le front occidental pendant la Première Guerre mondiale, en tant que commandant du 6e Bataillon du Royal Scots Fusiliers.

Durant sa carrière civile, longue de près de soixante ans, il occupe de nombreux postes politiques et ministériels. Avant la Première Guerre mondiale, il est ministre du Commerce, secrétaire du Home Office et premier lord de l’Amirauté du gouvernement libéral d’Asquith. Au cours de la guerre, il reste premier lord de l’Amirauté, jusqu’à la désastreuse bataille des Dardanelles qui cause son départ du gouvernement. Il y est rappelé comme Ministre de l’Armement secrétaire d’État à la Guerre et secrétaire d’État de l’air. Durant l’entre-deux-guerres, il sert en tant que chancelier de l’Échiquier dans le gouvernement conservateur.

Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Churchill est de nouveau nommé Premier Lord de l’Amirauté. Après la démission de Neville Chamberlain, le 10 mai 1940, il devient Premier ministre du Royaume-Uni, et conduit le pays à la victoire contre les puissances de l’Axe[1]. Ses discours marquent le peuple britannique et les forces alliées.

Après avoir perdu les élections législatives de 1945, il devient chef de l’opposition conservatrice, dénonçant dès 1946 le rideau de fer. En 1951, il redevient Premier ministre. Il prend sa retraite en 1955. À sa mort, la reine lui fit l’honneur d’avoir des obsèques nationales, qui furent l’un des plus importants rassemblements d’hommes d’État dans le monde[2].

Descendant de la célèbre famille Spencer[3], Winston Leonard Spencer-Churchill utilise, comme son père, le nom de Churchill dans la vie publique[4]. Son ancêtre George Spencer avait changé son nom de famille pour Spencer-Churchill en 1817, lorsqu’il est devenu duc de Marlborough, pour souligner sa parenté avec John Churchill (1er duc de Marlborough). Son père, Randolph Churchill, troisième fils de John Spencer-Churchill, 7e duc de Marlborough, homme politique prometteur mais dont la carrière tourna court, avait épousé en 1874 Jennie Jerome, fille du millionnaire américain Leonard Jerome.

Le 30 novembre 1874, il est mis au monde dans les toilettes du palais de Blenheim[5]. Cet événement sera à l’origine d’un des célèbres aphorismes de Churchill : « C’est à Blenheim que j’ai pris les deux décisions les plus importantes de ma vie, celle de naître et celle de me marier. Je n’ai regretté aucune des deux ! ». Randolph et Jaimie eurent un second enfant, John Strange.

Indépendant et rebelle par nature, Churchill est mal noté à l’école, ce qui entraîne des punitions. Il entre à Harrow School le 17 avril 1888 et y commence une carrière militaire. Dans les semaines suivant son arrivée, il rejoint le Harrow Rifle Corps[6]. Il obtient des notes élevées en anglais et en histoire et un titre de champion d’escrime de l’école.

Sa mère (alors connue sous le nom de Lady Randolph) ne le visite que très rarement, malgré les lettres dans lesquelles Winston la supplie de venir ou de lui permettre de revenir à la maison. Il a une relation distante avec son père avec lequel il note qu’il n’a presque jamais de conversation[7]. Ce manque de contact avec ses parents le rapproche de sa nourrice, Elizabeth Anne Everest, qu’il prend l’habitude d’appeler « Woomany »[8],[9]. Le décès de son père, le 24 janvier 1895, donne à Winston Churchill la conviction qu’il va mourir jeune et qu’il doit donc se faire très tôt une place dans le monde.

Défaut d’élocution

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Churchill âgé de sept ans en 1881

Churchill se décrit lui-même comme affligé d’un « défaut d’élocution ». Après avoir travaillé de longues années à le surmonter, il déclara finalement : « Mon défaut n’est pas une entrave ». On présente souvent aux stagiaires orthophonistes des cassettes vidéo montrant les manies de Churchill pendant ses discours, et la Stuttering Foundation of America présente la photo de Churchill sur sa page d’accueil, comme l’un de ses modèles de bègues ayant réussi. Si des écrits contemporains des années 1920, 1930 et 1940 confirment ce diagnostic de bégaiement, le Churchill Center, cependant, réfute catégoriquement l’allégation selon laquelle Churchill ait été affecté de ce défaut : il aurait eu un bredouillement, un zézaiement[10] et de la difficulté à prononcer la lettre « S » (tout comme son père[11]).

Son mariage et ses enfants

Churchill rencontre sa future épouse, Clementine Hozier, en 1904, lors d’un bal chez le comte de Crewe et sa femme Margaret Primrose[12]. En 1908, ils sont de nouveau réunis lors d’un dîner offert par Lady St. Helier. Churchill et Clementine sont placés côte à côte et entament bientôt une histoire d’amour qui dura toute leur vie[13]. Il lui demande sa main au cours d’une « house party » au palais de Blenheim le 10 août 1908, dans le « temple de Diane » (la summer house (en) du palais)[14]. Le 12 septembre 1908, ils sont mariés à l’église St. Margaret à Westminster, pleine à craquer, par l’évêque de St. Asaph[15]. En mars 1909, le couple emménage dans une maison au 33 Eccleston Square, dans le quartier de Pimlico.

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La mère de Winston, Lady Randolph Churchill

Leur premier enfant, Diana, naît le 11 juillet 1909 à Londres. Après la grossesse, Clementine déménage dans le Sussex pour récupérer, tandis que Diana reste à Londres avec sa nourrice[16]. Le 28 mai 1911, leur deuxième enfant, Randolph, naît au 33 Eccleston Square[17]. Un troisième enfant, Sarah, naît le 7 octobre 1914 à Admiralty House; Clementine est anxieuse, car Winston est alors à Anvers, envoyé par le Conseil des ministres pour « renforcer la résistance de la ville assiégée » après l’annonce de l’intention belge de capituler[18].

Clementine donne naissance à son quatrième enfant, Frances Marigold Churchill, le 15 novembre 1918, quatre jours après la fin officielle de la Première Guerre mondiale[19]. Celle-ci ne vit que deux ans et demi : au début du mois d’août, les enfants Churchill sont confiés à Mlle Rose, une gouvernante française, dans le comté de Kent pendant que Clementine est à Eaton Hall pour jouer au tennis avec Hugh Grosvenor, 2e duc de Westminster, et sa famille. Marigold attrape un rhume, d’abord sans gravité, mais qui évolue en septicémie. Suivant l’avis d’une propriétaire, Rose rejoint Clementine, mais la maladie emporte Marigold le 23 août 1921 : elle est enterrée dans le cimetière de Kensal Green trois jours plus tard[20]. Le 15 septembre 1922, naît Mary, le dernier de leurs enfants. Quelques jours plus tard, les Churchill achètent Chartwell, qui devient la maison de Winston jusqu’à sa mort en 1965[21],[22].

Le militaire et le correspondant de guerre

Le sous-lieutenant correspondant de guerre

Après avoir quitté Harrow en 1893, Churchill postule à l’Académie royale militaire de Sandhurst. Il lui faut trois tentatives avant de réussir l’examen d’admission, et il se porte candidat pour la cavalerie plutôt que l’infanterie parce que les conditions d’admission y sont moins exigeantes (il n’y a en particulier pas de mathématiques, qu’il n’aime pas). Il obtient son diplôme, huitième sur 150, en décembre 1894[23], et reçoit son premier commandement dans le 4th Queen’s Own Hussars en tant que sous-lieutenant le 20 février 1895[24].

Churchill estime que son salaire de sous-lieutenant du 4th Queen’s Own Hussars (300 livres sterling) est insuffisant pour avoir un style de vie équivalent à celui des autres officiers du régiment ; il lui faudrait 500 £ (soit l’équivalent de £25 000 en 2001). Sa mère lui fournit une rente de £400 par an, mais il dépense plus qu’il ne gagne. Selon le biographe Roy Jenkins, c’est une des raisons pour lesquelles il trouve intéressant de devenir correspondant de guerre[25]. Il n’a pas l’intention de suivre une carrière classique en recherchant les promotions, mais bien d’être impliqué dans l’action, et il utilise l’influence de sa mère et de sa famille dans la haute société pour avoir un poste dans les campagnes en cours. Ses écrits de correspondant de guerre pour plusieurs journaux de Londres[26] attirent l’attention du public, et lui valent d’importants revenus supplémentaires. Ils seront la base de ses livres sur ces campagnes.

Baptême du feu à Cuba (1895)

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Churchill dans son uniforme militaire en 1895

En 1895, Churchill est envoyé par le Daily Graphic à Cuba pour décrire la guerre entre l’Espagne et la guérilla cubaine. Il s’y offre un baptême du feu pour son vingt-et-unième anniversaire[27]. Il décrit Cuba comme une « … grande, riche, belle île… »[28]. Il y prend goût aux Habanos, cigares cubains qu’il fumera le reste de sa vie. Pendant son séjour à New York, il demeure chez Bourke Cockran, un admirateur de sa mère. Bourke est un homme politique américain établi, membre de la Chambre des représentants, potentiel candidat à l’élection présidentielle. Il influence fortement Churchill dans son approche des discours et de la politique, et lui fait naitre un sentiment de tendresse pour l’Amérique[29].

Lorsqu’un message l’informe que sa nourrice, Mme Everest, est en train de mourir, il retourne en Angleterre et reste auprès d’elle pendant une semaine, jusqu’à sa mort. Il écrit dans son journal : « Elle était mon amie préférée ». Dans My Early Life, il ajoute : « Elle a été ma plus chère et ma plus intime amie pendant les vingt ans que j’ai vécu »[30].

Officier aux Indes (1896)

Au début du mois d’octobre 1896, il est transféré à Bombay, en Inde britannique. Considéré comme l’un des meilleurs joueurs de polo dans son régiment, il mène son équipe à la victoire lors de nombreux tournois prestigieux[31].

Pendant cette période, Churchill lit avidement pour remplir ses heures perdues, plus particulièrement des historiens classiques et des philosophes grecs. Il en tire une très profonde culture historique qui le sert toute sa vie. Il est fortement impressionné par le darwinisme[32]. Il devient alors, selon ses propres termes, « un matérialiste jusqu’au bout des doigts », et défend avec ferveur sa conception d’un monde où la vie humaine est une lutte pour l’existence, avec pour résultat la survie des plus forts[32]. Cette vision a sans doute été influencée par le livre Martyrdom of Man de William Winwood Reade, un classique de l’athéisme victorien, présentant la vision d’un univers sans Dieu dans lequel l’humanité est destinée à progresser par le biais du conflit entre les races les plus avancées et les plus rétrogrades. Churchill exprime cette philosophie de vie et de l’histoire dans son premier et unique roman, Savrola. Toutefois, cet agnosticisme est peu affiché et il participe parfois à des services religieux (voir aussi par exemple son action en faveur du christianisme anglican dans le Commonwealth, notamment à Bangalore où l’Église anglicane a joué un rôle de premier plan à ses côtés dans les cantonments).

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Le jeune Winston Churchill à une séance de lecture lors de son retour des États-Unis en 1900

Premiers combats au Malakand (1897)

En 1897, Churchill part à nouveau, à la fois pour des reportages et, si possible, pour combattre dans la guerre gréco-turque : le conflit prend toutefois fin avant son arrivée. Lors d’une permission en Angleterre, il apprend que trois brigades de l’armée britannique vont se battre contre une tribu de pachtounes, et demande à son supérieur hiérarchique s’il peut se joindre au combat[33]. Placé sous les ordres du général Jeffery, commandant de la deuxième brigade opérant au Malakand (actuel Pakistan), il est envoyé avec quinze éclaireurs reconnaître la vallée de Mamund, où, rencontrant une tribu ennemie, ils descendent de leurs montures et ouvrent le feu. Après une heure de tirs, des renforts du 35e Sikhs arrivent et les tirs cessent peu à peu ; la brigade et les Sikhs reprennent leur avance. Des centaines d’hommes de la tribu leur ont tendu une embuscade et ouvrent le feu, les forçant à battre en retraite. Quatre hommes, qui transportent un officier blessé, doivent l’abandonner devant l’âpreté du combat. L’homme laissé à l’arrière est tailladé à mort sous les yeux de Churchill. Il écrit à propos du tueur : « j’ai oublié tout le reste, à l’exception de la volonté de tuer cet homme[34] ». Les troupes sikhs diminuent, et le commandant suppléant ordonne à Churchill de mettre le reste des hommes en sécurité. Churchill demande une confirmation écrite pour ne pas être accusé de désertion[35] et, ayant reçu la note demandée, rapidement signée, il escalade la colline, puis alerte une des autres brigades, qui engage l’ennemi. Les combats dans la zone durent encore deux semaines avant que les morts ne puissent être récupérés. Churchill écrit dans son journal : « Que cela en valait la peine je ne peux pas dire[34],[36] ». Son compte-rendu de la bataille est l’une de ses premières histoires publiées, pour laquelle il reçoit 5 £ par colonne de The Daily Telegraph[37]. Un compte-rendu du siège de Malakand est publié en décembre 1900 sous le titre de The Story of the Malakand Field Force et lui rapporte £600. Au cours de cette campagne, il écrit également des articles pour les journaux The Pioneer et The Daily Telegraph[38].

De la campagne du Soudan (1898) au premier échec politique à Oldham (1899)

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The River War fut publié en 1899

Churchill est transféré en Égypte en 1898, où il visite Louxor, avant de rejoindre un détachement du 21e Lancers servant au Soudan sous le commandement du général Herbert Kitchener. Durant son service, il rencontre deux futurs officiers de l’armée avec lesquels il travaillera plus tard, au cours de la Première Guerre mondiale : Douglas Haig, alors capitaine et David Beatty, alors lieutenant d’une canonnière[39]. Au Soudan, il participe à ce qui est décrit comme la dernière véritable charge de cavalerie britannique, à la bataille d’Omdurman en septembre 1898. Il travaille également comme correspondant de guerre pour le Morning Post. En octobre, rentré en Grande-Bretagne, il commence son ouvrage en deux volumes The River War, un livre sur la reconquête du Soudan publié l’année suivante.

Churchill démissionne de l’armée britannique le 5 mai 1899 pour se présenter au Parlement comme candidat conservateur à Oldham à l’élection partielle de 1899, mais perd en n’étant que troisième pour deux sièges libres[40],[41].

La guerre des Boers (1899/1900) et la notoriété

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Winston Churchill pendant la Seconde Guerre des Boers

Après l’échec électoral d’Oldham, Churchill cherche une autre occasion pour faire progresser sa carrière. Le 12 octobre 1899, la Seconde Guerre des Boers entre la Grande-Bretagne et les républiques boers éclate. Il obtient une commission pour agir en tant que correspondant de guerre pour le Morning Post avec un salaire de 250 £ par mois. Il a hâte de naviguer sur le même bateau que le nouveau commandant britannique, sir Redvers Buller. Après quelques semaines dans les zones exposées, il accompagne une expédition d’éclaireurs dans un train blindé, au cours de laquelle il est capturé et emprisonné dans un camp de prisonniers de guerre à Pretoria. Son attitude pendant l’embuscade du train fait évoquer une éventuelle obtention de la Croix de Victoria, plus haute distinction de la Grande-Bretagne pour bravoure face à l’ennemi, mais cela ne se produit pas[32]. Dans London to Ladysmith via Pretoria, un recueil de ses rapports de la guerre, il décrit l’expérience :

« J’avais eu, durant les quatre dernières années, l’avantage, si c’est un avantage, de plusieurs expériences étranges et variées, desquelles l’étudiant des réalités pourrait tirer profit et enseignement. Mais rien n’était aussi saisissant que cela : attendre et lutter dans ces boîtes en fer résonnantes, déchirées, avec les explosions répétées des obus et de l’artillerie, le bruit des projectiles frappant les wagons, le sifflement alors qu’ils passaient dans l’air, le grognement et le halètement du moteur — pauvre chose torturée, martelée par au moins douze obus, dont chacun, en pénétrant dans la chaudière, aurait pu mettre fin à tout cela − l’attente de la destruction apparemment proche, la prise de conscience de l’impuissance, et les alternances d’espoir et désespoir − tout cela en soixante-dix minutes montre en main, avec seulement dix centimètres d’un blindage de fer tordu pour faire la différence entre le danger, la captivité et la honte, d’un côté − la sécurité, la liberté et le triomphe, de l’autre[42]. »

Il s’échappe du camp de prisonniers et parcourt près de 480 km jusqu’à la ville portugaise de Lourenço Marques dans la baie de Delagoa, avec l’aide d’un responsable de mines anglais[43]. Son évasion lui vaut un moment l’attention du public en tant que héros national mineur en Grande-Bretagne, bien qu’au lieu de rentrer chez lui, il ait rejoint l’armée du général Buller dans sa marche pour soulager les Britanniques présents au siège de Ladysmith et prendre Pretoria[44]. Cette fois-ci, bien que poursuivant son activité de correspondant de guerre, il reçoit un commandement dans le South African Light Horse. Il s’illustre notamment à la bataille de Spion Kop, et fait partie des premières troupes britanniques à entrer à Ladysmith et à Pretoria. Lui et son cousin, le Charles Spencer-Churchill (9e duc de Marlborough), sont en mesure de prendre de l’avance sur le reste des troupes à Pretoria, où ils demandent et obtiennent la capitulation de 52 gardes boers du camp de prisonniers[45].

En juin 1900, après s’être une dernière fois fait remarquer à la bataille de Diamond Hill, Churchill retourne en Angleterre à bord du RMS Dunottar Castle, le même navire qui l’a emmené en Afrique du Sud, huit mois plus tôt[46]. Il publie London to Ladysmith, et un deuxième volume sur ses expériences de la guerre des Boers, La Marche de Ian Hamilton.

Cette fois, il est élu en 1900 à Oldham, lors des élections générales, à la Chambre des Communes, et il entreprend une tournée de conférences en Grande-Bretagne, suivie par des tournées aux États-Unis et au Canada. Ses revenus dépassent désormais 5 000 £[47].

Service territorial et au front après 1900

Ayant quitté l’armée régulière en 1900, il rejoint l’Imperial Yeomanry en janvier 1902 en tant que capitaine des Queen’s Own Oxfordshire Hussars[48]. En avril 1905, il est promu major et nommé au commandement de l’escadron Henley du Queen’s Own Oxfordshire Hussars[49]. C’est également à cette époque qu’il rencontre sa future femme.

Churchill, Premier Lord de l’Amirauté au début de la Première Guerre mondiale, est contraint de quitter le cabinet de guerre après la désastreuse bataille des Dardanelles. Alors qu’il aurait pu se contenter d’un poste honorifique, il tente d’obtenir le commandement d’une brigade, mais s’arrange de celui d’un bataillon. Après quelque temps passé avec les Grenadier Guards, il est nommé le 1er janvier 1916 lieutenant-colonel, commandant du 6e Bataillon des Royal Scots Fusiliers. La correspondance avec son épouse montre que le but de sa participation au service actif est la réhabilitation de sa réputation, mais que cela est contrebalancé par le sérieux risque d’être tué. En tant que commandant, il continue à montrer l’audace téméraire dont il avait fait sa marque dans ses actions militaires précédentes, bien qu’il désapprouve fortement les hécatombes ayant lieu dans de nombreuses batailles du front occidental[50]. Lord Deedes a expliqué, lors d’une réunion de la Royal Historical Society en 2001, pourquoi Churchill s’est rendu sur la ligne de front : « Il était avec les Grenadier Guards, qui étaient à sec [sans alcool] au quartier général du bataillon. Ils aimaient beaucoup le thé et le lait condensé, ce qui n’avait pas beaucoup d’attrait pour Winston, mais l’alcool était autorisé dans la ligne de front, dans les tranchées. Il a donc suggéré au colonel qu’il devrait vraiment voir la guerre de plus près et se rendre sur la ligne de front, ce qui fut vivement recommandé par le colonel, qui pensait que c’était une très bonne chose à faire[51]».

En septembre 1916, il est transféré à la réserve territoriale des officiers jusqu’à sa retraite en 1924[49]. En 1941, il est fait colonel des Queen’s Royal Hussars à titre honorifique.

Carrière politique jusqu’à la Seconde Guerre mondiale

Un jeune conservateur contestataire au Parlement

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Affiche de Churchill pour les élections en Oldham de 1899. Il perd les élections.

Après un échec en 1899, Churchill se représente pour le siège d’Oldham à l’élection générale de 1900. Soutenu par sa notoriété familiale et de héros de la guerre des Boers, il remporte le siège, fait une série de discours dans toute la Grande-Bretagne, les États-Unis et le Canada, qui lui rapportent £10000. Au Parlement, il s’associe à une faction du Parti conservateur, dirigée par Lord Hugh Cecil (les Hughligans), et opposée au leadership de Balfour. Au cours de sa première session parlementaire, il s’oppose aux dépenses militaires du gouvernement[52] et à la proposition de Joseph Chamberlain sur l’augmentation des droits de douane, destinée à protéger la suprématie économique britannique. Les conservateurs de sa propre circonscription le désavouent nettement, car Oldham est un centre manufacturier textile qui craint la concurrence étrangère et se défie du libre-échange, et son parti ne le choisit pas comme candidat pour les élections suivantes. Devant ce désaveu, il décide, à la Pentecôte 1904, de quitter son parti afin de rejoindre les bancs du Parti libéral. Restant député d’Oldham jusqu’à la fin du mandat, mais cette fois en tant que libéral, il continue à faire campagne en faveur du libre-échange. Lorsque, profitant de cette crise des conservateurs, les libéraux renversent le gouvernement et obtiennent le poste de Premier ministre pour Henry Campbell-Bannerman, en décembre 1905, Churchill devient sous-secrétaire d’État aux Colonies, s’occupant principalement de l’Afrique du Sud après la guerre des Boers. De 1903 à 1905, Churchill s’attache également à écrire Lord Randolph Churchill, une biographie de son père en deux volumes, publiée en 1906, qui reçoit de nombreuses critiques élogieuses[53].

Soutien au libre échange et passage au parti libéral

Rejeté par les conservateurs d’Oldham notamment en raison de son soutien au libre-échange, Churchill est invité à se présenter pour les libéraux dans la circonscription de Manchester North West. Il remporte le siège à l’élection générale de 1906 avec une majorité de 1214 voix, et représente la circonscription pendant deux ans, jusqu’en 1908[54]. Lorsque Campbell-Bannerman est remplacé par Herbert Henry Asquith en 1908, Churchill, qui s’est battu pour le libre-échange est promu au Cabinet en tant que President of the Board of Trade (ministre du Commerce)[41]. En vertu de la loi de l’époque, un nouveau ministre est obligé de solliciter un nouveau mandat lors d’une élection partielle; Churchill perd son siège, mais est rapidement de retour en tant que représentant de la circonscription de Dundee. En tant que ministre du Commerce, il se joint au récent Chancelier Lloyd George pour s’opposer au Premier Lord de l’Amirauté Reginald McKenna (et à son programme coûteux de construction de vaisseaux de guerre dreadnought), et pour soutenir les réformes libérales[55]. En 1908, il présente le projet de loi en tant que ministre du Commerce, qui impose pour la première fois un salaire minimum en Grande-Bretagne[56]. En 1909, il crée les bourses de l’emploi pour aider les chômeurs à trouver du travail[57]. Il aide à rédiger la première loi sur les pensions de chômage, et le National Insurance Act de 1911, fondement de l’aide sociale au Royaume-Uni[58].

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Churchill en 1904.

Churchill aide aussi à faire passer le « budget du peuple » (People’s Budget)[59] et devient président de la “Ligue du budget”, une organisation créée en réponse à l’opposition « Budget Protest League.[60]». Ce projet inclut de nouvelles taxes sur les riches, afin de permettre la création de nouveaux programmes d’aide sociale. Le projet de loi de finances, adopté en 1909 à la Chambre des communes, subit le veto de la Chambre des Lords. Les libéraux bataillent, et remportent deux élections générales en janvier et décembre 1910, afin d’obtenir le soutien de la population à leurs réformes. Ces victoires permettent la réforme de la loi sur le Parlement (1911), pour laquelle Churchill a aussi fait campagne à son nouveau poste de ministre de l’intérieur (depuis 1910).

Ministre de l’intérieur controversé

Choisi par les libéraux pour son image de fermeté au poste de ministre de l’intérieur, Churchill voit son action à ce poste mise à mal en trois occasions : le conflit minier de Combrian, le siège de Sidney Street et les premières actions des suffragettes.

En 1910, un certain nombre de mineurs de charbon dans la vallée de Rhondda commencent la manifestation connue sous le nom d’“émeute de Tonypandy”[55]. Le chef de police de Glamorgan demande à ce que des troupes soient envoyées afin d’aider la police à réprimer les émeutes. Churchill, apprenant que les troupes sont déjà en route, leur permet d’aller jusqu’à Swindon et Cardiff, mais interdit leur déploiement. Le 9 novembre, le Times critique cette décision. En dépit de cela, la rumeur dans les milieux ouvriers et travaillistes persiste que Churchill a ordonné aux troupes d’attaquer : sa réputation au pays de Galles et dans les milieux travaillistes en a toujours souffert[61].

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Winston Churchill (mis en évidence) à Sidney Street le 3 janvier 1911

Au début du mois de janvier 1911, Churchill fait une apparition controversée au siège de Sidney Street (une opération pour arrêter les auteurs d’un hold-up, révolutionnaires armés et retranchés, semblable à ceux de la bande à Bonnot), à Londres. Il y a une certaine incertitude quant à savoir s’il y a donné des commandements opérationnels. Sa présence, photographiée, attire beaucoup de critiques. Après une enquête, Arthur Balfour fait remarquer, « lui [Churchill] et un photographe risquaient tous les deux leurs précieuses vies. Je comprends ce que faisait le photographe, mais qu’y faisait le très honorable gentleman[62]? » Un biographe, Roy Jenkins, suggère qu’il y a tout simplement été parce qu’« il n’a pas pu résister à aller voir par lui-même » et qu’il n’a pas donné d’ordre[63].

La solution que propose Churchill à la question des suffragettes est un référendum, mais cette idée n’obtient pas l’approbation de Herbert Henry Asquith, et le suffrage des femmes reste en suspens jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale[64].

Premier lord de l’amirauté

En 1911, Churchill prend les fonctions de Premier Lord de l’Amirauté, un poste qu’il occupe donc au début de la Première Guerre mondiale. Il donne l’impulsion à plusieurs initiatives de réformes, y compris le développement de l’aéronautique navale (il prend lui-même des leçons de pilotage)[65], la construction de nouveaux navires de guerre, plus grands, le développement du char d’assaut, et l’abandon du charbon au profit du pétrole dans la Royal Navy[66]. En mars 1914, il présente au Parlement un projet de budget pour la marine de 50 millions de livres, ce qui provoque de violentes controverses ; Churchill voulait maintenir coûte que coûte la suprématie navale de la Grande-Bretagne par rapport à l’Allemagne et résuma ainsi la situation: « Je réclamais 6 nouveaux cuirassés, le Chancelier de l’Échiquier pouvait m’en accorder 4 ; nous avons transigé à 8 ! ». En effet, Churchill n’hésite pas à s’emparer de deux cuirassés construits en Grande-Bretagne pour la marine ottomane et qui étaient prêts à être livrés. Cette décision est un des facteurs de l’entrée en guerre de l’Empire ottoman aux côtés du Reich.

La Première Guerre mondiale et la coalition d’après-guerre

En juillet 1914, Churchill reçoit Albert Ballin, le président de la Hamburg-Amerika Line et chef du lobby maritime allemand, très inquiet de l’aggravation de la crise. Churchill le met en garde : « Mon cher ami, ne nous obligez pas à rentrer en guerre ! ». Le 1er août, il prévient le Premier ministre Asquith qu’il va rappeler 40 000 réservistes, mobiliser la flotte et ordonner son transfert dans la Mer du Nord dans le but d’éviter un raid-surprise de la marine allemande comme le fit l’amiral Togo contre la base russe de Port-Arthur en 1905. En effet, Churchill déclare à cette occasion : « Le commandant de la Flotte est le seul qui peut perdre la guerre en un après-midi !  ». Le Chancelier de l’Échiquier Lloyd George s’y oppose violemment, considérant cette décision comme une provocation contre l’Allemagne. Cependant, avec l’accord tacite d’Asquith, Churchill passe outre : tous deux savaient que Bonar Law , le leader conservateur, était partisan de l’intervention aux côtés de la France. Aussi, quand le Cabinet se réunit de nouveau, les opposants à l’intervention se soumirent, ou démissionnèrent comme John Simon. Cette mobilisation préventive a grandement facilité l’envoi d’un ultimatum à l’Allemagne par Sir Edward Grey, le Secrétaire au Foreign Office qui exigera l’évacuation de la Belgique.

Le 5 octobre 1914, Churchill se rend à Anvers, que le gouvernement belge souhaite évacuer. Une brigade des Royal Marines se trouve sur place et, grâce aux sollicitations de Churchill, les 1re et 2e Naval Brigades sont également engagées. Anvers tombe le 10 octobre, et 2500 hommes périssent. On l’accusa à l’époque d’avoir gaspillé des ressources[67] ; il est plus que probable que ses actions ont prolongé la résistance d’une semaine (la Belgique propose de renoncer à Anvers le 3 octobre) et que ce gain de temps sauva Calais et Dunkerque[68].

Churchill s’implique dans le développement du char d’assaut, financé par des fonds de recherche navale[69]. Il dirige ensuite le Landships Committee, chargé de créer le premier corps de chars d’assaut, ce qui est considéré comme un détournement des fonds[69], même si, une décennie plus tard, le développement du char de combat sera perçu comme une victoire tactique. En 1915, il est l’un des responsables politiques et militaires du désastreux débarquement de Gallipoli sur le détroit des Dardanelles[70]. Il se voit attribuer une part importante dans la responsabilité de l’échec, et, lorsque le Premier ministre Asquith forme une coalition comprenant tous les partis, les conservateurs réclament sa rétrogradation comme condition à leur participation[71].

Durant plusieurs mois, Churchill se voit attribuer la sinécure de Chancelier du duché de Lancaster, poste subalterne du gouvernement. Toutefois, le 15 novembre 1915, il démissionne, ayant le sentiment que son énergie n’est pas utilisée[72] et, tout en restant député, sert pendant plusieurs mois sur le front occidental en commandant le 6e Bataillon du Royal Scots Fusiliers avec le grade de colonel[73]. En mars 1916, il retourne en Angleterre, car il s’impatiente en France et souhaite intervenir à nouveau à la Chambre des communes[74]. En juillet 1917, il est nommé ministre de l’Armement et en janvier 1919, Secrétaire d’État de la Guerre et secrétaire d’État à l’Air. Il est le principal architecte de la règle de dix ans, ligne de conduite permettant au Trésor de diriger et de contrôler les politiques stratégiques, financières et diplomatiques en soutenant l’hypothèse qu’« il n’y aurait pas de grande guerre européenne pour les cinq ou dix prochaines années[75] ».

Une préoccupation majeure de son mandat dans le War Office est l’intervention des forces alliées dans la guerre civile russe. Churchill est un ardent défenseur de l’intervention étrangère, déclarant que le bolchevisme doit être « étranglé dans son berceau[76]. » Il obtient, de la part d’un Cabinet divisé et désintéressé, l’intensification et la prolongation de l’engagement britannique au-delà des vœux des grandes factions au Parlement ou dans la nation, et face à l’hostilité amère du Labour. En 1920, après que les dernières forces britanniques se sont retirées, Churchill joue un rôle dans l’envoi d’armes aux Polonais quand ils envahissent l’Ukraine. Il devient secrétaire d’État aux colonies en 1921 et est signataire du traité anglo-irlandais de 1921, qui établit l’État libre d’Irlande. Il est impliqué dans les longues négociations du traité et, pour protéger les intérêts maritimes britanniques, il conçoit une partie de l’accord de l’État libre d’Irlande afin d’inclure trois ports — Queenstown (Cobh), Berehaven et Lough Swilly —pouvant être utilisés comme bases atlantiques pour la Royal Navy[77]. En accord avec les termes de l’accord anglo-irlandais du Commerce, ces bases sont restituées à la nouvellement nommée « Irlande » en 1938.

On affirme parfois que Churchill a préconisé l’utilisation de gaz lacrymogènes sur les tribus kurdes de Mésopotamie. Cette accusation est fondée presque entièrement sur une minute du War Office du 12 mai 1919 :

 

« Je ne comprends pas cette délicatesse exagérée à propos de l’utilisation du gaz. Nous avons définitivement arrêté la position, à la Conférence de Paix, argumentant en faveur du maintien du gaz comme un instrument permanent de guerre. C’est pure affectation que de lacérer un homme avec les fragments pernicieux d’une explosion d’obus et de se confondre à lui faire pleurer les yeux par le moyen de gaz lacrymogènes. Je suis fortement en faveur de l’usage de gaz empoisonnés contre des tribus non civilisées. L’effet moral devrait être tel que la perte de vies humaines devrait être réduite au minimum. Il n’est pas nécessaire d’utiliser seulement les gaz les plus meurtriers : des gaz peuvent être utilisés qui causent un grand dérangement et répandraient une terreur vigoureuse, et cependant ne laisseraient pas de séquelles permanentes sur les personnes atteintes[78]. »

Si les forces britanniques ont envisagé l’utilisation de gaz toxiques afin de mater les rebelles kurdes, il n’y a aucune preuve qu’ils en aient fait usage.

En tant que Secrétaire d’État aux Colonies ( Colonial and India Office), il est chargé du Proche-Orient qui vient de passer sous contrôle britannique, et prend le colonel T. E. Lawrence comme conseiller. Ce dernier obtint de Churchill de transformer le mandat de la SDN sur l’Irak en traité d’alliance, moins humiliant, et de remplacer les forces terrestres par des avions de chasse, moins visibles mais tout aussi efficaces sur un territoire comme l’Irak.

Retour au Parti conservateur, chancelier de l’Échiquier

En septembre, le Parti conservateur se retire de la coalition du gouvernement suite à une réunion de députés d’arrière-ban insatisfaits de la gestion de l’affaire Chanak, ce qui précipite l’imminence des élections générales d’octobre 1922. Churchill tombe malade durant la campagne, et doit subir une appendicectomie de telle sorte qu’il lui est difficile de faire campagne. Il doit aussi composer avec les divisions internes qui assaillent le Parti libéral. Il arrive quatrième à l’élection de Dundee, perdant au profit du prohibitionniste Edwin Scrymgeour. Churchill lancera plus tard qu’il a quitté Dundee « sans bureau, sans siège, sans parti et sans attache et… sans appendice ! [54]». Il se présente de nouveau pour les libéraux à l’élection générale de 1923, perdant à Leicester, puis comme indépendant, d’abord sans succès dans une élection partielle dans la circonscription de l’abbaye de Westminster, puis avec succès à l’élection générale de 1924, à Epping. L’année suivante, il rejoint officiellement le Parti conservateur, en commentant ironiquement que « n’importe qui peut être un lâcheur, mais il faut une certaine ingéniosité pour l’être à nouveau[79],[80],[54] ».

Il est nommé chancelier de l’Échiquier en 1924 par Stanley Baldwin, et dirige le désastreux retour à l’étalon-or en Grande-Bretagne qui aboutit à la déflation, au chômage et à la grève des mineurs, conduisant à la grève générale de 1926[81]. Sa décision, annoncée dans le budget 1924, vient après une longue consultation avec divers économistes, y compris John Maynard Keynes, le Secrétaire permanent au Trésor, Sir Otto Niemeyer et le conseil d’administration de la Banque d’Angleterre. Cette décision incite Keynes à écrire The Economic Consequences of Mr. Churchill, faisant valoir que le retour à l’étalon-or à la parité d’avant-guerre en 1925 (1 £ = 4,86 $) conduirait à une dépression mondiale. Toutefois, la décision est généralement considérée comme populaire et de « bonne économie » bien que Lord Beaverbrook et la fédération des industries britanniques s’y opposent[82].

Churchill, plus tard, considèrera cette décision comme la plus grande erreur de sa vie. Toutefois, dans les discussions à cette époque avec l’ancien chancelier McKenna, il reconnait déjà que le retour à l’étalon-or et la politique de l’argent cher est économique mauvaise. Dans ses discussions, il maintint toutefois que cette décision était fondamentalement politique – un retour aux conditions d’avant-guerre dans lesquelles il croyait[83]. Dans son discours sur le projet de loi, il déclare : « Je vais vous dire ce qu’il [le retour à l'étalon-or] va nous attacher. Il va nous attacher à la réalité[84] ».

Le retour au taux de change d’avant-guerre et à l’étalon-or déprime les industries. La plus touchée est l’industrie du charbon. Déjà affecté par la baisse de la production depuis que les navires sont passés au pétrole, le retour aux échanges d’avant-guerre ajoute des coûts additionnels estimés jusqu’à 10 % pour l’industrie. En juillet 1925, une commission d’enquête rapporte que les mineurs s’en trouvent généralement favorisés, contrairement aux propriétaires des mines[85]. Baldwin, avec le soutien de Churchill, propose une subvention à l’industrie pendant qu’une commission royale prépare un nouveau rapport.

Cette commission ne résout rien, et le litige impliquant les mineurs conduit à la grève générale de 1926 ; Churchill aurait alorslaissé entendre que les mitrailleuses devraient être utilisées sur les mineurs. Il édite le journal du gouvernement, le British Gazette, et, pendant le conflit, fait valoir que « soit le pays va briser la grève générale, soit la grève générale va briser le pays » et déclare que le fascisme de Benito Mussolini a « rendu un service à l’ensemble du monde », en exposant « un moyen de lutter contre les forces subversives ». De fait, il considère le régime comme un rempart contre la menace de la révolution communiste. À un certain point, Churchill va jusqu’à surnommer Mussolini le « génie romain [...] le plus grand législateur entre les hommes[86]. »

Les économistes contemporains, ainsi que l’opinion de l’époque, critiquent également les mesures budgétaires de Churchill. Elles sont considérées comme aidant les rentiers bancaires, généralement prospères, et la classe salariale (à laquelle Churchill et ses associés appartiennent généralement), au détriment des fabricants et des exportateurs. Ces derniers sont connus comme souffrant de l’importation et de la concurrence dans les marchés traditionnels d’exportation[87]. Les mesures sont aussi considérées comme démunissant trop les forces armées[88].

Isolement politique

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Churchill a écrit une biographie de son ancêtre John Churchill, 1er duc de Marlborough dans le milieu des années 1930

Le gouvernement conservateur est défait aux élections générales de 1929. Churchill n’a pas demandé à être élu à la commission conservatrice des affaires, la direction officielle des députés conservateurs. Au cours des deux années suivantes, il s’éloigne de la direction conservatrice sur les questions de protection tarifaire et du Mouvement pour l’indépendance de l’Inde, de par ses opinions politiques et ses amitiés avec les barons de la presse, de la finance et d’autres personnes dont la réputation est considéré comme douteuse. Quand Ramsay MacDonald forme le gouvernement national en 1931, il n’est pas invité à s’y joindre. Sa carrière est au ralenti, c’est une période connue comme sa traversée du désert[89].

Il passe la majeure partie des années suivantes à ses écrits, dont Marlborough : His Life and Times − une biographie de son ancêtre John Churchill, 1er Duc de Marlborough −, A History of the English-Speaking Peoples (cette dernière œuvre ne sera publiée que bien après la Seconde Guerre mondiale)[89], Great Contemporaries, de nombreux articles de journaux et des collections de discours. Il est l’un des écrivains les mieux payés de son temps[89]. Ses opinions politiques, énoncées dans Élection Romaines en 1930, qui est publié sous le titre Gouvernement parlementaire et problème économique (republié en 1932 dans son recueil d’essais « Thoughts and Adventures »), impliquent l’abandon du suffrage universel, un retour au suffrage censitaire (le droit de vote étant accordé en fonction de la propriété), la représentation proportionnelle pour les grandes villes et un « sous-Parlement » économique[90].

L’indépendance de l’Inde

Partition des Indes.

Au cours de la première moitié des années 1930, Churchill est franchement opposé à l’octroi du statut de dominion à l’Inde. Après un voyage aux États-Unis en 1930, il aurait dit : « l’Inde est un terme géographique, [...], elle n’est pas plus une nation unie que l’Équateur[91] ». Il est l’un des fondateurs de la « Ligue de défense de l’Inde », un groupe dédié à la préservation du pouvoir britannique en Inde. Dans des discours et des articles de presse de cette période, il prévoit un taux de chômage britannique élevé et la guerre civile en Inde si l’indépendance devait être accordée[92]. Le vice-roi Lord Irwin, qui avait été nommé par le précèdent gouvernement conservateur, participe à la première Round Table Conference, qui se tient de novembre 1930 à janvier 1931, puis annonce la décision gouvernementale selon laquelle l’Inde devrait recevoir le statut de dominion. En cela, le gouvernement est appuyé par le Parti libéral et, au moins officiellement, par le Parti conservateur. Churchill dénonce la Conférence.

Lors d’une réunion de l’Association conservatrice d’Essex-Ouest spécialement convoquée afin que Churchill puisse expliquer sa position, il dit : « Il est aussi alarmant et nauséabond de voir M. Gandhi, un avocat séditieux du Middle Temple, qui pose maintenant comme un fakir d’un type bien connu en Orient, montant à demi-nu jusqu’aux marches du palais du vice-roi [...] afin de parlementer sur un pied d’égalité avec le représentant de l’empereur-roi[93]. » Il nomme les dirigeants du Congrès indien « des brahmanes qui vocifèrent et baratinent les principes du libéralisme occidental [94]. »

Deux incidents endommagent grandement la réputation de Churchill au sein du Parti conservateur au cours de cette période ; tous deux furent considérés comme des attaques par le premier ban conservateur. Le premier est le discours qu’il prononce à la veille de l’élection partielle de St-George, en avril 1931. Dans un siège conservateur assuré, le candidat officiel conservateur Duff Cooper est opposé à un conservateur indépendant. L’indépendant est appuyé par Lord Rothermere, Lord Beaverbrook et par leurs journaux respectifs. Bien que préparé avant que l’élection partielle soit prévue[95], le discours de Churchill est considéré comme une déclaration de soutien au candidat indépendant et comme un appui à la campagne des barons de la presse contre Baldwin. La position de Baldwin est renforcée lorsque Duff Cooper remporte l’élection, et que la campagne de désobéissance civile en Inde cesse avec le pacte Gandhi-Irwin. Le deuxième problème provient d’une accusation, selon laquelle Sir Samuel Hoare et Lord Derby auraient fait pression sur la Chambre de Commerce de Manchester afin qu’elle modifie le rapport transmis au Joint Select Committee, examinant la loi sur le gouvernement de l’Inde ; ils auraient ainsi violé le privilège parlementaire. Churchill évoque la question devant le Comité des privilèges de la Chambre des Communes qui, après enquête, rapporte à la Chambre qu’il n’y a pas eu violation[96]. Le rapport est débattu le 13 juin. Churchill n’est pas en mesure de trouver un seul partisan à la Chambre et le débat prend fin sans vote sur le rapport.

Churchill rompt définitivement avec Stanley Baldwin sur l’indépendance de l’Inde, et n’obtient aucun ministère tant que Baldwin est Premier ministre. Certains historiens voient exposée son attitude à l’égard de l’Inde dans son livre My Early Life (1930)[97]. Les historiens contestent également ses motivations concernant le maintien de son opposition. Certains le voient essayer de déstabiliser le gouvernement national. D’autres établissent également un parallèle entre les attitudes de Churchill face à l’Inde, d’une part, et aux nazis, de l’autre[98].

Le réarmement de l’Allemagne

À partir de 1932, quand il s’oppose à ceux qui préconisent de donner à l’Allemagne le droit de parité militaire avec la France, Churchill parle souvent des dangers du réarmement de l’Allemagne[99]. Par la suite, en particulier dans The Gathering Storm (l’Orage Approche), il se dépeint comme étant lui-même pour un temps, une voix unique appelant à la Grande-Bretagne à se renforcer pour lutter contre le bellicisme de l’Allemagne[100]. Toutefois, Lord Lloyd est le premier à souligner ce danger[101]. L’attitude de Churchill envers les dictateurs fascistes est ambigüe. En 1931, il met en garde la Société des Nations lorsqu’elle veut s’opposer à l’invasion japonaise en Mandchourie : « J’espère que nous allons essayer en Angleterre de comprendre la position du Japon, un ancien État… D’un côté, ils ont la sombre menace de la Russie soviétique. Sur l’autre, le chaos de la Chine, quatre ou cinq provinces qui sont torturées sous le régime communiste[102] ». Dans les articles de presse, il évoque le gouvernement républicain espagnol en tant que rempart contre le communisme, et l’armée de Franco comme un mouvement anti-rouges[103]». Il soutient le pacte Hoare-Laval et continue jusqu’en 1937 à louanger Benito Mussolini[104] .

S’exprimant à la Chambre des communes en 1937, Churchill déclare : « Je ne prétends pas que, si j’avais à choisir entre le communisme et le nazisme, je choisirais le communisme[105] ». Dans un essai de 1935, intitulée « Hitler and his Choice » republié en tant sous le nom de « Great Contemporaries » en 1968, Churchill exprimait l’espoir qu’Hitler, s’il en décide ainsi, et en dépit de son ascension au pouvoir dictatorial par le biais de l’action, à la haine et la cruauté, puisse encore « passer à l’histoire comme l’homme qui a restauré l’honneur et de la paix de l’esprit de la grande nation germanique et a de nouveau serein, utile et fort, à l’avant-garde de la famille[106] ». Le premier grand discours de Churchill sur la défense, le 7 février 1934, souligne la nécessité de reconstruire la Royal Air Force et de créer un ministère de la Défense ; son second, le 13 juillet, demande instamment un nouveau rôle pour la Société des Nations. Ces trois points restent ses thèmes primordiaux avant le début de 1936. En 1935, il est l’un des membres fondateurs de “Focus”, qui rassemble des personnes de différentes orientations politiques et professionnelles, unies dans la recherche de « la défense de la liberté et de paix »[107]. Focus conduit à la formation d’un groupe plus important, “Arms and the Covenant Movement”, en 1936.

Churchill est en vacances en Espagne quand les Allemands réoccupent la Rhénanie en février 1936 ; il revient alors dans une Grande-Bretagne divisée : l’opposition travailliste est fermement opposée à toute sanction, tandis que le gouvernement national est désuni, entre ceux qui soutiennent des sanctions économiques, et ceux qui disent que même cela conduira à un recul humiliant de la Grande-Bretagne, car la France ne soutiendra pas une intervention[108]. Le discours mesuré de Churchill, le 9 mars, est salué par Neville Chamberlain comme constructif. Mais dans les semaines suivantes, Churchill est laissé de côté pour le poste de ministre pour la coordination de la défense, en faveur du procureur général Sir Thomas Inskip[109]. Alan Taylor commente cette décision : « une nomination correctement décrite comme la plus extraordinaire depuis que Caligula a fait de son cheval un consul[110] ». En juin 1936, Churchill organise une délégation de hauts responsables conservateurs, qui partagent ses soucis, afin de voir Baldwin, Chamberlain et Halifax. Il essaye de convaincre des délégués des deux autres partis à se joindre à eux, et, plus tard, écrit: « si les dirigeants de l’opposition des libéraux et du Labour étaient venus avec nous, cela aurait pu aboutir à une situation politique aussi puissante que les résultats des actions mises en place[111] ». Mais, vu sa composition, la réunion aboutit à peu de choses, Baldwin faisant valoir que le gouvernement fait tout ce qu’il peut étant donné le sentiment antiguerre de l’électorat.

Le 12 novembre, Churchill revient sur le sujet. Après avoir donné quelques exemples qui montrent que l’Allemagne se prépare pour la guerre, il dit : « Le gouvernement est incapable de prendre une décision ou de contraindre le Premier ministre à en prendre une. Alors les membres du cabinet s’embrouillent dans d’étranges paradoxes, bien décidés seulement à ne rien décider, bien résolus à ne rien résoudre ; ils mettent toute leur énergie à se laisser aller à la dérive, tout leur effort à être malléable, toutes leurs forces à se montrer impuissants. Des mois et des années qui vont suivre, qui sont d’un si grand prix pour la grandeur de l’Angleterre et ont peut-être même pour elle une importance vitale, nous ne ferons rien, nous les laisserons dévorer par les sauterelles ».

R. R. James qualifie ce discours comme l’un des plus brillants de Churchill au cours de cette période ; la réponse de Baldwin semble faible et perturbe la Chambre. L’échange donne un nouvel encouragement au « Arms and the Covenant Movement »[112].

Crise d’abdication

En juin 1936, Walter Monckton confirme à Churchill que les rumeurs selon lesquelles le roi Edward VIII a l’intention d’épouser Mme Wallis Simpson sont crédibles. Churchill met en garde contre le mariage, et déclare qu’il considère le premier mariage de Mme Simpson comme une « sauvegarde »[113]. En novembre, il refuse l’invitation de Lord Salisbury à faire partie d’une délégation de conservateurs chevronnés d’arrière-ban, allant voir Baldwin pour discuter de la question. Le 25 novembre, lui, Attlee et le leader libéral Sinclair s’entretiennent avec Baldwin, qui leur annonce officiellement l’intention du Roi. On leur demande s’ils constitueraient un gouvernement, si Baldwin et le gouvernement national démissionnaient, dans le cas où le Roi ne respecterait pas l’avis du ministère. Attlee et Sinclair répondent qu’ils n’entreraient pas en fonction s’ils étaient invités à le faire. Churchill répond que son état d’esprit était un peu différent, mais qu’il soutiendrait le gouvernement[114].

La crise d’abdication devient publique dans les quinze premiers jours du mois de décembre 1936. À ce moment, Churchill donne publiquement son soutien au roi. La première réunion publique du « Arms and the Covenant Movement » a lieu le 3 décembre. Churchill était un grand orateur et écrivit plus tard que dans la réponse au discours de remerciement, il a fait une déclaration « sur l’inspiration du moment » demandant un délai avant que toute décision soit prise soit par le roi soit par son cabinet[115]. Plus tard dans la nuit, Churchill examine le projet de déclaration d’abdication du Roi, et en discute avec Beaverbrook et l’avocat du Roi. Le 4 décembre, il rencontre le Roi et l’exhorte de nouveau à retarder toute décision concernant l’abdication. Le 5 décembre, il publie une longue déclaration dénonçant la pression inconstitutionnelle que le ministère applique sur le roi, pour le forcer à prendre une décision hâtive[116]. Le 7 décembre, il tente d’intervenir aux Communes pour plaider en faveur d’un délai. Il est hué. Apparemment déstabilisé par l’hostilité de tous les membres, il quitte la salle[117].

La réputation de Churchill au Parlement, comme dans le reste de l’Angleterre, est gravement endommagée. Certains, comme Alistair Cooke, voient Churchill essayant de fonder un parti royaliste (King’s Party)[118]. D’autres, comme Harold Macmillan, sont consternés par les dégâts, provoqués par l’appui de Churchill au roi, envers le « Arms and the Covenant Movement »[119]. Churchill lui-même écrit plus tard : « J’ai été frappé moi-même que dans l’opinion publique, cela était presque unanimement vu comme si ma vie politique avait pris fin[120] ». Les historiens sont divisés sur les motifs de Churchill à apporter son soutien à Édouard VIII. Certains, tel A. J. P. Taylor, voient cela comme une tentative de « renverser un gouvernement d’hommes faibles[121] ». D’autres, comme Rhode James, voient les motivations de Churchill comme honorables et désintéressées, étant très compatissant envers le roi[122].

Retour en grâce

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Winston Churchill faisant le célèbre signe « V » signifiant « Victoire ».

S’il est vrai qu’il a peu d’appui à la Chambre des communes pendant une bonne partie des années 1930, il a de nombreux privilèges donnés par le gouvernement. Le « groupe de Churchill » de la deuxième moitié de la décennie consiste seulement en lui-même, Duncan Sandys et Brendan Bracken. Il est isolé des autres principales factions au sein du Parti conservateur, qui font pression pour une accélération du réarmement et une politique étrangère plus forte[123]. Dans un certain sens, « l’exil » est plus apparent que réel. Churchill continue d’être consulté sur de nombreuses questions par le gouvernement, et est toujours considéré comme un leader alternatif[124].

Même à l’époque où Churchill fait campagne contre l’indépendance de l’Inde, il reçoit des informations officielles, et par ailleurs secrètes. Dès 1932, le voisin de Churchill, le major Desmond Morton, avec l’approbation de Ramsay MacDonald, donne à Churchill des informations du même type sur la force aérienne allemande[125]. À partir de 1930, Morton dirige un département de la commission de la défense impériale chargé de la recherche sur la capacité opérationnelle des défenses des autres nations. Lord Swinton, en tant que Secrétaire d’État pour l’air, et avec l’approbation de Baldwin, lui donne accès en 1934 à tous ces renseignements.

Tout en sachant que Churchill resterait très critique envers le gouvernement, Swinton le renseigne donc, car il pense qu’un adversaire bien informé est préférable à un autre se fondant sur des rumeurs et des ouï-dires[126]. Churchill est un féroce opposant de la politique d’apaisement de Neville Chamberlain envers d’Adolf Hitler[127] et après la crise de Munich, au cours de laquelle la Grande-Bretagne et la France avaient abandonné la Tchécoslovaquie à Hitler, il déclare carrément et prophétiquement, au cours d’un discours à la Chambre des communes : « vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre[128],[129] ».

Premier ministre durant la guerre

« Winston is back »

Le 3 septembre 1939, le Royaume-Uni déclare la guerre à l’Allemagne ; Churchill est nommé premier lord de l’Amirauté et membre du Cabinet de guerre, tout comme il l’avait été pendant la première partie de la Première Guerre mondiale. Lorsqu’ils en sont informés, le Conseil de l’Amirauté envoie un signal à la flotte : « Winston is Back ![130],[131] ». Dans ce travail, il prouve qu’il est l’un des ministres les plus importants au cours de la « Drôle de guerre », alors que les seules actions notables ont lieu sur les mers. Churchill préconise l’occupation préventive du port de minerai de fer de la Norvège (neutre) situé à Narvik, et les mines de fer de Kiruna, en Suède, au début de la guerre. Toutefois, Chamberlain et le reste du War Cabinet (en) sont en désaccord, et l’opération est retardée jusqu’à l’invasion allemande de la Norvège.

Débuts de la guerre

Bataille de Mers el-Kébir.

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Churchill portant un casque lors d’un raid aérien d’avertissement dans la bataille d’Angleterre en 1940

Le 10 mai 1940, quelques heures avant l’invasion allemande de la France par une attaque éclair via les Pays-Bas et la Belgique, il devient clair que, à la suite de l’échec en Norvège, le pays n’aurait aucune confiance en Chamberlain pour poursuivre la guerre. C’est pour cette raison que Chamberlain démissionne. La version communément admise de la suite des événements indique que Lord Halifax refuse le poste de Premier ministre, parce qu’il croit qu’il ne pourra pas gouverner efficacement en tant que membre de la Chambre des Lords au lieu de la Chambre des communes. Bien que traditionnellement l’ancien Premier ministre ne conseille pas le Roi sur son successeur, Chamberlain veut quelqu’un qui commande avec l’appui des trois principaux partis à la Chambre des communes. Une réunion entre Chamberlain, Halifax, Churchill et David Margesson, le chef des whips gouvernementaux, conduit à recommander Churchill à ce poste ; en tant que monarque constitutionnel, George VI demande donc à Churchill d’être Premier ministre et de former un gouvernement réunissant tous les partis. Le premier acte de Churchill est d’écrire à Chamberlain pour le remercier de son soutien[132].

Churchill fut parmi les premiers à reconnaître la menace croissante d’Hitler, bien avant le début de la Seconde Guerre mondiale, et ses mises en garde furent en grande partie lettre morte. Un courant de l’opinion publique et politique britannique, dont fait partie le ministre des Affaires étrangères lord Halifax, serait en faveur d’une paix négociée avec une Allemagne clairement en position de force. Churchill néanmoins refuse d’étudier l’éventualité d’un armistice avec l’Allemagne d’Hitler[133]. Son usage de la rhétorique affermit l’opinion publique contre un règlement pacifique, et prépare les Britanniques à une longue guerre[134]. Inventant le nom de la prochaine bataille, Churchill déclare dans son « heure de gloire » à la Chambre des communes le 18 juin 1940, « Je pense que la bataille d’Angleterre va bientôt commencer[135] ». En refusant un armistice avec l’Allemagne, Churchill conserve intacte la résistance de l’Empire britannique, et crée les bases de la contre-attaque des Alliés de 1942-45, la Grande-Bretagne agissant comme une plate-forme pour le ravitaillement de l’Union soviétique et de la libération de l’Europe occidentale.

En réponse à de précédentes critiques, soulignant qu’il n’y avait jamais eu de ministre seul en charge de la poursuite de la guerre, Churchill crée et prend le poste supplémentaire de ministre de la Défense. Il nomme immédiatement son ami et confident, l’industriel et baron de la presse Lord Beaverbrook, responsable de la production des avions. C’est le sens aigu de l’industrie de Beaverbrook qui permet à la Grande-Bretagne de préparer rapidement la production et la conception des avions, ce qui va finalement faire la différence dans la guerre[136].

Les discours de Churchill sont une grande source d’exaltation pour la Grande-Bretagne en guerre. Son premier discours en tant que Premier ministre est le fameux « Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, des larmes et de la sueur ». Il est suivi de près par deux autres, tout aussi célèbres, faits juste avant la bataille de la Grande-Bretagne :

« Nous irons jusqu’au bout, nous nous battrons en France, nous nous battrons sur les mers et les océans, nous nous battrons avec une confiance et une force croissantes dans les airs, nous défendrons notre île, quel qu’en soit le prix, nous nous battrons sur les plages, nous nous battrons sur les aires d’atterrissage, nous nous battrons dans les champs et dans les rues, nous nous battrons dans les montagnes ; nous ne nous rendrons jamais, et même si, ce que je ne crois pas un seul instant, cette île ou une grande partie de celle-ci était soumise et assiégée, alors notre Empire au-delà des mers, armé et gardé par la Flotte britannique, continuerait la bataille, jusqu’à, quand Dieu le voudra, le Nouveau Monde, avec tout son pouvoir et sa force, s’avance au-devant pour secourir et libérer l’ancien. »

— [137],[138],[139]

« Armons-nous de courage pour accomplir notre devoir, et conduisons-nous de manière à ce que, quand bien même l’Empire et le Commonwealth dureraient mille ans, les hommes disent encore « ce fut là leur heure de gloire.[140],[141] »

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Churchill avec le Field Marshal Bernard Montgomery et le Field Marshal Alan Brooke, 1944

Au paroxysme de la bataille d’Angleterre, sa ragaillardissante vue de la situation comprend notamment la phrase restée célèbre, « Jamais dans l’histoire des conflits humains un si grand nombre d’hommes n’ont dû autant à un si petit nombre[142] ». Celle-ci est à l’origine du surnom de The Few pour les pilotes de chasse Alliés[143]. L’un de ses discours de guerre les plus mémorables survient le 10 novembre 1942 au déjeuner du Lord-maire à Mansion House à Londres, en réponse à la victoire des Alliés lors de la seconde bataille d’El Alamein. Churchill déclare:

 

« Maintenant ce n’est pas la fin. Ce n’est même pas le commencement de la fin. Mais c’est, peut-être, la fin du commencement[144][145]. »

Sans avoir beaucoup de soutien ou de bonnes nouvelles à apporter au peuple britannique, il prend un risque politique en choisissant délibérément de souligner les dangers.

« Le pouvoir de la rhétorique », écrit Churchill, « n’est ni conféré, ni tout à fait acquis, mais entretenu ». Mais tous n’étaient pas impressionnés par son éloquence. Robert Menzies, qui fut Premier ministre d’Australie, a dit durant la Seconde Guerre mondiale à propos de Churchill : « Sa pensée dominante est la possibilité, si attrayante à ses yeux, que les faits gênants disparaissent d’eux-mêmes[146]. » Un autre allié écrit : « Il est [ … ] l’esclave des mots que son esprit invente à partir des idées [ … ] et il peut se convaincre lui-même de la vérité dans presque tous les cas, si à travers son mécanisme de rhétorique, il peut continuer ce parcours effréné. »[147]

Relations avec les États-Unis

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Tchang Kaï-chek, Franklin D. Roosevelt, et Churchill à la Conférence du Caire de 1943

Les bonnes relations de Churchill avec Franklin D. Roosevelt lui procurent la nourriture, le pétrole et les munitions par l’intermédiaire des routes maritimes de l’Atlantique du Nord. C’est pour cette raison que Churchill est soulagé lorsque Roosevelt est réélu en 1940. Une fois réélu, Roosevelt met immédiatement en œuvre une nouvelle méthode pour la fourniture et le transport du matériel militaire vers la Grande-Bretagne sans la nécessité d’un paiement. En d’autres termes, Roosevelt persuade le Congrès que le remboursement pour ce service très coûteux pourrait être la défense des États-Unis ; le prêt-bail est ainsi accordé. Churchill participe à 12 conférences stratégiques avec Roosevelt, qui portent sur la Charte de l’Atlantique, l’« Europe first strategy », la Déclaration des Nations unies et d’autres négociations sur la guerre. Après l’attaque sur Pearl Harbor, la première pensée de Churchill, prévoyant l’entrée en guerre des États-Unis est : « Nous avons gagné la guerre[148] ! » Le 26 décembre 1941, Churchill s’adresse à la réunion conjointe du Congrès américain, en demandant, à propos de l’Allemagne et du Japon : « Quelles sortes de gens pensent-ils que nous sommes[149]? » Churchill lance le Special Operations Executive (SOE), dirigé par Hugh Dalton, le ministre de l’Économie de guerre, qui organise, réalise et tente dans le secret des opérations de sabotage et de recrutement dans les territoires occupés, avec des succès notables. Il lance aussi les Commandos qui créent le modèle de la plupart des forces spéciales actuelles dans le monde. Les Russes parlent de lui comme le « British Bulldog ».

Churchill a la santé fragile, comme le montre une légère crise cardiaque qu’il subit en décembre 1941 à la Maison Blanche, et également en décembre 1943 lorsqu’il contracte une pneumonie. Malgré cela, il parcourt plus de 160 000 km tout au long de la guerre afin de rencontrer d’autres dirigeants. Pour des raisons de sécurité, il voyage habituellement en utilisant le pseudonyme du colonel Warden[150]. Churchill participe à l’élaboration des traités qui redessinent les limites de l’Europe et de l’Asie de l’après Seconde Guerre mondiale, discutées dès 1943. Lors de la Conférence de Québec en 1944, il rédige et, avec le président américain Franklin D. Roosevelt, signe une version plus modérée du plan Morgenthau original, dans laquelle ils s’engagent à transformer l’Allemagne, après la capitulation inconditionnelle, « en un pays d’un style essentiellement agricole et pastoral[151] ». Les propositions des nouvelles frontières de l’Europe et des colonies sont officiellement acceptées par Harry S. Truman, Churchill et Staline à Potsdam. La forte relation de Churchill avec Harry Truman est également d’une grande importance pour les deux pays. Bien qu’il soit clair qu’il regrette la perte de son ami et homologue Roosevelt, Churchill est extrêmement favorable à Truman durant ses premiers jours au pouvoir, disant de lui qu’il est « le type de leader dont le monde a besoin, lorsque celui-ci a le plus besoin de leader[152] ».

Relations avec l’Union soviétique

Lorsqu’Hitler envahit l’Union soviétique, Winston Churchill, un violent anticommuniste, déclare : « Si Hitler voulait envahir l’enfer, je pourrais trouver l’occasion de faire une recommandation favorable au diable à la chambre des Communes », en référence à sa politique à l’égard de Staline. Bientôt, de l’équipement et des blindés britanniques sont envoyés afin d’aider l’Union soviétique[153].

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Winston Churchill à la Conférence de Yalta, au côté de Roosevelt et Staline.

Le règlement concernant les frontières de la Pologne, qui sera la mise en place des frontières entre la Pologne et l’Union soviétique et entre l’Allemagne et la Pologne, est considéré comme une trahison envers la Pologne au cours de l’après-guerre, comme établi contre l’avis du gouvernement polonais en exil. C’est Winston Churchill qui essaye de convaincre Stanisław Mikołajczyk, le Premier ministre du gouvernement polonais en exil, d’accepter la volonté de Staline, mais Mikolajczyk refuse. Churchill était convaincu que la seule manière d’atténuer les tensions entre les deux populations était le transfert de personnes afin de faire correspondre les frontières nationales à celles des populations.

Comme il l’expose à la Chambre des communes le 15 décembre 1944 : « l’expulsion est la méthode qui, pour autant que nous ayons pu le constater, sera la plus satisfaisante et durable. Il n’y aura pas de mélange des populations causant des problèmes sans fin… Une remise à zéro sera faite. Je ne suis pas alarmé par ces transferts, qui sont plus que faisables dans des conditions modernes[154],[155] ». Cependant, l’expulsion des Allemands est réalisée par l’Union soviétique d’une manière qui aboutit à beaucoup plus de difficultés et, selon un rapport de 1966 du Ministère allemand de l’ouest des réfugiés et des personnes déplacées, à la mort de plus de 2,1 millions de personnes. Churchill s’oppose à l’annexion de la Pologne par l’Union soviétique et l’écrit amèrement dans ses livres, mais il est incapable de l’empêcher lors des différentes conférences[156].

Au cours d’octobre 1944, lui et Eden vont à Moscou pour rencontrer les dirigeants russes. À ce stade, les forces russes commencent à progresser dans divers pays d’Europe orientale. Churchill estime que, jusqu’à ce que tout soit officiellement et correctement élaboré à la Conférence de Yalta, il devait y avoir un pacte provisoire, en temps de guerre, à l’égard de qui ferait quoi[157]. La plus importante de ces réunions a lieu le 9 octobre 1944 au Kremlin entre Churchill et Staline. Au cours de cette réunion, les problèmes concernant la Pologne et les pays des Balkans sont discutés[158]. Churchill raconte son discours avec Staline sur la journée :

 

« Parlons un peu de nos affaires dans les Balkans. Vos armées sont en Bulgarie et en Roumanie. Nous avons des intérêts, des missions et des agents là. Ne nous laissons pas aller à la mésentente pour des petites choses. Pour autant que la Grande-Bretagne et la Russie soient concernées, que penseriez-vous d’avoir 90 % de prédominance en Roumanie, de nous laisser 90% pour la Grèce, et de faire 50/50 pour la Yougoslavie ?[157] »

Staline signe le Percentages Agreement, en cochant une feuille de papier alors qu’il écoute la traduction. En 1958, cinq ans après la publication de cette réunion (dans le livre The Second World War), les autorités soviétiques nient que Staline ait accepté « cette proposition impérialiste[158] ».

Controverse sur le bombardement de Dresde

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Churchill saluant la foule à Whitehall le jour de son émission à la nation annonçant que la guerre avec l’Allemagne a été remportée, le 8 mai 1945.

Bombardement de Dresde.

Entre le 13 février et le 15 février 1945, les Britanniques et les Américains bombardent la ville allemande de Dresde, bondée d’Allemands blessés et de réfugiés[159]. En raison de l’importance culturelle de la ville, et du nombre de victimes civiles faites alors que la fin de la guerre est proche, cette action reste l’une des plus controversées faites lors de la guerre par des Alliés sur le front occidental. Churchill déclare, suite au bombardement, dans un télégramme top secret :

 

« It seems to me that the moment has come when the question of bombing of German cities simply for the sake of increasing the terror, though under other pretexts, should be reviewed … I feel the need for more precise concentration upon military objectives such as oil and communications behind the immediate battle-zone, rather than on mere acts of terror and wanton destruction, however impressive[160]. »

Après réflexion, sous la pression des chefs d’état-major et en réponse à l’opinion exprimée par entre autres Sir Charles Portal (chef de la Force aérienne), et Arthur Harris (Air Officer Commanding-in-Chief of Bomber Command) , Churchill retire sa note et en publie une nouvelle[161],[162]. Dans la version définitive du mémo complété le 1er avril 1945, il déclare :

 

« It seems to me that the moment has come when the question of the so called ‘area-bombing’ of German cities should be reviewed from the point of view of our own interests. If we come into control of an entirely ruined land, there will be a great shortage of accommodation for ourselves and our allies … We must see to it that our attacks do no more harm to ourselves in the long run than they do to the enemy’s war effort[161],[162]. »

En fin de compte, la responsabilité de la partie britannique de l’attaque incombe à Churchill, et c’est pour cette raison qu’il est critiqué pour avoir permis les bombardements. L’historien allemand Jörg Friedrich affirme que « la décision de Winston Churchill de bombarder une région d’une Allemagne sinistrée entre janvier et mai 1945 était un crime de guerre[163] », et le philosophe A.C. Grayling, dans des écrits de 2006, remet en question l’ensemble de la campagne de bombardement stratégique par la RAF, en exposant comme argument que bien que n’étant pas un crime de guerre, il s’agissait d’un crime moral et nuisible à l’affirmation selon laquelle les Alliés ont mené une guerre juste[164].

D’autre part, certains affirment aussi que la participation de Churchill dans le bombardement de Dresde est fondée sur les orientations stratégiques et les aspects tactiques pour gagner la guerre. La destruction de Dresde, qui fut immense, avait été conçue pour accélérer la défaite de l’Allemagne. Comme l’historien Max Hastings déclare, dans un article sous-titré « les bombardements alliés de Dresde » :

 

« Je crois qu’il est faux de décrire le bombardement stratégique comme un crime de guerre, cela pourrait être une tentative de proposer certaines équivalences morales avec les actes des nazis. Le bombardement représente un effort sincère, bien que fautif, d’amener l’Allemagne à la défaite militaire. »

En outre, l’historien britannique Frederick Taylor affirme que :

 

« Toutes les parties ont bombardé les villes des autres pendant la guerre. Un demi-million de citoyens soviétiques, par exemple, décèdent des suites de bombardements allemands pendant l’invasion et l’occupation de la Russie. C’est à peu près équivalent au nombre de citoyens allemands qui décèdent des suites de raids des forces alliées. Mais la campagne de bombardement des Alliés est rattachée aux opérations militaires et cesse dès que les opérations militaires ont cessé[165]. »

La fin de la Seconde Guerre mondiale

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Conférence de Potsdam : Joseph Staline, Harry S. Truman et Winston Churchill, juillet 1945

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Churchill à Potsdam, juillet 1945

En juin 1944, les forces alliées envahissent la Normandie et repoussent les forces nazies vers l’Allemagne sur un large front au cours de l’année suivante. Après avoir été attaquée sur trois fronts par les Alliés, l’Allemagne est défaite. Le 7 mai 1945 au siège du SHAEF à Reims, les Alliés acceptent la reddition de l’Allemagne. Le même jour, dans un flash d’information de la BBC, John Snagge annonce que le 8 mai sera la Journée de la victoire en Europe[166]. Churchill annonce à la nation que l’Allemagne a capitulé, et qu’un cessez-le-feu définitif sur tous les fronts de l’Europe entrerait en vigueur à une minute après minuit, cette nuit-là[167],[168]. Par la suite, Churchill déclare à une foule immense à Whitehall : « Ceci est votre victoire ». Le peuple répond : « Non, c’est la vôtre », et Churchill entame le chant du Land of Hope and Glory avec la foule. Dans la soirée, il fait une autre émission à la nation en affirmant que la défaite du Japon se concrétiserait dans les mois à venir[41]. Les Japonais capituleront 3 mois plus tard, le 15 août 1945.

Opération Unthinkable.

Alors que l’Europe célèbre la paix à la fin de six années de guerre, Churchill s’avise que les célébrations pourraient bientôt être brutalement interrompues[169]. Il en conclut que le Royaume-Uni et les États-Unis doivent se préparer à ce que l’Armée rouge ignore les précédents accords sur les frontières en Europe « visant à imposer à la Russie la volonté des États-Unis et l’Empire britannique[170]. » Selon le plan d’Opération Unthinkable ordonné par Churchill et développé par les forces armées britanniques, la troisième guerre mondiale aurait pu commencer le 1er juillet 1945 avec une attaque-surprise contre les troupes alliées soviétiques. Le plan est rejeté par le comité des Chefs d’État-major car militairement irréalisable. Toutefois, cette décision n’empêche la poursuite de l’élaboration des plans de la guerre : avec le début de la course aux armements, la Troisième Guerre mondiale, militairement impraticable, est développée dans la doctrine de la guerre froide.

Leader de l’opposition

Bien que le rôle de Churchill pendant la Seconde Guerre mondiale génère beaucoup de soutien de la population britannique, il est défait à l’élection de 1945[171]. De nombreuses raisons expliquent son échec : le désir de réforme d’après-guerre qui se répand au sein de la population, et le fait que la population pense que l’homme qui a conduit le Royaume-Uni pendant la guerre n’est pas le mieux avisé pour conduire la nation en temps de paix[172].

Pendant six ans, il sert en tant que chef de l’opposition. Au cours de ces années, Churchill continue à avoir un impact sur les affaires du monde. Au cours de son voyage, de mars 1946 aux États-Unis, il proclame son discours sur le « rideau de fer », qui parle de l’URSS et de la création du bloc de l’Est. Il déclare :

 

« De Stettin sur la Baltique à Trieste sur l’Adriatique, un rideau de fer s’est abattu sur le continent. Derrière cette ligne se trouvent toutes les capitales des anciens États d’Europe centrale et orientale. Varsovie, Berlin, Prague, Vienne, Budapest, Belgrade, Bucarest et Sofia ; toutes ces villes célèbres et leurs populations sont désormais dans ce que j’appellerais la sphère d’influence soviétique, et sont toutes soumises, sous une forme ou une autre, non seulement à l’influence soviétique mais aussi au contrôle très étendu et dans certains cas croissant de Moscou[173],[174]. »

Churchill plaide également en faveur de l’indépendance britannique envers la Communauté européenne du charbon et de l’acier, qu’il considère comme un projet franco-allemand. Il voit la place du Royaume-Uni en tant que séparé du continent, beaucoup plus en harmonie avec les pays du Commonwealth et de l’Empire et avec les États-Unis, l’« Anglosphère »[175],[176].

Second mandat

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Churchill avec le général américain Dwight D. Eisenhower et le Field Marshal Bernard Montgomery lors d’une réunion de l’OTAN en octobre 1951, peu de temps avant que Churchill ne redevienne Premier ministre pour une deuxième fois.

Retour au gouvernement et déclin de l’Empire britannique

Après l’élection générale de 1951, Churchill redevient Premier ministre. Son troisième gouvernement, après celui durant la guerre et le bref gouvernement de 1945 – dure jusqu’à sa démission en 1955. Ses priorités nationales dans son dernier gouvernement sont éclipsées par une série de crises de politique étrangère, qui sont en partie le résultat du mouvement déjà amorcé du déclin de l’armée britannique, du prestige et du pouvoir impérial. Étant un fervent partisan de la Grande-Bretagne en tant que puissance internationale, Churchill répond souvent à de telles situtations avec des actions directes. Un exemple est son envoi de troupes britanniques au Kenya pour faire face à la rébellion Mau Mau[177]. Essayant de conserver ce qu’il peut de l’Empire, il déclare : « je ne présiderai pas un démembrement[177] ».

Guerre en Malaisie

Cela est suivi par des événements qui sont devenus connus sous le nom de Malayan Emergency. En Malaisie, une rébellion contre la domination britannique est en cours depuis 1948[178]. Une fois de plus, le gouvernement de Churchill hérite d’une crise, et Churchill choisit d’utiliser l’action militaire directe contre ceux qui sont en rébellion. Il tente également de construire une alliance avec ceux qui ne le sont pas[41],[179]. Alors que la rébellion est lentement défaite, il est tout aussi clair que la domination coloniale de la Grande-Bretagne n’est plus possible[180],[178].

La santé déclinante

En juin 1953, à l’âge de 78 ans, Churchill est victime d’un accident vasculaire cérébral alors qu’il se trouve au 10 Downing Street. La nouvelle est tenue secrète et, officiellement, on annonce au public et au Parlement que Churchill souffre d’épuisement. Il se rend à Chartwell où il réside durant la période de convalescence de son attaque cérébrale, celle-ci ayant altéré son élocution dans ses discours et diminué sa capacité à marcher[41]. Il revient à la vie publique en octobre pour prendre la parole en public lors d’une conférence du Parti conservateur à Margate[41],[181]. Dans les années suivantes cependant, il doit admettre la nécessité de ralentir ses activités physiques et intellectuelles. Il décide de prendre sa retraite en 1955 et est remplacé au poste de Premier ministre par Anthony Eden.

Retraite


Churchill passe une grande partie de sa retraite à son domicile Chartwell dans le comté de Kent. Il l’avait acheté en 1922 après que sa fille Mary fut née.

Après avoir quitté le poste de Premier ministre, Churchill passe moins de temps au Parlement. Il vit sa retraite à Chartwell et à son domicile à Hyde Park Gate, à Londres[41]. Lorsque son état mental et ses facultés physiques se dégradent, il sombre dans la dépression[41]. En 1963, le président américain John F. Kennedy, agissant en vertu de l’autorisation accordée par une loi du Congrès, le proclame citoyen d’honneur des États-Unis[182], mais il est dans l’impossibilité d’assister à la cérémonie à la Maison Blanche. Le 15 janvier 1965, Churchill subit un grave accident vasculaire cérébral qui le laisse gravement malade.

Il meurt à son domicile neuf jours plus tard, à l’âge de 90 ans, le matin du dimanche 24 janvier 1965, soit 70 ans après le lendemain de la mort de son père[183].

L’artiste

Le peintre

Winston Churchill était aussi un artiste accompli et qui prenait beaucoup de plaisir dans la peinture, surtout après sa démission en tant que premier lord de l’Amirauté en 1915[184].

En 1915 Churchill, chassé du ministère, commence à peindre à l’imitation de sa belle-sœur, pour vaincre sa dépression (le « Black Dog »). Il est ensuite conseillé par John Lavery. Les thèmes sont des paysages anglais mais aussi des scènes du front de Flandres. Ensuite ce sera la Côte d’Azur. Il expose à Paris en 1921, à la galerie galerie Drouet, 20 rue Royale, sous le pseudonyme de Charles Morin et vend quelques toiles. La même année il écrit un petit livre Painting as a Pastime.

Il avait trouvé un refuge dans l’art pour surmonter les périodes de dépression, ou comme il l’appelait, le « Black Dog », qu’il subit tout au long de sa vie. Comme William Rees-Mogg le déclara : « dans sa propre vie, il a dû subir le « Black Dog » de la dépression. Dans ses paysages et ses natures mortes, il n’y a aucun signe de dépression[185] ».

Il est mieux connu pour ses scènes de paysage impressionnistes, dont beaucoup ont été peints en vacances dans le Sud de la France, en particulier à la villa La Pausa chez ses amis Reves, ou au Maroc[185]. Une collection de peintures et de memorabilia est conservée au sein de la collection Reves au Dallas Museum of Art. Il a poursuivi ce passe-temps tout au long de sa vie et peint des dizaines de toiles, dont beaucoup sont exposés dans le studio à Chartwell[186].

Il adopta ensuite le pseudonyme de Charles Winter.

Collections

Churchill est actuellement considéré comme un peintre interessant dont les oeuvres valent parfois plus d’un million de dollars. Une bonne partie des oeuvres de « Charles Morin » sont conservées :

L’écrivain et l’historien

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Statue de Churchill et de Franklin D. Roosevelt sur New Bond Street à Londres

Winston Churchill l’historien et Winston Churchill l’écrivain.

Malgré sa renommée et ses origines sociales, Churchill lutta toujours pour maintenir son revenu à un niveau élevé, afin de continuer son mode de vie extravagant. Les députés avant 1946 ne recevaient qu’un salaire nominal (et en fait ne recevaient rien jusqu’à la loi sur le Parlement de 1911), ce qui faisait que nombre d’entre eux avaient une profession secondaire pour gagner leur vie[187]. De son premier livre en 1898 jusqu’à son deuxième passage en tant que Premier ministre, le revenu de Churchill est presque entièrement assuré par l’écriture de livres et de chroniques pour des journaux et des magazines. Le plus célèbre de ces articles est celui qui figure dans l’Evening Standard de 1936, avertissant de la montée d’Hitler et le danger de la politique d’apaisement.

Churchill est également un homme de lettres prolifique, auteur de plusieurs livres dont un roman, deux biographies, trois volumes de mémoires, et de nombreuses histoires, en plus de ses nombreux articles de journaux. Il a également écrit lui-même ses discours politiques. Il est à ce jour l’unique homme politique et ancien Premier ministre à recevoir, en 1953, le prix Nobel de littérature « pour sa maîtrise de la description historique et biographique ainsi que pour ses discours brillants pour la défense des valeurs humaines[188] ». Deux de ses œuvres les plus célèbres, écrites après sa première période comme Premier ministre, amènent sa renommée internationale à de nouveaux sommets :

Winston Churchill est également connu pour ses bons mots, qui sont considérés comme typiques de l’humour britannique. Nombre de ses réparties sont célèbres, comme ce dialogue avec Lady Astor, avec qui il avait une relation tendue : « - Winston, si vous étiez mon mari, je mettrais du poison dans votre thé… – Ma chère, si j’étais votre mari, je le boirais. »

Honneurs

Honneurs de Winston Churchill.

Funérailles

Par décret de la reine, des obsèques nationales eurent lieu à la cathédrale Saint-Paul[190]. Ce furent les premières obsèques nationales pour un non-membre de la famille royale depuis 1914, et aucun autre du genre n’a eu lieu depuis[191]. Le cercueil a ensuite parcouru la courte distance jusqu’à la gare de Waterloo où il fut chargé sur un wagon spécialement préparé et peint – Southern Railway Van S2464S – dans le cadre du cortège funéraire pour son trajet par chemin de fer jusqu’à Bladon[192]. Le Royal Artillery tire 19 coups de canon (pour un chef de gouvernement), et la RAF met en scène un défilé aérien de seize avions de combat English Electric Lightning. Les funérailles sont également le plus grand rassemblement de chefs d’État dans le monde jusqu’en 2005 lors des funérailles du pape Jean-Paul II[193]. Le wagon Pullman transportant sa famille en deuil a été remorqué par une locomotive à vapeur Bulleid Pacifique n ° 34051 « Winston Churchill ». Dans les champs le long de la route, et aux stations par lesquelles le train est passé, des milliers de personnes se tenaient en silence pour lui rendre un dernier hommage. L’hymne lors de funérailles fut The Battle Hymn of the Republic. À la demande de Churchill, il est enterré dans la parcelle familiale à l’église St Martin, Bladon, près de Woodstock, non loin de son lieu de naissance au Palais de Blenheim. Le train funéraire fait maintenant partie d’un projet de conservation, avec le chemin de fer Swanage rapatrié au Royaume-Uni en 2007 des États-Unis, où il avait été exporté en 1965[194].

Autres honneurs

De plus, Churchill reçut de nombreux prix et honneurs, y compris le fait d’être le premier citoyen honoraire des États-Unis[195], et le prix Nobel de littérature. Il fut fait Compagnon de la Libération en 1958 par le général de Gaulle. Lors d’un sondage de la BBC tenu en 2002, « 100 Greatest Britons », il est proclamé « le plus grand de tous » basé sur environ un million de votes de téléspectateurs de la BBC[196]. Churchill est également évalué comme l’un des dirigeants les plus influents de l’histoire par le magazine Time[197].

The Winston Churchill Memorial Trust

Lorsque Churchill avait 88 ans, le duc d’Édimbourg lui demanda comment il aimerait qu’on se souvienne de lui. Il lui répondit avec une bourse d’études comme la bourse Rhodes, mais pour un groupe d’individus plus grand. Après sa mort, le Winston Churchill Memorial Trust fut créé au Royaume-Uni et en Australie. Un “Churchill Memorial Day Trust” eut lieu en Australie, ce qui permit d’amasser 4,3 millions de dollars australiens. Depuis ce temps, le Churchill Trust en Australie a soutenu plus de 3 000 bénéficiaires de bourses d’études dans divers domaines, où le mérite — soit sur la base de l’expérience acquise, soit en fonction du potentiel — et la propension à contribuer à la collectivité ont été les seuls critères. Le Churchill Trust est aujourd’hui l’une des plus prestigieuses bourses du Commonwealth.

(*) Wikipedia

 

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Révolution Solaire de Winston CHURCHILL

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Pour le 30/11/2006 à 21h43 TU à Oxfordshire ROYAUME UNI

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 9 ET DU NOEUD SUD EN MAISON 3:

Vous pourrez souffrir de certains embarras issus de vos proches et de relations de voisinage difficiles. Quelques difficultés, des  désaccords, des chicaneries, voire des conflits pourront se   produire avec le proche entourage : voisins, frères, soeurs, oncles ou tantes. Soyez vous-même prudent dans tous vos petits déplacements, car cette période est propice aux accidents de parcours, au propre comme au figuré. De plus surveillez vos propos, évitez les bavardages et surtout ne prêtez nullement l’oreille aux commérages ou aux ragots. Il s’agira de vous méfier de vols, de la subtilisation de documents, ou de la saisie d’informations par des oreilles indiscrètes. A cet égard, surveillez vos propos. Faites donc preuve de réserve. En cette période, si vous devez signer quelque contrat que ce soit, faites le examiner par un juriste compétent. Soyez économe en cette période, car dans une période à venir, vous entrerez dans une phase tumultueuse pour vos finances, et ce pour une période de 18 mois environ. Vous aurez à faire face à des frais imprévus.

 

-=-=- F I N -=-=-

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personnalité du 29/11/2010 – Jacques CHIRAC 29 novembre, 2010

Posté par phoenix2savoie dans : 11/2010,Personnalités du jour,Politique , ajouter un commentaire

————————————- PERSONNALITÉ DU JOUR ———————————

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« Un jour vous verrez, je serai Président de la République. »

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« Mais en attendant, je dois prendre le métro comme tous les parisiens. »

 

Dans la peau de Jacques Chirac Image 17 sur 24

« Eh les gars, je me présente à la présidence. Votez pour moi. »

 

http://i.telegraph.co.uk/telegraph/multimedia/archive/01426/JacquesChirac_1426824c.jpg

« Ce fut une dure bataille, contre le temps, contre les autres et contre moi même ; mais j’y suis arrivé. Je vous remercie. Appelez-moi désormais « Mr le Président de la République. »"

 

http://a6.idata.over-blog.com/274x412/0/55/73/48/images-anarcho-monarchiste/bettina-rheims-jacques-chirac-1995-detail_.png

« Et je tiens à y rester, dans cette belle demeure qu’est l’Elysée. »

 

personnalité du 29/11/2010 - Jacques CHIRAC dans 11/2010 jacqueschiracpresident
« Depuis ma prime jeunesse j’en rêvais ! ça a du bon d’avoir du pouvoir ! »
http://politicobs.canalblog.com/images/jacques_chirac_football1.jpg

« Et 1 et 2 et 3-0 ! Mais il sont où, mais ils sont où les bré-si-liens ? Eh eh ! La France est championne du monde de foot sous ma présidence ! »
http://blog.francetv.fr/nng_images.php?img=/Sarkozy-photos/files/S/a/r/Sarkozy-photos/images/chirac-sarkozy.jpg

« Bon, Nicolas Sarkozy est-ce je fais bien de vous passer le flambeau ? »

 

http://www.gala.fr/var/gal/storage/images/media/images/actu/photos_on_ne_parle_que_de_ca/jacques_chirac5/1177667-1-fre-FR/jacques_chirac_reference.jpg

« Bon allez, au revoir et merci pour tout ! Je prends ma retraite. »

 

http://static1.purepeople.com/articles/0/37/69/0/@/264639-jacques-chirac-a-saint-tropez-637x0-2.jpg

« Purée ! Je ne serai donc jamais tranquille où que j’aille ! Madame attention, ma femme ne doit pas être très loin ! »

http://www.jacqueschirac.fr/

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Jacques CHIRAC

né le 29 Novembre 1932 à 12h00 à Paris – FRANCE

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Jacques Chirac, (*) né le 29 novembre 1932 dans le 5e arrondissement de Paris, est un homme d’État français.

Il est Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing de 1974 à 1976 puis, inaugurant la première cohabitation, celui du socialiste François Mitterrand de 1986 à 1988 (Jacques Chirac est d’ailleurs, sous la Ve République, le seul homme politique à avoir été deux fois Premier ministre). Député de la 3e circonscription de la Corrèze en 1967, 1968, 1973, de 1976 à 1986 et de 1988 à 1995, maire de Paris entre 1977 et 1995, il est le 22e président de la République française du 17 mai 1995 au 16 mai 2007, soit environ 12 années, période incluant la troisième cohabitation avec Lionel Jospin entre 1997 et 2002.

Il est aussi le fondateur de deux partis politiques majeurs : le Rassemblement pour la République (RPR), en 1976, et l’Union pour un mouvement populaire (UMP), en 2002.

Il siège aujourd’hui au Conseil constitutionnel, dont il est membre de droit depuis la fin de son second mandat de président de la République.

Avant l’Élysée

Jeunesse et apprentissage

1932 – 1951 : enfance et scolarité

Né le 29 novembre 1932 à la clinique Geoffroy-Saint-Hilaire (Ve arrondissement de Paris), Jacques René Chirac est le fils d’Abel François Chirac (18981968), employé de banque puis administrateur d’une filiale de la société aéronautique SNCAN et de Marie-Louise Valette (19021973). Tous deux proviennent de familles corréziennes « laïques et républicaines », ses deux grands-pères sont des instituteurs devenus directeurs d’école — à Brive-la-Gaillarde pour son grand-père paternel et à Sainte-Féréole pour son aïeul maternel, en Corrèze. D’après Jacques Chirac, son nom « a pour origine la langue d’oc, celle des troubadours, donc celle de la poésie ».

Le jeune Jacques, élevé en enfant unique (sa sœur aînée, Jacqueline est décédée en bas âge avant sa naissance), commence ses études à l’école communale de Sainte-Féréole en Corrèze de 1940 à 1943 avant de les poursuivre en région parisienne, tout d’abord au lycée Hoche de Versailles pendant un an, puis au lycée Carnot et enfin au lycée Louis-le-Grand. Les études n’empêchent pas le jeune Jacques de lire de la littérature de son âge, en particulier le magazine Coq hardi dont il rejoint les amateurs en se faisant « totémiser », à la manière des scouts et comme c’était la pratique dans cette édition, sous le totem d’ « Aigle musclé » dans les années quarante.

Après son baccalauréat, obtenu en 1950 en section « mathématiques élémentaires » avec mention « assez bien », il fait une campagne de trois mois comme matelot sur un navire charbonnier, le Capitaine Saint-Martin, contre l’avis de son père. De retour en France, il fait une année en « hypotaupe » (mathématiques supérieures, première année de classe préparatoire scientifique).

1951 – 1956 : études à Sciences Po et mariage

Il intègre, en septembre 1951, l’Institut d’études politiques de Paris. Durant cette période, brièvement, il milite dans la mouvance du Parti communiste avec notamment le futur éditeur Christian Bourgois. Il vend L’Humanité rue de Vaugirard, et participe au moins à une réunion de cellule communiste, comme il l’a raconté[2]. Il signe en 1950 l’Appel de Stockholm, contre l’armement nucléaire, d’inspiration communiste[3]. Cela lui vaut d’être interrogé lorsqu’il demande son premier visa pour les États-Unis ; il est ainsi diplômé de la Summer school de Harvard en 1952, et prend dans la foulée une année sabbatique pour parcourir les États-Unis.

Ses fiançailles avec Bernadette Chodron de Courcel (née en mai 1933), rencontrée à Sciences Po, sont célébrées dans l’appartement des Chodron de Courcel, boulevard Raspail, le 17 octobre 1953. En 1954, il finit son cursus à l’IEP Paris en soutenant un mémoire de géographie économique intitulée Le port de La Nouvelle-Orléans, dirigée par le professeur Jean Chardonnet. Il sort ainsi troisième sur les 139 de sa promotion, avec la mention « bien ». À l’automne de la même année, il est reçu à l’École nationale d’administration.

Le 16 mars 1956, il épouse Bernadette Chodron de Courcel, malgré les réticences de la famille de celle-ci vis-à-vis d’un jeune homme issu d’un milieu différent. Les Chodron de Courcel refusent un mariage solennel dans la basilique Sainte-Clotilde, habituée des familles de la haute société du faubourg Saint-Germain. La cérémonie a donc lieu dans la chapelle de Jésus-Enfant (29 rue Las Cases), annexe de l’église, réservée alors au catéchisme et aux cérémonies plus intimes. Il a avec elle deux filles, Laurence, née en 1958 et Claude, née en 1962.

1956 – 1957 : service militaire et guerre d’Algérie

Juste après son mariage, de 1956 à 1957, il effectue son service militaire, et est classé huitième à l’École de la Cavalerie (i.e. les blindés) de Saumur[4]. On lui refuse cependant le grade d’officier (il est affecté tout d’abord comme soldat de deuxième classe dans un régiment en Bretagne) en raison de son passé communisant et il faut l’intervention des relations de la famille Chodron de Courcel (le général Kœnig) pour l’obtenir. Il en sort donc finalement comme sous-lieutenant de cavalerie.

En tant qu’élève de l’ENA, il aurait pu éviter de faire la guerre d’Algérie (pendant 18 mois), mais il se porte volontaire et est affecté, à partir du 1er avril 1956, au 11e puis 6e régiment de chasseurs d’Afrique[5], en poste à Souk-el-Arba dans le département de Tlemcen[6]. Au cours de son service, il est blessé au visage, puis promu lieutenant au début de l’année 1957. Il est libéré de son service le 3 juin 1957. Partisan de l’Algérie française, Jacques Chirac explique qu’il n’est devenu gaulliste qu’en 1958, et qu’en 1947[réf. nécessaire], il a pris sa carte du Rassemblement du peuple français « sans savoir ce [qu'il] faisait ».

1957 – 1965 : ENA et carrière de haut fonctionnaire

Grâce à son mariage, et à son ambition, il change complètement de milieu social. De retour de son service militaire, il reprend ses études à l’ENA dans la promotion Vauban, dont il sort dixième en 1959. Celle-ci étant détachée en Algérie par Charles de Gaulle entre le 17 avril 1959 et avril 1960, il est affecté en tant que « renfort administratif », auprès du directeur général de l’Agriculture en Algérie, Jacques Pélissier.

À son retour en France métropolitaine, Jacques Chirac est nommé auditeur à la Cour des comptes et devient maître de conférences à l’IEP. En juin 1962, il devient chargé de mission (pour la « construction, les travaux publics, et les transports ») auprès du secrétariat général du gouvernement de Georges Pompidou, puis au cabinet du Premier ministre dont il devient rapidement un fidèle partisan et collaborateur. Un an plus tard, il retourne à la Cour des comptes en tant que conseiller référendaire, mais ne tarde pas à s’engager en politique.

1965 – 1967 : premiers pas en politique

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Jacques Chirac dans sa circonscription de Corrèze

En 1965, il est élu conseiller municipal de Sainte-Féréole, en Corrèze, berceau de la famille Chirac, sans qu’il se soit présenté. Un an plus tard, Georges Pompidou l’envoie en Corrèze arracher la circonscription d’Ussel à l’opposition lors des élections législatives de 1967. Il est alors le fer de lance de l’opération dite des « Jeunes loups », à savoir l’alignement par le Premier ministre et les gaullistes de jeunes candidats prometteurs pour remporter des bastions traditionnels de la gauche dans le centre et l’ouest de la France[7].

Bénéficiant du soutien de Marcel Dassault, ami de son père, et de son journal, menant une campagne acharnée, il bat au second tour son adversaire Georges Émon, du Parti communiste français, de justesse (18 522 voix contre 17 985 pour son adversaire), dans un bastion du parti. Dans cette victoire à l’arrachée sur une gauche divisée (le candidat envoyé par la FGDS pour remplacer Maurice Audy, sénateur-maire de Meymac, un temps pressenti mais convaincu par Jacques Chirac de ne pas se présenter, n’est autre que le propre frère de François Mitterrand, Robert, lequel fait un score calamiteux), il bénéficie de la neutralité bienveillante de la gloire locale Henri Queuille et de l’inamovible maire d’Égletons, Charles Spinasse, ancien ministre socialiste de Léon Blum exclu de la SFIO pour faits de collaboration[8]. Charles Spinasse affirme à cette occasion que Jacques Chirac est un type très « Front populaire »[9].

L’irrésistible ascension ministérielle

Tableau récapitulatif : Section chronologie des fonctions.

1967 – 1974 : le « bulldozer » de Georges Pompidou

Moins d’un mois plus tard le 8 mai 1967, Jacques Chirac — surnommé « mon bulldozer » par Georges Pompidou — est nommé secrétaire d’État à l’Emploi auprès du ministre des Affaires sociales Jean-Marcel Jeanneney, dans le troisième gouvernement Pompidou, entamant une longue carrière ministérielle qui continuera dans tous les gouvernements successifs, dirigés par Maurice Couve de Murville, Jacques Chaban-Delmas et Pierre Messmer, jusqu’en 1974. Plus jeune membre du gouvernement en 1967, l’une de ses premières réalisations est la création de l’Agence nationale pour l’emploi. Durant mai 68, il joue un rôle capital lors des Accords de Grenelle et devient l’archétype du jeune énarque brillant, parodié dans un album d’Astérix en 1976.

Aussitôt après mai 68, il est nommé secrétaire d’État à l’Économie et aux Finances, d’abord sous l’autorité du gaulliste François-Xavier Ortoli dans le gouvernement Maurice Couve de Murville, puis surtout du jeune ministre Républicain indépendant Valéry Giscard d’Estaing après l’élection à la présidence de la République de Georges Pompidou et la formation du ministère Chaban-Delmas en juin 1969. Les deux hommes se méfient l’un de l’autre, comme en témoigne le fait que Jacques Chirac n’est pas mis dans la confidence de la dévaluation du franc de 11,1 % en 1969, mais finissent par travailler en bonne intelligence. À ce poste, il patronne notamment la « procédure d’agrément », législation d’exception dont bénéficient les groupes industriels jugés les plus méritants par négociation à l’amiable directe de l’impôt sur les bénéfices. Ses adversaires l’accusent d’en avoir surtout fait profiter les groupes Dassault ou Bouygues, deux entreprises bien implantées en Corrèze, département où il a renforcé son assise locale en se faisant élire conseiller général pour le canton de Meymac le 27 février 1968 (réélu en 1970, 1976 et 1982) puis président du Conseil général en 1970 (réélu en 1973 et 1976, il abandonne ce poste en mars 1979 après être devenu maire de Paris). De plus, le couple Chirac achète le château de Bity, sur le territoire de la commune de Sarran dans le département, le 3 mars 1969, et le restaure après classement comme monument historique par arrêté du 3 avril 1969[10],[11]. L’épouse de Jacques Chirac, Bernadette, complète sa présence en Corrèze en étant élue conseillère municipale de Sarran en 1971 (et deuxième adjointe au maire à partir de 1977) ainsi que conseillère générale pour le canton de Corrèze en 1979.

De plus en plus proche de Georges Pompidou, il est choisi en juillet 1969 par le couple présidentiel pour devenir le premier directeur général de la Fondation Claude-Pompidou. Il commence également à cette époque à se lier avec deux collaborateurs du président de la République qui deviendront ses deux principaux conseillers durant les années 1970, Pierre Juillet et Marie-France Garaud.

Le 7 janvier 1971, Jacques Chirac est nommé directement par l’Élysée, et sans l’aval du chef de gouvernement Jacques Chaban-Delmas, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des relations avec le Parlement. Mais il obtient finalement son premier poste gouvernemental d’importance le 5 juillet 1972, en étant nommé ministre de l’Agriculture et du Développement rural, dans le gouvernement Messmer. Il s’y fait remarquer en obtenant massivement les voix des agriculteurs, et conservera tout au long de sa carrière politique une base électorale importante. Il devient notamment l’un des instigateurs de la première politique d’aide à l’agriculture de montagne[12], en lançant en 1973 l’indemnité spéciale de montagne (ISM)[13]. En novembre 1973, soutenu par le président, il revient sur des décisions de Valéry Giscard d’Estaing, alors en voyage, en annonçant le retrait du projet de loi de finance d’une nouvelle taxe sur la vente des fruits et légumes qui, dans un contexte de hausse des prix, s’était attirée la grogne des détaillants[14]. Une fois de retour, le ministre des Finances ne peut qu’avaliser les promesses faites par son homologue de l’Agriculture.

En mars 1974, probablement à la suite de l’affaire des écoutes du Canard enchaîné, il « échange » son poste avec celui de Raymond Marcellin, jusque-là ministre de l’Intérieur. À la mort de Georges Pompidou le 2 avril suivant (qui l’affecte fortement, il apparaît alors ému aux larmes lors de la messe des funérailles du président à Notre-Dame de Paris), il milite pour une candidature rassemblant l’ensemble de la majorité face à l’union de la gauche derrière François Mitterrand et est hostile à Jacques Chaban-Delmas qu’il n’estime pas capable d’affronter ce dernier. Il choisit de soutenir tout d’abord le Premier ministre sortant, Pierre Messmer, un temps candidat, puis Valéry Giscard d’Estaing. Il rallie en sa faveur, et contre Chaban, 39 parlementaires et 4 ministres gaullistes, dit « Appel des 43 » et contribue ainsi largement à la victoire du ministre des Finances à l’élection présidentielle. Il bénéficie aussi d’une bonne connaissance du terrain et des élus locaux acquis en moins de deux ans au ministère de l’Agriculture, et surtout de sa position dans un ministère « stratégique » où il a la haute main sur les préfets, les Renseignements généraux, entre autres.

1974 – 1976 : Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing

Article détaillé : Gouvernement Jacques Chirac (1).

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Jacques Chirac, Premier ministre, en visite officielle en Roumanie en 1975, aux côtés du président roumain Nicolae Ceauşescu.

Des relations difficiles avec le président et son propre camp

Le 27 mai 1974, en raison de son rôle décisif dans son élection, Valéry Giscard d’Estaing nomme Jacques Chirac Premier ministre. Il expose le 5 juin son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale, qui lui accorde le lendemain sa confiance par 297 voix contre 181. Il conserve l’appui de l’Union pour la défense de la République (qui ne compte que cinq ministres sur quinze, alors qu’ils étaient dix sur seize dans le précédent gouvernement) dont il devient le secrétaire général, sans même en avoir été membre, par 57 voix contre 27 au député-maire de Cambrai Jacques Legendre le 14 décembre. Il ne fait toutefois pas l’unanimité au sein du camp gaulliste. Ainsi, le ministre sortant des Relations avec le Parlement, Robert Boulin, qualifie son arrivée à la tête du parti de « hold-up » et rend sa carte de militant tandis que le député-maire de Brive-la-Gaillarde Jean Charbonnel avait déjà saisi, dès le 25 juin 1974, le tribunal administratif pour « violations graves, répétées, délibérées des statuts de l’UDR ». Jacques Chaban-Delmas, quant à lui, estime que : « M. Chirac n’a découvert le gaullisme qu’en comptant les sièges de l’Assemblée ».

À Matignon, il instaure un style détendu et studieux, travaillant souvent en bras de chemise et les pieds sur la table, tout en débutant un bras de fer avec le président. Tous deux désirent gouverner le pays et possèdent un caractère très différent : leur rivalité est la même depuis leurs tensions au ministère des Finances. De plus, Jacques Chirac se voit imposer par le président un grand nombre de ministres qu’il n’apprécie pas. C’est notamment le cas de Michel Poniatowski, qui lui succède à l’Intérieur et obtient en plus le titre de ministre d’État (ce qui en fait le no 2 du gouvernement derrière Chirac), et Jean-Jacques Servan-Schreiber, tous deux fermement antigaullistes. Jacques Chirac se débarrasse rapidement du cofondateur de L’Express sur la question des essais nucléaires. « JJSS » y est opposé et le fait savoir, ce qui le pousse à la démission dès le 9 juin 1974. Pour le remplacer, Valéry Giscard d’Estaing impose à Jacques Chirac le second co-fondateur de L’Express en la personne de Françoise Giroud, qui devient secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargée de la Condition féminine le 16 juillet.

D’un autre côté, les réformes entreprises par Valéry Giscard d’Estaing surprennent puis agacent les gaullistes. Si Jacques Chirac s’investit personnellement dans la défense des plus symboliques d’entre elles, telles la majorité à 18 ans, la loi sur l’avortement, l’extension de la couverture de sécurité sociale ou la réforme de l’audiovisuel (avec l’éclatement de l’ORTF en sept entités autonomes, comprenant les trois chaines et Radio France, tout en conservant le monopole d’État), celles-ci, ainsi que certaines actions du président telles la « poignée de main » à des détenus en prison, rendent sceptiques l’UDR et vont, selon eux, à l’encontre des idéaux de l’électorat de droite. Beaucoup de « barons du gaullisme » lui reprochent alors d’être trop proche de l’Élysée, le contraignant à la démission du secrétariat général de l’UDR le 15 juin 1975 au profit d’un de ses proches, André Bord puis, à partir de 1976, Yves Guéna. Espérant être reconnu par le président de la République comme chef de la majorité, l’emploi par l’Élysée du terme de « majorité présidentielle » fait que les relations se tendent entre les deux têtes de l’exécutif. Les deux conseillers personnels de Jacques Chirac, Pierre Juillet et Marie-France Garaud, le poussent même à la rupture avec Valéry Giscard d’Estaing.

La gestion de la crise économique

À ces difficultés d’ordre politique s’ajoute une mauvaise situation économique et sociale. Il est en effet le premier chef de gouvernement à être réellement confronté aux effets du premier choc pétrolier de 1973 : la France connaît alors sa première récession économique (le PIB se rétracte de 1,6 % au quatrième trimestre 1974 et de 1,5 % en 1975) depuis 1945, ainsi qu’une forte inflation (celle-ci croît de 13,8 % en 1974, soit la plus forte hausse depuis 1958[15]), tandis que le nombre de demandeurs d’emploi passe de 200 000 à 1 million de personnes de 1974 à 1976. Dans un premier temps, le gouvernement s’efforce de lutter contre l’inflation née de la hausse du prix du baril de pétrole en adoptant le 12 juin 1974 un plan de « refroidissement » préparé par le ministre de l’Économie et des Finances « giscardien » Jean-Pierre Fourcade (il comprend notamment l’opération « frein sur les prix » qui passe par des accords de programmation de hausse avec les producteurs et les distributeurs, la loi du 30 décembre 1974 instaurant un prélèvement exceptionnel contre l’inflation assis sur les accroissements excessifs de marge et la revalorisation du rôle du comité national des prix par décret du 7 août 1975)[16]. Cette action déflationniste permet à la hausse des prix d’être moins importante les années suivantes (+ 11,9 % en 1975 et + 9,5 % en 1976) et de réduire le déficit commercial du pays, mais fait chuter dans le même temps le taux d’investissement, fragilisant d’autant la production notamment dans le secteur industriel (celle-ci baisse de plus de 10 % en quelques mois).

Jacques Chirac et les gaullistes s’opposent à ce plan, étant favorables à des mesures de relance de l’économie par l’investissement. Le Premier ministre déclare ainsi en juillet 1975 : « Le plan de refroidissement a assez duré. Il ne faut pas écouter les technocrates imbéciles qui veulent freiner les investissements. Les entreprises ont besoin d’une relance ». Sa vision s’impose alors progressivement au président de la République et, après un premier programme « timide » de 6 milliards de Francs complété d’un emprunt de 15 milliards redistribué aux petites et moyennes entreprises au début de l’année 1975, un véritable virage dans la politique économique du gouvernement a lieu en septembre 1975 avec l’abandon du « refroidissement », l’allégement des restrictions de crédits (que sont l’encadrement, les réserves obligatoires et le taux d’intervention de la Banque de France), la mise en place d’un plan de relance de 30,5 milliards de Francs et l’adoption d’un report d’impôt sur les bénéfices pour les entreprises. Cette rupture permet à la production industrielle de repartir à la hausse tout en conservant une inflation stable autour de 10 %, mais entraîne un déficit de la balance commerciale de 40 milliards[17] et déstabilise le Franc qui se déprécie d’environ 4,5 % et doit sortir du Serpent monétaire européen le 15 mars 1976.

La défense de l’industrie et de la technologie françaises

Fervent partisan de l’énergie nucléaire, celle-ci devient alors un choix stratégique afin de limiter la dépendance de la France vis-à-vis des importations d’hydrocarbures. Le conseil de planification décide ainsi le 28 janvier 1975 de limiter à 15 % cette dépendance d’ici à 1985. La France ne possède en 1974 que dix réacteurs répartis en six centrales pour une puissance totale d’à peine 2 800 MW, et huit sont en cours de construction : entre 1975 et 1976, la France lance les travaux de 13 réacteurs supplémentaires. Le secteur de l’industrie atomique est de plus réorganisé le 6 août 1975, avec le choix de Framatome, filiale du Creusot-Loire, comme seul constructeur des centrales, tandis que le CEA est divisé entre plusieurs filiales autonomes. Le 19 janvier 1976, la COGEMA, filiale à 100 % du CEA, est créée pour s’occuper du cycle de combustion nucléaire, entraînant une assez forte contestation au sein du personnel du CEA. Enfin, le gouvernement donne son feu vert le 15 avril 1976 pour le lancement du projet Superphénix, prototype de réacteur à neutrons rapides.

À ceci s’ajoute une politique commerciale offensive, le Premier ministre se faisant le défenseur des industries et technologies françaises à l’étranger. Le 24 juin 1974, à l’occasion de la visite du chah d’Iran Mohammad Reza Pahlavi, celui-ci signe pour 20 à 22 milliards de contrats d’armement, l’achat de cinq centrales nucléaires et l’obtention par des entreprises françaises de la construction du métro de Téhéran et l’électrification des chemins de fer. Plus tard dans l’année, le 20 décembre, Jacques Chirac se rend en retour en Iran et obtient cette fois-ci la signature pour 35 milliards de francs, dont l’adoption par Téhéran du procédé de télévision en couleur français SÉCAM. Il fait de même avec l’État Baasiste d’Irak, encore considéré comme respectable par l’Occident à cette époque (car laïc et en apparence moderniste) : il se rend à Bagdad le 30 octobre 1974 pour obtenir des promesses d’achat pour l’industrie française à hauteur de 15 milliards de Francs, dont une fois de plus le procédé SÉCAM. Mais surtout, un accord de coopération énergétique est signé entre les deux pays le 18 novembre 1975, avec l’obtention pour des compagnies pétrolières françaises d’avantages, le partage à 23 % du pétrole irakien et le projet d’installation d’un réacteur nucléaire expérimental de 1 500 MW dédié à la recherche atomique civile en Irak (vite abandonné pour des raisons techniques, il préfigure un second accord signé le 26 août 1976 à l’origine de la construction du réacteur de 70 MW d’Osirak[18], surnommé « Ô Chirac » par les Israéliens et une partie de la presse francophone et utilisé par les milieux néo-conservateurs et certains médias américains à partir de 2002 afin de critiquer la position de Jacques Chirac et de la France vis-à-vis de la guerre d’Irak[19]). Cette attitude de « VRP » du « savoir-faire à la Française » lui vaut d’être parodié en bande dessinée, par le scénariste René Goscinny (qui le croque à nouveau dans l’album d’Astérix Obélix et Compagnie deux ans plus tard) associé au dessinateur Jean Tabary, dans une courte histoire d’Iznogoud paru dans le Journal du Dimanche du 8 décembre 1974[20].

La rupture avec le président de la République

Le 11 janvier 1976, le président effectue un remaniement ministériel contre l’avis du Premier ministre : les ministres dont il souhaitait le départ, à savoir Michel Poniatowski, Jean-Pierre Fourcade et Françoise Giroud, sont maintenus, et l’équipe gouvernementale est augmentée de six secrétaires d’État dont un seul de l’UDR, alors que le Premier ministre voulait la restreindre et augmenter le nombre de gaullistes en son sein. Il dénonce le pouvoir exercé par Valéry Giscard d’Estaing et, après la défaite de la droite aux élections cantonales de mars 1976 (neuf départements passent alors à gauche), il demande l’organisation d’élections législatives anticipées au cours desquelles son rôle de coordinateur de la majorité serait reconnu et une refonte complète de l’action gouvernementale : abandon de certaines réformes comme la taxation sur les plus-values et une politique plus axée sur le plan social et la défense des libertés.

Après une rencontre au fort de Brégançon le 6 juin 1976, Jacques Chirac se laisse convaincre par ses collaborateurs, considérant qu’il est devenu l’« huissier de la présidence », et décide de quitter son poste. Il remet sa lettre de démission au président de la République le 26 juillet 1976, mais il accepte de ne la rendre officielle que le 25 août à 11h40. Il se justifie avec éclat lors d’une conférence de presse tenue à l’Hôtel Matignon le jour de son départ : « Je ne dispose pas des moyens que j’estime aujourd’hui nécessaires pour assumer efficacement mes fonctions de Premier ministre et dans ces conditions, j’ai décidé d’y mettre fin ». Il aurait affirmé à Valéry Giscard d’Estaing « qu’il voulait quitter la vie politique […] et qu’il s’interrogeait sur sa vie, et qu’il parlait même de monter une galerie d’art ». Quoi qu’il en soit, remplacé par Raymond Barre, il est dénoncé dès le soir du 25 août par Valéry Giscard d’Estaing dans une interview donnée à TF1. Le chef de l’État reproche à son ancien Premier ministre d’être incapable de résoudre le problème de l’inflation et d’informer clairement l’opinion publique des buts poursuivis par le gouvernement, et considère qu’il manque d’autorité et est inapte à donner aux débats politiques la sérénité nécessaire. L’opposition porte un jugement beaucoup moins dur sur son passage à Matignon, car si Georges Marchais considère Jacques Chirac comme « le Premier ministre le plus antisocial » qu’il ait jamais rencontré, François Mitterrand dit de lui qu’il a été « le meilleur Premier ministre » que la majorité ait eu à son service.

De la Mairie de Paris à l’Élysée

Tableau récapitulatif : Section chronologie des fonctions.

1976 – 1981 : l’opposition, au sein de la majorité, aux giscardiens
La création du RPR

Ayant retrouvé sans difficulté son siège de député de la 3e circonscription de Corrèze à l’élection partielle du 14 novembre 1976 (avec 53,65 % des suffrages exprimés dès le premier tour), son suppléant le maire d’Ussel Henri Belcour (qui occupait son siège à sa place depuis 1967) ayant démissionné pour lui permettre de se présenter à nouveau devant ses électeurs, il entre pour la première fois de manière effective à l’Assemblée nationale. Il y intègre la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales (il en est membre jusqu’en 1986, puis de nouveau de 1988 à 1993 et de 1994 à 1995). Il s’attache alors à s’assurer le soutien de la famille gaulliste et à affirmer son poids au sein de la majorité, face aux partisans du président de la République. Il annonce sa volonté de rénover l’UDR le 3 octobre 1976 à Égletons, en plein cœur de son fief électoral de Corrèze, sur la base d’un « véritable travaillisme à la française ». Lors des assises nationales du parti à la Porte de Versailles à Paris le 5 décembre suivant, auxquelles participent 50 000 personnes, l’UDR se dissout pour donner naissance au Rassemblement pour la République (RPR). Jacques Chirac en est élu président à 96,52 % des voix, et désigne son ancien directeur de cabinet à Matignon, Jérôme Monod, comme secrétaire général. Jacques Chirac, désirant une force politique populaire, se déplace dans toute la France et une importante campagne de recrutement est lancée (le RPR compte ainsi 700 000 adhérents à la veille des élections législatives de 1978) et ce nouveau mouvement devient bientôt une importante puissante machine électorale tant orientée contre l’opposition que contre les « Giscardiens », en voulant incarner une voie médiane entre « le programme démagogique de la gauche socialo-communiste » et « les solutions de la droite conservatrice, orthodoxe, classique »[21]. En effet, lors d’un meeting de 100 000 personnes à la Porte de Pantin le 10 février 1977, l’ancien Premier ministre dénonce le « capitalisme sauvage » et affirme que les gaullistes ne doivent pas être confondus avec les « tenants du libéralisme classique » et la « droite » assimilée au giscardisme et au centrisme[22]. Il définit à cette époque le projet gaulliste comme la version française de la social-démocratie[23].

La conquête de la Mairie de Paris

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L’Hôtel de ville de Paris

En effet, Jacques Chirac critique de plus en plus ouvertement le gouvernement de son successeur Raymond Barre et multiplie les actions de déstabilisation à l’égard de Valéry Giscard d’Estaing, selon une stratégie élaborée par Pierre Juillet et Marie-France Garaud. C’est ainsi qu’il annonce le 19 janvier 1977 sa candidature à la mairie de Paris, fonction ressuscitée après plus de 105 ans d’absence par le nouveau statut de la ville voté au Parlement en décembre 1975 (et auquel Jacques Chirac s’était opposé), contre celle de Michel d’Ornano, ministre RI en exercice proche du président de la République et soutenu directement par l’Élysée, déjà en course depuis le 12 novembre 1976. Ce que les médias qualifient alors de « bataille de Paris » donne lieu, à coup de sondages « trafiqués » fournis par les deux camps toutes les semaines et de petites phrases, à une campagne acharnée entre les listes « Union pour Paris »[24] du président du RPR et celles « Protection et Renouveau pour Paris » du giscardien, qui s’affrontent dans 17 des 18 secteurs de vote créés par le statut de 1975[25] (seul dans le 7e arrondissement la majorité réussit à s’unir derrière le député RI et conseiller sortant Édouard Frédéric-Dupont). Michel d’Ornano, maire sortant de Deauville, est présenté par ses adversaires et perçu par beaucoup de Parisiens comme un « parachuté » et un aristocrate « élevé dans un pantalon de flanelle ». Les partisans de Jacques Chirac, lui aussi élu d’un autre département, présentent en revanche ce changement de fief électoral comme un « retour aux sources », étant né et ayant fait l’essentiel de sa scolarité dans la capitale. De plus, il n’est tête de liste dans aucun secteur de vote, n’étant présent qu’en seconde position sur celle du 5e arrondissement, derrière Jean Tiberi.

Il sait également s’appuyer sur la classe politique locale, autant sur les gaullistes historiquement bien implantés dans la capitale que sur la droite dite « modérée », pourtant plutôt proche des RI, mais n’appréciant guère la décision de Valéry Giscard d’Estaing et de Raymond Barre d’appuyer un non-parisien pour mener la majorité présidentielle. Ainsi, sur les 105 noms des listes « Chirac », pas moins de 37 sont des élus de la capitale, soit :

Les « chiraquiens » mettent en place une campagne active et féroce : leur candidat multiplie les tournées des marchés et des commerces et les bains de foule, insiste sur des thèmes porteurs tels que la propreté de la ville, la fuite des familles modestes et moyennes qu’il veut interrompre et parle de « démocratie du quotidien ». L’agressivité culmine avec l’« affaire Françoise Giroud » : la secrétaire d’État à la Culture doit se retirer de la liste « d’Ornano » du 15e arrondissement, après avoir revendiqué sur des tracts être décorée de la Médaille de la Résistance alors qu’aucun document officiel n’indique qu’elle ait jamais reçu cette décoration, ce que l’équipe du RPR a mis à profit d’autant plus facilement qu’il a aligné face à elle dans cet arrondissement une parente du Maréchal Leclerc. Au premier tour le 13 mars, l’Union de la gauche, emmenée par le communiste Michel Fizbin et le socialiste Georges Sarre, arrive en tête grâce aux divisions de la droite et à sa forte implantation dans l’est parisien, avec 32,1 % des suffrages exprimés, tandis que les listes « Chirac » remportent les « primaires » de la majorité avec 26,2 % contre 22 % à Michel d’Ornano (seule la liste d’union d’Édouard Frédéric-Dupont, avec près des deux tiers des voix dans son secteur de vote, obtient des élus – 4 – au premier tour). L’« Union pour Paris » dépasse ainsi « Protection et Renouveau pour Paris » dans 11 secteurs (à savoir ceux des 1er-4e, 5e, 6e, 8e, 9e, 10e, 11e, 13e, 14e, 15e et 17e arrondissements). Au second tour, la semaine suivante, il l’emporte avec à peine 2 000 voix d’avance sur l’Union de la gauche, 45 % des voix et 50 sièges (auxquels se sont ajoutés les 4 élus du 7e arrondissement), contre 40 à l’opposition et 15 aux candidats de la liste d’Ornano[26],[27],[28].

Le 25 mars 1977, il devient le premier maire de Paris depuis Jules Ferry. Le poste qu’il obtient, nouvellement créé, est très important : quinze milliards de francs de budget, 40 000 fonctionnaires. C’est un contre-pouvoir important mais aussi et surtout un excellent tremplin électoral. Ses premières mesures consistent essentiellement à revenir sur des décisions ou projets gouvernementaux : abandon (et destruction du premier niveau déjà réalisé) du projet controversé de « Monument au Vert » aux Halles de Paris confié jusqu’alors à l’architecte espagnol Ricardo Bofill, soutenu par l’Élysée, et remplacé par les non moins critiqués « parapluies » du français Jean Willerval, inaugurés en 1983[29] ; le soutien dès 1978 à la reprise de la construction de la Voie Express – Rive gauche, voulue par Georges Pompidou mais abandonnée par Valéry Giscard d’Estaing en 1974[30]. Mettant de plus l’accent sur la propreté (avec le lancement du programme « Paris ville propre » qui comprend une augmentation et une modernisation du matériel de ramassage de détritus, dont les fameuses « motocrottes », la hausse des effectifs avec la constitution des « Commandos de la Propreté », la réhabilitation de certaines friches industrielles, notamment sur les quais de la Seine, et de quartiers populaires ou encore la lutte contre la pollution de la Seine avec la promesse qu’il s’y baignerait en 1995), il gagne assez vite la confiance des Parisiens puisqu’un sondage Louis Harris – France pour L’Express démontre que 62 % des habitants de la capitale interrogés le jugent bon maire, et 52 % un maire plutôt sympathique, tandis que 36 % reconnaissent qu’il donne alors la priorité à son rôle de président du RPR contre 27 % à celui de premier magistrat de la ville[22]. Mais l’opposition, emmenée par le socialiste Paul Quilès, lui reproche de ne rien faire pour améliorer l’habitat social et de lutter contre la hausse du foncier, et de favoriser l’« embourgeoisement ». Ses adversaires l’accusent également d’avoir mis en place un système jugé « clientéliste » et d’avoir utilisé, pour l’appareil du RPR et à des fins purement électorales, un certain nombre de moyens de la municipalité parisienne : emplois fictifs, marchés publics du bâtiment (voir les affaires), frais de bouche[31].

Les difficultés à s’imposer au sein de la majorité

Fort de ce succès à Paris, Jacques Chirac espère affirmer la place de son nouveau parti comme première force politique de la majorité lors des élections législatives des 12 et 19 mars 1978, et devancer ainsi la grande formation formée le 10 janvier 1978 par la réunion de tous les mouvements du centre et de la droite non gaulliste (le Parti républicain qui a pris la relève des RI, le CDS, les radicaux valoisiens et le PSD) afin de soutenir directement l’action du président de la République et de son gouvernement : l’Union pour la démocratie française (UDF). Or, le résultat du RPR est loin de rejoindre les espoirs de ses dirigeants.

En effet, au premier tour le 12 mars, le parti chiraquien n’arrive qu’en troisième position avec 22,8 % des suffrages exprimés (soit près de deux points de moins que le score obtenu par l’UDR en 1973, la famille gaulliste perdant pour la première fois depuis 1958 son statut de première force politique du pays), derrière l’alliance PS-MRG (26,3 %) et surtout après l’UDF (23,9 %)[32]. Le second tour permet toutefois au RPR de conserver sa place de premier groupe politique à l’Assemblée nationale, avec 154 sièges sur 491, mais lui fait perdre tout de même 19 députés par rapport à la législature sortante. Jacques Chirac est quant à lui réélu dans sa troisième circonscription de Corrèze sans difficulté et dès le premier tour, en améliorant de plus son résultat de 1976 avec 55,8 % des voix.

Cette victoire en demi-teinte affaiblit sa position de leader du camp gaulliste, et il se retrouve pris en tenaille entre les partisans d’une rupture totale avec les Giscardiens (emmenés par Michel Debré qui, aux assises de Biarritz en septembre 1978, propose le dépôt d’une motion de censure) et ceux au contraire favorables à un rapprochement (tels Jacques Chaban-Delmas, qui retrouve la présidence de l’Assemblée nationale le 3 avril grâce au soutien des députés UDF et contre le candidat officiel du groupe RPR, Edgar Faure, ou encore des ministres gaullistes du gouvernement Barre III). Jacques Chirac adopte alors une position médiane, sanctionnant ceux devenus trop proches du pouvoir (dès le début de la nouvelle législature, le conseil national du parti décide que les fonctions de président de l’Assemblée et de membres du gouvernement sont incompatibles avec un poste de dirigeant du mouvement) tout en rejetant la rupture, lui préférant une pression continue sur l’exécutif notamment dans les domaines économiques et sociaux. Il s’attire ainsi de plus en plus l’hostilité des « barons » et des ministres, qui lancent une campagne contre la « bande des quatre », constituée des quatre principaux conseillers de Jacques Chirac (Yves Guéna, Charles Pasqua, Pierre Juillet et Marie-France Garaud) et dont l’influence est jugée trop importante.

Le 26 novembre 1978, Jacques Chirac est victime d’un accident sur une route de Corrèze et est transporté à l’hôpital Cochin à Paris. De là, il lance l’« Appel de Cochin », écrit par Pierre Juillet et apporté dans sa chambre d’hôpital par Marie-France Garaud : il y dénonce le « parti de l’étranger », c’est-à-dire l’UDF, en accusant le parti de Valéry Giscard d’Estaing d’agir au nom de l’Europe et contre les intérêts de la France dont il « prépare l’inféodation » et « consent à l’idée de son abaissement »[33]. La réaction au sein des « giscardiens » du RPR ne se fait pas attendre : Lucien Neuwirth décide de ne plus voter aux conseils nationaux, Hélène Missoffe et Alexandre Sanguinetti démissionnent tandis que le garde des Sceaux Alain Peyrefitte écrit une lettre à tous les parlementaires du parti dans laquelle il condamne « ces propos outranciers ». Pour cela, il est exclu du mouvement pour six mois, mais tous les membres RPR du gouvernement se solidarisent avec lui. C’est au tour d’Yves Guéna, premier de la « bande des quatre » à rompre avec lui, de marquer son mécontentement au début de l’année 1979 pour protester contre le fait qu’il n’ait pas été mis au courant au préalable de l’annonce faite par Jacques Chirac aux journées parlementaires du parti à la Guadeloupe qu’il allait demander la mise en place de deux commissions d’enquête (dont une sur l’information à la radio et à la télévision, ou il estime que son image y est malmenée) et la convocation d’une session extraordinaire du Parlement pour remettre en cause la politique économique et sociale du gouvernement. Pourtant, lors de la tenue de cette dernière, obtenue grâce à la même demande de la gauche, du 14 au 16 mars 1979, Jacques Chirac n’intervient pas et empêche que le RPR vote la motion de censure déposée par l’opposition socialiste (le parti néo-gaulliste choisit alors l’abstention).

Le 7 juin 1979, l’organisation des premières élections européennes au suffrage universel direct lui donne une nouvelle fois l’occasion d’affronter les partisans du président de la République. Il prend ainsi lui-même la tête de la liste « Défense des intérêts de la France en Europe » et reprend le thème traditionnel gaulliste de l’« Europe des Nations », défendu dans l’Appel de Cochin et par Michel Debré, et s’oppose à la liste UDF, très fédéraliste et « européiste », emmenée par Simone Veil. Lors d’un meeting à Bagatelle le 4 juin, il déclare : « Ce qui nous sépare de l’UDF sur l’Europe est incomparablement plus profond que ce qui nous unit ». C’est alors un échec retentissant, ne réussissant pas à intéresser un électorat gaulliste très peu enthousiasmé par ce scrutin : sa liste n’arrive donc qu’en quatrième position avec seulement 16,31 % des suffrages et 15 sièges de parlementaire européen sur les 81 dont disposent la France, et est dépassé non seulement par Simone Veil qui arrive en tête (27,61 %, 25 élus), mais aussi par les socialistes de François Mitterrand (23,53 %, 22 sièges) et les communistes de Georges Marchais (20,52 % et 19 élus). L’abstention s’est élevée à près de 40 %. Bien que techniquement élu au Parlement européen de Strasbourg, Jacques Chirac abandonne immédiatement ce mandat, préférant ses fonctions locales ou nationales. Après cette défaite, et sur l’insistance de certains de ses proches (dont Bernadette Chirac) de plus en plus critiques à l’égard de l’influence de Pierre Juillet et Marie-France Garaud, il se sépare de ces derniers et commence à réorganiser ses troupes en vue de la présidentielle de 1981.

Une candidature incertaine

Sa candidature à l’élection présidentielle semble pourtant être remise en question : sa position est en effet particulièrement instable au sein du RPR, s’étant attiré la méfiance tant de la vieille garde orthodoxe du mouvement gaulliste groupée autour de Michel Debré qui annonce sa propre candidature le 30 juin 1980, mais aussi de l’aile la plus « giscardienne » (Jacques Chaban-Delmas, Olivier Guichard, Jean Foyer ou Yves Guéna) opposée à l’attitude d’opposition à peine voilée adoptée par Jacques Chirac à l’égard du gouvernement et du président de la République (ainsi, le RPR pousse le gouvernement à recourir à l’Article 49.3 et donc à engager sa responsabilité sur une série de projets de loi lors de la session d’automne 1979, tandis que le 9 décembre Jacques Chirac évoque devant le comité central du parti « l’incapacité de ceux qui ont mission de guider le pays »). De plus, certains de ses proches, dont Bernadette Chirac, Jean de Lipkowski ou Alain Juppé estiment qu’il serait prématuré pour lui de se lancer déjà dans la bataille pour les présidentielles, tandis que d’autres (Charles Pasqua ou Bernard Pons) le poussent au contraire à s’engager.

Jacques Chirac hésite ainsi, estimant qu’une « bonne candidature » doit représenter « le refus de ce qui semble inévitable », « symboliser le renouveau et l’espérance qui sont l’essence même du gaullisme » et ne doit être déposée que si l’on a la volonté « de gagner, donc d’être présent au second tour ». Toutefois, le 25 octobre 1980, il déclare : « Longtemps j’ai attendu un changement de la part du président » et compare la situation politique du moment avec la fin de la IVe République. Beaucoup estiment alors que l’annonce de sa candidature n’est plus qu’une question de temps.

1981 : première candidature à l’élection présidentielle

Il annonce finalement sa candidature le 3 février 1981 en se présentant comme le seul légitime à pouvoir se poser en « rassembleur des gaullistes » et en se fixant pour objectif d’« arrêter le processus de dégradation de la France » qu’il attribue « au comportement des responsables de l’État ». Il installe son quartier général rue de Tilsitt à Paris, tandis que Charles Pasqua est nommé coordonnateur de sa campagne. Il expose son programme le 10 février, en l’axant sur les thèmes de la réduction des impôts — suivant l’exemple de Ronald Reagan —, du retour à une politique étrangère volontariste et du « changement sans risque », effectuant ainsi un virage à droite depuis son discours du « travaillisme à la française » de la fin des années 1970, entamant ce que certains politologues, dont Jean Baudouin, ont appelé le « moment néo-libéral du RPR »[23]. Il attaque tout particulièrement le président sortant dont il dénonce « l’irrésolution » en politique étrangère (reprenant alors le thème du « parti de l’étranger »), le « manque de fermeté » dans le maintien de l’ordre républicain et une tendance au « collectivisme rampant ». Il est soutenu par certaines personnalités des lettres, du spectacle ou du monde sportif, tels l’accordéoniste Aimable, les acteurs Jean Marais et Moustache, la romancière Juliette Benzoni, le comédien Roger Carel, le peintre Bernard Buffet et son épouse l’écrivaine Annabel, la meneuse de revue et chanteuse Line Renaud et son époux et compositeur Loulou Gasté, la présentatrice de télévision Sophie Darel, l’athlète médaillé olympique de 110 mêtres haies Guy Drut ou encore le judoka lui-aussi champion olympique Thierry Rey[34]. Parmi les slogans de campagne, on retrouve la chanson Jacques Chirac, maintenant[35].

Il obtient au premier tour, le 26 avril, 18 % des suffrages exprimés, soit un peu plus de 5 millions de voix, et se retrouve largement distancé par Valéry Giscard d’Estaing (28,32 %) et François Mitterrand (25,85 %), qui remporte le second tour. Toutefois, il confirme alors son statut de chef naturel de la famille politique gaulliste, puisqu’il fait mieux que Jacques Chaban-Delmas en 1974 (il avait alors obtenu 15,10 %), tandis que les scores cumulés des deux autres candidatures gaullistes, celles de Michel Debré et de Marie-France Garaud, n’atteignent qu’environ 3 %.

Jacques Chirac annonce dès le lendemain du scrutin que, « personnellement », il votera pour le chef de l’État sortant. Ses militants, et surtout ses jeunes militants, retiennent le peu de conviction du message et votent massivement pour le candidat de l’opposition. Selon Valéry Giscard d’Estaing[36], Raymond Barre et Christian Bonnet, la permanence du RPR conseille de voter pour François Mitterrand entre les deux tours ; Valéry Giscard d’Estaing explique que François Mitterrand lui aurait confirmé avoir rencontré Jacques Chirac chez Édith Cresson à cette occasion. Toujours selon Valéry Giscard d’Estaing, la stratégie de Jacques Chirac est alors de faire élire François Mitterrand puis d’essayer d’obtenir une nouvelle fois la majorité au parlement, le leader socialiste étant obligé de dissoudre la chambre issue de 1978. Pour Jacques Chirac, la présence de ministres communistes créerait chez les Français un tel sentiment de peur, comparable à celui de mai 1968, qu’il provoquerait un nouveau raz-de-marée gaulliste. Pierre Messmer confirme cette version des faits. Toutefois, une majorité des parlementaires RPR appellent à voter VGE, tandis que Jacques Chirac met en garde le 6 mai les électeurs contre François Mitterrand qui, selon lui : « persiste à s’inspirer de principes économiques qui ont échoué partout où ils ont été appliqués ». Au second tour, le 10 mai, le candidat socialiste est élu, avec 51,76 % contre 48,24 %.

Aux élections législatives de juin 1981, qui sont marquées par une « vague rose » née de l’« état de grâce » du nouveau président, le RPR n’obtient que 20,9 % des suffrages exprimés (et l’« Union pour la nouvelle majorité », coalition de droite fondée sur des candidatures uniques dans chaque circonscription et qui l’associe à l’UDF et aux divers droites, ne réunit que 42,9 % des suffrages, face aux 36 % du PS et aux 54,3 % de la majorité présidentielle en général) et ne remporte que 83 sièges. Pour sa part, Jacques Chirac est réélu en Corrèze une nouvelle fois au premier tour, mais plus faiblement qu’auparavant puisqu’il ne passe que de peu la barre de la majorité absolue (50,6 %), face à un jeune candidat socialiste tout juste sorti de l’ENA, François Hollande, et à son adversaire habituel depuis 1976, le communiste Christian Audouin[37].

1981 – 1986 : le chef de l’opposition
Renouveler le RPR

Malgré ce premier échec, Jacques Chirac s’attache à rapidement s’assurer un rôle de premier plan au sein de l’opposition, fort des sondages qui font état, dès la fin de l’année 1981, de 32 % de Français interrogés le considérant comme le meilleur candidat à la prochaine élection présidentielle, contre seulement 13 % à Valéry Giscard d’Estaing et 8 % à Raymond Barre. Ainsi, le 7 octobre 1981, le « Club 89 » est créé au sein du RPR. Présidé par Michel Aurillac, et animé par un fervent « chiraquien », Alain Juppé, il s’agit d’un « laboratoire d’idées » chargé de « préparer un projet politique applicable dans l’environnement de 1989 », mais en réalité véritable « contre-gouvernement » chargé d’élaborer les programmes du parti pour les principales échéances futures : les législatives de 1986 et la présidentielle de 1988. En attendant, Jacques Chirac retrouve sans difficulté la présidence du parti, qu’il avait quittée à la veille de sa candidature à la présidence, lors des Assises de Toulouse en janvier 1982.

Il affirme alors son virage vers le libéralisme économique entamé durant la campagne présidentielle, afin de se poser comme le véritable rempart face au « socialo-communisme » du gouvernement Mauroy et comme une alternative au « libéralisme avancé » de l’UDF qui, selon lui, a déçu en étant trop libéral sur le plan des mœurs et de la sécurité, et pas assez sur le plan économique, et dont la politique menée depuis 1976, qu’il qualifie de « socialisme rampant », a ouvert le chemin à la victoire de la gauche. Il condamne tout d’abord le « trop d’État » dans le domaine économique et social, ce que Michel Aurillac résume lors d’une réunion du « Club 89 » en 1983 : « L’État est un garant et non un gérant, il faut donc lutter contre son hypertrophie », s’oppose aux nationalisations et prône donc la fin de la planification et la déréglementation de l’économie, la dénationalisation et la lutte contre la bureaucratie de l’État et la libéralisation du système de protection sociale, selon le modèle de la politique menée à la même époque au Royaume-Uni par le Premier ministre britannique Margaret Thatcher. Mais dans le même temps, il défend un profond ordre moral et donc un renforcement de l’État dans les domaines de la sécurité des personnes et des biens (et cela même si Jacques Chirac est l’un des rares parlementaires de l’opposition à avoir voté pour l’abolition de la peine de mort le 18 septembre 1981[38]). Le RPR et Jacques Chirac s’alignent donc sur les mouvements du conservatisme libéral des autres pays d’Europe, et, pour ce faire, abandonne les aspects les plus « gaulliens » sur le plan de la politique étrangère et européenne, n’hésitant pas à défendre devant Ronald Reagan, lors d’une rencontre avec le président américain en janvier 1983, l’idée d’une « défense européenne commune » étroitement liée à l’OTAN. Ces prises de position tendent alors à s’approcher des aspirations de ceux considérés comme l’électorat traditionnel du mouvement gaulliste et duquel celui-ci, gagné par l’usure du pouvoir, s’était peu à peu éloigné, à savoir les petits entrepreneurs, commerçants, les professions libérales, les agriculteurs, les propriétaires et les personnes âgées.

Cette « révolution idéologique » s’accompagne d’un renouvellement et d’un rajeunissement des cadres du parti, favorisé par le départ ou la mise à l’écart de la plupart des grands « barons du gaullisme » dans la suite de la candidature manquée de Michel Debré. Selon le journaliste politique Alain Duhamel, sur les 500 000 militants revendiqués par le RPR, 80 % d’entre eux n’ont jamais adhéré aux différents mouvements qui l’ont précédé dans cette famille politique (UNR puis UDR). Et, suite aux élections municipales de 1983, 48 % des nouveaux maires issus du parti élus à la tête d’une commune de plus de 30 000 habitants ont moins de 43 ans. Parmi ces trentenaires et quadragénaires, on peut citer Alain Juppé (proche collaborateur de Jacques Chirac à la mairie de Paris, secrétaire général du « Club 89 », maire du 18e arrondissement depuis 1983 et secrétaire national du parti au redressement économique et social à partir de 1984), Jacques Toubon (maire du 13e arrondissement de Paris en 1983 et secrétaire général du RPR à partir de 1984), Philippe Séguin (maire d’Épinal en 1983 et secrétaire national du parti chargé de la Décentralisation en 1984) ou Nicolas Sarkozy (protégé de Charles Pasqua, ancien président du comité de soutien des jeunes à la candidature de Jacques Chirac à la présidentielle de 1981 et maire de Neuilly-sur-Seine en 1983)[39].

Renouer avec les victoires électorales

Alors que le gaullisme, tout en s’étant imposé comme une force politique de premier ordre sur le plan national, n’avait jamais réussi à percer réellement dans les élections locales (cantonales ou municipales), l’une des premières conséquences du « recentrage » du RPR vers des positions traditionnelles de la droite lui permet de se « notabiliser » et donc de remporter un certain succès lors des élections cantonales de 1982 et des municipales de 1983. Aux premières, le RPR obtient ainsi le score le plus important jamais obtenu par une formation gaulliste à ce type de scrutin, à savoir 17,9 % des suffrages exprimés au premier tour et au final 323 nouveaux sièges de conseillers généraux (portant le nombre d’élus départementaux du parti à 495, contre 343 avant l’élection, tandis que le mouvement préside désormais 13 assemblées départementales). Et, suite aux secondes, en mars 1983, le nombre de communes de plus de 30 000 habitants dirigées par le parti chiraquien passent de 15 à 35[39]. Par conséquent, les élections sénatoriales de septembre 1983 consacre cette nouvelle assise locale puisque le groupe RPR à la chambre haute du Parlement français passe de 41 à 58 sénateurs.

Ceci renforce d’autant plus la position de Jacques Chirac au sein de la majorité que lui-même remporte une importante victoire aux municipales de Paris en 1983. Pourtant, celles-ci s’annonçaient difficiles. Tout d’abord, la loi PLM du 31 décembre 1982 (qui divise notamment la Ville de Paris en vingt mairies, soit une par arrondissement, chaque conseil d’arrondissement envoyant une partie de ses membres au conseil de Paris qui cumule les fonctions de conseil municipal à l’échelle de la Ville de Paris et de conseil général du département) est préparée par le ministre de l’Intérieur socialiste Gaston Defferre sans que Jacques Chirac ait été consulté, celui-ci y voyant alors une manœuvre électoraliste visant à diminuer son autorité dans la gestion de la capitale et à augmenter l’influence de la gauche, minoritaire sur l’ensemble de la ville mais bien implantée dans les arrondissements de l’est. Ensuite, une campagne de certains membres du gouvernement et de médias est lancée à partir de 1982 contre sa gestion. Gaston Defferre est notamment condamné en avril 1982 en première instance à 1 500 F d’amende et à verser un franc symbolique de dommage et intérêt à Jacques Chirac pour diffamation après avoir accusé la Ville de Paris ainsi que son maire, Bernard Pons et Charles Pasqua d’avoir bénéficié de largesses et perçu de l’argent au profit de la municipalité de la part du cercle de jeu Haussmann dirigé par Marcel Franceschi, assassiné en mars 1982. Un reportage de TF1 dénonce les conditions de vie des pensionnaires de la maison médicale de Cachan, puis une enquête de Libération vise les « bureaux d’études » utilisés par la Ville et enfin le Canard enchaîné accuse le président du RPR d’avoir financé en partie sa campagne de 1981 à partir de fonds reçus du régime Gabonais d’Omar Bongo par le biais d’ELF Aquitaine et de son « Monsieur Afrique », André Tarallo, ancien condisciple de Jacques Chirac à l’ENA[40] (une accusation que Valéry Giscard d’Estaing réitèrera en 2009, à la mort de Bongo). Enfin, de nombreuses figures du gouvernement ou de la majorité s’investissent personnellement dans les différentes listes menées à l’échelle de la ville par Paul Quilès (lui-même candidat dans le 13e arrondissement), à l’instar du Premier secrétaire du PS Lionel Jospin dans le 18e arrondissement face à Alain Juppé, le ministre de la Culture Jack Lang dans le 3e contre Jacques Dominati ou encore le ministre délégué de la Jeunesse et des Sports Edwige Avice dans le 14e pour combattre Christian de La Malène.

Pourtant, le jour du scrutin, les listes de la majorité parisienne sortante (unissant cette fois-ci l’ensemble de la droite de gouvernement) obtiennent non seulement facilement leur maintien à la tête de la capitale, avec plus des deux tiers (67,29 %) des conseillers de Paris, mais le camp chiraquien réussit également à remporter le « grand chelem » en obtenant les vingt mairies d’arrondissement (treize RPR, cinq UDF dont deux PR, deux CDS et un radical valoisien, et deux CNI). Le soir même de sa victoire, Jacques Chirac reçoit un appel téléphonique de Valéry Giscard d’Estaing. Sa fonction de maire de la capitale lui donne de plus les moyens de s’opposer directement, et avec succès, à la majorité socialiste et à certains « grands projets présidentiels ». Ainsi obtient-il que François Mitterrand renonce, le 5 juillet 1987, à son ambition de voir Paris organiser l’exposition universelle de 1989.

Vers les élections législatives et la cohabitation

Dès le 14 janvier 1983, dans une interview donnée au magazine L’Express, l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing envisage un changement de majorité aux prochaines législatives, avec un retour au pouvoir de la droite, sans que celle-ci n’attende ou ne demande alors la démission de François Mitterrand de la présidence de la République. Ce concept est bientôt repris au RPR. Un des proches de Jacques Chirac, Édouard Balladur, donne même, dans un entretien au quotidien Le Monde du 16 septembre 1983, un nom à cette situation : la cohabitation, terme retenu ensuite par l’ensemble des médias et de la classe politique. Deux jours plus tard, sur la radio RTL, le maire de Paris évoque à son tour l’éventualité d’une nouvelle majorité et se prononce en faveur de la cohabitation : selon lui, François Mitterrand ayant apparemment l’intention d’aller au bout de son mandat quoiqu’il arrive, les électeurs ne comprendraient par que la droite, si elle est victorieuse, refuse de gouverner sous le prétexte que le président ne démissionne pas, ce qui pourrait être interprété comme une atteinte aux institutions. Il s’oppose sur ce point à Raymond Barre, qui n’a pas abandonné l’espoir de prendre la tête de l’opposition : le 10 juillet 1984, l’ancien Premier ministre décrit une éventuelle cohabitation comme une « trahison du principe de la Ve République », ce à quoi Jacques Chirac réplique que le refus de la cohabitation pourrait aboutir à « une crise de régime ».

Quoi qu’il en soit, Jacques Chirac s’attache à rapprocher le RPR de l’UDF, et tient à rassurer ce dernier concernant sa vision de l’Europe en modérant largement son propos depuis le fracassant Appel de Cochin et en proposant dès juin 1983 la constitution d’une liste d’union dirigée par la très européiste Simone Veil aux élections européennes du 17 juin 1984. Cette liste arrive alors largement en tête, avec 43,02 % des suffrages (mais une abstention encore plus forte, à 43,27 %) et 41 sièges de députés européens sur les 81 alloués à la France. Le 10 avril 1985, une semaine après l’instauration de la proportionnelle pour les législatives et dont il critique « l’esprit de tricherie », il signe avec Jean Lecanuet, président de l’UDF, un accord pour « gouverner ensemble » (la plate-forme commune des deux partis pour les législatives sera quant à elle signée le 16 janvier 1986). Un mois plus tard, le 8 juin, il est présent, aux côtés de Raymond Barre, à la « convention libérale » réunie à Paris pour rassembler l’opposition à l’initiative de Valéry Giscard d’Estaing.

Il tente également de transformer son image et travaille activement sa communication en vue des législatives. Pour ce faire, il fait appel à partir d’octobre 1981 aux services du publicitaire Élie Crespi, dont le but avoué est de travailler son style et de contrôler son attitude afin de casser son image d’énarque raide et de révéler le « véritable Chirac », « rude et généreux », chaleureux, aimant les choses simples mais appréciant également la poésie dont Saint-John Perse et les objets d’art. Il le fait ainsi changer de lunettes, abandonner son costume trois pièces, lui fait recevoir à l’Hôtel de Ville de Paris des écrivains, des artistes ou des acteurs, ou le pousse à être le premier homme politique à accepter de participer à l’émission satyrique de l’imitateur Patrick Sébastien. À l’approche du scrutin, au printemps 1985, il change à nouveau d’équipe de communication en la confiant cette fois-ci à Bernard Brochand et Jean-Michel Goudard. Ces derniers, déjà responsables de la campagne du RPR aux législatives de 1978, s’attachent à montrer au grand public un Jacques Chirac serein et responsable[41]. À ceci s’ajoute un entraînement physique intensif, composé de jogging dans les jardins de l’Hôtel de Ville et de travail aux haltères et au médecine ball, sous la supervision des anciens champions olympiques Guy Drut et Henri Boério.

Très médiatisé (il est l’invité à quatre reprise de L’Heure de vérité sur Antenne 2 entre juin 1982 et février 1986[42]), il multiplie les déplacements dans toute la France (durant la campagne des législatives, il visite pas moins de cent cinquante villes, prononce deux cents discours et parcourt quelques 80 000 km) et se rend même en Nouvelle-Calédonie à la fin du mois de septembre 1985 (en plein cœur des Évènements qui opposent violemment depuis un an partisans et opposants à l’indépendance, il s’oppose au projet d’« indépendance-association » proposé par Edgard Pisani et le gouvernement socialiste dans un grand meeting « bleu, blanc, rouge » sur la place des Cocotiers à Nouméa, devant 7 000 personnes, mais se dit favorable à l’organisation d’un référendum d’autodétermination ouvert à tous les néo-calédoniens, quels que soient leurs origines). Il se forge également une assise internationale, par le biais notamment de sa fonction de maire de Paris, et est l’un des principaux participants (aux côtés de certains leaders du monde occidental de l’époque à commencer par le Premier ministre britannique Margaret Thatcher, le vice-président américain George Bush ou le chancelier allemand Helmut Kohl) à la réunion de l’hôtel InterContinental de Londres le 24 juin 1983 où fut fondée l’Union démocrate internationale (UDI), grande association regroupant à l’échelle internationale les grands partis de droite et dont Jacques Chirac devient l’un des vices-présidents[43].

Finalement, son rôle de chef de l’opposition lui est reconnu et s’affirme lors d’un débat télévisé sur TF1 qui l’oppose le 27 octobre 1985 au Premier ministre Laurent Fabius (Raymond Barre avait lui aussi été sollicité mais avait refusé cette confrontation). Activement préparé par Édouard Balladur et Alain Juppé pour faire face au jeune chef de gouvernement considéré comme un maître de la communication et un excellent orateur, et afin de démontrer sa cohérence idéologique contestée depuis son passage du « travaillisme à la française » au libéralisme, Jacques Chirac obtient largement l’avantage sur son adversaire. En effet, il sait adopter une attitude calme, posée, imperturbable face à un Premier ministre offensif voire agressif, refusant de lui serrer la main devant les photographes, l’accusant de « dire n’importe quoi » et l’interrompant quatre-vingt-onze fois (quand Jacques Chirac ne le coupe en retour que vingt-cinq fois). Jacques Chirac finit par répliquer par un : « Cessez de m’interrompre comme un roquet », phrase qui symbolise aux yeux des observateurs l’ascendant pris par le chef du RPR sur Laurent Fabius. Les sondages d’après débat confirment ce succès : une étude Sofres pour Europe 1 le lendemain montre que 44 % des personnes interrogées le considèrent comme le vainqueur du débat (contre 24 % pour le Premier ministre, 28 % estimant le match nul et 4 % restant sans opinion), tandis que la popularité du maire de Paris passe de 57 à 70 % chez les électeurs de droite et de 9 à 17 % à gauche. Il apparait surtout moins autoritaire (73,4 % des sondés le considéraient ainsi à 19 h 30, avant le débat, ils ne sont plus que 57 % à 21 heures), plus convaincant (25 % avant, 32 % après) et plus sympathique (il passe dans ce domaine de 15 à 26 %). Un sondage Ifrès pour France Soir montre quant à lui que Jacques Chirac l’a remporté sur son adversaire sur les thèmes de la sécurité, l’immigration (37 contre 28 % pour ces deux domaines), l’incitation aux entreprises à embaucher (41 contre 27 %), la défense des intérêts de la France dans le monde (37 contre 36 %) et la gestion d’une crise grave (35 contre 31 %)[44].

1986 – 1988 : la première cohabitation

Articles détaillés : Première cohabitation et Gouvernement Jacques Chirac (2).

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Jacques Chirac et le chancelier allemand Helmut Kohl, en 1987.

Le 16 mars 1986, lors des élections législatives à la proportionnelle, l’union RPR-UDF obtient de justesse la majorité, de seulement deux sièges (291 députés sur 577, le RPR est le premier groupe de la majorité avec 155 membres et apparentés, mais le second de l’hémicycle derrière celui du PS qui reste le premier parti de France en nombre de siège et de voix) et survient alors la « cohabitation ».

Jacques Chirac, chef de la majorité, est nommé Premier ministre le 20 mars. Outre lui-même, son gouvernement compte initialement 37 membres, nombre porté à 40 cinq jours plus tard, à savoir : un ministre d’État (un de ses plus proches alliés au sein du RPR, Édouard Balladur, chargé de l’Économie, des Finances et des Privatisations), 13 ministres (6 RPR, 5 UDF se répartissant entre 2 PR, 2 CDS et 1 radical, et 2 indépendants), 10 ministres délégués (8 RPR et 2 UDF-PR) et 16 secrétaires d’État (9 UDF dont 4 CDS, 3 PR, 1 radical et 1 PSD, 6 RPR et 1 indépendant). Les trois personnalités issues de la société civiles qui font leur entrée dans son ministère sont le diplomate Jean-Bernard Raimond (jusque là ambassadeur en URSS) au ministère des Affaires étrangères, le président de la FNSEA François Guillaume à l’Agriculture et le French doctor Claude Malhuret (directeur général de Médecins sans frontières) comme secrétaire d’État aux droits de l’Homme.

Dans son discours de politique générale prononcé devant l’Assemblée nationale le 9 avril, il déclare : « Notre nouvelle frontière, ce doit être l’emploi »[45]. Le lendemain, il obtient la confiance des députés par 292 voix (l’ensemble des groupes RPR et UDF, 5 non inscrits sur 9 et un député d’extrême-droite sur 35) contre 285.

Il continue toutefois à exercer ses fonctions de maire de Paris, et à habiter dans ses logements de fonction de l’Hôtel de Ville plutôt qu’à Matignon : chaque matin, il donne ainsi tout d’abord ses directives sur les grands dossiers municipaux avant de rejoindre son bureau de chef de gouvernement. Ce cumul de mandats lui permet alors notamment d’être le principal défenseur de la candidature de la capitale française pour l’organisation des Jeux olympiques d’été de 1992, et il mène ainsi la délégation parisienne à la 91e session du CIO à Lausanne le 17 octobre 1986 : Paris y est battu au troisième tour par Barcelone, arrivant en seconde position avec 23 voix contre 47 à la capitale catalane.

L’une de ses premières mesures, dès le 20 mai, est de revenir sur la proportionnelle et de rétablir le scrutin uninominal majoritaire à deux tours dans le cadre de 577 nouvelles circonscriptions établies par une commission présidée par Charles Pasqua.

Politique économique et de l’emploi

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Jacques Chirac dans les années 1980, durant la première cohabitation.

Comme promis lors de la campagne, il met en place une politique libérale sur le plan économique, avec une importante vague de privatisations d’entreprises publiques nationalisées à la fin de la Seconde Guerre mondiale (la banque Société générale, la société de défense, d’aéronautique-aérospatiale, de transport et télécommunications Matra, l’agence médiatique et publicitaire Havas et le groupe d’assurances mutuelles MGF) ou par les gouvernements socialistes de Pierre Mauroy entre 1981 et 1983 (les banques Paribas, CCF et du BTP, le groupe de télécommunication Compagnie générale d’électricité CGE qui devient Alcatel-Alsthom, le producteur et transformateur de matériaux Saint-Gobain, la Compagnie financière Suez), ainsi que de l’une des trois chaînes publiques, TF1. Organisées et gérées par Édouard Balladur, seul ministre d’État du gouvernement et titulaire des portefeuilles de l’Économie et des Finances, elles se sont surtout réalisées par le biais de souscriptions publiques par des petits actionnaires et ont ainsi permis à l’État de vendre des actifs publics pour un montant oscillant, selon les sources, entre 70,5 (hypothèse du Quid[46]) et 100 milliards de francs (valeur 1999, selon l’édition 2001 de L’État de la France – La Découverte).

Pour lutter contre le chômage, le gouvernement décide de rendre le marché du travail plus flexible en supprimant, dès le 8 juin 1986, l’autorisation administrative de licenciement, et prend une série de mesures visant à encourager l’investissement et l’entreprise privée (loi de finances rectificative du 16 avril 1986 supprimant l’impôt sur les grandes fortunes IGF et décidant une amnistie fiscale et douanière pour les capitaux rapatriés, loi du 19 novembre 1986 autorisant les activités privées dans le commerce, l’artisanat, les services, libération des prix, soumis à un contrôle depuis 1945, à compter du 1er janvier 1987, et mise en place le 17 juin suivant d’incitations fiscales au développement des stock options) ainsi que l’épargne des salariés par la relance du vieux projet gaulliste de la participation (par les ordonnances du 15 octobre 1986, tout en assouplissant les règles de l’intéressement et de l’abondement de l’entreprise au PEE). S’y associent plusieurs mesures sociales en faveur de l’emploi engagées par le ministre des Affaires sociales Philippe Séguin, dont l’ordonnance du 11 août 1986 subordonnant le recours au travail intermittent par les entreprises à la signature d’un accord préalable, la loi du 10 juillet 1987 pour la lutte contre le chômage de longue durée et celle, entrée en vigueur le même jour, en faveur de l’emploi des travailleurs handicapés qui introduit pour la première fois dans le code du travail la notion d’« Obligation d’emploi » pour ces derniers, avec une politique de discrimination positive instaurant un quota de 6 % d’employés handicapés dans les entreprises de plus de 20 salariés. 710 000 stages « emploi-formation » pour les jeunes de 16 à 25 ans sont également créés.

Cette politique, aidée par une meilleure conjoncture internationale et une baisse du prix du pétrole, semble en partie porter ses fruits et permet à la France de se ré-aligner en partie sur le « bon élève » de l’Europe qu’est la République fédérale d’Allemagne sur le plan de l’inflation (dont le taux repasse en 1986 sous la barre des 4 % pour la première fois depuis 1968, en s’établissant autour des 3 %, sans pour autant obtenir de réelle inversion de la tendance économique[15]) notamment. L’investissement industriel se redresse à 4,5 % du PIB en 1987 et 10 % en 1988, et profite à un nombre important de PME dynamiques qui favorisent le freinage du chômage (passant de 10,5 % des actifs en 1986 à 10,3 % en 1987 puis à 9,8 % en 1988) sans obtenir toutefois une réelle stabilisation[47]. La croissance du PIB passe de 2 % à la fin de l’année 1986 à près de 4,5 % au début 1988, entraînant dans le même temps une stabilisation des taux d’intérêt réels sur 3 mois de la dette publique et une baisse de ceux sur 10 ans. Toutefois, le taux de croissance reste inférieur au coût réel moyen de la dette, et ne permet donc pas d’entamer un réel remboursement de cette dernière[48],[49].

Politique de sécurité et d’immigration

Autre pilier de son gouvernement, et lui aussi gaulliste historique et proche de Jacques Chirac, le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua met l’accent sur la lutte répressive contre l’insécurité. Une série de lois est votée le 7 août 1986, concernant la criminalité, la délinquance, le terrorisme et les atteintes à la sûreté de l’État. La politique de Chirac et Pasqua est aussi marquée par quelques actions symboliques dans le domaine de la lutte contre le terrorisme (alors qu’une vague d’attentats a touché Paris en 1986), comme l’arrestation le 21 février 1987 des membres d’Action directe ou la libération des otages du Liban, le 4 mai 1988.

Pour l’aider dans le domaine de l’antiterrorisme, Jacques Chirac décide, dès son installation en mars 1986, la création d’un Conseil national de sécurité (sur le modèle du National Security Council américain) rattaché à Matignon et comprenant des fonctionnaires de l’Intérieur, de la Justice, de la Défense et des Affaires étrangères, mais aussi de la Sous-Direction Anti-terroriste (SDAT) à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et d’une chambre spécialisée dans les actes de terrorisme. Il met l’accent dans ce domaine sur plus de coopération internationale, notamment en favorisant l’extradition de terroristes vers les pays où ils ont commis des exactions, selon la Convention de Strasbourg de 1977 signée par la France mais jamais ratifiée, entraînant de vives divergences avec le président de la République qui y est opposé. La lutte contre la drogue est également renforcée selon un axe plus répressif à travers un plan présenté le 23 septembre 1986 par le garde des Sceaux Albin Chalandon : celui-ci demande une application stricte de la loi de 1970 (qui considère le toxicomane comme un délinquant) et aggrave les peines contre les trafiquants.

Par ailleurs, Chirac alourdit considérablement les conditions d’entrée et de séjour sur le territoire français. D’une part, la loi dite Pasqua du 9 septembre 1986 rend plus difficile l’accès à la nationalité française, restreint l’accès à la carte de séjour de 10 ans, et permet des expulsions par décision préfectorale. 101 Maliens sont ainsi expulsés dès le 18 octobre suivant[50]. D’autre part, suite à la vague d’attentats, Paris suspend tous les accords de dispense du visa d’entrée et rétablit l’obligation du visa d’entrée pour les ressortissants de la totalité des États du monde, à l’exception de ceux de la Communauté européenne, de la Suisse, du Liechtenstein, de Monaco, de Saint-Marin et du Saint-Siège. L’accord européen sur le régime de circulation des personnes entre les pays membres du Conseil de l’Europe et celui relatif à la suppression du visa pour les réfugiés sont suspendus. Outre le visa d’entrée, Chirac impose, via une circulaire non publiée du 28 novembre 1986, un visa de sortie que les étrangers résidant en France devaient demander pour voyager. Le Gisti (Groupe d’information et de soutien aux travailleurs immigrés) attaqua en justice cette circulaire, et gagna au bout de six ans de procédures, le 22 mai 1992, devant le Conseil d’État[51].

Selon la même volonté de rétablir « l’ordre républicain », le gouvernement revient totalement sur la politique menée par les socialistes depuis 1984 face au conflit opposant partisans et opposants de l’indépendance en Nouvelle-Calédonie : le statut Fabius-Pisani en vigueur depuis 1985 est révoqué et remplacé par le statut dit Pons I, du nom du ministre des DOM-TOM Bernard Pons. Celui-ci prévoit notamment un référendum d’autodétermination limité aux seuls citoyens pouvant justifier de 3 ans de résidence dans l’archipel, organisé le 13 septembre 1987 : boycotté par les indépendantistes (qui réclament un référendum auquel ne participeraient que les Kanaks), il se solde par une victoire massive du maintien au sein de la République, choisi à 98,3 % des suffrages exprimés et avec une participation de 59,1 % des inscrits. Dès l’annonce du résultat, Jacques Chirac, qui s’était déjà déplacé une première fois sur le Territoire en août 1986, se rend sur place pour annoncer, devant 20 à 25 000 loyalistes acquis à sa cause, sa volonté d’établir une autonomie du territoire associant toutes les tendances politiques, le maintien du pouvoir d’arbitrage de l’État, la redéfinition et le renforcement des pouvoirs des régions et la représentation du pouvoir coutumier. Dans le même temps, les effectifs des forces de l’ordre présentes en Nouvelle-Calédonie sont sans cesse renforcés pour surveiller par « nomadisation » les tribus.

Politique étrangère et de défense

Concernant les affaires étrangères et de la défense, considérées comme faisant partie du « domaine réservé » du président de la République, il semble y avoir, tout du moins officiellement, une identité de vues entre l’Élysée et Matignon. Dans les faits, chacune des deux têtes de l’exécutif tente de prendre l’avantage sur l’autre dans ces domaines. Ainsi, lorsque, le 12 avril 1986, la France, par la voix de François Mitterrand (Jacques Chirac étant en déplacement en Côte d’Ivoire), refuse la requête des États-Unis de faire traverser par des avions américains le territoire français dans le but d’aller bombarder les bases terroristes en Libye, les deux hommes revendiquent ensuite la paternité de cette décision (le président déclarant l’avoir prise après avoir consulté les ministres concernés et n’en avoir informé son Premier ministre qu’ensuite, et ce dernier au contraire affirme que le chef de l’État l’a contacté pour prendre son avis et que c’est lui qui l’a convaincu de refuser). D’autres dissensions se font jour, notamment sur la question de l’Initiative de défense stratégique (IDS) américaine, le Premier ministre critiquant dans une conférence de presse du 22 mai 1986 l’attitude négative de la France et du président de la République à son égard.

Jacques Chirac estime également normal qu’il accompagne François Mitterrand aux grandes réunions internationales. Il se rend ainsi à ses côtés au sommet du G7 de Tōkyō du 4 au 6 mai 1986 (il n’en avertit l’Élysée qu’après avoir contacté le gouvernement japonais) : c’est alors la première fois qu’un des États membres est représenté par deux chefs de l’exécutif, créant de fait certains problèmes de protocole. Il est de nouveau présent l’année suivante, du 8 au 10 juin 1987, au G7 de Venise, et participe également aux réunions du Conseil européen.

Mais, en règle générale, les deux hommes tentent de parler d’une seule voix et restent d’accord sur l’essentiel de la diplomatie française, comme en témoigne le fait que la nouvelle majorité ratifie sans heurt le 16 décembre 1986 l’Acte unique européen, signé par le précédent gouvernement socialiste le 28 février. De même, l’Élysée et Matignon prennent conjointement la décision, le lendemain, de parachuter du matériel aux troupes Tchadiennes, afin de se défendre contre l’armée Libyenne qui a investi la région du Tibesti, et de procéder à des bombardements français au nord du 16e parallèle nord à compter du 5 janvier 1987 en riposte à un bombardement libyen au sud de cette ligne. Ils font également l’état d’une totale convergence de vue concernant la crise des euromissiles.

Une cohabitation difficile

Mais la cohabitation est avant tout l’occasion d’une guerre de tranchées entre le Premier ministre et le président, le premier affirmant son contrôle de la politique intérieure et le deuxième cherchant à défendre sa « chasse gardée » (affaires étrangères et défense). De plus, François Mitterrand critique ouvertement l’action de son Premier ministre et se pose en président impartial. Il refuse de signer des ordonnances (celles sur les privatisations, sur le découpage électoral ou sur l’aménagement du temps de travail, notamment) et Jacques Chirac doit recourir à l’article 49 al 3. La stratégie du président favorise la lassitude de l’opinion vis-à-vis de la méthode et des réformes du gouvernement, dont certaines sont mal comprises et impopulaires (notamment la suppression de l’IGF ou l’amnistie pour les fuites de capitaux).

Confronté à une série de mouvements sociaux étudiants ou des services publics durant l’hiver 1986-1987, il paye surtout la défiance de la jeunesse, à laquelle son ministre Alain Devaquet s’est heurté en novembre 1986, et la mort d’un étudiant manifestant, Malik Oussekine, tué par les forces de l’ordre le 6 décembre, pousse le ministre à démissionner et le chef du gouvernement à retirer le projet de loi de réforme de l’enseignement supérieur. Il paye également l’image de son ministre Charles Pasqua, populaire à droite mais détesté à gauche qui l’accuse de chasser sur les terres de l’extrême-droite. Par conséquent, selon les sondages IFOP pour le Journal du dimanche, François Mitterrand redevient plutôt populaire entre 1986 et 1987 (alors que sa côte d’opinions favorables était tombée à 31 % contre 48 % d’insatisfaits en 1985, elle remonte à 55 % en juin 1986 et culmine à 57 % lors du début des manifestations étudiantes), tandis que le taux de satisfaits de Jacques Chirac, établi à 51 % en octobre 1986, se fait dépasser par le nombre d’insatisfaits de sa politique en février 1987 (39 % contre 48 %). À partir de ce moment, il décide de mettre en suspens certaines des réformes prévues (notamment de l’enseignement, le projet de création de prisons privées ou du code de la nationalité) et de ralentir le rythme des privatisations en attendant l’élection présidentielle de 1988[52].

1988 : deuxième candidature à l’élection présidentielle

Le 16 janvier 1988, Jacques Chirac annonce depuis l’Hôtel Matignon qu’il se présente à l’élection présidentielle. Son directeur de campagne est à nouveau Charles Pasqua, et Alain Juppé son porte-parole. Confronté à la remontée spectaculaire de François Mitterrand dans les sondages, et à une « primaire » à droite qui l’oppose au premier tour à Raymond Barre, investi par l’UDF, il se lance dans une tournée dans toute la France pour expliquer sa politique. Son équipe de communication, toujours menée par Bernard Brochand et Jean-Michel Goudard, mais incluant également désormais sa fille Claude Chirac, tente de le réconcilier avec le grand public : il apparaît ainsi pour la première fois sans ses éternelles lunettes sur ses affiches électorales, en simple chemise, l’air décontracté et bienveillant, avec pour slogan un seul mot, « la volonté »[53]. Il reçoit également, de manière plus active qu’en 1981, l’appui de personnalités du spectacle, du cinéma ou de la chanson, comme en témoigne le « On a tous en nous quelque chose de Jacques Chirac » de Johnny Hallyday, qui reprend ainsi son Quelque chose de Tennessee en faveur du candidat du RPR lors d’un concert de soutien à l’hippodrome de Vincennes le 20 mars[54].

Au premier tour, le 24 avril, il obtient seulement 19,94 % des suffrages exprimés (soit un score à peine supérieur à celui de 1981) et est talonné à droite par Raymond Barre qui en attire 16,6 %, et se trouve largement distancé par François Mitterrand et ses 34,1 %. Immédiatement, l’ancien Premier ministre giscardien et l’UDF appellent à voter pour Jacques Chirac au second tour. Mais surtout, avec 14,4 % des voix, Jean-Marie Le Pen confirme l’ascension électorale connue par l’extrême-droite depuis le début des années 1980 et le report de ses électeurs devient l’un des enjeux de cette élection. Le journaliste Éric Zemmour a rapporté que Jacques Chirac aurait eu une entrevue secrète avec le président du Front national entre les deux tours, ce qu’il a toujours nié. En fait, il y aurait eu deux rencontres selon Franz-Olivier Giesbert. La première se serait déroulée un mois avant le premier tour par l’intermédiaire d’un ami commun, le général Pierre de Bénouville. Il s’agissait d’une prise de contact afin que les deux hommes puissent se jauger. Une seconde rencontre aurait eu lieu entre les deux tours. Cette fois, Charles Pasqua est l’intermédiaire qui organise l’entrevue chez un ami armateur[55]. Cette fois-ci, Chirac a pris sa décision et fait preuve d’une « inflexible intransigeance » à la grande stupéfaction de Jean-Marie Le Pen[56]. Opposant une fin de non recevoir, Chirac aurait demandé au chef du parti d’extrême-droite de ne pas lancer le moindre appel en sa faveur[57]. Lors de son allocution du 1er mai 1988, Jean-Marie Le Pen ne pouvait plus que déclarer : « Pas une voix pour Mitterrand ! » laissant ses électeurs libres de choisir entre le vote blanc et le bulletin Chirac[58][réf. incomplète]. Depuis cette date, Jean-Marie Le Pen nourrit une rancune envers Jacques Chirac.

Le 28 avril, lors d’un débat télévisé particulièrement rugueux, François Mitterrand, qui a déjà l’expérience de deux de ces faces-à-faces, prend l’ascendant sur son Premier ministre (les médias retiendront sa répartie cinglante et ironique à un Jacques Chirac insistant pour qu’il l’appelle M. Mitterrand et non M. le président : « Mais vous avez tout à fait raison, M. le Premier ministre »), et lui affirme « dans les yeux » qu’il l’avait informé de l’implication dans les attentats de Paris de 1986 du diplomate iranien Wahid Gordji, pourtant libéré en novembre 1987 et renvoyé dans son pays, apparemment dans le cadre des tractations concernant les otages au Liban.

Les derniers jours de la campagne sont marqués par deux évènements, en outre-mer et au Proche-Orient, qui vont fortement marquer l’opinion. Ainsi, le 4 mai, le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua se rend personnellement au Liban pour ramener les trois otages français, retenus en captivité dans ce pays du Proche-Orient depuis trois ans, pour les ramener en France où ils sont accueillis, le 5, par Jacques Chirac. Officiellement, le gouvernement français n’a payé aucune rançon, mais doit admettre le 6 qu’un accord a été signé avec l’Iran qui, en contrepartie de la libération des otages, prévoit le rétablissement du statut d’actionnaire de l’Iran dans Eurodif et la livraison « sans restriction » d’uranium enrichi à Téhéran[59]. À la même période, l’affaire de la prise d’otages d’Ouvéa en Nouvelle-Calédonie, commencée deux jours avant le premier tour (le 22 avril, des indépendantistes kanaks du FLNKS ont attaqué la gendarmerie de Fayaoué sur l’île d’Ouvéa, tuant quatre gendarmes et prenant les vingt-sept autres en otages, dont la plupart sont emmenés dans la grotte de Gossanah), se termine dans le sang le 5 mai par l’opération Victor (la grotte est prise d’assaut par des membres des forces spéciales sur ordre de Matignon et avec l’accord de l’Élysée, entraînant la mort de dix-neuf preneurs d’otages et de deux militaires, mais tous les otages sont libérés).

Au soir du second tour de l’élection le 8 mai 1988, Jacques Chirac subit une défaite assez importante en n’obtenant que 45,98 % des voix. Son camp est démoralisé, et sa femme va jusqu’à affirmer : « les Français n’aiment pas mon mari ». Lui-même souhaite : « Bonne chance à la France et bonne chance aux Français ». Deux jours plus tard, le 12 mai, il cède l’Hôtel Matignon au grand rival de François Mitterrand au sein du PS, Michel Rocard, et le 15, l’Assemblée nationale, toujours majoritairement à droite, est dissoute.

1988 – 1995 : l’ultime marche pour atteindre l’Élysée

Aux élections législatives qui suivent la reconduction de François Mitterrand à la tête de l’État, il est réélu sans difficulté député dans la nouvelle 3e circonscription de la Corrèze, née du découpage de 1986, et cela dès le premier tour, le 5 juin 1988, avec 58,04 % des voix. Au plan national, le RPR reste la première force d’opposition et limite quelque peu sa défaite, puisqu’il conserve tout de même 130 sièges sur 577, contre 275 au PS et 90 à l’UDF. Les 41 députés du CDS forment quant à eux un groupe à part, l’Union du centre, qui s’allie à la majorité socialiste et à la politique « d’ouverture » prônée par Michel Rocard. En mars 1989, il est réélu triomphalement maire de Paris en remportant pour la seconde fois le « grand chelem », et à nouveau il s’emploie à se servir de cette position pour contrer les « grands travaux présidentiels ». Ainsi, en 1991, le conseil de la ville vote le plan d’aménagement de zone de la ZAC Seine Rive Gauche, qui doit apporter la marque « chiraquienne » à ce quartier où est en train de se construire la Très Grande Bibliothèque (nouveau siège principal de la Bibliothèque nationale de France, voulu par le président de la République).

La multiplication des courants internes au RPR

Mais encore une fois, l’opposition est agitée de remous, d’autant qu’une première démocratisation dans le mode de fonctionnement du mouvement chiraquien entraîne la reconnaissance par la direction des courants internes dès juillet 1989, et laisse donc place aux premières contestations internes.

Celles-ci viennent essentiellement à partir de 1989 d’un groupe de douze jeunes parlementaires trentenaires ou quadragénaires issus autant du RPR (le député-maire d’Épinal et ancien ministre des Affaires sociales Philippe Séguin, le député-maire de Lyon Michel Noir, celui de Grenoble Alain Carignon, le député président du conseil général de Savoie Michel Barnier, le député-maire de Sablé-sur-Sarthe François Fillon et le député adjoint au maire de Versailles Étienne Pinte) que de l’UDF (le président du groupe UDF à l’Assemblée nationale et de la Région Rhône-Alpes Charles Millon, le député président du conseil général de Vendée Philippe de Villiers et le député François d’Aubert pour le PR, le député-maire de Toulouse Dominique Baudis, celui d’Annecy Bernard Bosson et François Bayrou pour le CDS)[60]. Ils signent le 6 avril 1989 un « manifeste de la rénovation » qui demande un renouvellement des appareils des deux partis (et donc remettent en cause tant Jacques Chirac que Valéry Giscard d’Estaing), et envisagent de présenter une liste autonome aux élections européennes de juin, ce à quoi ils doivent rapidement renoncer, dès le 13 du même mois. Ainsi, le 15 juin, la liste d’union UDF-RPR emmenée par Valéry Giscard d’Estaing et Alain Juppé, et soutenue par Jacques Chirac, arrive en tête avec 28,9 % des suffrages (mais avec une abstention qui bat des records en dépassant les 51 %) et 26 élus (dont 12 RPR). Mais l’expérience des « rénovateurs » ne s’arrête pas là et si certains, dont Philippe Séguin, rentrent dans le rang, d’autres continuent leur fronde contre Jacques Chirac. Le 5 mars 1990, une formation transpartisane de l’opposition, « Force unie », est créée par l’UDF-PR François Léotard, connu pour ses nombreux heurts avec le leader néo-gaulliste lorsqu’il était son ministre de la culture et pour ses idées très « néo-libérales » : y adhèrent immédiatement les RPR Michel Noir, Alain Carignon, Michèle Barzach (ancienne ministre de la Santé de Jacques Chirac de 1986 à 1988), Jean-Louis Bourlanges (député européen élu sur la liste centriste de Simone Veil en 1989) et Patrick Devedjian (député-maire d’Antony). Au sein de la formation gaulliste, ces « néo-rénovateurs » forment en septembre 1989 le courant « Vitalité-Imagination-Écologie » (VIE). Finalement, Alain Carignon est « mis en congé » des instances dirigeantes du parti le 11 juin suivant (il ne réintègre pleinement le parti chiraquien qu’en 1992) et, le 6 décembre, Michel Noir et son adjoint à Lyon le professeur Jean-Michel Dubernard ainsi que Michèle Barzach démissionnent à la fois du mouvement et de l’Assemblée nationale (seuls les deux premiers y retrouvent un siège lors d’élections partielles en 1991).

Mais la contestation vient aussi de la vieille garde du RPR. Ainsi, aux assises du parti au Bourget le 11 février 1990, deux courants s’opposent : d’une part les plus fidèles chiraquiens, emmenés par le secrétaire général du mouvement Alain Juppé, et d’autre part ceux qui, tout en ne remettant pas en cause l’autorité de Jacques Chirac, appellent à « un nouveau rassemblement » et à un retour à certains fondamentaux d’un gaullisme qualifié de social, à l’instar de Philippe Séguin et Charles Pasqua. La motion Juppé, finalement soutenue par les rénovateurs du courant VIE, obtient la majorité avec 68,6 % des votes des militants (et donc 90 élus sur les 100 désignés directement par les assises nationales pour faire partie des 735 membres du conseil national, et 17 membres sur les 30 du bureau politique) contre 31,4 % à la motion Pasqua-Séguin. Jacques Chirac est réélu président à l’unanimité du conseil national. Si le courant de Charles Pasqua et Philippe Séguin se dissout en avril 1991, ils continuent à animer ensemble l’association Demain la France. Les deux camps s’opposent à nouveau en 1992 sur la question du Traité de Maastricht : ainsi, si Jacques Chirac déclare en 1991 qu’il est « absolument hostile au plan Delors tendant à instituer en Europe une monnaie unique », il apporte finalement son soutien au « oui » au référendum sur la ratification du traité le 27 août 1992, convaincu par Alain Juppé, Édouard Balladur ou Jacques Toubon tout en se mettant en porte-à-faux avec une majorité de membres de son propre parti qui, derrière Charles Pasqua et Philippe Séguin, font activement campagne pour le « non ».

1993 – 1995 : la deuxième cohabitation

Face aux grandes difficultés du gouvernement de gauche, il participe à la campagne législative de 1993 qui voit la victoire écrasante de la droite. Le RPR devient la première force politique du pays en nombre de voix au premier tour (19,83 % des suffrages) et la deuxième au second tour en talonnant de près le PS (27,85 % contre 29,8 %), et obtient 245 sièges sur 577 (213 pour l’UDF et seulement 52 pour le PS). Dans sa circonscription, Jacques Chirac est largement réélu dès le premier tour, avec 60,68 % des voix. Échaudé par l’expérience précédente, il préfère rester en retrait et laisse Édouard Balladur devenir Premier ministre, formant ainsi la Deuxième cohabitation. L’accord tacite entre les deux hommes est simple : à Édouard Balladur l’Hôtel Matignon, à Jacques Chirac le Palais de l’Élysée en 1995.

Cependant, Édouard Balladur, au vu de sa popularité (65 % au début de l’année 1995 selon le baromètre TNS Sofres pour le Figaro Magazine)[61], décide de se présenter à l’élection présidentielle (candidature officiellement annoncée le 28 janvier 1995) : les partisans du président du RPR crient à la trahison, d’autant que le Premier ministre entraîne avec lui une large partie des chiraquiens du premier cercle, la plupart membres de son gouvernement, dont Nicolas Sarkozy et Charles Pasqua. Philippe Séguin, un temps hésitant, se lance dans la bataille auprès du candidat « légitime », et devient avec Alain Juppé et Alain Madelin un des principaux soutiens de Jacques Chirac. Celui-ci, espérant devancer Édouard Balladur, annonce sa candidature tôt, le 4 novembre 1994 et résume sa vision politique à travers deux livres programmes parus à quelques mois d’intervalle : Une nouvelle France, Réflexions 1 en juin 1994 et La France pour tous (qui devient son slogan) en janvier 1995.

Il entame une campagne dynamique et centrée sur le thème de la « fracture sociale », et comble progressivement l’écart le séparant du Premier ministre dans les intentions de vote en développant une stratégie de communication (développée par Jean-Michel Goudard ou Claude Chirac) tendant à le rendre plus humain et plus proche des Français que son adversaire. A posteriori, l’émission satyrique Les Guignols de l’info est suspectée d’avoir influé sur les résultats de l’élection présidentielle à cause du traitement jugé trop sympathique accordé à la marionnette de Chirac, transformé par les auteurs en anti-héros et devenu l’une des marionnettes les plus populaires (la phrase « Mangez des pommes », développée à partir du logo de la campagne chiraquienne figurant un pommier, est vite reprise dans les médias et au sein de la population). À ce sujet, Benoît Delépine, l’un des auteurs de l’émission, explique : « On détestait Balladur. Il était d’une prétention hallucinante avec un côté aristo qui faisait penser à l’époque giscardienne. Les Guignols ont sans doute participé à le déstabiliser. Cela dit, il s’est surtout déstabilisé tout seul. Chirac, lui, avait ce côté un peu looser sympa. Il s’était fait discret pendant quelques années et bénéficiait de l’image d’un homme neuf. Jospin n’était pas prêt. Il paraissait même surpris d’être là. On connaît la suite… »[62].

Jacques Chirac réussit à éliminer Édouard Balladur (qui se classe troisième avec 18,58 % des suffrages) au premier tour, au terme d’une lutte féroce et marquée par la sortie de plusieurs affaires politico-financières (telles que l’affaire Schuller-Maréchal), en obtenant la deuxième place (avec 20,84 % des voix) derrière Lionel Jospin, candidat socialiste (23,30 %). Il remporte ensuite le second tour face à Lionel Jospin avec 52,64 % des voix : il devient alors président de la République.

Bilan

Les 28 premières années de la vie politique de Jacques Chirac (de 1967 à 1995) sont donc marquées par deux évènements historiques: ses deux primatures ministérielles (de 1974 à 1976 ; et de 1986 à 1988, dans la cadre de la première cohabitation) et la fondation du RPR, le parti politique prééminent à droite durant 26 ans.

Jacques Chirac s’est aussi distingué par une activité politique ininterrompue (pendant ces 28 années, il a en effet toujours eu un ou plusieurs mandats ou fonctions en cours (Premier ministre, ministre, député, maire de Paris…), durant laquelle il a beaucoup évolué sur le plan idéologique[63], et s’est efforcé d’apparaître comme le leader de la droite, quitte à éliminer politiquement ses rivaux[64].

L’idéologie de Jacques Chirac

Sur le plan économique, Jacques Chirac s’est montré, durant ces années, assez inconstant. D’abord fervent supporter de l’industrialisme pompidolien, il sera ensuite, une fois Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing, contraint de s’aligner sur la politique économique définie par le Président de la République[64]. Puis, une fois sorti de la tutelle de Giscard, il promeut, à la fin des années 1970, un « travaillisme à la française »[63], avant, une fois revenu au pouvoir quelques années plus tard, d’adopter une politique monétariste et ultralibérale (privatisations, suppression de l’impôt sur les grandes fortunes…) inspirée par les théories de l’École de Chicago et par ce qui est mené aux États-Unis et au Royaume-Uni par Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Enfin, lors de la campagne de 1995, Jacques Chirac, renonçant aux politiques libérales, pourfend « la fracture sociale » en s’appuyant sur les analyses de l’économiste et démographe Emmanuel Todd. Cette absence de continuité idéologique lui a souvent été reprochée, même si la nature de ces critiques diffèrent: certains y voient l’absence de toute conviction chez Jacques Chirac[65] ; d’autres y décèlent de l’opportunisme, ainsi que la capacité à surfer sur les modes (critique qui est parfois positive: la réactivité de Jacques Chirac étant ainsi louée): les diverses positions de Chirac répondraient alors à chaque fois à un impératif électoral.

 

Sur le plan des idées politiques, Jacques Chirac se montre tout aussi évolutif. Il est, dans sa jeunesse, très engagé à gauche. Il vend ainsi le quotidien communiste l’Humanité rue de Vaugirard, en parallèle à ses études à Sciences-Po. À la même époque, il rejette la proposition de son condisciple et ami Michel Rocard de rejoindre la SFIO pour cause de trop grande « mollesse » des socialistes[66].

À sa sortie de l’ENA, en 1962, cependant, c’est dans le cabinet du Premier ministre UNR, Georges Pompidou, qu’il s’engage. Il explique alors à Olivier Guichard avoir hésité entre Pompidou et l’OAS[67] (ennemie juré du pouvoir en place). Éric Zemmour souligne le fait que Chirac mentionne Pompidou, et non le général de Gaulle : pour lui comme pour Philippe Reinhard, Chirac, quel que soit le caractère fluctuant de ses opinions, et en dépit de ce qu’il prétendra plus tard, n’a jamais été un gaulliste convaincu[66][67]. Jacques Chirac devient plus tard, et pour longtemps, le leader de la droite.

Toujours pour Éric Zemmour, pour autant, la politique qu’il mène au pouvoir diffère sensiblement selon les époques, passant d’une droite conservatrice traditionnelle et économiquement libérale (de 1986 à 1988) à une certain radical-socialisme (pendant son second mandat présidentiel). Une constante, en revanche, est l’humanisme qui l’anime, tant dans sa conception des rapports personnels[67], que dans certaines de ses opinions. Ainsi, le Premier ministre Jacques Chirac, en 1975, défend contre son parti la loi Veil relative à l’Interruption volontaire de grossesse ; et en 1981, il est l’un des rares députés RPR à voter l’abolition de la peine de mort.

Jacques Chirac, bien que chef de la droite pendant plus de vingt ans, n’est donc pas toujours, loin s’en faut, conforme aux standards de la droite républicaine contemporaine. En juin 2009, Bernadette Chirac déclare au socialiste François Hollande : « Vous savez, mon mari a toujours été de gauche[68] ».

Enfin, Jacques Chirac a également beaucoup évolué sur la question de l’Europe politique. Après avoir défendu le concept d’« Europe des nations », et rejeté ainsi toute autorité politique supranationale et européenne, lors de l’Appel de Cochin, le 6 décembre 1978, il assimile progressivement l’idée de l’Union européenne, et appelle finalement à voter « oui » lors du référendum de Maastricht, en 1992. Par la suite, Chirac se montre résolument pro-européen.

Le leadership sur la droite

Durant ces 28 années, Jacques Chirac a gravi les échelons jusqu’à s’imposer comme le leader de la droite. Selon plusieurs auteurs, comme Franz-Olivier Giesbert ou Patrick Girard[64],[69], il n’a pas hésité, dans cet objectif, à « faire le ménage » au sein même de son propre camp. Nombreuses sont ainsi les victimes de Jacques Chirac : il y a d’abord le soutien à Valéry Giscard d’Estaing, lors de l’élection présidentielle de 1974, dans le seul but de torpiller Jacques Chaban-Delmas, pourtant candidat sous la bannière du parti auquel appartient Chirac (l’UDR); puis la volonté, ensuite, de provoquer le départ de Giscard de l’Élysée, en 1981 (à tel point que Giscard expliquera ensuite avoir vérifié par lui-même que le RPR conseillait secrètement à ses sympathisants de voter pour François Mitterrand au second tour[70]) ; ensuite, à la fin des années 1980 et au début des années 1990, Jacques Chirac parvient, non sans mal, à conserver son poste de président du RPR en brisant les tentatives de réforme des « Rénovateurs[71] », puis en empêchant Charles Pasqua et Philippe Séguin de prendre le contrôle du mouvement[72] ; enfin, il défait Édouard Balladur lors de la fratricide campagne de 1995. À ceux-ci s’ajoutent naturellement les adversaires politiques déclarés du RPR (Parti socialiste, Parti communiste français, Front national…). L’élection à la présidence de la République, en 1995, est donc, pour Jacques Chirac, l’aboutissement de longs combats.

Président de la République

1995 – 2002 : Premier mandat présidentiel

Article détaillé : Mandats présidentiels de Jacques Chirac.

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Jacques Chirac, en novembre 1997.

1995 – 1997 : Alain Juppé Premier ministre

Articles connexes : Gouvernement Alain Juppé (1) et Gouvernement Alain Juppé (2).

À son arrivée à l’Élysée, le 17 mai, il nomme Alain Juppé Premier ministre. Ce dernier met l’accent sur la lutte contre le déficit budgétaire et la dette de l’État afin de respecter le pacte de stabilité de l’Union européenne et d’assurer l’arrivée de l’Euro. Pour ce faire, le mouvement des privatisations engagés entre 1986 et 1988 et depuis 1993 se poursuit : il touche les groupes industriels Pechiney et Usinor-Sacilor en 1995, de la compagnie d’assurances AGF, de l’armateur CGM (qui fusionne avec la Compagnie maritime d’affrètement pour devenir le groupe CMA-CGM) et de la Banque française du commerce extérieur (BFCE, vendue de gré à gré au Crédit national pour devenir la banque de financement et d’investissement Natexis) en 1996, ou encore du concepteur et constructeur informatique Bull en 1997. Un projet de réforme des retraites est également prévu.

Le 16 juillet 1995, dans une allocution, à l’occasion du 53e anniversaire de la rafle du Vélodrome d’Hiver, Jacques Chirac reconnait « la faute collective » de la France, et déclare : « ces heures noires souillent à jamais notre histoire et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français[73]. »

Dès juillet 1995, une de ses toutes premières décisions est d’effectuer une ultime campagne d’essais nucléaires avant la signature du TICE, afin de permettre au CEA de développer son programme Simulation. Cette décision, arrivée au moment du cinquantenaire des bombardements de Hiroshima et de Nagasaki, provoque un tollé, en particulier en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Japon, aux États-Unis et dans les milieux écologistes, sans qu’il cède : la campagne d’essais a lieu. Elle se clôt le 27 janvier 1996, et le Centre d’essais du Pacifique (installations des atolls de Moruroa et Fangataufa en Polynésie française) commence à être démantelé à partir du mois de février. Le 24 septembre 1996, 32 États, dont la France, signent à New York le TICE (ratifié par la France le 6 avril 1998).

La politique internationale de la France change subitement en Bosnie-Herzégovine, où le président ordonne, suite au meurtre de soldats français, des représailles conjointes avec l’OTAN, ce qui met fin à la guerre civile. C’est au Palais de l’Élysée que sont signés les Accords de Dayton (qui tirent leur nom de la ville de Dayton dans l’Ohio, où ils ont été négociés) le 14 décembre 1995 par les présidents serbe (Slobodan Milošević), croate (Franjo Tuđman) et bosniaque (Alija Izetbegović), mettant un terme au conflit. Il mène parallèlement une politique qui le rapproche des pays arabes tout en travaillant au processus de paix dans le conflit israélo-palestinien. La France rejoint le comité militaire de l’OTAN, après avoir tenté d’obtenir pour un militaire européen (en fait, français), le commandement sud de l’Otan, basé à Naples.

Le 22 février 1996, le président annonce sa décision de professionnaliser les armées et de suspendre le service national. Ce choix de suspension, et non d’abolition, doit permettre de le rétablir en cas de conflit armé.

Le 22 octobre 1996, il se rend en Israël. Il exige, à l’impromptu, de visiter le quartier arabe de la vieille ville. Tout contact avec la population palestinienne étant empêché par la sécurité israélienne, Jacques Chirac se met en colère, menaçant de repartir en France et accusant le chef de la sécurité de provocation. Ce coup de colère fera le tour du monde arabe, et Chirac sera acclamé par la population le lendemain, lors de sa visite dans les territoires occupés[74].

De plus en plus impopulaire, le gouvernement d’Alain Juppé doit affronter des grèves massives durant l’hiver 1995-1996, dues à la réforme des retraites du public (plan Juppé annoncé le 15 novembre 1995 prévoyant un allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 annuités pour les salariés de la fonction publique afin de l’aligner sur celle du secteur privé déjà réformé en 1993, l’établissement d’une loi annuelle de la Sécurité sociale fixant les objectifs de progression des dépenses maladies et envisageant la mise en place de sanctions pour les médecins qui dépassent cet objectif, l’accroissement des frais d’hôpital, des restrictions sur les médicaments remboursables et le blocage et l’imposition des allocations familiales versées aux familles avec enfants les plus démunies, combiné avec l’augmentation des cotisations maladie pour les retraités et les chômeurs) et au gel du salaire des fonctionnaires. Le plan Juppé sur les retraites est finalement retiré dès le 15 décembre 1995, mais le gouvernement refuse de céder sur la réforme de la Sécurité sociale, une loi votée le 30 décembre suivant lui permettant de légiférer par ordonnances en la matière. Désormais, le budget de la Sécurité sociale est voté au Parlement, la hausse de la CSG (Contribution sociale généralisée) est décidée, tandis qu’une Contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) est créée. Mais les analystes politiques notent surtout le recul du gouvernement sur ce qui était présenté comme l’essentiel, la réforme des retraites, Jean-François Revel accusant notamment Jacques Chirac de lâcheté pour n’avoir pas expliqué les réformes nécessaires lors de la campagne présidentielle, expliquant ainsi l’ampleur du mouvement. Dans un article du 15 février 1996, il estime ainsi que : « Quand, durant la campagne des présidentielles, Jacques Chirac parlait de réformes visant à réduire la fracture sociale, les Français comprenaient qu’ils allaient être noyés sous une pluie de subventions. Les réformes qui visent une réduction des déficits publics ou des déficits sociaux, ils ne les comprennent pas du tout »[75].

D’autres évènements affaiblissent encore la popularité du gouvernement Juppé, comme l’occupation de l’église Saint-Ambroise à Paris par 300 étrangers en situation irrégulière, d’origine africaine, demandant leur régularisation, à partir du 18 mars 1996. Après avoir été expulsés de l’église Saint-Ambroise, ils vont errer d’occupation en occupation pour finir par occuper l’église Saint-Bernard de la Chapelle. Dix d’entre eux entament alors une grève de la faim qui va durer deux mois. C’est un redémarrage des mouvements de l’immigration, avec la constitution de collectifs divers, tels que « Des papiers pour tous » en 1996, le « Collectif anti-expulsion » en 1998, entre autres. Finalement, l’évacuation musclée par la police des étrangers en situation irrégulière occupant l’église Saint-Bernard est décidée le 23 août 1996. Plusieurs d’entre eux sont renvoyés au Mali. La grève de la faim prend fin, tandis que l’un des occupants décède quelques mois plus tard des séquelles de celle-ci.

Devant l’essoufflement de sa majorité, Jacques Chirac risque une dissolution, attendue par beaucoup et probablement conseillée par le secrétaire général de l’Élysée Dominique de Villepin, de l’Assemblée nationale le 21 avril 1997, soit onze mois avant la date prévue. Pris de court, ni son parti, ni son électorat ne comprennent son geste tandis que l’opposition crie à la manœuvre. Les élections qui suivent voient la victoire de la « gauche plurielle », menée par Lionel Jospin (319 sièges sur 577 dont 250 pour le PS, le RPR retombe à 134 députés). Jacques Chirac nomme ce dernier Premier ministre, ouvrant ainsi la troisième cohabitation.

1997 – 2002 : la troisième cohabitation

Articles connexes : Troisième cohabitation et Gouvernement Lionel Jospin.

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Jacques Chirac et Bill Clinton, le 17 juin 1999.

La troisième cohabitation est bien plus longue que les précédentes, puisqu’elle dure cinq ans. Le président et le Premier ministre tentent de parler d’une seule voix dans le cadre de l’Union européenne ou de la politique étrangère, se rendant ensemble aux sommets européens (comme lors des deux autres cohabitations, voire assurant conjointement la présidence tournante du Conseil européen dévolue à la France de juin à décembre 2000), même si on y assiste parfois à des passes d’armes verbales entre les deux hommes. Ainsi, ils agissent conjointement concernant la crise du Kosovo (organisation de la conférence de Rambouillet pour essayer de trouver une issue pacifique du 6 au 19 février 1999 puis participation à l’opération Allied Force menée par l’OTAN dans les Balkans de mars à juin 1999) ou encore la guerre contre le terrorisme après les attentats du 11 septembre 2001 (participation à l’opération Enduring Freedom puis à la Force internationale d’assistance et de sécurité en Afghanistan à partir d’octobre 2001). Les affaires étrangères et la défense constituant traditionnellement le « domaine réservé » de la présidence de la République, il s’agit des secteurs dans lesquels Jacques Chirac est le plus actif durant ces années de cohabitation.

C’est à cette époque qu’éclatent les affaires politico-financières au sujet du RPR et de la mairie de Paris (voir ci-dessous). À l’initiative d’un député socialiste, Arnaud Montebourg, trente députés (dix-neuf PS, quatre « verts », quatre radicaux, deux PCF et un MDC) déposent une motion demandant la traduction de Jacques Chirac devant la Haute cour de Justice. La motion est rejetée. Dans une décision du 22 janvier 1999[76], le Conseil constitutionnel, alors présidé par le socialiste Roland Dumas, confirme au président son immunité telle qu’elle est définie dans la Constitution.

Le gouvernement Jospin connaît une popularité importante, marquée par la loi des 35 heures, la baisse du chômage et la reprise économique mondiale de la fin du siècle, mais aussi par plusieurs évènements favorisant une amélioration du moral des Français telle que la victoire de l’équipe de France lors de la Coupe du monde de football de 1998 qui a eu lieu en France (cela bénéficie toutefois tout autant à la popularité du président, très présent lors des matchs). Partant favori, le Premier ministre décide de rétablir le calendrier initial des élections (la présidentielle avant les législatives) et surtout obtient du président (et pressé également par l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing) d’abord très réticent, qu’il propose la modification de la Constitution pour transformer le septennat en quinquennat. Le 24 septembre 2000, la réduction du mandat présidentiel de 7 à 5 ans est adoptée par un référendum marqué par une abstention record (30,19 % de participation, 73,21 % de oui 26,79 % de non). Bien que sa marge de manœuvre politique semble réduite, il s’attache à remplir sa fonction présidentielle et à se présenter comme le garant des valeurs républicaines. Ainsi, il intervient pour mettre en garde contre toute alliance entre la droite de gouvernement et le FN après le bon score réalisé par ce dernier aux élections régionales de 1998. Le mot d’ordre est suivi par le RPR, qui préfère perdre les présidences des conseils régionaux d’Aquitaine, de Haute-Normandie et d’Île-de-France au profit de la gauche plutôt que de les conserver avec l’appui de l’extrême-droite. Sur les douze régions pouvant être conservées par la droite par le biais de cette alliance controversée, seul cinq présidents de région (tous UDF, et exclus de ce parti suite à cela) décident de s’appuyer sur le FN pour se maintenir à leur poste.

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Jacques Chirac aux côtés de George W. Bush, en juillet 2001.

Mais les années de cohabitation sont également marquées par une certaine perte de contrôle de son propre camp, et plus particulièrement du RPR. En crise interne après la défaite de 1997, il a porté à sa tête Philippe Séguin avec pour projet d’en rénover profondément les structures. Ainsi, il adopte une attitude très indépendante à l’égard de l’Élysée (en témoigne le retour en force, après deux ans de traversée du désert, des Balladuriens dans la direction, incarné par la nomination de Nicolas Sarkozy au poste de secrétaire général) et propose que les militants votent de façon directe pour élire à l’avenir le président : seul candidat, il est réélu à la tête du parti avec 95,07 % des voix des adhérents[77]. Ne parvenant pas à établir une liste unique aux élections européennes et sous la pression des chiraquiens, Philippe Séguin abandonne finalement la direction du RPR en avril 1999, dénonçant les déclarations de Bernard Pons (un des fidèles du président de la République) et un « manque de loyauté » de Jacques Chirac à son égard[78]. Nicolas Sarkozy prend l’intérim de la présidence mais, devant le score calamiteux récolté par la liste qu’il menait conjointement avec le président de DL Alain Madelin aux européennes de 1999 (12,82 % et 12 des 87 sièges à pourvoir, loin derrière 21,95 % et 22 élus de la liste d’union de la gauche et même devancé par la liste souverainiste de Charles Pasqua et Philippe de Villiers), il décide de ne pas se présenter à l’élection présidentielle du mouvement de novembre-décembre 1999. Jacques Chirac décide de soutenir pour celle-ci Jean-Paul Delevoye, un fidèle, sénateur-maire de Bapaume peu connu du grand public. Le choix appartenant désormais aux militants, c’est pourtant une « outsider », la députée maire de Saint-Jean-de-Luz Michèle Alliot-Marie, qui l’emporte au second tour avec 62,71 % des votes le 4 décembre 1999[79], preuve de la perte d’influence du président de la République sur son propre parti. Bien que déclarant sa fidélité au chef de l’État, elle tend à rendre le RPR plus autonome vis-à-vis de l’Élysée et appelle à tourner la page des « affaires » qui ont touché le parti à la fin des années 1990 en laissant faire la justice[80].

Lors de la crise de la vache folle, il prononce, le 7 novembre 2000, une allocation dans laquelle il réclame l’interdiction immédiate des farines animales, prenant ainsi de court le gouvernement, qui réfléchissait à d’éventuelles mesures, mais était accusé de prendre du retard en comparaison de la législation britannique. Le Premier ministre rejoint sa position le 14 novembre suivant[81]. Dans un livre d’entretiens publié neuf ans plus tard, Lionel Jospin affirme qu’il s’agissait là d’un des pires moment de la cohabitation, et que cet épisode lui a fait prendre conscience que Jacques Chirac « n’hésitait pas à faire passer son intérêt partisan avant l’intérêt général »[82].

Face à la pression de ses soutiens, les sondages lui étant peu favorables, Jacques Chirac décide d’annoncer plus tôt que prévu sa candidature pour l’élection présidentielle, le 11 février 2002 lors d’un meeting à Avignon, devançant ainsi Lionel Jospin (ce dernier annonce sa propre candidature le 20 février).

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Jacques Chirac et Vladimir Poutine le 15 janvier 2002

S’appuyant sur la jeune garde des députés RPR mais aussi sur les anciens balladuriens (dont surtout Nicolas Sarkozy), certains centristes et libéraux (tels Jean-Pierre Raffarin ou Philippe Douste-Blazy), il favorise la formation progressive d’un nouveau parti qui doit voir la fusion du RPR, de l’UDF et de DL : l’Union en mouvement (UEM) est créée le 4 avril 2001 par les partisans de cette solution, préfiguration de la future Union pour la majorité présidentielle. Les futurs éléments de ce nouveau parti (que l’UDF, dirigée par François Bayrou, refuse de rejoindre) développent les thèmes de la sécurité et de la baisse des impôts.

Après un début de campagne jugé moyen, Jacques Chirac profite des erreurs de Lionel Jospin (la phrase « un président vieilli et usé » choque). Fort de sa grande expérience des campagnes présidentielles, Jacques Chirac mène alors une campagne dynamique, notamment sur les thèmes de la baisse des impôts (promesse de baisse de 33 % de l’impôt sur le revenu) et de l’insécurité, très largement relayés et diffusés par les médias (les Guignols de l’info de Canal+ accusent TF1 et son journal de 13 h d’amplifier le mouvement ; la gauche parle de « sentiment d’insécurité ») qui multiplient le temps d’audience sur le sujet et celui de la violence urbaine. Lionel Jospin voit dans le même temps sa campagne s’essouffler et pâtir de l’éclatement de la gauche plurielle entre plusieurs candidatures.

Le 21 avril, c’est la stupeur : Lionel Jospin est battu dès le premier tour. Jacques Chirac, arrivé en tête avec 19,88 % des suffrages (le plus faible score pour un président sortant) se voit opposé à Jean-Marie Le Pen (16,86 %). Assuré de l’emporter, il décide de refuser de débattre avec son adversaire, déclarant que « face à l’intolérance et à la haine, il n’y a pas de transaction possible, pas de compromission possible, pas de débat possible ». Il laisse alors la gauche et la jeunesse manifester en appelant à voter pour lui (le slogan de ses opposants les plus farouches est « Votez escroc, pas facho ») et est élu avec un score sans commune mesure : 82,21 %.

2002 – 2007 : second mandat présidentiel

2002 – 2005 : Jean-Pierre Raffarin Premier ministre

Articles connexes : Gouvernement Jean-Pierre Raffarin (1), Gouvernement Jean-Pierre Raffarin (2) et Gouvernement Jean-Pierre Raffarin (3).

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J. Chirac et George Bush en mai 2002 à Paris

Lionel Jospin lui ayant aussitôt remis sa démission, il nomme un membre de Démocratie libérale, Jean-Pierre Raffarin comme Premier ministre, lequel gouverne par ordonnances pendant quelques semaines : l’UMP, alors créée par l’association du RPR, de Démocratie libérale et d’une large partie de l’UDF, remporte largement les élections législatives suivantes, et obtient la majorité absolue à l’Assemblée Nationale, avec 365 des sièges. Jacques Chirac peut à nouveau s’appuyer sur une majorité parlementaire. Il s’appuie également sur un groupe de députés UDF réduit à 30 membres, et nomme un seul ministre issu de ce parti, Gilles de Robien, député-maire d’Amiens.

Jean-Pierre Raffarin entame la mise en œuvre de certaines des promesses de la campagne : baisse de l’impôt sur le revenu et multiplication d’actions ciblées contre la délinquance, avec son très médiatique et populaire ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, et contre l’insécurité routière, avec le ministre des transports Gilles de Robien. Viendront ensuite l’assouplissement des 35 heures, la réforme des retraites et de la sécurité sociale, et enfin la décentralisation.

Du 26 août au 4 septembre 2002, Jacques Chirac est présent au sommet de la Terre, qui s’est tenu à Johannesbourg. Il est accompagné par des représentants de quelques entreprises françaises des secteurs des services essentiels, et par des ONG. Il affirme, dans le cadre d’une intervention restée célèbre : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».

La situation internationale, marquée par les attentats du 11 septembre 2001, voit l’intensification de la politique étrangère du président des États-Unis, George W. Bush, avec qui Jacques Chirac s’entend mal. S’il l’avait soutenu lors de l’intervention en Afghanistan, il place la France, aux côtés de l’Allemagne dirigée par Gerhard Schröder, la Russie dirigée par Vladimir Poutine et la Chine Populaire de Hu Jintao, comme l’opposante principale des États-Unis contre l’invasion de l’Irak. Épaulé par son ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, il obtient que les États-Unis passent par l’ONU avant toute intervention. Profitant d’un large consensus national sur la question, Jacques Chirac se fait le chantre d’un « monde multipolaire ». Soutenu par les opinions publiques européennes mais seulement par quelques dirigeants (le belge Guy Verhofstadt et l’allemand Gerhard Schröder), il s’oppose aux États-Unis, soutenus par huit gouvernements ouest-européens (dont le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne) et dix pays est-européens et laisse entendre qu’il utilisera son droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies tant que la situation n’évoluera pas. Cette annonce lui vaut une campagne hostile, notamment dans une partie des médias anglo-saxons (The Sun titre alors « Chirac is a worm » — « Chirac est un ver »). Les relations avec les États-Unis deviennent exécrables, ne commençant à se normaliser qu’à partir de la commémoration du débarquement en Normandie, quinze mois plus tard.

Lors du défilé militaire du 14 juillet 2002, Maxime Brunerie, un jeune militant d’extrême droite, tente d’assassiner Jacques Chirac, qui s’en sort indemne.

Au lendemain d’une défaite massive aux élections cantonales et régionales de 2004 (20 des 22 régions de France métropolitaine passent ou repassent à gauche), il nomme Nicolas Sarkozy ministre d’État, ministre de l’Économie, des finances et de l’industrie : la plupart des éditorialistes politiques (dont ceux du Canard enchaîné, du Nouvel observateur et de l’Express) y voient un moyen de contrer sa popularité toujours aussi forte (contrairement à celle du Premier ministre, au plus bas dans les sondages). Face aux ambitions présidentielles affichées par Nicolas Sarkozy, il le met en demeure, lors de son allocution du 14 juillet 2004, de choisir entre son fauteuil et le poste de président de l’UMP. Il affirme également son autorité en déclarant, à propos de son ministre de l’Économie : « Nos relations sont très simples : je décide, il exécute ». En novembre, Nicolas Sarkozy est élu président du parti et quitte son ministère, alors confié à Hervé Gaymard. En février 2005, celui-ci est contraint à la démission suite à un scandale très médiatisé au sujet de son appartement de fonction, et est remplacé par le PDG de France Télécom, Thierry Breton.

Pour impliquer les Français dans la Constitution européenne, Jacques Chirac décide qu’un référendum sera organisé pour la ratification de celle-ci, à organiser au plus vite afin de remporter le scrutin. Désormais favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne (son « vœu le plus cher »), il voit une partie de sa majorité s’opposer à cette perspective, ce qui vient brouiller les cartes du référendum : le 17 décembre 2004, les Vingt-cinq décident l’ouverture de négociations avec la Turquie. Le projet de directive Bolkestein détourne une partie de l’inquiétude sociale grandissante sur l’Europe, malgré les tentatives de désamorçage du président. Pis, Jacques Chirac, pour la première fois aux yeux du public, semble déconnecté des attentes sociales, notamment des jeunes, lors d’un débat télévisé bien encadré, le 14 avril 2005 sur TF1. Dans un contexte de quasi-unanimité en faveur du « oui » des partis de gouvernement et des médias, les sondages s’inversent trois fois, le débat enflamme les Français et mobilise les médias jusqu’au jour du référendum.

2005 – 2007 : Dominique de Villepin Premier ministre

Article détaillé : Gouvernement Dominique de Villepin.

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Dominique de Villepin à Matignon en 2006

Le 29 mai 2005, après une campagne marquée par l’implication personnelle du président, le « non » l’emporte avec 54,87 % des voix et avec une forte participation de 69,74 %. Le surlendemain, Jean-Pierre Raffarin démissionne ; Jacques Chirac annonce son remplacement par un duo formé par Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy : l’un comme Premier ministre, l’autre comme ministre d’État, rejoignant le ministère de l’Intérieur. La presse se déchaîne contre le peu de changement des membres du gouvernement, mais est intriguée par la « cohabitation » des deux (on parle de « vice-Premier ministre »). Jean-Louis Borloo, un temps pressenti, élargit son ministère en devenant ministre de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement.

Jacques Chirac entame alors un bras de fer avec Tony Blair (qui prend la présidence de l’Union européenne), sur le budget de l’Union. Cette confrontation s’étend à la candidature de Paris et Londres pour les Jeux olympiques d’été de 2012 où les deux hommes s’impliquent personnellement. Les Français partent favoris et espèrent contrer la morosité qui s’abat sur le pays, mais, le 6 juillet, Londres est choisie par le CIO. Le 4 octobre 2005, lors d’un sommet franco-italien, Jacques Chirac reproche à la Commission européenne de ne pas lutter contre des licenciements chez Hewlett-Packard, ce qui fait réagir le président de la Commission, Jose Manuel Barroso, qui qualifie cette accusation de « démagogie », estimant que le sujet est du domaine national.

Le projet de Charte de l’environnement voit le jour. Il a été voulu par le président Chirac, conseillé par une commission d’experts. Le texte de la Charte de l’environnement est adopté le 28 février 2005 par le Parlement réuni en Congrès, et promulgué officiellement par Jacques Chirac le 1er mars. Il figure désormais dans le Préambule de la Constitution de la Ve République. C’est la Cour de cassation qui reprend maintenant les travaux d’adaptation juridique nécessaires.

Depuis le référendum, les sondages de popularité de Jacques Chirac sont au plus bas[83]. Le 2 septembre 2005, il est hospitalisé à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, pour un accident vasculaire cérébral (ou attaque cérébrale) ayant entraîné un léger trouble de la vision qui disparaît en quelques jours[84]. Il en sort le 9 septembre 2005, mais ne doit pas prendre l’avion pendant quelques semaines. Le Premier ministre Dominique de Villepin représente alors la France au sommet de l’ONU le 13 septembre 2005. Il peine à masquer la rivalité qui l’oppose à Nicolas Sarkozy, rendue plus aigüe depuis l’accident du président. Fin 2005, selon un sondage[85], 1 % des Français souhaitent que Jacques Chirac soit le candidat de l’UMP à l’élection présidentielle de 2007. En outre, un Français sur trois déclare souhaiter que le chef de l’État démissionne de l’Élysée pour provoquer une présidentielle anticipée[86]. La plupart des éditorialistes affirment que Jacques Chirac ne se représentera pas en 2007, mais Patrick Devedjian pense le contraire[87] ; Jacques Chirac demande au début de l’année 2006 à Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, « de la retenue » en attendant que la question de sa succession vienne à l’ordre du jour.

À partir de la fin du mois d’octobre 2005, suite à la mort de deux jeunes à Clichy-sous-Bois électrocutés en se réfugiant dans un transformateur EDF[88], puis à des déclarations du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, les actes de violence se multiplient les nuits suivantes, les médias finissant par parler d’émeutes, se propageant dans de nombreuses banlieues en France (des milliers de voitures brûlées, des entreprises et bâtiments publics détruits, etc.). Le 8 novembre, Jacques Chirac décrète en Conseil des ministres l’état d’urgence (qui sera levé environ 2 mois plus tard, le 4 janvier 2006), les préfets pouvant déclarer le couvre-feu dans tout ou partie du territoire. Jacques Chirac s’adresse pour la première fois sur ces émeutes en banlieues directement aux Français via la télévision et la radio le lundi 14 novembre, regardé par plus de vingt millions de télespectateurs[89].

En visite le 19 janvier 2006 à l’Île Longue, base opérationnelle des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) français, Jacques Chirac y réaffirme les principes de la politique de dissuasion nucléaire française, marquant une inflexion de la doctrine nucléaire du pays : ne plus raisonner « du faible au fort » mais « du fort au fou », dans une période marquée par le terrorisme et les ambitions nucléaires de pays comme l’Iran et la Corée du Nord. Si les États-Unis et le Royaume-Uni réagissent positivement à cette annonce, la classe politique allemande s’inquiète de cette position, alors que l’Iran proteste.

Après le Contrat nouvelles embauches (CNE), Dominique de Villepin décide, au début de l’année 2006, de lancer un nouveau contrat de travail similaire, pour les jeunes, baptisé Contrat première embauche (CPE). La mobilisation syndicale et étudiante contre ce projet en particulier, et, plus généralement, contre la loi pour l’égalité des chances, qui contient les dispositions relatives au CPE, se met lentement en place, mais finit par prendre des proportions très importantes, ce qui place le Premier ministre en difficulté. Jacques Chirac prend plusieurs fois la parole pour le soutenir, mais n’intervient pas avant le 31 mars où, dans une allocution devant 21 millions de téléspectateurs, il annonce la promulgation de la loi qui contenait le CPE, tout en demandant de ne pas l’appliquer tant que de nouvelles mesures ne sont pas prises, et confie le dossier à l’UMP (ce qui fait dire à un proche de Nicolas Sarkozy : « en réalité, le CPE est bel et bien suspendu, mais on ne le dit pas pour ne pas vexer Villepin »[90]. La presse se montre très critique sur ces demi-mesures[réf. nécessaire], et, le 10 avril, le Premier ministre annonce le remplacement rapide du CPE par une autre loi.

L’affaire Clearstream 2 vient ensuite bousculer l’emploi du temps du gouvernement. Dominique de Villepin, mais aussi Jacques Chirac, sont soupçonnés par la presse d’avoir commandité des enquêtes confidentielles sur des hommes politiques français, notamment Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn, Jean-Pierre Chevènement et Alain Madelin, qui ont été accusés anonymement et faussement d’avoir profité de rétrocommissions en marge de l’affaire des frégates de Taïwan. Nicolas Sarkozy porte plainte contre X en janvier 2006 pour « dénonciation calomnieuse », rapidement rejoint par une série d’autres personnalités françaises.

L’affaire Clearstream 2 dévie par la suite vers l’affaire du compte japonais de Jacques Chirac, puisque Le Canard enchaîné affirme dans son édition du 10 mai 2006 que le procès-verbal du général Rondot, membre de la DGSE, indiquait aussi que Jacques Chirac aurait détenu un compte de 300 millions de francs (45 millions d’euros) au Japon, à la Tokyo Sowa Bank appartenant à Shōichi Osada, un ami de Jacques Chirac (fait chevalier de la Légion d’honneur en 1994, par François Mitterrand), arrêté en 2000 au Japon pour faillite frauduleuse. Le général ajoutait que ce compte avait été ouvert en 1992, mais il s’est ensuite rétracté par voie de presse. Jacques Chirac nie aussitôt détenir tout compte au Japon, affirmant que le Canard fait référence à une enquête ouverte par la DGSE en 2000 (juste avant la présidentielle) au sujet de comptes supposés qu’il aurait détenus au Japon, enquête qui elle-même aurait été ouverte sur la base d’un article dans la presse japonaise. Le 9 novembre 2006, est publiée dans un livre la note interne de la DGSE du 11 novembre 1996 parlant de ce compte bancaire japonais. Gilbert Flam, qui a enquêté pour la DGSE autour de cette affaire, déclare que cette histoire de compte bancaire secret était une manipulation de la presse japonaise. Dans son édition du 23 mai 2007, le Canard enchaîné affirme que les juges en charge de l’affaire Clearstream ont des preuves concrètes (telles que des relevés de comptes) de l’existence de ce compte bancaire japonais de Jacques Chirac[91]. Les déclarations de patrimoine de Jacques Chirac publiées en 1995 et en 2007 ne mentionnent pas la détention de compte bancaire à l’étranger. À noter que cette banque japonaise ayant fait faillite en 1999, Jacques Chirac a pu y perdre beaucoup, s’il avait réellement un compte dans cette banque[92],[93],[94].

 

Jacques Chirac, en novembre 2006.

Lors de ses vœux du 31 décembre 2006[95], Jacques Chirac annonce la décision du gouvernement de Dominique de Villepin de mettre en place un droit au logement opposable dans les toutes prochaines semaines.

Dominique de Villepin lui remet la démission de son gouvernement le 15 mai 2007, à la veille de la passation de pouvoir entre le président sortant et Nicolas Sarkozy, élu président de la République.

2007 : position pour l’élection présidentielle

Le 11 mars 2007, il annonce lors d’un discours télévisé qu’il ne se présentera pas à l’élection présidentielle de 2007 et que par conséquent il ne briguera pas de troisième mandat : « Je ne solliciterai pas vos suffrages pour un nouveau mandat », ajoutant : « Au terme du mandat que vous m’avez confié, le temps sera venu pour moi de vous servir autrement ». Le 21 mars suivant, il dit « donner son vote et son soutien à Nicolas Sarkozy » dans le cadre de cette élection[96]. L’encore actuel président accorde ce soutien au nom du parti qu’il a créé, à savoir l’UMP. « Cette formation politique [l'UMP] a choisi de soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy [...]. C’est donc tout naturellement que je lui apporterai mon vote et mon soutien ». Le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy est élu Président de la République. La passation des pouvoirs a lieu le 16 mai.

Demain, je transmettrai les pouvoirs que j’ai exercés en votre nom à Nicolas Sarkozy, notre nouveau président de la République. Je le ferai avec la fierté du devoir accompli et aussi avec une grande confiance dans l’avenir de notre pays.

Nous sommes les héritiers d’une très grande nation, une nation admirée, respectée et qui compte en Europe et dans le monde. Vous avez des capacités immenses de créativité et de solidarité. Grâce à vous, grâce à votre engagement, nous avons modernisé notre pays pour l’adapter aux profonds changements de notre temps et nous l’avons fait dans la fidélité à notre identité et en portant haut les valeurs de la République.

Mes chers compatriotes,

Une nation, c’est une famille. Ce lien qui nous unit est notre bien le plus précieux. Il nous rassemble. Il nous protège. Il nous permet d’aller de l’avant. Il nous donne les forces nécessaires pour imprimer notre marque dans le monde d’aujourd’hui.

Restez toujours unis et solidaires. Bien sûr, nous sommes profondément divers. Bien sûr, il peut y avoir des différences de conception, des divergences de vue. Mais nous devons, dans le dialogue, dans la concorde, nous retrouver sur l’essentiel. C’est comme cela que nous continuerons à avancer.

 

Dans l’union, dans le respect de notre diversité et de nos valeurs, dans le rassemblement, nous pouvons nourrir toutes les ambitions. Unis, nous avons tous les atouts, toutes les forces, tous les talents pour nous imposer dans ce nouveau monde qui se dessine sous nos yeux. Unie, et en poursuivant sur la voie engagée, la France s’affirmera comme une terre exemplaire de progrès et de prospérité. La patrie de l’égalité des chances et de la solidarité. Une nation moteur de la construction européenne. Une nation généreuse, aux avant-postes des défis du monde que sont la paix, le développement, l’écologie.

Dès demain, je poursuivrai mon engagement dans ces combats pour le dialogue des cultures et pour le développement durable. Je le ferai en apportant mon expérience et ma volonté d’agir pour faire avancer des projets concrets en France et dans le monde.

Ce soir, je veux vous dire le très grand honneur que j’ai eu à vous servir. Je veux vous dire la force du lien qui, du plus profond de mon cœur, m’unit à chacune et à chacun d’entre vous. Ce lien, c’est celui du respect, c’est celui de l’admiration, c’est celui de l’affection pour vous, pour le peuple de France et je veux vous dire à quel point j’ai confiance en vous, à quel point j’ai confiance en la France.

Je sais que le nouveau président de la République, Nicolas Sarkozy, aura à cœur de conduire notre pays plus avant sur les chemins de l’avenir et tous mes vœux l’accompagnent dans cette mission, qui est la plus exigeante et la plus belle qui soit, au service de notre nation. Cette nation magnifique que nous avons en partage. La France, notre nation, mes chers compatriotes, nous devons toujours en être profondément fiers.

Vive la République !

Vive la France ! »

Bilan

Le bilan présidentiel de Jacques Chirac apparaît fort contrasté. Si, globalement, sa politique extérieure et sa manière d’appréhender la fonction présidentielle sont louées, sa politique intérieure, en revanche, est loin de faire l’unanimité. Ainsi, en novembre 2009, un sondage BVA indique que 60 % des Français estiment que Jacques Chirac a fait un bon président, mais 71 % se déclarent insatisfaits de son action contre le chômage et 66 % contre la « fracture sociale[97] ».

Bilan institutionnel

Sous les mandats de Jacques Chirac, quatorze réformes constitutionnelles ont été votées (sur 24 depuis 1958)[98]. Les plus emblématiques sont :

Sur le plan de la pratique du pouvoir, Jacques Chirac s’est révélé être un Président humain[105] et à la communication économe (sa fille Claude, qui le conseillait en matière de communication, préférant une approche solennelle afin de donner de la hauteur à la fonction présidentielle).

Bilan intérieur

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Le musée du Quai Branly

Sur le plan intérieur, Jacques Chirac a laissé son empreinte avec les actions suivantes :

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Taux de chômage standardisés en France, dans l’Union européenne, dans les pays de l’OCDE, du G7 et aux États-Unis, données trimestrielles c.v.s. (corrigées des variations saisonnières), 1993 – 2009. Source : OCDE.

Bilan en matière de politique étrangère

175px-Chirac_and_Schroeder_on_the_NevaJacques Chirac et le chancelier allemand Gerhard Schröder le 31 mai 2003

Après l’Élysée

Articles connexes : Affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris et Fondation Chirac.

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Jacques Chirac à Saint-Tropez, quelques mois après la fin de son mandat, en août 2007.

Le 16 mai 2007, Jacques Chirac quitte le palais de l’Élysée pour un appartement quai Voltaire à Paris, prêté par la famille de l’ancien Premier ministre libanais Rafiq Hariri[128], assassiné dans un attentat à Beyrouth en février 2005.

Comme tous les anciens présidents de la République, il est désormais membre de droit à vie du Conseil constitutionnel où il côtoie Valéry Giscard d’Estaing. En tant que tel, il touche une indemnité mensuelle de 12 000 €. Selon l’association 1901 « Sauvegarde retraites »[129], il est de plus éligible à une retraite cumulée estimée en juin 2007 à 18 781 €, répartie de la manière suivante :

Fonctions exercées Durée Retraite mensuelle
Auditeur puis magistrat à la cour des comptes 5 ans 3 500 €
Mandats locaux en Corrèze et à Paris 30 ans 5 000 €
Député 19 ans 5 031 €
Président de la République 12 ans 5 250 €

Fondation Jacques Chirac

Il se consacre à la Fondation Jacques Chirac pour le développement durable et le dialogue des cultures[128], afin qu’elle soit active en juin 2008, installée en juin au Musée des arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques. Au titre de sa fondation, il se rend dans plusieurs pays d’Afrique pour inaugurer des projets d’accès à l’eau, aux médicaments, à l’éducation[128].

Il se rend également à deux reprises en Russie à l’invitation personnelle de Vladimir Poutine[128]. Toutefois, Jacques Chirac refuse de donner des conférences pour lesquelles il est fréquemment sollicité par diverses universités dans le monde[128].

Depuis avril 2009, le baromètre IFOP de l’hebdomadaire Paris Match le consacre chaque mois « personnalité politique préférée des Français ». En décembre, il atteint la cote inédite, dans l’histoire du baromètre, de 78% d’opinions positives[131].

Début juin 2009, le journal Le Parisien révèle[132] que Barack Obama aurait souhaité visiter le musée du Quai Branly en compagnie de Jacques Chirac, et ce à l’occasion de la présence en France du président américain pour participer aux cérémonies de commémoration du débarquement du 6 juin 1944. Cette visite n’a finalement pas pu avoir lieu en raison de l’emploi du temps de Jacques Chirac, retenu à Venise. Quelques mois auparavant, peu après son entrée en fonction, Barack Obama avait envoyé une lettre amicale à l’ex-président français[133]. Autant de signes qui montrent le respect du Président américain à l’égard de Jacques Chirac. Le Président Nicolas Sarkozy serait d’ailleurs, à en croire la presse française, très agacé par cette bonne entente régnant entre les deux hommes, lui-même éprouvant des difficultés à se faire apprécier du nouveau locataire de la Maison Blanche[134],[135].

Le 12 juin 2009, Jacques Chirac accepte l’invitation de Nicolas Sarkozy à se rendre, le 16 juin, et en sa compagnie, aux obsèques nationales du président gabonais Omar Bongo[136].

Le 6 octobre 2009, Jacques Chirac détaille les activités de sa fondation relatives à la préservation des langues rares et des spécificités culturelles menacées, et annonce, dans cet objectif, le lancement d’un site Internet : sorosoro.org (sorosoro signifiant langue en araki, idiome de l’île du même nom au Vanuatu, menacée d’extinction avec 8 locuteurs recensés en 2009). Dans son discours, il appelle à « une nouvelle forme de conscience collective », qui doit l’emporter sur « l’arrogance de la pensée unique »[137].

Le premier tome de ses mémoires, consacré à sa vie politique avant la présidence et intitulé Chaque pas doit être un but, paraît le 5 novembre 2009[138]. Il remporte immédiatement un certain succès, s’écoulant, selon sa maison d’édition, entre 15 000 et 18 000 exemplaires par jour la première semaine de sa publication. Deux semaines après sa sortie, au 18 novembre 2009, il aurait été réimprimé trois fois pour s’établir à un tirage global de 390 000 exemplaires (contre 260 000 initialement le jour de sa publication)[139].

Le 6 novembre 2009, Jacques Chirac remet à l’imam Muhammad Ashafa, au pasteur nigérian James Wuye et à l’ancien ministre sud-coréen de l’Unification Park Jae-Kyu les premiers prix pour la prévention des conflits de sa fondation, et ce en présence, notamment, de Nicolas Sarkozy et de Simone Veil[140].

État de santé

Le 11 avril 2008, il se fait poser avec succès un stimulateur cardiaque142.

Victime d’un accident vasculaire cérébral en 2005, Jacques Chirac est depuis frappé par des moments d’absence, des pertes de mémoires et est également atteint de forte surdité143. D’après Charles Pasqua, l’état de santé de l’ancien président de la République ne lui permet pas de se rendre au procès de l’affaire des ventes d’armes à l’Angola144.

Le 3 septembre 2011, le site Internet du quotidien Le Monde révèle que Jacques Chirac n’est « pas en capacité » d’assister au procès des emplois fictifs de la mairie de Paris, qui doit se dérouler en septembre 2011. Les avocats de l’ancien président ont en effet fait parvenir au président de la 11e chambre du tribunal correctionnel, Dominique Pauthe, un rapport médical établi par le neurologue Olivier Lyon-Caen faisant état de la « vulnérabilité » de Jacques Chirac, qui souffrirait en outre de « troubles de la mémoire »145.

Les « affaires »

Affaires judiciaires du RPR et de la Mairie de Paris

Articles détaillés : Financement illégal du RPR et Affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.

Le 21 septembre 2000, est publié dans le journal Le Monde un aveu posthume de Jean-Claude Méry, promoteur et financier occulte du RPR, lequel accuse Jacques Chirac, alors maire de Paris, d’avoir été au cœur du système. Le RPR (tout comme l’UDF, le PS et le PC) est accusé d’avoir alimenté son budget à l’aide de commissions versées par des entreprises du bâtiment auxquelles la région Île-de-France a confié en contrepartie d’importants travaux publics. Jacques Chirac était alors le président du RPR. Il était également maire de Paris lors des faits de l’affaire des faux électeurs du Ve arrondissement de Paris. Une enquête a lieu dans le cadre du financement de voyages en avion à caractère privé de l’ancien maire. Bertrand Delanoë, nouveau maire de Paris, ignorant ces premières accusations, rend public durant la campagne présidentielle de 2002 un rapport détaillant les 2,13 millions d’euros (soit 700 euros par jour) dépensés en « frais de bouche » par Jacques Chirac et sa femme entre 1987 et 1995 ; un non-lieu pour prescription est prononcé par le juge d’instruction Philippe Courroye en 2003.

Au total, depuis les années 1990, le nom de Jacques Chirac est régulièrement évoqué dans huit affaires judiciaires impliquant notamment la Mairie de Paris, parmi lesquelles l’affaire des emplois fictifs, l’affaire des faux chargés de mission, ou encore l’affaire des HLM de Paris. La plupart de ces affaires ont été jugées (certains de ses proches collaborateurs comme Michel Roussin, Louise-Yvonne Casetta ou Alain Juppé ont été condamnés) ou classées sans suite, ou sont en cours. Jacques Chirac a toujours refusé de témoigner devant la justice et de se rendre aux convocations des juges lorsqu’il était président de la République en raison du statut pénal de ce dernier, le tenant à l’abri de poursuites judiciaires durant toute la période de son mandat. En conséquence, des personnalités politiques de gauche comme Jack Lang, Noël Mamère ou Arnaud Montebourg ont réclamé un changement de la législation et la fin de « l’immunité présidentielle ». Le 16 juin 2007 (un mois après la fin de son mandat), cette immunité arrive à son terme. Le 19 juillet 2007, Jacques Chirac est entendu une première fois par la justice sur cette affaire dans ses bureaux de la rue de Lille. Cette audition porterait sur une des affaires des emplois fictifs du RPR. Pour cette première affaire, il a été entendu par les juges en tant que témoin assisté.

Convoqué pour une seconde audition le 21 novembre 2007, Jacques Chirac se voit notifier sa mise en examen par la juge Xavière Simeoni du pôle financier du tribunal de Paris dans le cadre de l’affaire des chargés de mission de la ville de Paris employés au cabinet de celui qui était alors maire de la ville[141].

Le 30 octobre 2009, Jacques Chirac est renvoyé devant le tribunal correctionnel par la juge Xavière Simeoni, dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Chirac sera jugé pour abus de confiance et détournement de fonds, mais bénéficie en revanche d’un non-lieu pour le chef de faux en écriture publique (qui lui aurait valu la Cour d’assises). Qualifié de « concepteur », « auteur » et « bénéficiaire » du « système » par l’ordonnance de 125 pages[142], il se déclare « serein » quant à l’issue de ce procès[143].

Le 18 décembre 2009, sur un second volet de l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, Jacques Chirac est à nouveau mis en examen par le juge de Nanterre, Jacques Gazeaux[144].

Affaire du compte japonais

Article détaillé : Affaire du compte japonais de Jacques Chirac.

Un document interne de la DGSE de 1996 fait état de l’existence d’un compte bancaire de Jacques Chirac au Japon, crédité de « 300 millions de francs » en 1996. Cette note est envoyée par le chef de poste de la DGSE à Tokyo au siège des services à Paris le 11 novembre 1996. Elle fut rendue publique dans le livre « Machinations » des journalistes Laurent Valdiguié et Karl Laske (Denoël, novembre 2006).

En 2001, Gilbert Flam, magistrat détaché à la DGSE, a ouvert une enquête au Japon pour vérifier des soupçons d’existence de comptes bancaires appartenant à Jacques Chirac à la Tokyo Sowa Bank et les liens pouvant exister entre Jacques Chirac et l’ancien banquier Shōichi Osada. Après la réélection de Jacques Chirac, en 2002, Gilbert Flam a été limogé.

Le 19 avril 2006, dans Le Canard enchaîné, Nicolas Beau affirme qu’un classeur au nom de Gilbert Flam sur « d’hypothétiques comptes bancaires de Chirac au Japon », a été saisi chez le général Philippe Rondot. En 2001, le général Rondot avait mené une enquête interne sur les services secrets pour savoir s’ils avaient enquêté sur Jacques Chirac, à la demande de ce dernier. Interrogé par les juges le 28 mars 2006, le général Rondot a confirmé dans un premier temps l’existence d’un compte Chirac, avant de revenir sur ses déclarations.

Selon le Canard enchaîné du 23 mai 2007, de nouveaux documents saisis chez le général Rondot accréditeraient l’existence du compte bancaire en question. Le parquet de Paris aurait tenu une réunion lundi 21 mai 2007 pour examiner les conséquences possibles de ces éléments nouveaux[145],[146],[147]. Une vérification des autorités bancaires, effectuée à la demande de l’ancien président français, à l’automne 2007, a cependant montré l’absence de compte au nom de Jacques Chirac à la TSB[148].

Affaire Borrel

Article détaillé : Affaire Borrel.

Depuis 2004, les autorités djiboutiennes souhaitent se voir reconnues compétentes pour mener l’enquête sur l’assassinat du juge Borrel survenu à Djibouti le 18 octobre 1995 (l’instruction sur l’assassinat de Bernard Borrel est encore en cours, actuellement dirigée par le juge Sophie Clément du tribunal de Paris). Or, le 29 janvier 2005, le ministère des affaires étrangères français assure publiquement, par communiqué de presse, qu’une copie du dossier d’instruction français relatif au décès de Bernard Borrel serait « prochainement transmise à la justice djiboutienne », qui en avait fait la demande. Cette communication est intervenue dix jours avant que la juge Sophie Clément ne soit officiellement saisie de cette demande d’entraide judiciaire. La juge refusera le 8 février 2005 la transmission, estimant notamment que la demande de Djibouti avait « pour unique but de prendre connaissance […] de pièces mettant en cause le procureur de la République de Djibouti ».

Le comportement d’Hervé Ladsous, alors porte-parole du quai d’Orsay, s’analyse, selon Élisabeth Borrel, en une pression sur la juge Clément[149]. Elle dépose alors une plainte avec constitution de partie civile, et une enquête est confiée aux juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia le 2 mars 2006 (instruction toujours en cours)[150].

Jacques Chirac et la présidence de la République seraient mêlés à ces pressions sur la justice. D’après des documents saisis au quai d’Orsay et à la Chancellerie, et cités par le journal Le Monde[151], l’idée de saisir la Cour internationale de justice contre la France pour contourner la juge d’instruction Sophie Clément et avoir accès au dossier a été suggérée par Jacques Chirac au président djiboutien.

D’après des documents saisis au quai d’Orsay et à la Chancellerie, et cités par le journal Le Monde le 12 juin 2007, Jacques Chirac lui-même aurait suggéré au président djiboutien de saisir la Cour internationale de justice afin de contourner la juge d’instruction française dans l’affaire Borrel[152], dans laquelle il se retrouve ainsi cité.

Affaire Clearstream 2

Article détaillé : Affaire Clearstream 2.

Jacques Chirac et son Premier ministre Dominique de Villepin ont été soupçonnés par la presse[réf. nécessaire] d’avoir commandité des enquêtes confidentielles sur des hommes politiques français, entre lesquels Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Chevènement et Alain Madelin, qui ont été accusés anonymement et faussement d’avoir profité de rétrocommissions en marge de l’affaire des frégates de Taïwan. Nicolas Sarkozy porte plainte contre X en janvier 2006 pour « dénonciation calomnieuse », rapidement rejoint par une série d’autres personnalités françaises. L’enquête visant à établir qui sont les responsables de ces accusations est toujours en cours.

Autres

En octobre et novembre 2009, Charles Pasqua puis Arcadi Gaydamak affirment que Jacques Chirac et Dominique de Villepin, secrétaire général de l’Élysée sous sa présidence, ont participé aux ventes d’armes à l’Angola[153],[154].

Budget de la présidence

Les réformes budgétaires de l’État ont conduit à faire assumer par le budget de fonctionnement de l’Élysée des crédits qui n’étaient auparavant pas de sa compétence. C’est le même principe que pour les budgets des collectivités territoriales avec la décentralisation. Les charges existaient auparavant mais l’État en transfère la responsabilité avec les moyens nécessaires pour l’assumer. Les modifications en question ont eu lieu pendant la présidence de Jacques Chirac.

Année Président Montant
(millions d’euros)
1960 Charles de Gaulle 2,35
1981 François Mitterrand 3,03
1997 Jacques Chirac 7,78
2001 Jacques Chirac 21,2
2005 Jacques Chirac 31,9

Reconnaissance et critiques

Décorations

Satire médiatique

Un bilan contrasté

Au final, si Jacques Chirac a commencé sa carrière politique comme gaulliste autoproclamé, avant de passer par diverses phases comme le « travaillisme à la française » ou le « libéralisme à la française », les commentateurs politiques ont estimé que sa véritable sensibilité politique s’était progressivement révélée être plus proche du radical-socialisme d’antan[159]. Et qu’au fond son véritable maître à penser aurait pu être le « bon docteur » Henri Queuille, comme lui figure emblématique de la Corrèze, et qui estimait qu’« il n’est pas de problème dont une absence de solutions ne finisse par venir à bout »[160].

La carrière politique de Jacques Chirac, qui aura duré plus de quarante ans, aura indéniablement été l’une des plus impressionnantes de la Cinquième République. Mais avec son départ de l’Élysée, c’est aussi une page qui se tourne, et sans doute la fin d’une certaine manière de faire de la politique « à l’ancienne »[161].

Anecdotes

 

Dans la culture populaire

Cinéma

Télévision

Article détaillé : Chirac (marionnette).

Bande dessinée

Musique

Synthèse du parcours politique

Chronologie politique

Mandats électifs

Conseiller municipal et maire
1965-1971 : membre du conseil municipal de Sainte-Féréole, Corrèze
1971-1977 : membre du conseil municipal de Sainte-Féréole, Corrèze
1977-1983 : membre du Conseil de Paris et maire de Paris
1983-1989 : membre du Conseil de Paris et maire de Paris
1989-1995 : maire de Paris, mandat interrompu après son élection à la présidence de la République en mai 1995, le mandat de conseiller de Paris s’étant normalement achevé lors des élections municipales le mois suivant, en juin 1995.
Conseiller général
1968-1970 : membre du conseil général de la Corrèze
1970-1976 : membre et président du conseil général de la Corrèze
1976-1979 : membre et président du conseil général de la Corrèze
1979-1982 : membre du conseil général de la Corrèze
Député
1967 : député de la 3e circonscription de la Corrèze (1)
1968 : député de la 3e circonscription de la Corrèze (1)
1973 : député de la 3e circonscription de la Corrèze (1)
1976-1981 : député de la 3e circonscription de la Corrèze (2)
1981-1986 : député de la 3e circonscription de la Corrèze
1986 : député du département de la Corrèze (3)
1988-1995 : député de la 3e circonscription de la Corrèze (4)
Député européen
1979-1980 : membre du Parlement européen, démissionnaire
Président de la République
1995-2002 : président de la République française
2002-2007 : président de la République française

Le 11 mars 2007, en direct, Jacques Chirac informe la France qu’il ne sera pas candidat à l’élection présidentielle de 2007. Il achève ainsi son dernier mandat en « ne sollicitant pas un nouveau suffrage des Français ».

(1) après sa nomination au gouvernement, remplacé par son suppléant Henri Belcour
(2) réélu lors d’une élection partielle, après la démission d’Henri Belcour
(3) mandat interrompu après nomination au gouvernement, remplacé par le suivant de liste, Jean-Pierre Bechter
(4) démission après son élection à la présidence de la République

Fonctions gouvernementales

Secrétaire d’État
Secrétaire d’État aux Affaires sociales, chargé des Problèmes de l’emploi du gouvernement Georges Pompidou (4) (du 6 avril 1967 au 31 mai 1968)
Secrétaire d’État à l’Économie et aux Finances du gouvernement Georges Pompidou (4) (du 31 mai au 10 juillet 1968)
Secrétaire d’État à l’Économie et aux Finances du gouvernement Maurice Couve de Murville (du 12 juillet 1968 au 20 juin 1969)
Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances du gouvernement Jacques Chaban-Delmas (du 22 juin 1969 au 7 janvier 1971)
Ministre délégué
Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement du gouvernement Jacques Chaban-Delmas (du 7 janvier 1971 au 6 juillet 1972)
Ministre
Ministre de l’Agriculture et du Développement rural du gouvernement Pierre Messmer (1) (du 6 juillet 1972 au 2 avril 1973)
Ministre de l’Agriculture et du Développement rural du gouvernement Pierre Messmer (2) (du 5 avril 1973 au 27 février 1974)
Ministre de l’Intérieur du gouvernement Pierre Messmer (3) (du 1er mars au 28 mai 1974)
Premier ministre
Premier ministre du 27 mai 1974 au 25 août 1976
Premier ministre du 20 mars 1986 au 11 mai 1988

Bibliographie

Ouvrages de Jacques Chirac

Ouvrages ou articles consacrés à Jacques Chirac

Ouvrages biographiques

Jacques Chirac maire de Paris

Jacques Chirac président de la République

Jacques Chirac orateur

Affaires

Témoignages


(*) Wikipedia

 

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Révolution Solaire de Jacques CHIRAC

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Pour le 29/11/2010 à 10h16 TU à Paris.

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 11 ET NOEUD SUD EN MAISON 5

L’entrée du noeud nord en maison XI rend possible la réalisation de vos projets, même s’ils sont audacieux. Durant la période précédente, le nœud sud que vous aviez en maison VI a contrecarré les projets que vous souhaitiez accomplir en dressant maints obstacles sur votre route. Pourtant, votre nœud nord qui était en maison XII vous a permis de formuler des projets. Vous avez pu les trouver peu réalistes. Cependant, maintenant que vous avez quitté cette prison qu’était la maison XII et retrouvé votre liberté (maison XI) ces rêves peuvent commencer à se réaliser. Cette réalisation sera, toutefois, conditionnée par votre faculté à cultiver l’art de l’amitié. Ce seront les vraies amitiés et les relations sincères qui paveront l’avenue de vos opportunités durant cette période et la suivante. Ceci est suggéré par la présence du nœud nord en XI lequel vous incitera, par ailleurs, à refuser toutes les contraintes qui limiteraient cette nouvelle liberté. De plus, il vous autorise, dans l’ordre, à élargir le cercle de vos relations, à former de nouvelles amitiés, à obtenir leur soutien, à réaliser vos grands projets et à conquérir votre indépendance. Le nœud nord continuera son parcours en direction de la maison X, laquelle vous fera récolter les fruits des projets que vous aurez matérialisés pendant son passage en maison XI. Commencez donc par étendre le cercle de vo s relations car c’est parmi celles-ci que vous trouverez à réaliser vos projets les plus audacieux. Dans le même esprit, visez la fraternité, l’entraide mutuelle en adhérant à un ordre, un club ou une association. Les résultats pourront vous surprendre. Evitez à tout prix de vous laisser séduire par les tentations du nœud sud en maison V : les plaisirs sans mesure, la recherche de prestige, la satisfaction des sens, les liaisons faciles. En d’autres termes, prenez garde à tout ce qui flatte votre ego ; évitez tous les abandons où seul votre plaisir compte car ceci ressort du domaine négatif de la même période (nœud sud en V). Celle-ci n’est pas propice aux satisfactions affectives ou émotives en tête-à-tête, c’est-à-dire dans lesquelles vous seriez trop « personnel ». C’est ainsi que toute vie en couple ne peut subsister ici que si un vrai don de soi intervient, au-delà de l’utilisation de l’autre pour se satisfaire, et sous condition d’élargir la relation vers de vastes échanges avec le monde extérieur. Vous ne pourrez d’ailleurs pas supporter de restreindre votre vie au seul couple. Vous manqueriez d’air. Il vous faudra aussi vivre une expansion, en plus, pour conserver votre équilibre. Cette période est aussi source de déception issue des rapports avec les enfants. La bonne entente avec ces derniers est souvent compromise. Souvent, les accouchements y sont difficiles. Evitez aussi tout ce qui est d’ordre spéculatif : le loto, la loterie, les casinos. Ne jouez pas en bourse, n’attendez aucun résultat de la chance. En résumé, évitez tout ce qui flatte votre ego à titre personnel pour privilégier la fraternité et l’humanisme de manière large et impersonnelle, sans carcans ni restrictions.

 

Révolution Solaire de Jacques CHIRAC

jacqueschiracrs29112011

Pour le 29/11/2011 à 10h16 TU à Paris.

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 10 ET DU NOEUD SUD EN MAISON 4:

Le passage du nœud nord en maison X vous promet une réussite sociale inhabituelle. Les efforts que vous ferez maintenant pour étayer votre situation seront couronnés de succès. La position ou la situation attendue vous sera acquise. Le contrat espéré sera signé. La distinction honorifique vous sera accordée. Vos affaires prospéreront.

 

Tous les espoirs de reconnaissance ou de faveur d’un public, d’une clientèle ou d’une audience seront comblés. C’est maintenant aussi que vous étendrez votre influence. Ne restez donc pas les bras croisés. Bien entendu, cette même période sera beaucoup moins propice à la vie de famille car les exigences de votre statut social pourront avoir une incidence moins favorable sur votre foyer. C’est pourquoi, il vous faudra faire la part des choses en soustrayant quelques heures chaque jour à vos affaires. Ménagez-vous des moments suffisants de repos en vous accordant des loisirs familiaux proportionnels à vos efforts professionnels. Veillez à ne pas vous laisser emporter par votre réussite. Tout ce qui nous est accordé par le destin doit être redistribué. Réservez donc une large part de vos moyens au bien-être d’autrui, en commençant par ceux qui vous sont proches et dont le soutien a contribué à votre essor. Evitez à tout prix de sacrifier votre famille à votre situation. Cette période en effet défavorise la vie de famille ; elle déséquilibre souvent le foyer et suscite fréquemment un ou plusieurs changements de domicile. De plus, le nœud sud en maison IV provoque souvent une séparation. Les jeux planétaires du moment préciseront s’il s’agit de votre mère ou d’un éloignement temporaire de votre famille. Dans le même esprit, tout ce qui touche vos assises (ceci inclut l’immobilier), sera compromis et devra requérir votre attention toute particulière pour minimiser les dégâts. En conséquence, n’achetez – et ne vendez – ni immeubles ni terres. entez de reporter toutes les transactions immobilières à la période suivante. Ne prenez pas le risque d’hypothéquer vos actifs ni de gager votre crédit ou votre réputation pour encore accroître votre essor professionnel. Dans le cas contraire, vos appétits deviendraient cause de dépossession de vos biens familiaux, ou personnels. En résumé, ne sacrifiez ni votre famille ni les biens de celle-ci sur l’autel de votre réussite. La durée de celle-ci sera fonction de la sagesse dont vous userez.
 

 

-=-=- F I N -=-=-

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Personnalité du 28/11/2010 – Anna Nicole SMITH 28 novembre, 2010

Posté par phoenix2savoie dans : 11/2010,Personnalités du jour,Sex girl , 1 commentaire

————————————– PERSONNALITE DU JOUR ———————————–

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—————————————- 28 Novembre 2010 ——————————————

Anna Nicole SMITH

née le 28 Novembre 1967 à 22h42 à Houston – Texas – USA

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Anna Nicole Smith, de son vrai nom Vickie Lynn Hogan, (*) née le 28 novembre 1967 à Mexia au Texas et morte le 8 février 2007 à Hollywood en Floride, était une strip- teaseuse une actrice, chanteuse et comédienne américaine.

Lorsqu’elle est encore enfant, son père abandonne sa mère et ses six enfants. Elle est élevée par sa mère et sa tante, dans la petite ville perdue de Mexia où les activités sont peu nombreuses. En 1984, elle épouse l’acteur Billy Smith. Ils ont un fils deux ans plus tard, Daniel Wayne Smith. Le mariage avec Billy ne dure que deux ans. L’année suivante, Anna Nicole est engagée dans une boîte de nuit comme strip-teaseuse sous les pseudonymes de Nikki et Robin. Depuis son enfance elle admirait beaucoup Marilyn Monroe et s’habillait pour lui ressembler. Elle est abordée par un photographe travaillant pour une agence de mannequins. Il lui promet de faire d’elle une star à condition qu’elle fasse ce qu’il lui conseillerait. Elle fait alors appel à la chirurgie esthétique par la pose d’implants mammaires pour obtenir des seins beaucoup plus volumineux (d’où le sobriquet de « pneumatique »), elle prend un peu de poids et s’entraîne à retrousser la lèvre supérieure, augmentant ainsi sa ressemblance avec Marilyn.

Elle est choisie comme playmate de Playboy (« Miss mai 1992 » puis Playmate de l’année 1993). Comme prévu, elle est comparée à Marilyn Monroe pour sa plastique pulpeuse et sa blondeur péroxydée.

En 1993, alors qu’elle a 26 ans, elle épouse le milliardaire J. Howard Marshall lui-même presque nonagénaire. L’époux meurt en 1996 et Anna Nicole est impliquée dans une bataille juridique contre le fils de son défunt mari, E. Pierce Marshall, au sujet de sa part d’héritage qui s’élevait à 1,6 milliard de dollars. Après plusieurs procédures, parfois en sa faveur, parfois en sa défaveur, elle finit par obtenir en mars 2002, 88 millions de dollars de la succession de son mari. Cette décision est annulée par la Cour d’appel de San Francisco. Le 1er mai 2006, Mme Smith, avait marqué un point en étant autorisée par la Cour suprême à poursuivre son action en justice. Mais le décès du fils de J. Howard Marshall, Pierce Marshall, le 24 juin 2006, modifie la donne.

En 2002, elle est la vedette d’une émission de télé-réalité diffusée sur le câble et titrée The Anna Nicole Show qui a pour sujet sa vie privée et personnelle. Les critiques fusent sur cette émission, certains disant qu’elle était mauvaise à faire pitié. De fait, c’est un succès au début, mais l’audience décroit semaine après semaine. Elle est supprimée en février 2004.

Lors d’une interview télévisée où on lui demandait quel régime elle suivait en tant que playmate, elle répondit : « du poulet frit ». En octobre 2003, elle a fait de la publicité pour la firme TrimSpa qui l’aurait aidée à perdre 14 kg.

Anna Nicole est hospitalisée fin 2006, suite à une pneumonie.

Son fils Daniel Smith

Né le 22 janvier 1986 et décédé le 10 septembre 2006

Daniel Smith, fils disparu de feu Anna Nicole Smith, est mort des suites de la prise d’un mélange de méthadone et d’antidépresseurs, un cocktail médicamenteux qui lui aurait été fatal en cinq heures. Les conclusions du Dr Govinda Raju, qui a pratiqué l’autopsie de Daniel Smith, confirment celles d’un médecin privé, qui avait pratiqué une première autopsie peu après le décès du jeune homme de 20 ans, alors qu’il rendait une visite à sa mère, qui venait de mettre au monde une petite fille.

Le Dr Raju a déclaré que la mort de Daniel Smith était consécutive à l’ingestion combinée de méthadone, de Zoloft (antidépresseur) et de Lexapro (antidépresseur prescrit notamment dans les cas de trouble anxieux généralisé, NDLR). Cinq médications différentes au total ont été retrouvées dans son organisme, dont deux ayant été utilisées pour le réanimer après qu’il s’est effondré dans la chambre de maternité de sa mère. Ces deux médicaments de la dernière chance pourraient être responsables des contusions constatées dans le dos et sur les épaules du jeune homme. Une troisième molécule, celle de l’hypnotique (somnifère) Ambien, fait également partie du cocktail médicamenteux découvert.

L’avocat du dernier compagnon d’Anna Nicole Smith, Howard K. Stern, lui-même avocat, qui a assisté aux derniers moments du jeune Daniel, a déclaré que les médicaments qu’il prenait avaient été prescrits par des médecins pour lutter soit contre la dépression, soit contre des maux de dos.

Incertitude sur la paternité de sa fille

Le 7 septembre 2006, elle donne naissance à une petite fille, Dannielynn.

Le juge avait ordonné un test ADN sur sa fille, afin de connaître le père biologique de Dannielynn. En effet, elle avait fait inscrire sur le certificat de naissance le nom de son compagnon et avocat Howard K. Stern, mais son ancien compagnon, le photographe Larry Birkhead, croit être le père biologique. Le 9 février, le prince Frederick von Anhalt, époux de l’actrice Zsa Zsa Gabor, affirme qu’il a entretenu une relation extraconjugale avec Anna Nicole Smith et qu’il est possible qu’il soit le père de la fillette.

Le 14 février 2007, le juge Lawrence Korda a ordonné que le corps d’Anna Nicole Smith soit préservé en vue d’un test ADN pour déterminer qui est le véritable père de son bébé de cinq mois.

Le 10 avril 2007, les analyses ADN ont été rendues publiques aux Bahamas et ont permis d’affirmer que Larry Birkhead est le père de Dannielyn : « il est le père biologique », a annoncé le Dr Michael Baird, qui était chargé d’analyser les échantillons ADN prélevés le 21 mars.

Décès

Anna Nicole Smith meurt à l’âge de 39 ans le 8 février 2007. Après un coma, le personnel paramédical tente en vain de la réanimer durant son transfert vers le « Memorial Regional Hospital » depuis l’hôtel d’Hollywood près de Miami en Floride où elle se trouvait.

Le 9 février, le médecin légiste chargé de l’autopsie n’a pas été en mesure de déterminer la cause précise de la mort. Il évoque le 9 février trois hypothèses : une cause naturelle, une cause liée à l’ingestion de drogues ou produits chimiques ou un mélange des deux.

Le 14 février, Howard K. Stern, son compagnon, confie à sa sœur qu’Anna Nicole Smith avait plus de 40,5 ° de fièvre peu avant sa mort et qu’une infirmière avait été dépêchée au Seminole Hard Rock Hotel & Casino de Hollywood. Il a précisé que l’infirmière chargée d’Anna Nicole Smith a appelé les secours lorsqu’elle s’est rendu compte de l’absence de réponse de sa patiente. Howard K. Stern ajoute qu’elle était déprimée et souffrante, qu’elle ne s’était jamais remise de la mort de son fils Daniel, mort en septembre 2006 aux Bahamas à l’âge de 20 ans. Le 16 février, une tentative de suicide d’Anna Nicole Smith est rendue publique[1]. Howard K. Stern a également évoqué avoir pour projet de se marier le 27 février.

Le 2 mars 2007, à la suite d’une décision de justice, son corps est transporté aux Bahamas par avion privé et enterré quelques heures plus tard dans la plus stricte intimité à Nassau, la capitale des Bahamas. Lors de son enterrement, le catcheur Hulk Hogan était présent.

Le 27 mars 2007, la police a annoncé lors d’une conférence de presse que l’ex-playmate avait succombé à une overdose accidentelle le 8 février 2007 dans un hôtel-casino de Floride.

Le 13 mars 2009, Howard Stern et les médecins Sandeep Kapoor et Khristine Eroshevich sont inculpés pour conspiration et prescriptions de médicaments frauduleuses pour avoir donné des milliers de médicaments pendant des années à l’ancienne playmate, la menant à une overdose fatale en 2007[2].

Films

 

(*) Wikipedia

 

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Révolution Solaire de Anna Nicole SMITH

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Pour le 28/11/2006 à 15h41 TU à Mexia Texas

 

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 8 ET DU NOEUD SUD EN MAISON 2:

            Cette période favorise les aides, les soutiens, les apports les légations et les héritages. Il faut inclure aussi les dédommagements financiers, les dommages et intérêts et les préavis professionnels.

            Elle défavorise les ressources issues de vos propres efforts : soit les revenus se réduisent, soit des frais inhabituels interviennent; le « net » disponible s’en trouvera donc toujours réduit.

            Dans le même esprit, vos désirs personnels ne seront satisfaits qu’en vous conformant à réaliser d’abord les souhaits d’autrui. Toutes les autres démarches personnelles ne conduiront qu’à des frustrations. Inutiles de piétiner avant la fin de cette période. C’est le moment de réduire vos dépenses quelque peu en attendant des jours meilleurs, c’est à dire d’ici un an.

            En revanche, si l’argent gagné à titre personnel vous est moins favorable actuellement, vous pourrez bénéficier d’aides financières extérieures de soutien à partir de vos relations.

            Vous pourrez aussi obtenir plus facilement un crédit bancaire qui vous permettra de compenser le manque à gagner. Prévoyez des remboursements à long terme, car il vous faudra attendre la fin de cette période pour vous refaire une santé financière.

            Toutefois, comme la période suivante favorisera vos relations ou associations, vous pouvez dès maintenant accepter un apport associatif d’une relation qui  fructifiera ultérieurement.

            Au point de vue emploi, cette période est assez critique. C’est la période de tous les dangers au point de vue de rupture de contrat.

 

-=-=- F I N -=-=-

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Personnalité du 27/11/2010 – Bruce LEE 27 novembre, 2010

Posté par phoenix2savoie dans : 11/2010,Cinéma,Personnalités du jour , 1 commentaire

————————————- PERSONNALITÉ DU JOUR ———————————

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http://www.brucelee.fr/blog/wp-content/uploads/2008/11/bruce_lee_portrait-date.jpg

Le Frelon vert - Van Williams - Bruce Lee Image 36 sur 60

Bruce LEE et Van Williams dans « The Green hornet »

 

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Bruce LEE dans « The big boss »


La Fureur de vaincre - Bruce Lee Image 35 sur 60

Bruce LEE dans « La fureur  de vaincre »

 

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Bruce LEE dans « La fureur du dragon »

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Bruce LEE combat Chuck Norris dans « La fureur du dragon »

 

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Bruce LEE dans « Opération dragon »

 

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Bruce LEE dans « Le jeu de la mort »

Le Jeu de la mort - Bruce Lee Image 9 sur 60

« Jeu de la mort » avec Kareem Abdul-Jabbar

http://www.brucelee.fr/

Les 5 films cultes de Bruce Lee

——————————————- 27 Novembre 2010 —————————————-

Bruce LEE

né le 27 Novembre 1940 à 07h12 à San Franicsco – Californie – USA

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Bruce Lee (*) (chinois traditionnel : 李小龍, chinois simplifié : 李小龙, hanyu pinyin : Lǐ Xiǎolóng), né dans le quartier de Chinatown à San Francisco aux États-Unis le 27 novembre 1940 et mort d’un œdème cérébral à Hong Kong en Chine le 20 juillet 1973, est un artiste martial, réalisateur, acteur, producteur, scénariste sino-américain et philosophe d’origine chinoise. Parallèlement à sa carrière d’acteur, il a créé son propre art martial, le Jeet Kune Do. Il est considéré comme le plus grand maître d’arts martiaux dans le cinéma mondial du XXe siècle et il a ouvert la voie à d’autres acteurs chinois comme Jackie Chan et Jet Li, ou étrangers comme Jean-Claude Van Damme. Sa mort tragique et prématurée a contribué à le faire entrer dans la légende du cinéma et des arts martiaux.

Jeunesse

Né le 27 novembre 1940, l’année du dragon, ce qui lui valut certainement son surnom de « petit dragon », son prénom américain Bruce, lui aurait été donné par une infirmière. Bruce Lee est élevé à Hong Kong. Son père, Lee Hoi Chuen était comédien, vedette de l’opéra de Canton, ce qui permet à Lee d’apparaître dans plusieurs films asiatiques durant son enfance.

C’est à l’âge de 13 ans, que Bruce Lee commence à étudier un art martial chinois, le Wing Chun, dans l’école du célèbre maître Yip Man, auprès de Wong Shun Leung.

Retour aux États-Unis

En 1959, Lee retourne aux États-Unis pour y valider sa nationalité américaine et parce que sa mère voulait l’éloigner des gangs de rues chinois. Il entre à l’Edison Technical School, à Seattle, puis poursuit des études de philosophie à l’université de Washington. C’est là qu’il rencontre sa future femme, Linda Emery, une jeune étudiante, en lui donnant des cours de kung-fu. Ils se marient à Oakland le 17 août 1964. Bruce et Linda auront deux enfants, Brandon (décédé en 1993) et Shannon.

C’est à cette époque, que Bruce Lee commence à enseigner sérieusement les arts martiaux, en ouvrant une école. Il enseigne à tous ceux qui veulent apprendre un style qu’il avait mis au point : le Jun Fan. D’après le témoignage de sa femme, cet enseignement est mal perçu par les autres écoles d’arts martiaux qui jugent que le kung-fu ne doit être enseigné qu’à des Chinois. Selon elle, c’est pour cette raison que Bruce Lee a dû relever un défi : combattre le maître Wong Jack Man ; s’il perdait, il devrait fermer son école. Bruce Lee remporte le duel.

Création du Jeet Kune Do : la lignée martiale

Personnalité du 27/11/2010 - Bruce LEE dans 11/2010 Bruceleefoundation
Logo de la fondation Bruce Lee

Lee se rend compte des limites de son art martial et commence à remettre en cause l’efficacité des arts martiaux traditionnels. Ce qui aboutira à la création du Jeet Kune Do (« la voie du poing qui intercepte ») utilisant des coups extérieurs au Kung Fu. Le Jeet Kune Do visait à être plus pratique, plus fluide et plus rapide que le Kung Fu. Il est également pensé afin d’être un système d’entraînement musculaire efficace. Lee écrit plusieurs livres expliquant ses techniques qu’il qualifie de self-défense.

Bruce Lee essaye de poursuivre une carrière cinématographique entamée dans l’enfance en Chine, mais l’essentiel de ses revenus viennent de l’enseignement.

En 1970, il est grièvement blessé au dos. Les médecins lui interdisent de pratiquer les arts martiaux. Il est totalement alité pendant 6 mois et en profite pour écrire son livre Tao of Jeet Kune Do qu’il publiera en 1971.

Philosophie du Jeet Kun Do 

Quoique étant reconnu pour son talent dans les arts martiaux, Lee a aussi étudié le théâtre et la philosophie à l’University of Washington. Il aimait la lecture et avait une ample collection littéraire. Ses propres livres traitant des arts martiaux, de combat et de leur philosophie sont reconnus pour leur contenu philosophique pertinent non seulement dans le contexte des arts martiaux mais aussi dans la vie courante. Sa philosophie éclectique reflétait souvent sa philosophie de combat, mais il affirmait fermement que son art martial n’était qu’une métaphore pour sa pensée. Il opinait que toute connaissance était une forme de connaissance de soi et disait que sa principale façon de l’exprimer étaient les arts martiaux[1]. Quelques-unes de ses influences sont le taoïsme, Jiddu Krishnamurti et le bouddhisme[2]. Lee se considérait athée. Dans une entrevue accordée en 1972 concernant son affiliation religieuse, il affirma : d’« aucune » [none whatsoever]; et s’il croyait en dieu, il répondit : « en toute honnêteté, non, pas du tout » [To be perfectly frank, I really do not][3].

Quelques phrases qui informent sur sa philosophie de combat :

Entre le 27 mai et le 10 juillet 1965, Bruce Lee réalise 14 séances de musculation au gymnase Hak Keung lors de vacances à Hong Kong. Les fiches d’entrainement détaillant les exercices réalisés et les mensurations prises avant et après la période d’entrainement ont été publiées par Linda Lee en 1989[A 1] et commentées par John Little dans The Art of Expressing the Human Body[B 2].

Début de carrière à la télévision : Le Frelon vert

Bruce Lee se rend célèbre en incarnant le rôle de Kato dans la série télévisée Le Frelon vert (The Green Hornet), aussi appelée The Kato Show à Hong Kong. Il décroche le rôle à la suite d’une démonstration de kung-fu qu’il fait durant le tournoi international de karaté de Long Beach en 1964. Par la suite, le cinéma américain acceptant mal les acteurs de type non-européen, sa carrière stagne et il est cantonné à de petits rôles secondaires. David Carradine se trouve notamment préféré à lui pour la série télévisée Kung Fu. Bruce Lee garde un contact étroit avec le monde du cinéma, en effet de nombreux acteurs deviennent ses élèves.

La série le Frelon vert n’a pas grand impact en Amérique mais connait un certain succès en Chine. C’est pourquoi Raymond Chow, un producteur chinois, le démarche pour qu’il vienne tourner en Chine.

Retour en Chine : succès au cinéma

200px-Bruce_Lee_Stencil dans Cinéma
représentation de Bruce Lee

200px-BruceLeeThePeakHongkong dans Personnalités du jour
Statue de cire de Bruce Lee dans son costume dans le film Le Jeu de la mort

C’est alors que sa carrière commence vraiment avec Big Boss qui raconte les malheurs et la vengeance d’immigrés chinois en Thaïlande ayant découvert le trafic de drogue dont est coupable leur employeur. Toutefois le climat de tournage est difficile pour Bruce Lee en raison d’incompatibilité d’humeur avec le réalisateur et seul le succès du film lui fait poursuivre sa carrière hong-kongaise.

En 1972, Bruce Lee tourne La Fureur de vaincre dans le rôle d’un étudiant chinois qui revient à Shanghai pour venger la mort de son maître (le célèbre Maître Huo) qui, selon lui, s’est fait assassiner par un traître. Ce film a inspiré le célèbre Fist of Legend de Jet Li. La même année, Bruce Lee tourne La Fureur du dragon, premier film asiatique tourné en Europe (en Italie) et dont le casting était à l’époque assez prestigieux avec notamment Chuck Norris. Bruce Lee joue le rôle de Tang Lung, un Hongkongais envoyé à Rome pour aider sa famille victime de racket.

1973 voit également sa superproduction hollywoodienne de la WarnerBros avec le film Opération dragon réalisé par Robert Clouse et avec John Saxon et Jim Kelly. En 1973, dans Le Jeu de la mort, Bruce Lee interprète un champion d’arts martiaux qui doit affronter toute une série d’adversaires, à chaque étage, d’une tour. Lee meurt avant la fin du tournage qui reprend, sans lui, 5 ans plus tard. Le scénario est alors mofifié et raconte l’histoire de Billy Lo, un acteur célèbre qui se fait menacer de racket par la mafia chinoise. Des images des vraies funérailles de Bruce Lee sont utilisées pour la scène des grandes funérailles organisées par Billy Lo. À la fin du film, Bruce Lee réapparaît car il avait déjà tourné trois scènes de combat.

Décès et rumeurs


Les tombes de Bruce et Brandon Lee à Seattle.

Bruce Lee meurt le 20 juillet 1973 à Hong Kong et est enterré au cimetière de Lake View à Seattle. La cause officielle de son décès est une réaction allergique à un analgésique ; un cas rare d’hypersensibilité à l’équagésic[6],[7]. Les rumeurs qui suivirent sa mort évoquèrent différentes causes et motifs (mafia chinoise, milieu des arts martiaux, surnaturel…). Pourtant ce qui a surtout choqué l’opinion mondiale c’est que durant son autopsie les médecins ont découvert que Bruce Lee comme la plupart des stars hollywoodiennes des années 1970 fumait du haschich, chose courante dans l’aristocratie chinoise. Quelques grammes ont été retrouvé dans son estomac.

Bien qu’il n’ait joué que dans quelques films et séries télévisuelles, Bruce Lee incarne l’homme faible atteignant le paroxysme de la perfection physique et l’invincibilité au combat à mains nues. Sa gloire amorce à l’Ouest un grand intérêt pour les arts martiaux chinois.

Le 16 octobre 2005, le producteur Raymond Chow a affirmé à l’Associated Press que Bruce Lee était mort à l’âge de 32 ans après avoir pris un mauvais médicament. Il a succombé à un œdème en 1973 alors qu’il était chez l’actrice hong-kongaise Betty Ting Pei. Le médecin légiste avait alors conclu à un décès accidentel, ce qui avait alimenté les rumeurs de prise de drogues. Raymond Chow, cofondateur des studios Golden Harvest, a expliqué que l’acteur avait pris un médicament contre le mal de tête auquel il était très sensible alors qu’il n’était pas chez lui. « La conclusion est qu’il s’agissait d’un accident ». Il a par ailleurs déclaré qu’il avait été personnellement dévasté par la mort de Bruce Lee, un drame qui l’avait poussé à suspendre la préparation du Jeu de la mort, dernier film de l’acteur.

Héritage et impact sur la culture populaire

Bruce Lee a marqué toute une génération de créateurs et d’artistes et on ressent cette marque dans la bande-dessinée :

Dans le jeu vidéo aussi :

Et notamment dans diverses sagas de jeux de combat certains personnages sont inspirés de l’acteur :

Filmographie

Films sur Bruce Lee

Documentaires sur Bruce Lee

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La sculpture de Bruce Lee sur l’Avenue des Stars à Hong Kong.

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Gros plan

Livres écrits à partir des recherches de Bruce Lee

Livres sur Bruce Lee et le Jeet kune do

(*) Wikipedia

 

http://www.dailymotion.com/video/x5fgcy

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http://www.dailymotion.com/video/x3g20c

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http://video.google.com/videoplay?docid=-467227277888340167

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Révolution Solaire de Bruce LEE

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Pour le 27/11/1972 à 09h30 TU à San Francisco.

 

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 2, ET NOEUD SUD EN MAISON 8

Vous disposez d’un soutien planétaire pour réaliser vos désirs et vos souhaits les plus chers. Vous pouvez enfin obtenir les résultats espérés par rapport à ce que vous avez semée. Ni plus ni moins. Mais attention: si tout vous set égal, si vous ne formulez pas vos buts avec une extrême précision ; en d’autres termes, si vous ne demandez rien, le destin ne pourra que vous satisfaire de la même manière, c’est-à-dire avec « rien ».

Vous êtes seul à pouvoir générer une réponse du destin… La condition est de formuler la demande… Avec précision, persistance et détermination. Demandez, redemandez et… Vous recevrez, c’est votre période.

Par ailleurs, vous constaterez que l’état de vos finances personnelles, celles que vous obtenez par vos propres efforts s’améliorera nettement.

Activez vous donc vers l’amélioration de vos ressources ; vous serez largement récompensé de vos efforts.

Cette période favorise les requêtes, les finances et les ressources personnelles, sous tous rapports. Si c’est de l’argent que vous souhaitez, vous trouverez les moyens de l’acquérir. Si c’est une réputation, vous l’obtiendrez. Si c’est la connaissance, vous trouverez le maître. Ayez une confiance absolue dans vos démarches. Accomplissez-les et puis laissez le destin faire le reste. A ce stade, vous êtes convaincu qu’elles porteront des fruits. Par conséquent, elles ne vous concernent plus. Oubliez-les de manière à éviter les attentes anxieuses ou obsessionnelles. Ce sont ces dernières qui « bloquent » le déroulement de votre destin et empêchent celui-ci de réaliser vos désirs. Faites en vous la paix de l’esprit, adoptez une attitude confiante.

Evitez tout emprunts, aides ou supports d’autrui. Rappelez-vous que seuls vos efforts sont productifs en une telle période. Dans le même esprit, ne tentez pas de vous associer avec une ou un partenaire dote. C’est un piège qui aliénera votre liberté.

C’est en vous seul que vous devez trouver la force d’accomplir vos espérances. A cette condition, toutes les forces planétaire concourront a vous satisfaire.

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Personnalité du 26/11/2010 – La CICCOLINA 26 novembre, 2010

Posté par phoenix2savoie dans : 11/2010,Personnalités du jour,Sex girl , ajouter un commentaire

————————————– PERSONNALITE DU JOUR ————————————

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Ilona Staller Picture Gallery

Ilona Staller Italian pornostar Ilona Staller attends a party to celebrate Hugh Hefner's 80th birthday, and 50 years of Playboy, at Villa Miani on June 1, 2006 in Rome, Italy.

http://4.bp.blogspot.com/_wyHGj6pVzSY/S6pEs8mwUSI/AAAAAAAAAvE/FIZSSHQ5744/s1600/cicciolina2co.jpg

http://www.cicciolinaonline.it/
—————————————- 21 Novembre 2010 ——————————————

Ilona STALLER (la CICCOLINA)

née le 26 Novembre 1951 à 05h00 à Budapest – HONGRIE

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Ilona Staller, de son nom complet Ilona Anna Staller, dite Cicciolina est une actrice de films pornographiques, chanteuse et une politicienne italienne d’origine hongroise née le 26 novembre 1951 à Budapest.

Fille d’un fonctionnaire au ministère de l’Intérieur et d’une sage-femme, Ilona Staller débute sa carrière de mannequin pour l’agence hongroise MTI en 1964. D’après ses mémoires, elle perd sa virginité à seize ans avec un étudiant africain. Elle déclare même avoir fourni aux autorités hongroises des informations sur des diplomates américains à l’époque où elle travaillait comme serveuse dans un hôtel de luxe de Budapest à la fin des années 1960.

Naturalisée de par son mariage et installée en Italie, elle rencontre le photographe Riccardo Schicchi au début des années 1970. Dès 1973, sa popularité augmente avec une émission de radio intitulée Voulez-vous coucher avec moi ? sur Radio Luna. C’est d’ailleurs dans le cadre de cette émission qu’elle adopte le surnom de « La Cicciolina » (surnom italien intraduisible signifiant à peu de choses près « chérie-chérie ») qu’elle applique par exemple à ses fans (« Cicciolini ») ou son ours en peluche (« Cicciolino »).

En 1975, elle tente sa première expérience cinématographique avec le film La liceale dans lequel elle interprète Monica, une camarade de classe lesbienne de Gloria Guida. En 1978, dans l’émission de la Rai C’era due Volte, ses seins ont été les premiers à avoir été vus nus en direct à la télévision italienne. D’abord actrice de second plan sous le pseudonyme d’Elena Mercury, elle se produit ensuite dans des films érotiques, puis pornographiques, sur l’instigation de son amant-manager Riccardo Schicchi.

En 1979, elle est désignée candidate officielle du Lista del Sole, le premier parti vert en Italie. En 1985, elle rejoint le Partito Radicale, faisant campagne contre l’énergie nucléaire, contre la famine dans le monde et pour les droits de l’homme.

En 1987, Ilona Staller participe aux campagnes électorales en Italie, son pays d’adoption, sous son nom d’actrice « X », la « Cicciolina ». Finalement, la candidate du Parti radical italien dans la circonscription du Latium à Rome, obtient un siège au parlement tout en continuant à tourner dans des films pour adultes. Le dernier auquel elle participe est tourné en 1989.

En septembre 1990, lors des débats à l’ONU concernant le régime irakien de Saddam Hussein qui mènent peu après à la guerre du Golfe, la Cicciolina contribue aux débats pour la paix en offrant de coucher avec le dictateur irakien. Lors d’une interview, elle s’exprime en ces termes :

« Je suis prête à faire l’amour avec Saddam Hussein afin de rétablir la paix au Moyen-Orient. »

Elle a renouvelé, depuis, cette offre en octobre 2002 avant l’invasion américaine en Irak le 20 mars 2003.

Elle se marie avec le sculpteur américain Jeff Koons en 1991. Ce dernier produit alors des sculptures et peintures d’Ilona et de lui-même faisant l’amour qu’il présente comme Made in Heaven (« fait au paradis »). Leur mariage dure un an. Leur fils, Ludwig, naît peu de temps après leur divorce. Ilona Staller quitte alors les États-Unis avec son fils mais une longue bataille juridique pour la garde de l’enfant se poursuit. Finalement, Jeff Koons obtient la garde en 1998 mais l’enfant reste en Italie avec sa mère.

En janvier 2002, elle se renseigne sur les possibilités de se présenter en Hongrie, où elle est née, pour représenter Kőbánya, le district industriel de Budapest, au parlement hongrois. Cependant, elle ne réussit pas à collecter suffisamment de signatures en tant que candidate indépendante. Plus récemment, elle a exprimé le souhait de se présenter à la mairie de Milan.

Elle continue aujourd’hui d’être active en politique, se faisant l’avocate d’un futur sûr, sans énergie nucléaire et avec liberté sexuelle totale, notamment en ce qui concerne le droit d’avoir des rapports sexuels en prison. Elle est contre toute forme de violence telle que la peine de mort et l’expérimentation scientifique sur les animaux. Elle s’est déclarée pour la dépénalisation des drogues, contre toute forme de censure, en faveur de l’enseignement de l’éducation sexuelle à l’école et pour des campagnes d’information objectives sur le SIDA. Elle a proposé une taxe automobile pour réduire les dommages de la pollution et subventionner des actions de défense de la nature.

L’actrice est également reconnue pour ses tendances exhibitionnistes. Récemment, lors d’un débat télévisé sur une chaîne italienne, elle a exhibé son sein gauche pour illustrer sa plate-forme politique, plutôt de gauche. Critiquée par les médias italiens pour cette indécence, elle a répliqué : « Ma poitrine n’a jamais blessé personne alors que la guerre contre Ben Laden a causé plusieurs milliers de victimes dans le monde ».

Discographie

Albums
singles
collaborations

Bibliographie

 

(*) Wikipedia

 

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Révolution Solaire de La CICCOLINA

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Pour le 26/11/2010 à 11h28 TU à Budapest.

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 2, ET NOEUD SUD EN MAISON 8

Vous disposez d’un soutien planétaire pour réaliser vos désirs et vos souhaits les plus chers. Vous pouvez enfin obtenir les résultats espérés par rapport à ce que vous avez semée. Ni plus ni moins. Mais attention: si tout vous set égal, si vous ne formulez pas vos buts avec une extrême précision ; en d’autres termes, si vous ne demandez rien, le destin ne pourra que vous satisfaire de la même manière, c’est-à-dire avec « rien ».

Vous êtes seul à pouvoir générer une réponse du destin… La condition est de formuler la demande… Avec précision, persistance et détermination. Demandez, redemandez et… Vous recevrez, c’est votre période.

Par ailleurs, vous constaterez que l’état de vos finances personnelles, celles que vous obtenez par vos propres efforts s’améliorera nettement.

Activez vous donc vers l’amélioration de vos ressources ; vous serez largement récompensé de vos efforts.

Cette période favorise les requêtes, les finances et les ressources personnelles, sous tous rapports. Si c’est de l’argent que vous souhaitez, vous trouverez les moyens de l’acquérir. Si c’est une réputation, vous l’obtiendrez. Si c’est la connaissance, vous trouverez le maître. Ayez une confiance absolue dans vos démarches. Accomplissez-les et puis laissez le destin faire le reste. A ce stade, vous êtes convaincu qu’elles porteront des fruits. Par conséquent, elles ne vous concernent plus. Oubliez-les de manière à éviter les attentes anxieuses ou obsessionnelles. Ce sont ces dernières qui « bloquent » le déroulement de votre destin et empêchent celui-ci de réaliser vos désirs. Faites en vous la paix de l’esprit, adoptez une attitude confiante.

Evitez tout emprunts, aides ou supports d’autrui. Rappelez-vous que seuls vos efforts sont productifs en une telle période. Dans le même esprit, ne tentez pas de vous associer avec une ou un partenaire dote. C’est un piège qui aliénera votre liberté.

C’est en vous seul que vous devez trouver la force d’accomplir vos espérances. A cette condition, toutes les forces planétaire concourront a vous satisfaire.

 

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Personnalité du 23/11/2010 – Vincent CASSEL 23 novembre, 2010

Posté par phoenix2savoie dans : 11/2010,Cinéma,Personnalités du jour , ajouter un commentaire

————————————- PERSONNALITÉ DU JOUR ———————————

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http://www.cinema-france.com/images_1/545f4d3d77a8f14234c718d805589e8220081112183622.jpg

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http://www.vincentcassel.com/

http://vincentcassel.blogs.allocine.fr/

Article Connexe : Monica BELLUCCI

——————————————- 23 Novembre 2010 —————————————-

Vincent CASSEL

née le 23 Novembre 1966 à 22h30 à Paris – FRANCE

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Vincent Cassel (de son vrai nom Vincent Crochon) (*) est un acteur, réalisateur et producteur français, né le 23 novembre 1966 à Paris. Il est le fils du comédien Jean-Pierre Cassel et il est l’époux de l’actrice italienne Monica Bellucci.

Il a étudié au Centre international de Valbonne.
Il suit les cours de la chanteuse Suzanne Sorano et les cours d’acrobatie de l’École du cirque d’Annie Fratellini. Il prend des cours de comédie à l’Actors’ Institute de New York et à l’Atelier international de théâtre. Puis, à Paris, il entre dans la troupe de Jean Périmony.

Ses débuts à l’écran se font avec Les Clés du Paradis de Philippe de Broca en 1991. Il se fait ensuite connaître du grand public avec le rôle de Vinz qu’il incarne dans La Haine de Mathieu Kassovitz en 1995, obtenant une nomination pour le César du meilleur espoir masculin et le César du meilleur acteur la même année.

C’est sur le tournage de L’Appartement, l’année suivante, qu’il rencontre sa future femme, l’actrice Monica Bellucci. Il interprète en 1997 un rôle de travesti dans Embrasse-moi Pasqualino (Come mi vuoi, « comme tu me veux »), une comédie franco-italienne de Carmine Amoroso. Vincent Cassel fait également partie des comédiens doublant la voix de Hugh Grant dans les versions françaises des films.

Il tourne dans de grosses productions en 2000 avec Le Pacte des loups et Les Rivières pourpres, où il retrouve son compère Matthieu Kassovitz. En 2001, il obtient une deuxième nomination aux Césars pour son rôle d’ancien détenu dans Sur mes lèvres de Jacques Audiard.

Il intègre la saga Danny Ocean en interprétant le Français François Toulour dans Ocean’s Twelve en 2004, puis il reprend son rôle dans le dernier volet de la trilogie en 2007, Ocean’s Thirteen. En 2008, sort le diptyque Mesrine, L’Instinct de mort et L’Ennemi public no 1, où il interprète le rôle du célèbre gangster Jacques Mesrine. Cette performance lui vaut le César du meilleur acteur lors de la cérémonie 2009.[1],[2],[3],[4]

Pour le cinéma américain, il incarne souvent le rôle du méchant comme dans Ocean’s Twelve, Ocean’s Thirteen ou Les Promesses de l’ombre en 2007.

Vie privée

Il est le fils du comédien Jean-Pierre Cassel et de la journaliste Sabine Litique, le frère de Mathias (alias Rockin’ Squat, leader d’Assassin) et le demi-frère de Cécile Cassel. Il est l’époux de l’actrice italienne Monica Bellucci, qu’il connaît depuis 1996 et avec qui il a deux filles prénommées Deva née le 12 septembre 2004 et Léonie née le 21 mai 2010, à Rome. C’est un passionné de capoiera et il pratique cet art martial brésilien dans Ocean’s Twelve en 2002.

Filmographie

En tant qu’acteur

Au cinéma

Courts-métrages

Voxographie

Réalisateur

Producteur

A la télévision

Clips (apparitions)

Décoration

Distinctions

 

(*) Wikipedia

 

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http://www.dailymotion.com/video/x7f643

 

Révolution Solaire de Vincent CASSEL

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Pour le 23/11/2010 à 13h31 TU à Paris.

 

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 5 ET DU NOEUD SUD EN MAISON 11:

L’amour :

Cette période favorise tout particulièrement votre vie affective. C’est ainsi que pourra intervenir une réussite en amour, soit qu’un nouvel amour entre dans votre vie, soit qu’un amour existant se sublime ou se voit concrétisé.

Les enfants :

Les rapports avec les enfants seront privilégiés. Vous obtiendrez beaucoup de satisfactions de ceux-ci, surtout d’un premier enfant. Dans le même esprit, si la puériculture est votre occupation, ce sera le moment de consécration de vos efforts. Par ailleurs, cette période est la plus propice pour concevoir un enfant.

Les spéculations :

Vous pouvez également pensez à la réalisation de certain « coups » en rapport avec les potentiels indiqués dans votre thème de naissance. L’or ici est particulièrement favorisé. Dans certains cas, des gains au loto, au tiercé, au casino ou à la loterie se produisent.

Toutefois n’oubliez pas l’adage « Pas de chance au jeu, chance en amour. » Ceci implique que vous ne pourrez pas jouer gagnant sur les deux tableaux à la fois et qu’il s’agit de faire la part des choses. Cela dit, vous pouvez tenter votre chance avec discernement sur certains plans financiers : les actions en bourse, etc. Bien entendu, ceci vous concerne si vous êtes suffisamment compétent dans ces domaines. (Quoique parfois même…)

Peut-être compenserez-vous ainsi une difficulté d’expansion ou de réalisation de grands objectifs par manque d’appuis ou de soutiens extérieurs qui, en même temps, vous seront refusés durant toute  cette période, à cause du passage noeud sud dans votre maison 11.

Les oeuvres :

Faites preuve de créativité, d’ingéniosité, mettez au point de nouvelles idées, de nouveaux produits : finissez ce livre que vous aviez abandonné, achevez cette peinture que vous aviez laissée. Les mots clés de cette période sont « produire, créer, réaliser ». Sortez donc tout ce que vous avez dans le ventre car vos efforts recevront la consécration méritée avant que le cycle ne s’achève.

Le spectacle :

Au-delà des jeux de hasard, les personnes occupées dans les amusements publics seront portés en avant-scène. Les domaines favorisés incluent le théâtre, le cinéma, la télévision… et toutes les occupations dans les loisirs et dans les amusements. Cette période favorise tant les jeux que l’amour, tant les plaisirs que les liaisons, tant le spectacle que les divertissements.

Le prestige :

C’est le moment d’exercer, tous vos talents dans des oeuvres qui vous apporteront la renommée. Eloignez-vous au contraire des appuis et des amitiés qui, de toute façon, seront adverses ou se déroberont. Sans appuis, extérieurs, vous ne pouvez tirer des joies et des ressources que de votre propre créativité, mais aussi d’un amour véritable. A vous de saisir cette chance qui passera avant que cette période ne s’achève. Ne vous égarez pas dans de grands projets utopiques.

 

-=-=- F I N -=-=-

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Personnalité du 21/11/2010 – BJÖRK 21 novembre, 2010

Posté par phoenix2savoie dans : 11/2010,Chanteur,Personnalités du jour , ajouter un commentaire

————————————– PERSONNALITE DU JOUR ———————————–

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Bjork Photos

 

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Björk

née le 21 Novembre 1965 à 07h50 à Reykjavik – ISLAND

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Björk Guðmundsdóttir (*) ([ˈpjœrk ˈkvʏðmʏntsˌtoʊhtɪr]) est une musicienne, chanteuse, compositrice et actrice islandaise, née le 21 novembre 1965 à Reykjavík.

Il est difficile de la faire entrer dans une catégorie musicale précise : électro-pop, pop underground, pop expérimentale, trip-hop ou indépendant sont autant de qualificatifs qui peuvent lui être attribués. Sa musique est, de son propre aveu, profondément ancrée dans la pop, mais Björk a su en repousser les limites.

Enfance et premiers albums

Björk grandit en Islande aux côtés de sa mère, dans une communauté hippie. Dès l’âge de cinq ans, elle est inscrite au Barnamúsíkskóli Reykjavíkur, une école de musique où elle apprend le piano et la flûte et découvre de grands compositeurs classiques comme Stockhausen, Mahler ou Debussy.

Björk enregistre son premier album à l’âge de 11 ans, durant l’été 1977. L’album, simplement intitulé Björk, est tiré à quelque 5 000 exemplaires, et devient un grand succès et disque d’or en Islande, dans lequel on retrouve des reprises en islandais (dont une chanson des Beatles, Fool On The Hill, qui devient Alfur Út Úr Hól[1]) et quelques compositions de Björk. L’adolescence de Björk est marquée par son appartenance à un grand nombre de groupes locaux. On retiendra principalement Tappi Tíkarrass (dont le nom signifie « botte le cul des putes » en islandais), seul groupe de ses toutes jeunes années à avoir laissé une trace discographique : l’album Miranda. Elle fonde également un groupe uniquement composé de filles, Spit and Snot où l’on peut la voir les sourcils rasés, ainsi que le groupe Exodus où la musique est plus influencée vers le jazz.

KUKL, The Sugarcubes et projets parallèles

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Björk en concert avec The Sugarcubes au Japon

En 1983, Björk crée avec quelques amis le groupe punk KUKL (signifiant « sorcellerie » en islandais), le premier dont les chansons vont traverser les frontières islandaises. Bien que le succès soit très limité et cantonné au Royaume-Uni, c’est là un premier pas vers une carrière internationale. Le groupe enregistrera deux albums: The Eye en 1984 et Holidays in Europe en 1986.

En 1987, les membres de KUKL sabordent le groupe et fondent un autre groupe plus orienté vers la pop, Sykurmolarnir. Repéré par le label One Little Indian, le groupe sera renommé The Sugarcubes, qui deviendra vite le groupe islandais le plus célèbre au monde (à l’époque). Ayant produit trois albums (sans compter un album de remixes et une anthologie), The Sugarcubes connaît un succès incroyable (même si ce succès se centre assez vite sur la personnalité de sa chanteuse, Björk) et part en tournée dans le monde entier.

Parallèlement, Björk commence à vivre ses premières expériences de collaboration extérieure, enregistrant deux chansons pour 808 State, un groupe de house britannique. Elle sort également Gling-Gló, un album de jazz composé principalement de reprises en islandais de standards du genre.

Debut

1992 voit la séparation du groupe, pourtant toujours en plein succès. En 1993, Björk part s’installer à Londres pour y enregistrer son premier album solo, Debut avec l’aide de Dom T, DJ anglais. Elle travaille en collaboration avec Nellee Hooper, producteur de Massive Attack. De leur collaboration, naît le titre Human Behaviour, le premier succès international en solo de Björk. L’album est bien reçu, tant par la critique que par le public. Björk obtient des prix dès ce premier album, comme le Brit Award de la meilleure nouvelle artiste internationale féminine. Debut contient plusieurs titres qu’elle avait écrits durant son adolescence. Après la parution de l’album, Björk entame une nouvelle tournée mondiale, lançant ainsi un rythme de travail qu’elle n’a jamais abandonné jusqu’à ce jour : un album, une tournée.

Le succès de ce premier album lui permet de s’adonner immédiatement à sa pratique favorite : la collaboration. Elle se fait au côté de David Arnold pour écrire Play Dead pour le film The Young Americans en 1993, avec Tricky pour deux titres de Nearly God, aux côtés de Plaid pour la chanson Lilith, sur l’album Not For Trees, ou encore écrivant Bedtimes Stories en 1994 pour Madonna.

Post et Telegram

À partir de là, les albums se suivent et ne se ressemblent pas. Björk retourne en studio dès 1994 pour composer son second album, en collaboration avec Nelle Hooper, Tricky, Graham Massey (du groupe 808 State) et le producteur de musique électronique Howie B. L’album contient des titres parlant de choses personnelles et d’amour, et, en même temps, des titres agressifs qui expriment la colère. Tout comme Debut, Post est un patchwork de musique nouvelle et de textes écrits longtemps auparavant dans sa carrière.

Le disque est prêt pour juin 1995, et rencontre un succès considérable. La reprise du titre Blow a fuse sous le titre It’s Oh So Quiet, ayant rencontré un grand succès, a beaucoup participé à stimuler les ventes de l’album. Puis, en novembre 1996, paraît un album de remixes des titres de Post, intitulé Telegram, contenant un titre inédit réalisé en collaboration avec Evelyn Glennie, My Spine.

Homogenic, Dancer in the Dark et Selmasongs

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Björk en concert au festival Ruisrock, en 1998 à Ruissalo

Échappant à un attentat, lorsque la police londonienne intercepte un colis piégé à l’acide qu’un fan lui avait destiné, elle décide de quitter Londres pour s’installer en Espagne, où elle enregistre partiellement Homogenic, qui voit le jour en 1997.

L’image renvoyée par cet album est très différente de celle des précédents, ce qui constitue un tournant dans sa carrière. Si Debut montrait une jeune fille chétive et timide, si Post montrait une adolescente excentrique, Homogenic montre une femme mature, maturité évoquée par la droiture de la posture prise par Björk pour la couverture de l’album, évoquant une geisha futuriste. Mais, dans cette image, il reste quelque chose d’inhumain, le thème de l’hybridation persiste. Ce changement radical évoqué par la couverture, se retrouve dans tout l’album. Homogenic est alors considéré comme l’album le plus expérimental de la chanteuse.

On y retrouve la dualité sentimentale, entre amour et colère, qui existait déjà dans Post. Ici cette dualité se veut aussi évocatrice des paysages de l’Islande, entre poétiques paysages enneigés et chaotiques paysages volcaniques, ce qui se ressent par exemple dans la chanson Joga, composée d’une douce mélodie jouée aux violons, à laquelle s’ajoutent des beats lourds et violents. Björk dit que pour Homogenic, elle n’a gardé que les trois bruits essentiels, les trois bruits qui existent depuis la nuit des temps – les plus forts : la respiration, le cœur qui bat et les nerfs qui frémissent.

Les cinq singles issus de cet album, Joga, Bachelorette, Hunter, Alarm call et All is Full of Love, seront quasiment tous très bien accueillis, de même que les clips, très originaux, font fureur.

2000 est une année particulière pour Björk. Dancer in the Dark, le film de Lars von Trier, sort sur les écrans. Elle y incarne le personnage principal et en compose la musique, que l’on peut retrouver en partie remaniée dans l’album Selmasongs. Lors du Festival de Cannes, le film gagne la Palme d’or et Björk le prix d’interprétation féminine. Une des chansons du film, I’ve Seen It All, est également nommée aux Oscars en 2001. Initialement chantée avec l’acteur Peter Stormare dans le film, ce titre devient, dans l’album Selmasongs, un duo entre Björk et Thom Yorke, le chanteur du groupe Radiohead.

Vespertine

C’est en 2001 que sort l’album Vespertine, qui initialement devait s’appeler Domestika. Dans cet album, Björk crée un univers intimiste et introverti fait de beats légers et fugaces. Accompagné d’un orchestre de chambre et d’un chœur, un chant très doux aborde des thèmes personnels, en particulier celui de la vulnérabilité. Pour cet album, Björk a collaboré avec le groupe expérimental Matmos, le DJ danois Thomas Knak et la harpiste Zeena Parkins. Pour les paroles, la chanteuse prend diverses sources d’inspiration, comme le poète américain E. E. Cummings dans la chanson Sun In My Mouth. L’album constitue un nouveau changement dans sa carrière, car il est très différent des autres. Cet album est beaucoup plus homogène, ce ne sont plus les chansons seules qui comptent, mais l’ensemble, qui crée une atmosphère froide, évocatrice, une fois encore, de l’Islande. C’est après l’expérience de Dancer in the Dark, que la chanteuse dit avoir très mal supporté, qu’elle effectue un retour en Islande, un retour aux origines, qui est un des thèmes de l’album. Pour sa promotion, elle abandonne ses anciennes collaborations, comme avec Michel Gondry, et en commence de toutes nouvelles, notamment avec les graphistes de M/M, ou les photographes Inez Van Lamsweerde et Vinhood Matadin. L’image médiatique qu’elle s’était créée continue donc sa maturation commencée avec Homogenic, mais maintenant beaucoup plus sombre.

Pour la tournée de l’album, Björk se produira dans plusieurs théâtres et opéras d’Amérique du Nord et d’Europe, accompagnée de Matmos, Zeena Parkins et d’un chœur inuit qu’elle avait rencontré avant la tournée, durant un voyage au Groenland.

Trois singles sont extraits de l&rsqu