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Personnalité du 07/08/2011 – Mata Hari 7 août, 2011

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matahari03 Mata Hari sous les trait de Greta Garbo

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mataharilavraiehistoire Mata Hari, juste avant son exécution (Film d’Alain Tasma, 2003)

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Mata Hari

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Mata Hari

née le 07/08/1876 à 13h00 à Leeuwarden – PAYS-BAS

matahari07082011

Mata Hari, (*) de son vrai nom Margaretha Geertruida « Grietje » Zelle, est une danseuse née le 7 août 1876 à Leeuwarden, Pays-Bas, et morte le 15 octobre 1917 à Vincennes, France. Elle a été fusillée par la France pour espionnage pendant la Première Guerre mondiale.

Origines

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Ses enfants, Louise Jeanne et Norman-John, avec son père, Rudolf.

Margaretha Zelle est née à Leeuwarden (Frise), d’Adam Zelle, un riche marchand de chapeaux et de capes néerlandais et de Antje van der Meulen. Aînée d’une famille de quatre enfants, elle a trois frères. En 1889, son père fait faillite, le couple se sépare en septembre 1890 et sa mère meurt huit mois plus tard en 1891. Elle fait des études à Leiden pour devenir enseignante mais est renvoyée de l’école à la suite d’un scandale impliquant une liaison avec le directeur. À 18 ans, le 11 juillet 1895 , elle se marie avec un officier de la marine néerlandaise de dix-neuf ans son aîné, Rudolf MacLeod, avec qui elle part vivre aux Indes néerlandaises. Ils auront deux enfants, un garçon et une fille (son fils sera empoisonné par une servante qui était l’amante de son mari, en 1899).

En 1902, de retour en Europe, elle divorce à La Haye de son mari qui était un homme violent et alcoolique. En novembre 1903, elle fait une arrivée peu remarquée à Paris, elle a 26 ans. Jouant sur le patronyme écossais de son mari, elle se fait appeler « Lady MacLeod » et, pour survivre, elle se fait embaucher dans un cirque en tant qu’écuyère. Au printemps 1905, grâce à la collaboration involontaire d’Émile Guimet, le fondateur du musée du même nom, elle triomphe dans un numéro de danseuse érotique exotique sous le nom de Mata Hari, signifiant « soleil » en malais.

Mata Hari, danseuse exotique

Couronnée d’aigrettes et de plumes, elle se produit d’une capitale à l’autre, guettée par les échotiers qui comptent ses chapeaux, ses chiens, ses fourrures, ses bijoux, ses amants. Elle les aide à créer autour de sa personne une légende : elle serait née à Java où les prêtres de Shiva l’ont initiée aux secrets de son culte et de ses danses. Son père était un riche industriel. Son mari, un officier supérieur dont elle est séparée, était jaloux comme un tigre (Mata Hari aurait même affirmé qu’il lui aurait arraché un téton en la mordant mais ce fait a été déclaré faux après sa mort). Elle est aussi une courtisane qui se préoccupe trop peu de la nationalité de ses conquêtes. Personnalité flamboyante, elle s’invente ainsi un personnage et une histoire.

Mata Hari, l’espionne

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Mata Hari, 1909 environ

C’est le 2 septembre 1916 que, procédant à des démarches pour un laissez-passer à destination de Vittel, elle fit la rencontre (non sollicitée par elle) du capitaine Ladoux, chef des services du contre-espionnage français. Il l’invite à mettre ses relations internationales et ses facultés de déplacement au service de la France. Elle accepta contre promesse d’une somme d’un million de francs… qui ne fut jamais versée. En tant que ressortissante des Pays-Bas, elle pouvait franchir librement les frontières (son pays natal étant resté neutre durant ce conflit). Pour éviter les combats, elle rejoignait les Pays-Bas via l’Espagne et la Grande-Bretagne. Courtisée par de nombreux officiers alliés, elle fut néanmoins interrogée par les services britanniques à qui elle reconnut son appartenance aux services secrets français, bien que la suite des événements allât le démentir. On ne sait pas si elle mentit à cette occasion, croyant que cette histoire la rendrait plus intrigante, ou si les services français se servaient effectivement d’elle sans le reconnaître, en raison des réactions internationales que cette révélation aurait suscitées.

En janvier 1917, l’attaché militaire allemand à Madrid, le major Kalle que Mata Hari avait tenté de séduire, transmit un message radio à Berlin, décrivant les activités d’un espion, de nom de code H-21. Les services secrets français interceptèrent le message et, en fonction des informations qu’il contenait, furent capables d’identifier H-21 comme étant Mata Hari. Aussi étrange que cela puisse paraître, les Allemands chiffrèrent le message avec un code qu’ils savaient pertinemment connu des Français, laissant les historiens penser que le but du message était que, si elle travaillait effectivement pour les Français, ceux-ci pourraient démasquer sa double identité et la neutraliser.

Six semaines après son retour de Madrid le 13 février 1917, le contre-espionnage français fit une perquisition dans sa chambre de l’hôtel Elysées Palace sur les Champs-Élysées (actuellement siège de la banque HSBC France). On ne trouva pas de preuve incontestable, mais le sac à main contenait deux produits pharmaceutiques dont le mélange pouvait fournir une encre sympathique — mais dont l’un n’était autre qu’un contraceptif efficace. Des télégrammes chiffrés interceptés établissaient (et elle le reconnut) que le consul allemand aux Pays-Bas lui avait versé 20 000 francs. « Pour prix de mes faveurs », précisait-elle. Pour des « renseignements », selon ses juges, sans préciser lesquels.

Mata Hari apporta en fait très peu d’informations que ce soit aux Allemands ou aux Français et la seule qui soit assez importante concernait un autre agent double qui avait infiltré le réseau allemand pour les services secrets français. De plus on peut penser qu’elle travaillait surtout pour l’Entente car après ses nombreux amants (on lui en prête plus de 150) elle s’éprit vers la fin 1916 d’un capitaine russe au service de la France dénommé Vadim Maslov, fils d’amiral. Il avait 21 ans et lui rappelait peut-être son fils mort qui devait avoir le même âge. Pour anecdote, elle voulait aussi se « venger » des Allemands qui lors d’une perquisition au théâtre de Berlin lui avaient pris toutes ses fourrures pour un montant d’environ 80 000 francs.

Procès et mort

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L’exécution de Mata Hari (film de 1920)

Accusée d’espionnage au profit de l’Allemagne dans le cadre d’une enquête sommaire où apparaissait déjà l’inspecteur Pierre Bonny, Mata Hari passe du statut d’idole à celui de coupable idéale dans une France traumatisée par la guerre et dont l’armée vient de connaître d’importantes mutineries après l’échec de la bataille du Chemin des Dames. Son avocat n’eut le droit d’assister qu’aux premiers et derniers interrogatoires. Le procès, où s’illustra un jeune substitut du Procureur dénommé André Mornet qui allait plus tard s’engager sous serment devant les forces collaborationnistes du Maréchal Pétain puis requérir la mort en 1946 lors du procès contre ce dernier, ne dura qu’une journée sans apporter de nouveaux éléments. Elle fut même, lors du procès, abandonnée par son amoureux Vadim Maslov qui la qualifia tout simplement « d’aventurière ».

Condamnée à mort, le Président Raymond Poincaré rejette la grâce et laisse la justice suivre son cours. Son exécution se tient le 15 octobre 1917 par fusillade, dans les fossés de la forteresse de Vincennes. Selon la légende, elle aurait refusé le bandeau qu’on lui proposait et aurait lancé un dernier baiser aux soldats de son peloton d’exécution. Juste avant d’être fusillée, Mata Hari s’écria : « quelle étrange coutume des Français que d’exécuter les gens à l’aube ! »

Sa famille ne réclama pas le corps, qui fut confié à la faculté de médecine de Paris ; il fut disséqué par des étudiants en médecine, puis incinéré. Enfin, ses cendres furent déposées dans une fosse commune. Il ne reste donc aujourd’hui plus rien de la dépouille mortelle de Mata Hari.

Après sa mort

Dès la fin de la guerre, l’Allemagne la présenta d’abord comme une innocente victime, n’ayant jamais collaboré avec les services de renseignements allemands.

Cependant en 1931, dans un important ouvrage collectif L’Espionnage pendant la guerre mondiale auquel ont notamment collaboré des historiens, des officiers et des anciens agents des services secrets, il est fait mention que « Mata Hari a fait de grandes choses pour l’Allemagne ; elle fut le courrier pour nos informateurs installés à l’étranger ou en pays ennemis… Mata Hari était parfaitement au courant des choses militaires, puisqu’elle avait été formée dans l’une de nos meilleures écoles d’information… Elle était un agent de marque. »

En 1937, « Mademoiselle Docteur », Fräulein Schragmüller, qui travaillait pendant la guerre au bureau III C, sous le nom de code H21, à Anvers, publia ses mémoires. Elle y révèle à propos de Mata Hari : « Pas une des nouvelles qu’elle a envoyées n’était utilisable, et ses informations n’ont eu pour nous aucun intérêt politique et militaire. » Elle reconnaîtra cependant : « La condamnation était méritée et conforme à l’esprit du code militaire. »

L’historien Alain Decaux témoignera lors d’une de ses recherches sur Mata-Hari avoir interrogé le Procureur Mornet sur l’enjeu réel que présentait le cas de cette présumée espionne. Celui-ci répondait « qu’on n’avait finalement pas grand chose à lui reprocher » mais que son cas était évoqué « sous le feu de la presse dans un contexte politique tel » que la raison d’État ne pouvait que l’emporter.

 

(*) Wikipedia

 

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RS

Révolution Solaire de Mata Hari

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Pour le 08/08/1917 à 10h21 T.U., à Vincennes.

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 2, ET NOEUD SUD EN MAISON 8

Vous disposez d’un soutien planétaire pour réaliser vos désirs et vos souhaits les plus chers. Vous pouvez enfin obtenir les résultats espérés par rapport à ce que vous avez semée. Ni plus ni moins. Mais attention: si tout vous est égal, si vous ne formulez pas vos buts avec une extrême précision ; en d’autres termes, si vous ne demandez rien, le destin ne pourra que vous satisfaire de la même manière, c’est-à-dire avec « rien ».

Vous êtes seul à pouvoir générer une réponse du destin… La condition est de formuler la demande… Avec précision, persistance et détermination. Demandez, redemandez et… Vous recevrez, c’est votre période.

Par ailleurs, vous constaterez que l’état de vos finances personnelles, celles que vous obtenez par vos propres efforts s’améliorera nettement.

Activez vous donc vers l’amélioration de vos ressources ; vous serez largement récompensé de vos efforts.

Cette période favorise les requêtes, les finances et les ressources personnelles, sous tous rapports. Si c’est de l’argent que vous souhaitez, vous trouverez les moyens de l’acquérir. Si c’est une réputation, vous l’obtiendrez. Si c’est la connaissance, vous trouverez le maître. Ayez une confiance absolue dans vos démarches. Accomplissez-les et puis laissez le destin faire le reste. A ce stade, vous êtes convaincu qu’elles porteront des fruits. Par conséquent, elles ne vous concernent plus. Oubliez-les de manière à éviter les attentes anxieuses ou obsessionnelles. Ce sont ces dernières qui « bloquent » le déroulement de votre destin et empêchent celui-ci de réaliser vos désirs. Faites en vous la paix de l’esprit, adoptez une attitude confiante.

Evitez tout emprunts, aides ou supports d’autrui. Rappelez-vous que seuls vos efforts sont productifs en une telle période. Dans le même esprit, ne tentez pas de vous associer avec une ou un partenaire doté. C’est un piège qui aliénera votre liberté.

C’est en vous seul que vous devez trouver la force d’accomplir vos espérances. A cette condition, toutes les forces planétaires concourront à vous satisfaire.

 

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Personnalité du 27/07/2011 – Charlotte CORDAY 27 juillet, 2011

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Charlotte Corday

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Charlotte Corday

née le 27/07/1768 à 12h00 à Saint-Saturnin-des-Ligneries (61) – FRANCE

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Marie-Anne-Charlotte de Corday d’Armont, (*) retenue par l’Histoire sous le nom de Charlotte Corday (elle-même toutefois se faisait désigner et signait sa correspondance de son premier prénom Marie), née le 27 juillet 1768 à Saint-Saturnin-des-Ligneries1 près de Vimoutiers dans le pays d’Auge, guillotinée le 17 juillet 1793 à Paris, est par son assassinat de Jean-Paul Marat (Montagnard sous la Révolution), une figure importante de la Révolution française.

Aristocrate et chrétienne

Le Ronceray, la maison où Charlotte Corday a grandi, près de Vimoutiers

Troisième enfant de Jacques-François de Corday d’Armont, gentilhomme normand, ancien lieutenant aux armées du roi, et de Charlotte-Marie-Jacqueline de Gautier des Authieux de Mesnival, Charlotte Corday est l’arrière-arrière-arrière petite fille de Pierre Corneille2 par sa fille. La légende populaire voulait que Charlotte Corday ait pu s’introduire chez Marat grâce à son ascendance, mais ce lien n’y fut pour rien. Sa famille, noble mais déclassée, vit dans une petite maison près de Vimoutiers. Les parents de Charlotte Corday ont eu cinq enfants dont quatre survivent à la petite enfance.

En butte à divers conflits familiaux, Jacques François déménage à Caen, la grande ville la plus proche. Veuf en 1782, il se trouve dans la difficulté: comme beaucoup d’autres membres de la petite noblesse, il cherche à placer ses enfants. Refusée quelques années plus tôt dans la prestigieuse maison de Saint-Cyr, Charlotte Corday, alors âgée de treize ans, est admise avec sa sœur cadette à l’abbaye aux Dames à Caen, qui, en tant qu’abbaye royale, devait accueillir les jeunes filles pauvres issues de la noblesse de la province de Normandie. Elle y reste pensionnaire jusqu’en février 17913. Son éducation est donc soignée et elle bénéficie apparemment d’une instruction supérieure à celle des jeunes filles de son temps.

Ses lectures sont alors sérieuses – notamment les auteurs classiques -, traduisant une vraie curiosité intellectuelle. Son père lui prête quelques volumes de Montesquieu et de Rousseau ce qui permet de supposer qu’elle a acquis une certaine culture philosophique et donc politique, chose fréquente chez les femmes de la noblesse. Elle admire les philosophes, s’ouvre aux idées nouvelles mais reste pétrie par une culture religieuse conservatrice (éduquée par les Bénédictines, Charlotte Corday témoignera du plus grand mépris pour les frères mineurs lors de son procès). Pourtant, elle est aussi marquée par une piété en voie de transformation, à la fois plus intérieure et spectaculaire: elle cultive le goût du sacrifice, de la mort jeune et de la foi intérieure: c’est au nom de cette foi, et non de son prétendu athéisme, qu’elle vivra son exécution comme un don de soi et refusera la confession ultime en prison4. Avec la Révolution, le vote de la loi établissant la Constitution civile du clergé le 12 juillet 1790 entraîne la suppression des ordres religieux et la fermeture des couvents qui sont déclarés biens nationaux.

Une femme politique

Un de ses parents, Frédéric de Corday, racontera plus tard 5 «  Charlotte avait le feu sacré de l’indépendance, ses idées étaient arrêtées et absolues. Elle ne faisait que ce qu’elle voulait. On ne pouvait pas la contrarier, c’était inutile, elle n’avait jamais de doutes, jamais d’incertitudes. Son parti une fois pris, elle n’admettait plus de contradiction. Son oncle, le pauvre abbé de Corday m’en a parlé dans les mêmes termes, comme d’une personne qui avait un caractère d’homme. Elle avait, en outre un esprit assez railleur, assez moqueur… Elle était susceptible de sentiments nobles et élevés, de beaux mouvements. Avec l’énergie dont elle était douée, elle s’imposait et n’en faisait jamais qu’à sa tête. Quoique dans la famille les femmes soient toutes énergiques, il n’y en avait pas qui eussent un caractère aussi décidé, aussi capable. Si elle eût commandé un régiment, elle l’eût bien mené, cela se devine . »

« Rendue au siècle », la jeune femme retourna vivre chez son père, qui avait vendu la ferme « du Ronceray », où elle était née, pour en acheter de nouveaux fermages dits « la ferme des Bois ». Début juin 1791, Mlle de Corday quittait la campagne pour aller vivre à Caen, chez sa tante, Madame de Bretteville-Gouville. Elle avait vingt trois ans, défendait fièrement ses idées constitutionnelles dans un milieu où on comptait beaucoup de royalistes, et elle apprit avec étonnement l’annonce de la fuite et de l’arrestation du roi à Varennes, événement qui créa un grand émoi en France.

Puis vint l’époque où les Girondins, qui avaient une majorité toute relative à l’Assemblée, devaient résister au travail de sape des députés Montagnards. Lors de l’insurrection du 10 août, événement considérable, le roi était suspendu puis incarcéré à la tour du Temple, tandis que ses derniers serviteurs, répartis dans les prisons de Paris et de province, étaient exécutés sommairement entre le 2 et le 7 septembre 1792. C’est alors que Charlotte Corday découvrit avec indignation que le député jacobin Jean-Paul Marat, dans son journal radical l’Ami du peuple6, se félicitait de ces massacres. Cet événement refroidit tous les admirateurs de la Révolution parmi lesquels une femme que Charlotte Corday ne connaissait pas mais qui pensait assurément comme elle. Olympe de Gouges écrivait en effet en septembre: « Le sang, même celui des coupables, versé avec cruauté et profusion, souille éternellement les révolutions ». Puis secondant Louvet et les Girondins, Olympe de Gouges dénonça énergiquement le « boutefeu Marat » à l’opinion publique. Les critiques adressées par les Girondins, relayées par les journaux et les articles de Dulaure, Brissot, Condorcet, Mercier ou Charles de Villette, furent entendues à Caen.

Marat : un bouc émissaire

Emportés par les assauts de la Commune et des députés prônant l’exagération révolutionnaire, les Girondins proscrits et fugitifs trouvèrent refuge pour certains dans la région de Caen, dans le Calvados. Ils y organisèrent des réunions politiques auxquelles Charlotte Corday assista à plusieurs reprises. Elle aperçut pour la première fois ces députés qu’elle admirait jusqu’alors de loin, et parmi eux, Buzot, député de l’Eure, Salles, Pétion, l’ancien maire de Paris, Valazé, Kervélégan, Mollevaut, Barbaroux, Louvet, Giroust, Bergoeing, Lesage, Duchastel, Henry-Larivière. Elle eut l’explication des circonstances qui préludèrent aux journées d’émeute des 31 mai et 2 juin 1793 perpétrés par la Commune contre la Convention qui fut en effet prise en otage par l’armée révolutionnaire. Indignée, elle se persuada que, dès lors, elle pouvait s’affranchir des règles du bon droit, et elle décida, non sans angoisse, de répondre à l’illégalité par l’illégalité. Marat qui, depuis son acquittement au Tribunal révolutionnaire, diffamait les Girondins et réécrivait sans cesse l’histoire, symbolisa à ses yeux l’injustice et le mensonge. Il devint sa cible.

Le 9 juillet 1793, elle quittait Caen pour le quartier du Palais-Royal à Paris où elle descendit à l’hôtel de la Providence rue des Vieux-Augustins n°197, le 11 juillet à midi. Munie d’une lettre d’introduction du député Barbaroux, elle se rendit chez le député Claude Romain Lauze de Perret qui lui fit bon accueil. Dans la conversation, il lui apprit que Marat, souffrant, ne paraissait plus à la Convention8. Dans la matinée du 13 juillet, elle chercha par deux fois sans succès à se faire recevoir par l’Ami du Peuple. C’est alors qu’elle eut l’idée de lui faire parvenir un court billet:

«  Je viens de Caen, votre amour pour la patrie doit vous faire désirer connaître les complots qu’on y médite. J’attends votre réponse. »

En fin de journée, sans réponse, elle décida d’écrire un second billet :

«  Je vous ai écrit ce matin, Marat, avez vous reçu ma lettre, puis-je espérer un moment d’audience ; si vous l’avez reçue j’espère que vous ne me refuserez pas, voyant combien la chose est intéressante. Suffit que je sois bien malheureuse pour avoir droit à votre protection. » 9

Puis Charlotte Corday mit le billet dans sa poche, sortit de sa chambre, fit appeler un fiacre et se rendit rue des Cordeliers, n°20. Elle avait, glissé dans son corsage, un couteau qu’elle avait acheté le matin même dans une boutique, sous les arcades du Palais-Royal, au 177 de l’actuelle galerie de Valois. Il est sept heures du soir quand son fiacre s’immobilise devant chez Marat.

L’attentat contre Marat

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Représentation de l’assassinat de Marat au XIXe siècle par Baudry, 1860

Alphonse de Lamartine, dans son Histoire des Girondins, t. II., Livre 44, Paris, Ratier, pp.100-2, a imaginé la scène :

« Elle descendit de voiture du côté opposé de la rue, en face de la demeure de Marat. Le jour commençait à baisser, surtout dans ce quartier assombri par des maisons hautes et par des rues étroites. La portière refusa d’abord de laisser pénétrer la jeune inconnue dans la cour. Celle-ci insista néanmoins et franchit quelques degrés de l’escalier, rappelée en vain par la voix de la concierge. À ce bruit, la maîtresse de Marat entrouvrit la porte, et refusa l’entrée de l’appartement à l’étrangère. La sourde altercation entre ces femmes, dont l’une suppliait qu’on la laissât parler à l’Ami du peuple, dont l’autre s’obstinait à barrer la porte, arriva jusqu’aux oreilles de Marat. Il comprit, à ces explications entrecoupées, que la visiteuse était l’étrangère dont il avait reçu deux lettres dans la journée. D’une voix impérative et forte, il ordonna qu’on la laissât pénétrer.

Soit jalousie, soit défiance, Albertine Marat obéit avec répugnance. Elle introduisit la jeune fille dans la petite pièce où se tenait Marat, et laissa, en se retirant, la porte du corridor entrouverte, pour entendre le moindre mot ou le moindre mouvement de son frère.

Cette pièce était faiblement éclairée. Marat était dans son bain. Dans ce repos forcé de son corps, il ne laissait pas reposer son âme. Une planche mal rabotée, posée sur la baignoire, était couverte de papiers, de lettres ouvertes et de feuilles commencées.

Charlotte évita d’arrêter son regard sur lui, de peur de trahir l’horreur de son âme à cet aspect. Debout, les yeux baissés, les mains pendantes auprès de la baignoire, elle attend que Marat l’interroge sur la situation de la Normandie. Elle répond brièvement, en donnant à ses réponses le sens et la couleur propres à flatter les dispositions présumées du journaliste. Il lui demande ensuite les noms des députés réfugiés à Caen. Elle les lui dicte. Il les note, puis, quand il a fini d’écrire ces noms : « C’est bien ! dit-il de l’accent d’un homme sûr de sa vengeance, avant huit jours ils iront tous à la guillotine ! »

À ces mots, comme si l’âme de Charlotte eût attendu un dernier forfait pour se résoudre à frapper le coup, elle tire de son sein le couteau et le plonge, avec une force surnaturelle , jusqu’au manche dans le cœur de Marat. Charlotte retire du même mouvement le couteau ensanglanté du corps de la victime et le laisse glisser à ses pieds. – « À moi ! ma chère amie ! à moi ! », s’écrie Marat, et il expire sous le coup. »

Charlotte Corday fut maîtrisée par Simone Évrard, la maîtresse de Marat, et ses gens de maison. Protégée contre la foule, elle fut conduite non loin, à la prison de l’Abbaye où elle subit une fouille en règle. Outre quelques objets personnels on trouva sur elle une feuille de papier pliée en huit, dans laquelle elle expliquait les raisons de son geste :

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L’assassinat de Marat, par Jean-Joseph Weerts, vers 1880.

Adresse aux Français amis des lois et de la paix.

« Jusqu’à quand, ô malheureux Français, vous plairez-vous dans le trouble et dans les divisions ? Assez et trop longtemps des factieux, des scélérats, ont mis l’intérêt de leur ambition à la place de l’intérêt général ; pourquoi, victimes de leur fureur, vous anéantir vous-mêmes, pour établir le désir de leur tyrannie sur les ruines de la France ?

« Les factions éclatent de toutes parts, la Montagne triomphe par le crime et l’oppression, quelques monstres abreuvés de notre sang conduisent ces détestables complots […] Nous travaillons à notre propre perte avec plus de zèle et d’énergie que l’on n’en mit jamais à conquérir la liberté ! Ô Français, encore un peu de temps, et il ne restera de vous que le souvenir de votre existence !

« Déjà les départements indignés marchent sur Paris, déjà le feu de la discorde et de la guerre civile embrase la moitié de ce vaste empire ; il est encore un moyen de l’éteindre, mais ce moyen doit être prompt. Déjà le plus vil des scélérats, Marat, dont le nom seul présente l’image de tous les crimes, en tombant sous le fer vengeur, ébranle la Montagne et fait pâlir Danton, Robespierre, ces autres brigands assis sur ce trône sanglant, environnés de la foudre, que les dieux vengeurs de l’humanité ne suspendent sans doute que pour rendre leur chute plus éclatante, et pour effrayer tous ceux qui seraient tentés d’établir leur fortune sur les ruines des peuples abusés !

« Français ! vous connaissez vos ennemis, levez-vous ! Marchez ! que la Montagne anéantie ne laisse plus des frères, des amis ! J’ignore si le ciel nous réserve un gouvernement républicain, mais il ne peut nous donner un Montagnard pour maître que dans l’excès de ses vengeances […] Ô France ! ton repos dépend de l’exécution des lois ; je n’y porte pas atteinte en tuant Marat : condamné par l’univers, il est hors la loi. Quel tribunal me jugera ? Si je suis coupable, Alcide l’était donc lorsqu’il détruisait les monstres ! [...]

« Ô ma patrie ! Tes infortunes déchirent mon cœur ; je ne puis t’offrir que ma vie ! et je rends grâce au ciel de la liberté que j’ai d’en disposer ; personne ne perdra par ma mort ; je n’imiterai point Pâris (le meurtrier de Lepeletier de Saint-Fargeau) en me tuant. Je veux que mon dernier soupir soit utile à mes concitoyens, que ma tête portée dans Paris soit un signe de ralliement pour tous les amis des lois ! que la Montagne chancelante voie sa perte écrite avec mon sang ! que je sois leur dernière victime, et que l’univers vengé déclare que j’ai bien mérité de l’humanité ! Au reste, si l’on voyait ma conduite d’un autre œil, je m’en inquiète peu : Qu’à l’univers surpris cette grande action, Soit un objet d’horreur ou d’admiration Mon esprit, peu jaloux de vivre en la mémoire, Ne considère point le reproche ou la gloire. Toujours indépendante et toujours citoyen, Mon devoir me suffit, tout le reste n’est rien, Allez, ne songez plus qu’à sortir d’esclavage !…

« Mes parents et mes amis ne doivent point être inquiétés, personne ne savait mes projets. Je joins mon extrait de baptême à cette adresse, pour montrer ce que peut être la plus faible main conduite par un entier dévouement. Si je ne réussis pas dans mon entreprise, Français ! Je vous ai montré le chemin, vous connaissez vos ennemis; levez-vous ! Marchez ! Frappez ! »

Le procès

Charlotte Corday devant le tribunal révolutionnaire, par James Gillray

Transférée le 15 juillet à la Conciergerie, elle comparut le lendemain au Tribunal révolutionnaire.

Jacques Bernard Marie Montané présidait, assisté des juges Foucault, Roussillon et Ardouin. Fouquier-Tinville occupait sa place d’accusateur public. Au banc du jury siégeaient Jourdeuil, Fallot, Ganney, Le Roy, Brochet, Chrétien, Godin, Rhoumin, Brichet, Sion, Fualdès et Duplain. L’avocat choisi par l’accusée, le Girondin Doulcet de Pontécoulant, n’ayant pas répondu à l’invitation qu’on lui avait adressée (il semblerait d’ailleurs que Fouquier-Tinville ait tout fait pour que l’invitation arrive trop tard), le président nomma d’office Chauveau-Lagarde, présent à l’audience, défenseur de Charlotte Corday.

Après la lecture de l’acte d’accusation, l’audition des témoins, on donna lecture de la lettre qu’elle avait écrite à son père, le 16 juillet et qui avait été interceptée. Elle revendiquait son acte en ces termes :

« Pardonnez-moi, mon cher papa, d’avoir disposé de mon existence sans votre permission. J’ai vengé bien d’innocentes victimes, j’ai prévenu bien d’autres désastres. Le peuple, un jour désabusé, se réjouira d’être délivré d’un tyran. Si j’ai cherché à vous persuader que je passais en Angleterre, c’est que j’espérais garder l’incognito, mais j’en ai reconnu l’impossibilité. J’espère que vous ne serez point tourmenté. En tout cas, je crois que vous auriez des défenseurs à Caen. J’ai pris pour défenseur Gustave Doulcet : un tel attentat ne permet nulle défense, c’est pour la forme. Adieu, mon cher papa, je vous prie de m’oublier, ou plutôt de vous réjouir de mon sort, la cause en est belle. J’embrasse ma sœur que j’aime de tout mon cœur, ainsi que tous mes parents. N’oubliez pas ce vers de Corneille :

Le Crime fait la honte, et non pas l’échafaud !

C’est demain à huit heures, qu’on me juge. Ce 16 juillet. »

Après l’intervention de Chauveau-Lagarde, son défenseur, le jury reconnut que l’accusée avait commis l’assassinat « avec des intentions criminelles et préméditées ». Le tribunal condamna Charlotte Corday à la peine de mort et ordonna qu’elle soit conduite au lieu de l’exécution revêtue d’une chemise rouge réservée aux assassins et empoisonneurs10.

L’exécution

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Portrait de Charlotte Corday, pastel réalisé dans sa cellule quelques heures avant son exécution par Hauer.

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Charlotte Corday, La dernière toilette par Mathieu Ward, 1871.

Le récit de son exécution figure dans les Mémoires de Sanson, qui sont en réalité apocryphes et écrites par le jeune Balzac. Cette publication destinée à bien se vendre ne peut être prise comme un témoignage authentique. Elle révèle bien plutôt la place de Charlotte Corday dans la mémoire de la noblesse catholique et royaliste au XIXe siècle.

« Le mercredi 17, à dix heures du matin, j’allai demander l’ordre au citoyen Fouquier. Le citoyen Fouquier était en séance, il me fit répondre que j’eusse à attendre et à ne pas m’éloigner. Je redescendis et j’allai prendre une bouchée chez le citoyen Fournier. Vers une heure de l’après-midi, un citoyen qui descendait du Tribunal nous dit que la fille était condamnée. Je montai alors et je me trouvais dans la chambre des témoins lorsque le citoyen Fouquier la traversa avec le citoyen Montané. Il ne me vit pas, parce qu’il disputait fort vivement avec ledit Montané, qu’il accusait d’avoir été favorable à l’accusée. Ils restèrent plus d’une heure enfermés dans le cabinet. En sortant, le citoyen Fouquier m’aperçut et me dit avec colère : « Tu es encore là ? » Je lui observai que je n’avais pas eu d’ordre. Le citoyen Fabricius entra avec la minute et la copie du jugement qui fut signée, et nous descendîmes à la Conciergerie. Je parlai au citoyen Richard, et en lui parlant je vis la citoyenne son épouse, qui était toute pâle et comme tremblante. Je lui demandai si elle était malade. Elle me dit : « Attendez au tantôt, et peut-être le cœur vous défaillira-t-il plus qu’à moi. » Le citoyen Richard nous conduisit à la chambre de la condamnée. Les citoyens Firrase et Monet, huissiers du tribunal, entrèrent les premiers, je demeurai sur la porte. Il y avait dans la chambre de la condamnée deux personnes, un gendarme et un citoyen qui prenait son portrait. Elle était assise sur une chaise et écrivait sur le dos d’un livre. Elle ne regarda point les huissiers mais moi, et me fit signe d’attendre. Lorsqu’elle eut fini, les citoyens Firrase et Monet commencèrent la lecture du jugement et, pendant ce temps-là, la citoyenne Corday plia le papier qu’elle avait écrit dans la forme de lettre et la remit au citoyen Monet en le priant de la faire venir au citoyen député Pontécoulant. Alors elle a amené sa chaise au milieu de la chambre : s’étant assise, elle enleva son bonnet, dénoua ses cheveux couleur châtain-clair, qui étaient fort longs et fort beaux, et elle me fit signe de les couper. Depuis M. de La Barre, je n’avais pas rencontré tant de courage pour mourir. Nous étions là six ou sept citoyens dont le métier n’est pas fait pour attendrir beaucoup ; elle paraissait moins émue que nous tous et ses lèvres mêmes n’avaient pas perdu leur couleur. Lorsque ses cheveux furent tombés, elle en donna une partie au citoyen peintre qui l’avait dessinée et remit le reste au citoyen Richard pour son épouse. Je lui donnai la chemise rouge qu’elle passa et arrangea elle-même. Elle me demanda, alors que je me préparais à la lier, si elle devait garder ses gants, parce que ceux qui l’avaient liée lors de son arrestation l’avaient si fort serrée, qu’il lui en restait des cicatrices au poignet. Je lui dis qu’elle pouvait faire ce qu’elle désirait, mais que cette précaution était inutile parce que je saurais la lier sans lui faire aucun mal. Elle dit en souriant : « Au fait, ils n’en ont pas votre habitude », et elle me tendit ses mains nues.

Nous montâmes dans la charrette. Il y avait deux chaises, je l’engageai à s’asseoir, elle refusa. Je lui dis qu’elle avait raison et que, de la sorte, les cahots la fatigueraient moins, elle sourit encore, mais sans me répondre. Elle resta debout, appuyée sur les ridelles. Firmin, qui était assis derrière la voiture, voulut prendre le tabouret, mais je l’en empêchai, et je le mis devant la citoyenne, afin qu’elle pût y accoter un de ses genoux. Il plut et il tonna au moment où nous arrivions sur le quai ; mais le peuple, qui était en grand nombre sur notre passage, ne se dispersa pas comme d’habitude. On avait beaucoup crié au moment où nous étions sortis de l’Arcade, mais plus nous avancions, moins ces cris étaient nombreux. Il n’y avait guère que ceux qui marchaient autour de nous qui injuriaient la condamnée et lui reprochaient la mort de Marat. À une fenêtre de la rue Saint-Honoré, je reconnus les citoyens Robespierre, Camille Desmoulins et Danton. Le citoyen Robespierre paraissait très animé et parlait beaucoup à ses collègues, mais ceux-ci, et particulièrement le citoyen Danton, avaient l’air de ne pas l’écouter, tant ils regardaient fixement la condamnée. Moi-même, à chaque instant, je me détournais pour la regarder, et plus je la regardais, plus j’avais envie de la voir. Ce n’était pourtant pas à cause de sa beauté, si grande qu’elle fût ; mais il me semblait impossible qu’elle restât jusqu’à la fin aussi douce, aussi courageuse que je la voyais, je voulais m’assurer qu’elle aurait sa faiblesse comme les autres, mais je ne sais pas pourquoi, chaque fois que je tournais mes yeux sur elle, je tremblais qu’elle n’eut défailli. Cependant, ce que je regardais comme impossible est arrivé. Pendant les deux heures qu’elle a été près de moi, ses paupières n’ont pas tremblé, je n’ai pas surpris un mouvement de colère ou d’indignation sur son visage. Elle ne parlait pas, elle regardait, non pas ceux qui entouraient la charrette et qui lui débitaient leurs saletés, mais les citoyens rangés le long des maisons. Il y avait tant de monde dans la rue que nous avancions bien lentement. Comme elle avait soupiré, je crus pouvoir lui dire : « Vous trouvez que c’est bien long, n’est-ce pas ? » Elle me répondit : « Bah ! nous sommes toujours sûrs d’arriver », et sa voix était aussi calme, aussi flûtée que dans la prison.

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Portait de Charlotte Corday, peinture réalisée par Hauer

Au moment où nous débouchâmes sur la place de la Révolution, je me levai et me plaçai devant elle pour l’empêcher de voir la guillotine. Mais elle se pencha en avant pour regarder et elle me dit : « J’ai bien le droit d’être curieuse, je n’en avais jamais vu ! » Je crois, néanmoins, que sa curiosité la fit pâlir, mais cela ne dura qu’un instant et presque aussitôt son teint reprit ses couleurs qui étaient fort vives. Au moment où nous descendions de la charrette je m’aperçus que des inconnus étaient mêlés à mes hommes. Pendant que je m’adressais aux gendarmes pour qu’ils m’aidassent à dégager la place, la condamnée avait rapidement monté l’escalier. Comme elle arrivait sur la plateforme, Firmin lui ayant brusquement enlevé son fichu, elle se précipita d’elle-même sur la bascule où elle fut bouclée. Bien que je ne fusse pas à mon poste, je pensai qu’il serait barbare de prolonger, pendant une seconde de plus, l’agonie de cette femme courageuse, et je fis signe à Firmin qui se trouvait auprès du poteau de droite, de lâcher le déclic. J’étais encore au pied de l’échafaud, lorsqu’un de ceux qui avaient voulu se mêler de ce qui ne les regardait pas, un charpentier nommé Legros, qui, pendant la journée avait travaillé à des réparations à la guillotine, ayant ramassé la tête de la citoyenne Corday, la montra au peuple. Je suis pourtant familiarisé avec ces sortes de spectacles et cependant j’eus peur. Il me semblait que c’était sur moi que ces yeux entrouverts étaient fixés et que j’y retrouvais encore cette douceur pénétrante et irrésistible qui m’avait tant étonné. Aussi, je détournai la tête. Ce ne fut que par des murmures que j’entendis autour de moi que j’appris que le scélérat avait souffleté la tête, ce furent les autres qui m’assurèrent qu’elle avait rougi à cette insulte. »

Quant à Jules Michelet, voici le récit qu’il fit dans son Histoire de la Révolution française :

« Au moment où Charlotte Corday monta sur la charrette, où la foule, animée de deux fanatismes contraires, de fureur ou d’admiration, vit sortir de la basse arcade de la Conciergerie la belle et splendide victime dans son manteau rouge, la nature sembla s’associer à la passion humaine, un violent orage éclata sur Paris. Il dura peu, sembla fuir devant elle, quand elle apparut au Pont-Neuf et qu’elle avançait lentement par la rue Saint-Honoré. Le soleil revint haut et fort ; il n’était pas sept heures du soir (19 juillet). Les reflets de l’étoffe rouge relevaient d’une manière étrange et toute fantastique l’effet de son teint, de ses yeux.

On assure que Robespierre, Danton, Camille Desmoulins, se placèrent sur son passage et la regardèrent. Paisible image, mais d’autant plus terrible, de la Némésis révolutionnaire, elle troublait les cœurs, les laissait pleins d’étonnement.

Les observateurs sérieux qui la suivirent jusqu’aux derniers moments, gens de lettres, médecins, furent frappés d’une chose rare : les condamnés les plus fermes se soutenaient par l’animation, soit par des chants patriotiques, soit par un appel redoutable qu’ils lançaient à leurs ennemis. Elle montra un calme parfait, parmi les cris de la foule, une sérénité grave et simple ; elle arriva à la place dans une majesté singulière, et comme transformée dans l’auréole du couchant.

Un médecin qui ne la perdait pas de vue dit qu’elle lui sembla un moment pâle, quand elle aperçut le couteau. Mais ses couleurs revinrent, elle monta d’un pas ferme. La jeune fille reparut en elle au moment où le bourreau lui arracha son fichu ; sa pudeur en souffrit, elle abrégea, avançant elle-même au-devant de la mort.

Au moment où la tête tomba, un charpentier maratiste, qui servait d’aide au bourreau, l’empoigna brutalement, et, la montrant au peuple, eut la férocité indigne de la souffleter. Un frisson d’horreur, un murmure parcourut la place. On crut voir la tête rougir. Simple effet d’optique peut-être ; la foule, troublée à ce moment, avait dans les yeux les rouges rayons du soleil qui perçait les arbres des Champs-Élysées.

La Commune de Paris et le tribunal donnèrent satisfaction au sentiment public, en mettant l’homme en prison. »

Le poème d’André Chénier

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Charlotte Corday par François-Séraphin Delpech

André Chénier est l’auteur de ce poème, en l’honneur de Charlotte Corday :

ODE À MARIE-ANNE-CHARLOTTE CORDAY

Quoi ! tandis que partout, ou sincères ou feintes,
Des lâches, des pervers, les larmes et les plaintes
Consacrent leur Marat parmi les immortels ;
Et que, prêtre orgueilleux de cette idole vile,
Des fanges du Parnasse, un impudent reptile
Vomit un hymne infâme au pied de ses autels;

La Vérité se tait ! Dans sa bouche glacée,
Des liens de la peur sa langue embarrassée
Dérobe un juste hommage aux exploits glorieux !
Vivre est-il donc si doux ? De quel prix est la vie,
Quand sous un joug honteux la pensée asservie,
Tremblante, au fond du cœur se cache à tous les yeux ?

Non, non, je ne veux point t’honorer en silence,
Toi qui crus par ta mort ressusciter la France,
Et dévouas tes jours à punir des forfaits.
Le glaive arma ton bras, fille grande et sublime,
Pour faire honte aux Dieux, pour réparer leur crime,
Quand d’un homme à ce monstre ils donnèrent les traits.

Le noir serpent sorti de sa caverne impure,
A donc vu rompre enfin sous ta main ferme et sûre
Le venimeux tissu de ses jours abhorrés !
Aux entrailles du tigre, à ses dents homicides,
Tu vins redemander et les membres livides,
Et le sang des humains qu’il avait dévorés !

Son œil mourant t’a vue, en ta superbe joie,
Féliciter ton bras, et contempler ta proie.
Ton regard lui disait : « Va, tyran furieux,
Va, cours frayer la route aux tyrans tes complices.
Te baigner dans le sang fut tes seules délices;
Baigne-toi dans le tien et reconnais tes Dieux. »

La Grèce, ô fille illustre, admirant ton courage,
Épuiserait Paros, pour placer ton image
Auprès d’Harmodios, auprès de son ami ;
Et des chœurs sur ta tombe, en une sainte ivresse,
Chanteraient Némésis, la tardive Déesse,
Qui frappe le méchant sur son trône endormi.

Mais la France à la hache abandonne ta tête,
C’est au monstre égorgé qu’on prépare une fête,
Parmi ses compagnons, tous dignes de son sort.
Oh ! quel noble dédain fit sourire ta bouche,
Quand un brigand, vengeur de ce brigand farouche,
Crut te faire pâlir aux menaces de mort !

C’est lui qui dut pâlir ; et tes juges sinistres,
Et notre affreux sénat, et ses affreux ministres,
Quand, à leur tribunal, sans crainte et sans appui,
Ta douceur, ton langage et simple et magnanime,
Leur apprit qu’en effet, tout puissant qu’est le crime,
Qui renonce à la vie est plus puissant que lui.

Longtemps, sous les dehors d’une allégresse aimable,
Dans ses détours profonds ton âme impénétrable
Avait tenu cachés les destins du pervers.
Ainsi, dans le secret amassant la tempête,
Rit un beau ciel d’azur, qui cependant s’apprête
À foudroyer les monts, et soulever les mers.

Belle, jeune, brillante, aux bourreaux amenée,
Tu semblais t’avancer sur le char d’hyménée,
Ton front resta paisible, et ton regard serein.
Calme sur l’échafaud, tu méprisas la rage
D’un peuple abject, servile, et fécond en outrage,
Et qui se croit alors et libre et souverain.

La vertu seule est libre. Honneur de notre histoire,
Notre immortel opprobre y vit avec ta gloire,
Seule tu fus un homme, et vengeas les humains.
Et nous, eunuques vils, troupeau lâche et sans âme,
Nous savons répéter quelques plaintes de femme,
Mais le fer pèserait à nos débiles mains.

Non ; tu ne pensais pas qu’aux mânes de la France
Un seul traître immolé suffit à sa vengeance,
Ou tirât du chaos ses débris dispersés.
Tu voulais, enflammant les courages timides,
Réveiller les poignards sur tous ces parricides,
De rapine, de sang, d’infamie engraissés.

Un scélérat de moins rampe dans cette fange.
La vertu t’applaudit. De sa mâle louange
Entends, belle héroïne, entends l’auguste voix.
Ô vertu, le poignard, seul espoir de la terre,
Est ton arme sacrée, alors que le tonnerre
Laisse régner le crime, et te vend à ses lois !

André Chénier fut lui aussi guillotiné, le 7 thermidor an II (25 juillet 1794).

Notes et références

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Charlotte Corday conduite à la guillotine, tableau d’Arturo Michelena

  1. Aujourd’hui sur le territoire de la commune d’Écorches
  2. Généalogie de Charlotte Corday [archive]
  3. Après la suppression des ordres religieux, (et la nationalisation des biens du clergé) survenue le 9  février  1790, la congrégation de Charlotte Corday, qui ne fut dissoute définitivement qu’en février 1791, obtient une année de sursis. Atlas historique Perrin 1987 et Bernardine Melchior-Bonnet, Charlotte Corday, Perrin, 2000.
  4. Lettre à Barbaroux, 16 juillet 1793.
  5. Lettre citée dans: Les Grandes Heures de la Révolution, tome III G. Lenotre André Castelot. Perrin 1963
  6. Dans l’Ami du peuple, le 19 août, Marat, avait déjà appelé au massacre des prisonniers : «  Quel est le devoir du peuple ? Il n’y a que deux partis à prendre… Le plus sûr, le plus sage est de se porter en armes à l’Abbaye, d’en arracher les traîtres, de les passer au fil de l’épée… » Extrait du texte cité dans : Condorcet, un intellectuel en politique – Élisabeth et Robert Badinter. Fayard 1988, p.470.
  7. Aujourd’hui 14 rue Hérold
  8. Elle avait projeté dans un premier temps de tuer Marat à la Convention nationale. Cette nouvelle l’obligera à changer son plan. Paris révolutionnaire G. Lenotre Perrin 1947.
  9. Ce billet fut retrouvé sur elle après le meurtre. Sur ce même billet le commissaire qui procéda à la fouille nota: « La présente n’a point été remise à son adresse, devenue inutile par l’admission de l’assassin à sa 2eprésentation, vers les 7 heures et demi de relevée; heure à laquelle elle a consommé son forfait. » Fac-similé du billet: Charlotte Corday, Bernardine Melchior Bonnet, Perrin 2000. Il semble donc que Charlotte Corday n’ait pas eu besoin d’utiliser ce second billet. (idem)
  10. article 4, titre Ier, 1re partie, Code pénal de 1791 [archive]

Annexe

Bibliographie

Filmographie

 

(*) Wikipedia

 

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RS

Révolution Solaire de Charlotte CORDAY

charlottecordayrs270717

Pour le 27/07/1792 à 07h21 T.U., à Saint-Saturnin-des-Ligneries.

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 11 ET NOEUD SUD EN MAISON 5

L’entrée du noeud nord en maison XI rend possible la réalisation de vos projets, même s’ils sont audacieux. Durant la période précédente, le nœud sud que vous aviez en maison VI a contrecarré les projets que vous souhaitiez accomplir en dressant maints obstacles sur votre route. Pourtant, votre nœud nord qui était en maison XII vous a permis de formuler des projets. Vous avez pu les trouver peu réalistes. Cependant, maintenant que vous avez quitté cette prison qu’était la maison XII et retrouvé votre liberté (maison XI) ces rêves peuvent commencer à se réaliser. Cette réalisation sera, toutefois, conditionnée par votre faculté à cultiver l’art de l’amitié. Ce seront les vraies amitiés et les relations sincères qui paveront l’avenue de vos opportunités durant cette période et la suivante. Ceci est suggéré par la présence du nœud nord en XI lequel vous incitera, par ailleurs, à refuser toutes les contraintes qui limiteraient cette nouvelle liberté. De plus, il vous autorise, dans l’ordre, à élargir le cercle de vos relations, à former de nouvelles amitiés, à obtenir leur soutien, à réaliser vos grands projets et à conquérir votre indépendance. Le nœud nord continuera son parcours en direction de la maison X, laquelle vous fera récolter les fruits des projets que vous aurez matérialisés pendant son passage en maison XI. Commencez donc par étendre le cercle de vo s relations car c’est parmi celles-ci que vous trouverez à réaliser vos projets les plus audacieux. Dans le même esprit, visez la fraternité, l’entraide mutuelle en adhérant à un ordre, un club ou une association. Les résultats pourront vous surprendre. Evitez à tout prix de vous laisser séduire par les tentations du nœud sud en maison V : les plaisirs sans mesure, la recherche de prestige, la satisfaction des sens, les liaisons faciles. En d’autres termes, prenez garde à tout ce qui flatte votre ego ; évitez tous les abandons où seul votre plaisir compte car ceci ressort du domaine négatif de la même période (nœud sud en V). Celle-ci n’est pas propice aux satisfactions affectives ou émotives en tête-à-tête, c’est-à-dire dans lesquelles vous seriez trop « personnel ». C’est ainsi que toute vie en couple ne peut subsister ici que si un vrai don de soi intervient, au-delà de l’utilisation de l’autre pour se satisfaire, et sous condition d’élargir la relation vers de vastes échanges avec le monde extérieur. Vous ne pourrez d’ailleurs pas supporter de restreindre votre vie au seul couple. Vous manqueriez d’air. Il vous faudra aussi vivre une expansion, en plus, pour conserver votre équilibre. Cette période est aussi source de déception issue des rapports avec les enfants. La bonne entente avec ces derniers est souvent compromise. Souvent, les accouchements y sont difficiles. Evitez aussi tout ce qui est d’ordre spéculatif : le loto, la loterie, les casinos. Ne jouez pas en bourse, n’attendez aucun résultat de la chance. En résumé, évitez tout ce qui flatte votre ego à titre personnel pour privilégier la fraternité et l’humanisme de manière large et impersonnelle, sans carcans ni restrictions.

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Personnalité du 06/01/2011 – Jeanne d’ARC 6 janvier, 2011

Posté par phoenix2savoie dans : 01/2011,Histoire de France,Personnalités du jour , 2 commentaires

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Jeanne d’Arc pendant le couronnement de Charles VII

 

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Jeanne d’Arc espoir et salut de  la France

 

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Statue de Jeanne d’Arc sur la place des Pyramides à Paris

 

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Jeanne d’Arc sous les traits de Milla Jovovich

Personnalité du 06/01/2011 - Jeanne d'ARC dans 01/2011 jeanne_d_arc

 

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Jeanne d’Arc sous les traits de Leelee Sobieski

 

http://www.jeannedarc.com.fr/

http://musee.jeannedarc.pagesperso-orange.fr/

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Jeanne d’ARC

né le 06 Janvier 1412 à 17h00 à Domremy-la-Pucelle  (88) – FRANCE

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Jeanne d’Arc, surnommée la Pucelle d’Orléans ou plus simplement la Pucelle (*), est une figure emblématique de l’histoire de France et une sainte de l’Église Catholique.

Au début du XVe siècle, elle mène victorieusement les troupes françaises contre les armées anglaises, levant le siège d’Orléans, conduisant le dauphin Charles au sacre à Reims et contribuant ainsi à inverser le cours de la guerre de Cent Ans.

Finalement capturée par les Bourguignons à Compiègne, elle est vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg pour la somme de 10 000 livres, et condamnée au bûcher en 1431 après un procès en hérésie. Entaché de nombreuses et importantes irrégularités, ce procès est cassé par le pape Calixte III en 1456, et un second procès en réhabilitation conclut à son innocence et l’élève au rang de martyre. Elle est béatifiée en 1909 et canonisée en 1920. Elle est l’une des trois saintes patronnes de la France.

Jeunesse

Famille et enfance

Jeanne d’Arc a grandi à Domrémy, village situé aux marches de la Champagne, du Barrois et de la Lorraine, pendant la guerre de Cent Ans qui opposait la France à l’Angleterre. Fille de Jacques d’Arc et d’Isabelle Romée, elle faisait partie d’une famille de cinq enfants : Jeanne, Jacques, Catherine, Jean et Pierre.

Jeanne (ou Jeannette, comme on l’appelait à Domrémy) fut décrite par tous les témoins comme très pieuse ; elle aimait notamment se rendre, chaque dimanche, à la chapelle de Bermont, près de Greux, pour y prier.

Les réponses qu’elle a faites à ses juges, conservées dans les minutes de son procès, révèlent une jeune femme courageuse, dont le franc-parler et l’esprit de repartie se tempèrent d’une grande sensibilité face à la souffrance et aux horreurs de la guerre, comme devant les mystères de la religion.

Aucune source ne permet de déterminer exactement les origines de Jeanne d’Arc, ni ses date et lieu de naissance : les témoignages d’époque sont imprécis, Domrémy ne possédait pas[1] de registre paroissial, et les discussions restent nombreuses sur ces points.

Jeanne, « la bonne Lorraine »

Jeanne d’Arc la Lorraine
Médaille de Jeanne d’Arc, « la bonne Lorraine ». (Source : www.medailles-jeannedarc.fr)

L’usage de la particule n’indique rien quant à de possibles origines nobles, une particule pouvant être portée tant par des roturiers que par des nobles. Jacques d’Arc, simple laboureur, paraît ainsi avoir émigré d’Arc-en-Barrois (en Champagne), avec l’accord de son seigneur. Dès lors, il dépend du titulaire des droits sur Domremy où il a fondé son foyer.

Au début du XVe, Domrémy se trouve imbriquée dans un territoire aux suzerainetés diverses. Sur la rive gauche de la Meuse, elle peut relever du Barrois mouvant, pour lequel le duc de Bar, par ailleurs souverain dans ses États, prête hommage au roi de France depuis 1301. Mais elle semble être plutôt rattachée à la châtellenie de Vaucouleurs, sous l’autorité directe du roi de France qui y nomme un capitaine (le sire de Baudricourt, au temps de Jeanne d’Arc). Enfin, l’église de Domremy dépend de la paroisse de Greux, au diocèse de Toul dont l’évêque est prince du Saint-Empire germanique. Colette Beaune précise[2] que Jeanne est née dans la partie sud de Domrémy, côté Barrois mouvant (et donc lorrain), dans le bailliage de Chaumont-en-Bassigny et la prévôté d’Andelot. Toutefois, si les juges de 1431 corroborent cette thèse, de même que Jean Chartier ou Perceval de Cagny, Perceval de Boulainvilliers considère pour sa part qu’elle est née dans la partie nord, qui relevait de la châtellenie de Vaucouleurs et donc du royaume de France dès 1291.

L’âge de la martyre

On ignore l’âge exact de Jeanne d’Arc lors de son supplice. La version officielle, construite à partir du procès qui s’est tenu à Rouen, nous transmet que Jeanne a dit être née à Domrémy, et qu’elle a 18 ou 19 ans au moment de son procès. Une source la donne née le jour de l’Épiphanie sans précision sur l’année, le 6 janvier 1412, mais par ailleurs une plaque apposée sur le parvis de la cathédrale de Toul indique que « s’étant présentée seule lors d’un procès matrimonial intenté par son fiancé en 1428 », elle aurait donc été majeure à ce moment-là (20 ans selon le droit local) et émancipée de la responsabilité parentale[3]. Jeanne est brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431.

Contexte politique (1407—1422)

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Territoires contrôlés par les Anglais, leurs alliés bourguignons et les Français en 1435

Durant la guerre de Cent Ans, la plupart des régions du nord et sud-ouest du territoire français sont contrôlées depuis 1420 par les Anglais.

Le roi de France Charles VI, dit « Charles le Fol », ne dispose pas de toutes ses facultés mentales. La légitimité de son dernier fils survivant, le dauphin Charles, héritier de la couronne, est contestée, du fait des aventures qu’aurait eues sa mère Isabeau de Bavière (en particulier avec Louis d’Orléans).

Depuis l’assassinat de Louis d’Orléans en novembre 1407, le pays est déchiré par une guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Ceux-ci se disputent le pouvoir au sein du conseil de régence présidé par la reine Isabeau du fait de la folie de son époux. Profitant de ce conflit, Henri V, roi d’Angleterre relance les hostilités et débarque en Normandie en 1415. La chevalerie française subit un désastre à Azincourt, face aux archers gallois. En effet, les Anglais, ayant une maîtrise parfaite du tir à l’arc long (longbow) et, bien abrités des charges par des pieux disposés à l’avance, déciment sous une pluie de flèches la chevalerie française dont les chevaux ne sont pas encore protégés. Ils vont ainsi devenir maîtres des batailles à terrain découvert malgré leur nette infériorité numérique, jusqu’à ce qu’apparaisse l’artillerie de campagne qui donnera l’avantage aux Français en fin de conflit.

À Domrémy, on apprend que le duc Edouard III, son frère, le seigneur de Puysaye et son petit-fils le comte de Marle, sont tombés au combat. Le duché échoue au frère survivant du duc défunt, Louis, évêque de Verdun, lequel est un temps contesté par le duc de Berg, gendre du feu duc.

Lors de l’entrevue de Montereau le 10 septembre 1419, le dauphin Charles et Jean sans Peur doivent se réconcilier, pour faire face à l’ennemi. Mais malheureusement, au cours de cette rencontre, Jean sans Peur est poignardé par un homme du dauphin, probablement Tanneguy du Chastel. En réaction à cet assassinat, le fils de Jean sans Peur, Philippe le Bon, se rallie aux Anglais imité en cela par la puissante Université de Paris.

Alliés au puissant duc de Bourgogne, les Anglais peuvent imposer en 1420 le Traité de Troyes, qui est signé entre le roi Henri V d’Angleterre et Isabeau de Bavière, reine de France et régente. Selon les termes de ce traité, Henri V se marie à Catherine de Valois, fille de Charles VI ; à la mort de Charles VI, la couronne doit revenir à leur descendance, réunissant les deux royaumes.

Ce traité qui spolie le dauphin de son droit de succession (car considéré être enfant illégitime et assassin présumé du duc de Bourgogne) est contesté par la noblesse française. À la mort de Charles VI en 1422, la France n’a donc plus de roi ayant été sacré. La couronne de France est alors revendiquée par le roi d’Angleterre encore mineur, Henri VI qui vient de succéder à son père.

traité de Troyes.

De Domrémy à Chinon : 1428 – février 1429

Jeannedarc dans Personnalités du jour
Jeanne d’Arc (basilique du Bois-Chenu, Domrémy, 4 avril 2004) Copie de la sculpture faite par la princesse Marie d’Orléans

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Jeanne d’Arc ayant la vision de l’archange saint Michel, Toile d’Eugène Thirion (1876)

À treize ans, Jeanne affirme avoir entendu les voix célestes des saintes Catherine et Marguerite et de l’archange saint Michel lui demandant d’être pieuse, de libérer le royaume de France de l’envahisseur et de conduire le dauphin sur le trône. Après beaucoup d’hésitations, à seize ans, elle se met en route. Arrivée à la ville voisine, elle demande à s’enrôler dans les troupes du dauphin. Sa demande est rejetée deux fois, mais elle revient un an plus tard et Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, accepte de lui donner une escorte, résigné face à la ferveur populaire de la ville où Jeanne avait acquis une petite notoriété, notamment en allant rendre visite au duc malade Charles II de Lorraine. Avant son départ pour le royaume de France, Jeanne ira se recueillir dans l’ancienne église de Saint-Nicolas-de-Port, dédiée au saint patron du duché de Lorraine.

Portant des habits masculins (ce qu’elle fera jusqu’à sa mort, excepté pour sa dernière fête de Pâques), elle traverse incognito les terres bourguignonnes et se rend à Chinon où elle est finalement autorisée à voir le dauphin Charles, après réception d’une lettre de Baudricourt. La légende, peu probable, raconte qu’elle fut capable de reconnaître Charles, vêtu simplement au milieu de ses courtisans, et lui parle de sa mission. Par superstition, Jeanne est logée dans la tour du Coudray, celle où Jacques de Molay fut emprisonné et aurait prononcé sa célèbre malédiction[réf. nécessaire]. Jeanne annonce clairement quatre événements : la libération d’Orléans, le sacre du roi à Reims, la libération de Paris et la libération du duc d’Orléans. Après l’avoir fait interroger par les autorités ecclésiastiques à Poitiers où des matrones constatent sa virginité, et après avoir fait une enquête à Domrémy, Charles donne son accord pour envoyer Jeanne à Orléans assiégée par les Anglais, non pas à la tête d’une armée, mais avec un convoi de ravitaillement[4]. Ce sera à Jeanne de faire ses preuves.

Jeanne la Pucelle, chef de guerre : avril 1429 – mai 1430

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Statue dans la cathédrale de Reims (mars 2006)

Ses frères la rejoignent. On l’équipe d’une armure et d’une bannière blanche frappée de la fleur de lys, elle y inscrit Jesus Maria, qui est aussi la devise des ordres mendiants (les dominicains et les franciscains). En partance de Blois pour Orléans, Jeanne expulse ou marie les prostituées de l’armée de secours et fait précéder ses troupes d’ecclésiastiques. Arrivée à Orléans le 29 avril, elle apporte le ravitaillement et y rencontre Jean d’Orléans, dit « le Bâtard d’Orléans », futur comte de Dunois. Elle est accueillie avec enthousiasme par la population, mais les capitaines de guerre sont réservés. Avec sa foi, sa confiance et son enthousiasme, elle parvient à insuffler aux soldats français désespérés une énergie nouvelle et à contraindre les Anglais à lever le siège de la ville dans la nuit du 7 au 8 mai 1429.

Siège d’Orléans et Bataille de Patay.

Après cette victoire (encore célébrée à Orléans au cours des « Fêtes johanniques », chaque année du 29 avril au 8 mai), on la surnomme la « Pucelle d’Orléans ». Après le nettoyage de la vallée de la Loire grâce à la victoire de Patay (où Jeanne d’Arc ne prit pas part aux combats), le 18 juin 1429 remportée face aux Anglais, elle persuade le dauphin d’aller à Reims se faire sacrer roi de France.

Pour arriver à Reims, l’équipée doit traverser des villes sous domination bourguignonne qui n’ont pas de raison d’ouvrir leurs portes, et que personne n’a les moyens de contraindre militairement. Selon Dunois, le coup de bluff aux portes de Troyes entraîne la soumission de la ville mais aussi de Châlons-en-Champagne et Reims. Dès lors, la traversée est possible.

Raid sur Reims.

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1429     Territoires contrôlés par Henri V      Territoires contrôlés par le duc de Bourgogne      Territoires contrôlés par le dauphin Charles      Principales batailles            Raid Anglais de 1415             Itinéraire de Jeanne d’Arc vers Reims en 1429

Le 17 juillet 1429, dans la cathédrale de Reims, en la présence de Jeanne d’Arc, Charles VII est sacré par l’archevêque Renault de Chartres. Le duc de Bourgogne, en tant que pair du royaume, est absent, Jeanne lui envoie une lettre le jour même du sacre pour lui demander la paix. L’effet politique et psychologique de ce sacre est majeur. Reims étant au cœur du territoire contrôlé par les Bourguignons et hautement symbolique, il est interprété par beaucoup à l’époque comme le résultat d’une volonté divine. Il légitime Charles VII qui était déshérité par le traité de Troyes et soupçonné d’être en réalité le fils illégitime du Duc d’Orléans et Isabelle de Bavière.

Cette partie de la vie de Jeanne d’Arc constitue communément son épopée : ces événements qui fourmillent d’anecdotes où les contemporains voient régulièrement des petits miracles, le tout conforté par leurs références explicites dans les procès, ont grandement contribué à forger la légende et l’histoire officielle de Jeanne d’Arc. La découverte miraculeuse de l’épée dite de « Charles Martel » sous l’autel de Sainte-Catherine-de-Fierbois, en est un exemple.

Dans la foulée, Jeanne d’Arc tente de convaincre le roi de reprendre Paris aux Bourguignons, mais il hésite. Une attaque est menée par Jeanne sur Paris (porte Saint-Honoré), mais doit être rapidement abandonnée. Le Roi finit par interdire tout nouvel assaut : l’argent et les vivres manquent et la discorde règne au sein de son conseil. C’est une retraite forcée vers la Loire, l’armée est dissoute.

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Vitrail de l’église Saint-Jacques, Compiègne

Jeanne repart néanmoins en campagne : désormais elle conduit sa propre troupe et donc rien ne la distingue des chefs de guerres indépendants, elle ne représente plus le roi. Ses troupes lutteront contre des capitaines locaux, mais sans beaucoup de succès. Le 4 novembre 1429, « la Pucelle » et Charles d’Albret s’emparent de Saint-Pierre-le-Moûtier. Le 23 novembre, ils mettent le siège devant La Charité-sur-Loire pour en chasser Perrinet Gressart. Pour Noël, Jeanne a regagné Jargeau suite à l’échec du siège[5].

Jeanne est alors conviée à rester dans le château de la Trémouille à Sully-sur-Loire. Elle s’échappera rapidement de sa prison dorée, pour répondre à l’appel à l’aide de Compiègne, assiégée par les Bourguignons. Finalement, elle est capturée lors d’une sortie aux portes de Compiègne le 23 mai 1430. Elle essaie de s’échapper par deux fois, mais échoue. Elle se blessera même sérieusement en sautant par une fenêtre au château de Beaurevoir. Elle est rachetée par les Anglais pour 10 000 livres et confiée à Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et allié des Anglais.

Le procès et la condamnation (1431)

Le procès

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Tour Jeanne-d’Arc, tour du château de Philippe Auguste à Rouen

Lors de son procès qui dura du 21 février au 23 mai 1431[6], elle est accusée d’hérésie et interrogée sans ménagement à Rouen. Elle est emprisonnée dans le donjon du château de Philippe Auguste ; seule une tour de la construction est parvenue jusqu’à nous et appelée maintenant « tour Jeanne-d’Arc ». Le procès débute le 21 février 1431. Jugée par l’Église, elle reste néanmoins emprisonnée dans les prisons anglaises, au mépris du droit canon.

Si ses conditions d’emprisonnement sont particulièrement difficiles, Jeanne n’a néanmoins pas été soumise à la question pour avouer, c’est-à-dire à la torture. Or à l’époque, la torture était une étape nécessaire à un « bon procès ». Cette surprenante absence de torture a servi d’argument pour une origine « noble » de Jeanne d’Arc. Les bourreaux n’auraient pas osé porter la main sur elle[7].

 

« Sur l’amour ou la haine que Dieu porte aux Anglais, je n’en sais rien, mais je suis convaincue qu’ils seront boutés hors de France, exceptés ceux qui mourront sur cette terre. »

— Jeanne d’Arc à son procès (le 15 mars 1431)

Les enquêteurs, conduits par l’évêque de Beauvais, Mgr Cauchon, ne parviennent pas à établir un chef d’accusation valable : Jeanne semble être une bonne chrétienne, convaincue de sa mission, différente des hérétiques qui pullulent dans un climat de défiance vis-à-vis de l’Église en ces temps troublés. Le tribunal lui reproche par défaut de porter des habits d’homme, d’avoir quitté ses parents sans qu’ils lui aient donné congé, et surtout de s’en remettre systématiquement au jugement de Dieu plutôt qu’à celui de « l’Église militante », c’est-à-dire l’autorité ecclésiastique terrestre. Les juges estiment également que ses « voix », auxquelles elle se réfère constamment, sont en fait inspirées par le démon. L’Université de Paris (Sorbonne), alors à la solde des Bourguignons, rend son avis : Jeanne est coupable d’être schismatique, apostate, menteuse, devineresse, suspecte d’hérésie, errante en la foi, blasphématrice de Dieu et des saints. Jeanne en appelle au Pape, ce qui sera ignoré par les juges.

Condamnation et exécution

Le 24 mai, au cimetière Saint-Ouen de Rouen, les juges mettent en scène une parodie de bûcher[réf. nécessaire] pour effrayer Jeanne et la presser de reconnaître ses fautes. Jeanne sous la promesse orale (donc invérifiable) du tribunal de l’incarcérer dans une prison ecclésiastique, signe d’une croix (alors qu’elle savait écrire son nom) l’abjuration de ses erreurs, reconnaissant avoir menti à propos des voix et se soumet à l’autorité de l’Église. Elle est alors renvoyée dans sa prison aux mains des Anglais. S’estimant trompée, elle se rétracte deux jours plus tard, endosse de nouveau des habits d’homme (dans des conditions obscures). Déclarée « relapse » (retombée dans ses erreurs passées), le tribunal la condamne au bûcher et la livre au « bras séculier ». Le 30 mai 1431, elle est brûlée vive place du Vieux-Marché à Rouen par le bourreau Geoffroy Thérage[8]. Elle rend l’âme en criant trois fois « Jésus ». Selon les témoignages, elle est voilée et placée à plus de trois mètres de hauteur[7].

Le cardinal de Winchester avait insisté pour qu’il ne reste rien de son corps. Il désirait éviter tout culte posthume de la « pucelle ». Il avait donc ordonné trois crémations successives. La première vit mourir Jeanne d’Arc par intoxication au monoxyde de carbone, la seconde laissa au centre du bûcher les organes calcinés, et de la troisième il ne resta que des cendres et des débris osseux qui furent ensuite dispersés par Geoffray Therage[9], le bourreau, dans la Seine[10] (là où a été construit plus tard le Pont Jeanne-d’Arc) afin qu’on ne puisse pas en faire de reliques.

Reliques

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Jeanne au bûcher par Hermann Anton Stilke

De prétendues reliques de Jeanne d’Arc sont conservées au musée d’Art et d’Histoire de Chinon. Propriété de l’archevêché de Tours, elles ont été mises en dépôt dans ce musée en 1963. Le bocal de verre qui les contient a été découvert à Paris en 1867 dans le grenier d’une pharmacie[11], située rue du Temple, par un étudiant en pharmacie, M. Noblet[12]. Le parchemin qui fermait l’ouverture du bocal portait la mention : « Restes trouvés sous le bûcher de Jeanne d’Arc, pucelle d’Orléans ».

Le bocal contient une côte humaine de 10 cm de long recouverte d’une couche noirâtre, un morceau de tissu de lin d’une quinzaine de centimètres de longueur, un fémur de chat et des fragments de charbons de bois.

Le médecin-légiste français Philippe Charlier, spécialiste de pathographie, qui a analysé les restes à partir de février 2006 avec son équipe de l’hôpital Raymond-Poincaré à Garches (Hauts-de-Seine), conclut qu’il s’agit de restes de momies, à la fois momie humaine et momie animale, d’origine égyptienne datés de la Basse époque et qui auraient pu faire partie soit de la collection d’un cabinet d’amateur soit de la pharmacopée d’un apothicaire avant d’être employés à la confection de ces pseudo-reliques[13].

Une analyse microscopique et chimique du fragment de côte montre qu’il n’a pas été brûlé, mais imprégné d’un produit végétal et minéral de couleur noire. Sa composition s’apparente plus à celle du bitume ou de la poix qu’à celle de résidus organiques d’origine humaine ou animale ayant été réduits à l’état de charbon par crémation.

Les « nez » de grands parfumeurs (Guerlain et Jean Patou) ont notamment décelé sur le morceau de côte une odeur de vanille. Or ce parfum peut être produit par « la décomposition d’un corps », comme dans le cas d’une momification, pas par sa crémation.

Le tissu de lin, quant à lui, n’a pas été brûlé, mais teint et a les caractéristiques de celui utilisé par les Égyptiens pour envelopper les momies.

D’autre part, concernant le pollen, il a été noté une grande richesse de pollens de pin, vraisemblablement en rapport avec l’usage de résine en Égypte au cours de l’embaumement.

Enfin, une étude au carbone 14 a daté les restes entre le VIe et le IIIe siècle av. J.-C., et un examen spectrométrique du revêtement à la surface des os a montré qu’il correspondait à ceux de momies égyptiennes de cette période tardive.

Le procès en réhabilitation : 1455-1456

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Jeanne d’Arc par Rubens (1620)

Lorsque Charles reprend Rouen, un second procès, à la demande de la mère de Jeanne et sur décret du pape espagnol Calixte III, casse en 1456 le premier jugement pour « corruption, dol, calomnie, fraude et malice » grâce au travail de Jean Brehal. Le Pape ordonna à Thomas Basin, évêque de Lisieux et conseiller de Charles VII, d’étudier en profondeur les actes du procès de Jeanne d’Arc. Son mémoire fut la condition juridique du procès en réhabilitation. Après avoir enregistré les dépositions de nombreux contemporains de Jeanne, dont les notaires du premier procès et certains juges, il déclare le premier procès et ses conclusions « nuls, non avenus, sans valeur ni effet » et réhabilite entièrement Jeanne et sa famille[14]. Il ordonne également l’« apposition [d'une] croix honnête pour la perpétuelle mémoire de la défunte » au lieu même où Jeanne est morte[14]. La plupart des juges du premier procès, dont l’évêque Cauchon, sont morts entre temps.

Jeanne d’Arc et son époque : enjeux et problèmes

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Statue de Jeanne d’Arc à Paris

Jeanne d’Arc et ses contemporains

Jeanne d’Arc fut très populaire de son vivant, la chevauchée vers Reims la fait connaître également à l’étranger. Elle commence à recevoir des courriers sur des questionnements théologiques venant de nombreuses contrées. On lui demandera son avis sur lequel des papes, alors en concurrence, est le vrai. Jeanne se rapproche des ordres mendiants. Elle était une des nombreux prédicateurs en cette époque se disant directement envoyés de Dieu. Même si l’objet principal de sa mission est la restauration du trône de France, la Pucelle prend parti de fait sur le plan théologique et fait débat. Les conflits d’intérêts autour d’elle dépassent la rivalité politique entre les Anglais et les partisans du dauphin.

Ainsi l’Université de Paris, qui était « remplie des créatures du roi d’Angleterre » ne la voit pas d’un bon œil, à l’opposé des théologiens de Poitiers, composée des universitaires parisiens exilés par les Anglais, et également à l’inverse de l’archevêque d’Embrun, des évêques de Poitiers et de Maguelonne, Jean de Gerson (auparavant chancelier de l’université de Paris), l’Inquisiteur général de Toulouse, ou encore l’Inquisiteur Jean Dupuy qui ne voyait que comme enjeux « à savoir la restitution du roi à son royaume et l’expulsion ou l’écrasement très juste d’ennemis très obstinés ». Ces gens d’Église, et autres, soutenaient la Pucelle.

Pour l’éminente autorité religieuse qu’était alors la Sorbonne, le comportement religieux de Jeanne dépasse l’enjeu de reconquête du royaume, et les docteurs en théologie de cette institution la considèrent comme une menace contre leur autorité, notamment à cause du soutien des rivaux de l’Université à Jeanne, et pour ce qu’elle représente dans les luttes d’influence à l’intérieur de l’Église.

Jeanne n’a pas eu non plus que des amis à la cour du dauphin, le parti du favori La Trémouille (dont Gilles de Rais était) se plaça régulièrement en opposition, au conseil du dauphin, face à ses initiatives.

Son rôle dans la guerre de Cent Ans

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Jeanne au siège d’Orléans, peinture de Jules Eugène Lenepveu, vers 1886-1890, au Panthéon de Paris

Jeanne d’Arc n’a ni influé à elle seule sur la phase finale de la guerre, qui s’est achevée en 1453, ni été inexistante dans le rôle tactique et stratégique de sa campagne. Dunois parle d’une personne douée d’un bon sens indéniable et tout à fait capable de placer aux points clés les pièces d’artillerie de l’époque. Les faits d’armes sont donc à porter à son crédit même si certaines batailles ont été réglées en partie par de curieux événements. Elle fut en outre un chef indéniablement charismatique.

Sur le plan géopolitique, le royaume de France, même privé de tout ce qui était situé au nord de la Loire, bénéficiait de ressources humaines et matérielles bien supérieures à celles de l’Angleterre, quatre fois moins peuplée. La stratégie de Charles V, qui misait sur le temps, en évitant les combats et en assiégeant une par une les places fortes, a parfaitement montré les limites de l’invasion anglaise.

Cependant, avant l’intervention de Jeanne d’Arc, les Anglais bénéficiaient d’un avantage psychologique extrêmement important lié à plusieurs raisons :

  1. la réputation d’invincibilité de leurs troupes ;
  2. le traité de Troyes qui déshéritait le dauphin Charles et mettait en doute sa filiation à l’égard du roi Charles VI ;
  3. un état d’abattement et de résignation de la population ;
  4. l’alliance avec la Bourgogne.

L’avantage numérique du royaume de France pesait peu. Cette situation faisait qu’en 1429 la dynamique était anglaise.

Jeanne a eu indéniablement le mérite d’inverser l’ascendant psychologique en faveur de la France, en remontant le moral des armées et des populations, en légitimant et sacrant le roi, et en battant les Anglais. Charles VII a eu, lui, l’initiative de se raccommoder avec les Bourguignons, étape indispensable pour la reconquête de Paris. Jeanne d’Arc visiblement ne portait pas les Bourguignons dans son cœur à cause de leur proximité avec son village de Domrémy et des heurts qu’il avait pu y avoir.

L’enjeu de sa virginité

Si « pucelle » à l’époque semble signifier « servante » et non « vierge »[15], Jeanne mettait aussi en avant sa virginité pour prouver, selon les moeurs de son temps, qu’elle était envoyée de Dieu et non une sorcière et affirmer clairement sa pureté, aussi bien physiquement que dans ses intentions religieuses et politiques. Dès lors vérifier sa virginité devient un enjeu important, étant donné l’importance politique des projets de Jeanne : restaurer la légitimité de Charles, et l’amener au sacre.

Par deux fois, la virginité de Jeanne fut constatée par des matrones, à Poitiers en mars 1429, mais aussi à Rouen, le 13 janvier 1431. Pierre Cauchon (celui-là même qui la fit brûler) avait ordonné ce deuxième examen pour trouver un chef d’accusation contre elle, en vain.

Il est en revanche difficile de savoir ce qui s’est passé entre le jugement et le constat de « relapse », période où Jeanne a été durement maltraitée par ses geôliers, défigurée. Selon Martin Ladvenu, un lord anglais aurait essayé de la forcer dans sa prison, en vain.

Problèmes des sources historiques

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Statue de Jeanne d’Arc, place du parvis à Reims

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Statue de Jeanne d’Arc à Compiègne.

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Statue de Jeanne d’Arc à Poitiers

Les deux sources principales sur l’histoire de Jeanne d’Arc sont le procès en condamnation de 1431, et le procès en réhabilitation de 1455-1456. Étant des actes juridiques, elles ont l’immense avantage d’être des retranscriptions les plus fidèles des dépositions. Mais elles ne sont pas les seules : des notices, des chroniques ont également été rédigées de son vivant, telle que la Geste des nobles François, la Chronique de la Pucelle, la Chronique de Perceval de Cagny, ou encore le Journal du siège d’Orléans et du voyage de Reims. Il faut ajouter également les rapports des diplomates et autres informateurs.

C’est Jules Quicherat qui rassemblera de manière quasi-exhaustive l’historiographie johannique entre 1841 et 1849, en 5 volumes. Entre le XVe siècle et le XIXe siècle, une foule d’écrivains, de politiciens, de religieux se sont appropriés Jeanne d’Arc, et leurs écrits sont nombreux. Il faut donc être prudent dans la manipulation des sources : peu lui sont contemporaines, et elles réinterprètent souvent les sources originelles dans le contexte de leur interprète.

Les procès sont des actes juridiques. Les deux procès ont la particularité d’avoir subi une influence politique évidente, et la méthode inquisitoire suppose bien souvent que l’accusée et les témoins ne répondent qu’aux questions posées. De plus le procès de 1431 fut retranscrit en latin (vraisemblablement à l’insu de Jeanne), alors que les interrogatoires étaient en français.

Philippe Contamine, au cours de ses recherches, a constaté une abondance d’écrits dès 1429, et le « formidable retentissement au niveau international » dont cette abondance témoigne. Il remarque également que Jeanne d’Arc fut d’emblée mise en controverse et fit débat par ses contemporains. Enfin, dès le début « des légendes coururent à son sujet, concernant son enfance, ses prophéties, sa mission, les miracles ou les prodiges dont elle était l’auteur. Au commencement était le mythe. »

Il apparaît donc qu’aucun document contemporain de l’époque – hormis les minutes des procès – n’est à l’abri de déformation issue de l’imaginaire collectif. Au cours du procès de réhabilitation, les témoins racontent d’après des souvenirs vieux de 26 ans.

L’anoblissement accordé à Jeanne d’Arc par le roi Charles VII[16] pose un autre problème. Il ne reste en effet aucune charte originale pour l’attester, mais uniquement des documents attestant de cet anoblissement rédigés postérieurement. Ces documents dont nous ne savons s’ils sont faux ou déforment une partie de la vérité historique font apparaître que Jeanne d’Arc avait été anoblie par Charles VII et avec elle ses parents, comme il était d’usage pour assoir la filiation nobiliaire sans contestation, et par conséquent la filiation présente et à venir de ses frères et sœur. En 1614, la descendance fort nombreuse de la famille d’Arc montra qu’elle s’établissait uniquement vers la roture, et le roi leur retira leur titre de noblesse. Par ailleurs, le trésor y gagna en nombreuses pensions, car chaque membre de la lignée pouvait prétendre à indemnisation de la part du trésor pour le sacrifice de Jeanne d’Arc.

Une des copies de la charte d’anoblissement qui nous est parvenue dit que le roi Charles VII la fit Jeanne dame du Lys, sans lui concéder un pouce de terre, ni à elle ni à ses frères et sœur, ce qui était contraire à l’usage de l’anoblissement, car le titre visait à assoir la propriété de façon héréditaire. En d’autres termes, la faisant dame du Lys, le roi Charles VII la liait au royaume et à la nation mais puisqu’elle s’était vouée à la chasteté et à la pauvreté il ne lui allouait aucun bénéfice terrestre, ce qui privait du même coup sa parentèle de la possibilité d’user convenablement de cet anoblissement puisqu’elle demeurait sans possibilité de s’élever dans la société nobiliaire. Les d’Arc restèrent des roturiers par la force des choses.

Sa reconnaissance

Mythes de Jeanne d’Arc.

Relapse puis héroïne

Christine de Pisan est un des rares auteurs contemporains à avoir fait l’éloge de Jeanne d’Arc, la nouvelle Judith. Villon mentionne en deux vers, parmi les Dames du temps jadis, « Jeanne la bonne Lorraine / Qu’Anglois brûlèrent à Rouen ». Avant le XIXe siècle, l’image de Jeanne d’Arc est défigurée par la littérature. Seule la notice d’Edmont Richier, surtout prolifique sur le plan théologique, apporte un volet historique cependant entaché d’inexactitudes. Chapelain, poète officiel de Louis XIV, lui consacre une épopée malheureusement très médiocre au plan littéraire. Voltaire ne consacre qu’un vers et demi à la gloire de Jeanne d’Arc dans son Henriade, chant VII « … Et vous, brave amazone, La honte des Anglais, et le soutien du trône. » et en consacra plus de vingt mille à la déshonorer[17].

Réhabilitations et exploitations de Jeanne d’Arc

Depuis le XIXe siècle, les exploits de Jeanne d’Arc sont usurpés pour servir certains desseins politiques au mépris de l’histoire. Les arcanes de cette exploitation d’une héroïne qui symbolise la France de façon mythique, voire mystique sont innombrables. On retint surtout les thèses évoquées lors de son procès[18] : la mandragore[19] suggérée par Cauchon, l’instrument politique destiné à jeter la terreur dans les troupes anglaises, et la si romanesque main de Dieu (qu’on y voit de l’hérésie ou des desseins monarchiques).

Jeanne d’Arc a été réhabilitée en 1817, dans le livre de Philippe-Alexandre Le Brun de Charmettes : Histoire de Jeanne d’Arc, surnommée la Pucelle d’Orléans, tirée de ses propres déclarations, de cent quarante-quatre dépositions de témoins oculaires, et des manuscrits de la bibliothèque du roi de la tour de Londres[20]. Le travail scrupuleux de cet historien, fondé sur des enquêtes rigoureuses, et l’étude de documents originaux, a souvent été réutilisé comme base de travail par des écrivains français et étrangers, tel Jules Quicherat, qui ont contribué à redonner ses titres de noblesse à la Pucelle d’Orléans[21].

Jeanne d’Arc est canonisée en 1920, et Pie XI la proclame sainte patronne secondaire de la France en 1922[22]

Jeanne des Armoises, Jeanne de Sermaises et les autres pucelles

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Jeanne d’Arc par P.A. Le Brun de Charmettes (L’Orléanide-1817)

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Portrait hagiographique de Jeanne d’Arc

Plusieurs femmes se présentèrent comme étant Jeanne d’Arc affirmant avoir échappé aux flammes. Pour la plupart, leur imposture fut rapidement décelée, mais deux d’entre elles parvinrent à convaincre leurs contemporains qu’elles étaient réellement Jeanne d’Arc : il s’agit de Jeanne des Armoises et de Jeanne de Sermaises, qui étaient peut-être une seule et même personne.

D’après une source tardive (trouvée en 1686 à Metz), Jeanne des Armoises apparut pour la première fois le 20 mai 1436 à Metz où elle rencontre les deux frères de Jeanne d’Arc, qui la reconnaissent pour leur sœur. Il est impossible de déterminer s’ils ont vraiment cru qu’elle était leur sœur ou non. Quoi qu’il en soit, Jeanne des Armoises reste le cas le plus sérieux.

En 1456, après la réhabilitation de la Pucelle, Jeanne de Sermaises apparut en Anjou. Elle fut accusée de s’être fait appeler la Pucelle d’Orléans, d’avoir porté des vêtements d’homme. Elle fut emprisonnée jusqu’en février 1458, et libérée à la condition qu’elle s’habillerait « honnêtement ». Elle disparaît des sources après cette date.

Les « consœurs »

Jeanne d’Arc ne fut pas un cas unique à son époque. Le Journal d’un bourgeois de Paris rapporte un sermon entendu le 4 juillet 1431 faisant référence à trois autres femmes :

« Encore dist il en son sermon qu’ilz estoient IIII, dont les III avoit esté prinses, c’est assavoir ceste Pucelle, et Perronne et sa compaigne, et une qui est avec les Arminalx (Armagnacs), nommée Katherine de La Rochelle ; … et disoit que toutes ces quatre pouvres femme frère Richart le cordelier (…) les avoit toute ainsi gouvernées ; (…) et que le jour de Noel, en la ville de Jarguiau (Jargeau), il bailla à ceste dame Jehanne la Pucelle trois foys le corps de Nostre Seigneur (…) ; et l’avoit baillé à Peronne, celui jour, deux fois (…) »

De ces trois autres femmes, le même Bourgeois de Paris relate l’exécution de Piéronne, qui « estoit de Bretaigne bretonnant » et fut brûlée sur le parvis de Notre-Dame le 3 septembre 1430. Et s’il ne la nomme pas, le Formicarium du frère Jean Nider semble décrire la même exécution.

Interrogée au sujet de Katherine de La Rochelle lors de son procès, Jeanne d’Arc déclara l’avoir rencontrée et lui avoir répondu « qu’elle retournât à son mari, faire son ménage et nourrir ses enfants ».

Elle ajouta : « Et pour en savoir la certitude, j’en parlai à sainte Marguerite ou sainte Catherine, qui me dirent que du fait de cette Catherine n’était que folie, et que c’était tout néant. J’écrivis à mon Roi que je lui dirais ce qu’il en devait faire ; et quand je vins à lui, je lui dis que c’était folie et tout néant du fait de Catherine. Toutefois frère Richard voulait qu’on la mît en œuvre. Et ont été très mal contents de moi frère Richard et ladite Catherine. »

Thèses divergentes sur l’origine de Jeanne d’Arc

Un journaliste à l’Est républicain, Marcel Gay, et Roger Senzig, qui s’intéresse à Jeanne d’Arc, nient la thèse de l’imposture. Dans L’affaire Jeanne d’Arc[23], les auteurs reprennent une thèse inventée par le sous-préfet Pierre Caze en 1802 en prétendant que Jeanne serait la fille illégitime d’Isabeau de Bavière et Louis d’Orléans (mort en 1407), et donc sœur de Charles VII. Elle aurait été confiée, à sa naissance, à la famille d’Arc, discrètement chargée de l’élever. Elle n’aurait jamais été bergère (comme elle le précise deux fois très clairement lors de son procès) et les seules voix qu’elle aurait entendues seraient celles des envoyés de la couronne, lui demandant de coopérer à une mission de sauvetage de Charles VII. Selon eux, cette origine noble expliquerait pourquoi elle parlait un très bon français et non la langue locale de Domrémy où, selon les auteurs, très peu de gens s’exprimaient en français. Son statut de noble lui aurait également permis d’apprendre à chevaucher de fougueux destriers, à manier l’épée, à faire la guerre et à être reçue sans difficultés par Robert de Baudricourt. Toutes choses impensables pour une simple bergère. Cette même thèse adopte les nombreuses histoires de survivance de Jeanne d’Arc : Jeanne ne serait pas morte en 1431. Elle aurait été remplacée sur le bûcher par une autre femme, dont Marcel Gay et Roger Senzig ne précisent pas le nom, et Jeanne aurait épousé Robert des Armoises. Elle aurait fini ses jours au château de Jaulny en Lorraine, puis aurait été enterrée à Pulligny, dont une plaque trouvée dans l’église commémora le décès de Jeanne des Armoises.

Si aucune preuve n’est apportée de la naissance de Jeanne à Domrémy, il est attesté qu’elle a bien vécu en Lorraine. Par ailleurs, à une époque où les prêtres dispensaient l’instruction, et Domrémy étant une paroisse qui relevait du domaine royal, avoir reçu un enseignement en français n’est pas une gageure. Le fait qu’elle ait été noble n’explique en rien qu’elle ait pu apprendre à monter des chevaux de guerre, les femmes nobles montant des haquenées et non des destriers, ni à manier l’épée, ce qui faisait partie de l’éducation masculine seulement. Par ailleurs, Jeanne d’Arc a déclaré lors de son procès ne jamais s’être servie de son épée. Robert de Baudricourt ne l’a pas reçue sans difficulté mais n’a fait que céder aux pressions de son entourage. Le reste de la thèse (enfant illégitime, confiée à un couple de paysans, sœur d’un roi qui peine à retrouver son trône, etc.) n’est pas sans ressembler aux mythes de la naissance de Zeus, Romulus et Rémus, Œdipe… où le personnage principal est fils de roi ou de reine et caché à la naissance par une nourrice fidèle qui le confie à d’humbles paysans.

Les thèses d’imposture de Jeanne d’Arc reprises par des auteurs ressemblent à celles courant sur Louis XVII, la grande-duchesse Anastasia, le tsar Alexandre Ier, ou encore le fils d’Ivan le Terrible. Ce caractère romanesque, les approximations, les raccourcis et les simplifications expliquent que L’Affaire Jeanne d’Arc ne soit pas un travail reconnu par la communauté scientifique. Aucun historien ne l’a repris.

Œuvres inspirées par Jeanne d’Arc

Œuvres inspirées par Jeanne d’Arc.

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L’inspiration et la vision de Jeanne d’Arc – Par Louis-Maurice Boutet de Monvel – 1911

Œuvres littéraires

Le personnage, dans son ambivalence et sa grande complexité, a fasciné les écrivains et les dramaturges à travers les époques.

Les pièces les plus connues qui offrent une large diversité d’interprétation sur sa vie, ont été écrites par Shakespeare (Henri VI), Voltaire (La Pucelle d’Orléans), Schiller (La Pucelle d’Orléans), George Bernard Shaw (Sainte Jeanne), Jean Anouilh (L’Alouette) et Bertolt Brecht (Sainte Jeanne des abattoirs).

Samuel Clemens écrivit une biographie de fiction sous le nom de plume de Sieur Louis de Conte, sans utiliser son pseudonyme de Mark Twain. Thomas de Quincey, qui fut l’un des seuls Anglais à prendre la défense de Jeanne d’Arc, a écrit un Jeanne d’Arc[24] en 1847. Louis-Maurice Boutet de Monvel en fit un livre d’illustration pour enfants en 1896 qui connut un grand succès.

Adaptations à l’écran

Jeanne d’Arc a inspiré plusieurs films :

Objets ayant appartenu à Jeanne d’Arc

L’armure

Charles VII paya à Jeanne une armure coûtant 100 écus, soit 2.500 sols ou 125 livres tournois. Cette somme n’est pas extraordinaire, il suffit de la rapprocher de l’inventaire établi par Jehanne lors de son procès : « Elle dit ensuite que ses frères ont ses biens, ses chevaux, épées, à ce qu’elle croit, et autres qui valent plus de 12.000 écus. Elle répondit qu’elle avait dix ou douze mille écus qu’elle a vaillant… » Le comte de Laval par témoignage nous apprend qu’il s’agissait d’un « harnois blanc », c’est-à-dire de pièces d’armure d’un seul tenant, et non d’une brigandine. Par comparaison, cette armure valait deux fois le prix de l’équipement le moins coûteux, et huit fois moins que le plus cher. Cette armure fut offerte à Saint-Denis en ex-voto après l’échec de l’assaut sur Paris. A partir de ce moment, elle porta une armure prise sur un Bourguignon, sans qu’on connaisse la valeur de ce nouvel équipement. L’armure de Saint-Denis ne fut certainement pas détruite mais a peut-être subi le sort de l’épée qui fut déposée à Sainte-Catherine de Fierbois par un soldat et empruntée par Jeanne[25].

L’épée

L’épée qui accompagna Jeanne d’Arc pendant toutes ses batailles fut découverte sur son indication sous les dalles de l’église de Sainte-Catherine-de-Fierbois (Indre-et-Loire), parmi d’autres épées enterrées par des soldats de passage. Cette épée fort ancienne était décorée de cinq croix. La rouille qui la recouvrait aurait disparu aussitôt que Jeanne d’Arc eut l’épée en main. Jeanne d’Arc la brisa en tapant du plat de l’épée sur son dos selon Jules Quicherat. Certains y virent un mauvais présage.

Jean Chartier, dans Journal du siège et Chronique de la Pucelle, mentionne l’épée et les circonstances de son acquisition par la Pucelle : le roi voulut lui donner une épée, elle demanda celle de Sainte-Catherine de Fierbois, « on lui demanda si elle l’avoit oncques veue, et elle dit que non.  » Un forgeron fut envoyé depuis Tours et découvrit l’épée parmi plusieurs ex-voto déposés là, apparemment dans un coffre derrière l’autel. Jeanne brisa cette épée sur le dos d’une prostituée, à Saint-Denis, selon le duc d’Alençon, vraisemblablement après la tentative manquée contre Paris. Il semble qu’elle ait pris l’habitude de frapper avec cette épée sur le dos des filles de joie qu’elle rencontrait, de tels incidents étant précédemment mentionnés à Auxerre par le chroniqueur Jean Chartier et par son page, Louis de Coutes, pour l’étape Château-Thierry. Charles VII se montra très mécontent du bris de l’épée. Celle-ci avait en effet pris des allures d’arme magique parmi les compagnons de Jeanne, et sa destruction passa pour un mauvais présage. On n’a aucun indice sur ce que sont devenus les morceaux[26].

Il ne faut pas confondre l’épée réelle et l’épée « virtuelle » qui se trouve décrite dans les armoiries de la famille d’Arc. Dans le blason de Jeanne, l’épée est représentée avec cinq fleurs de lys alors que les textes concernant l’épée de Fierbois ne mentionnent que cinq croix.

Le chapeau

Quand elle portait des habits d’homme, Jeanne soulignait son élégance par le port de chapeaux ou de chaperons ornés d’une longue bande de tissus déchiquetés. Un de ses chapeaux eut un destin particulier, et parvint jusqu’à la Révolution, où il disparut de la manière qui va suivre. On en trouve plusieurs descriptions :

Depuis le 29 avril 1429, date de son arrivée à Orléans, Jeanne logeait chez Jacques Boucher, trésorier du duc d’Orléans, et son épouse Jeanne Lhuillier, dont le frère confectionna la huque qu’on lui offrit. Elle dût être fort bien reçue, car elle qualifie des hôtes comme « ses bons amis du grand hostel de la porte Renart ». Logée dans cette maison avec, entre autres, ses frères Pierre et Jean, ainsi que Jean d’Aulon, son fidèle écuyer, elle partageait, comme cela se faisait à l’époque, le même lit que la fille de la maison, la petite Charlotte (9 ans), et l’on dormait nu. On peut imaginer qu’elles discutaient ensemble, le soir, avant de s’endormir. Jeanne avait pris en amitié cette petite fille, et était sans doute pour elle un peu comme une grande soeur. Rien d’étonnant qu’elle lui laisse un souvenir d’elle, ce qu’elle a dû faire, après avoir séjourné dix jours chez Jacques Boucher, au moment de son départ, le 10 mai 1429, pour entreprendre la campagne de Loire après la délivrance d’Orléans. Au Moyen Âge, quand on voulait remercier quelqu’un de son affection ou de sa gentillesse, il était coutume d’offrir un objet personnel, ou de lui en faire don par testament. Jeanne ne déroge pas à cette règle, et elle offrit plusieurs autres de ses objets personnels (un anneau en or, elle en possédait trois, à la veuve de du Guesclin, le 1er juin 1429; un habit rouge, qu’elle tenait du duc d’Orléans, qu’elle offrit en juillet 1429, à Châlons, à Jean Morel, de Domrémy, l’un de ses parrains….). C’est ainsi que ce chapeau échoue dans la famille de Jacques Boucher. C’était le chapeau qu’elle portait « à la ville », en satin bleu, bordé d’or, avec un « rebras », c’est-à-dire un segment relevé contre la calotte. Celle-ci était surmontée d’une fleur de lys en cuivre doré, de laquelle rayonnaient des filigranes d’or de Chypre, cousus en torsade sur la calotte. À l’extrémité de chaque filigrane était attaché une petite fleur de lys métallique.

Au 17e siècle, on trouvait ce chapeau dans la descendance d’Antoine Boucher, le frère de Charlotte. Durant un certain temps, les descendants de Jacques Boucher se transmirent cette relique de Jehanne. Le précieux dépôt quitta Orléans, passant tranquillement d’une génération à l’autre durant plus de 200 ans, jusqu’à Marguerite de Thérouanne, épouse de Jean de Métezeau. Celle-ci, voulant certainement mettre fin aux pérégrinations de ce chapeau, et afin qu’il soit en sûreté, le confia à son beau-frère, Paul Métezeau, prêtre de l’Oratoire de Jésus-Christ, en 1631, pour qu’il soit conservé par cette institution. Le Père Métezeau, orateur distingué et écrivain mystique, en fit don à l’Oratoire d’Orléans en 1691. C’est ainsi que le chapeau de Jeanne revint à Orléans. Les Oratoriens gardèrent fidèlement et respectueusement leur relique jusqu’à la Révolution, l’ayant disposée près de la chapelle, dans leur sacristie. Elle y resta encore cent ans. Les tourments de la Révolution, l’expulsion des religieux, suite à la loi du 13 février 1790, firent craindre à la congrégation des Oratoriens la disparition du chapeau historique. Voulant le préserver, et afin qu’il reste à Orléans, ils le confièrent à l’une des plus honorables familles orléanaises, en la personne de Madame de Saint-Hilaire, née Jogues de Guedreville. En 1791, le chapeau de Jeanne fut donc conservé par cette personne, dans son hôtel particulier, sis vis-à-vis de l’église Notre-Dame de Recouvrance, dans le vieux quartier historique de la ville, à deux pas de l’endroit où s’élevait la maison du trésorier du duc d’Orléans qui avait hébergé la Pucelle. Cet hôtel particulier, au n° 11 de la rue de Recouvrance, sera ensuite occupée par l’un des petits-fils, M. Arthur de Dreuzy.

Vers la fin d’août 1792, une bande de révolutionnaires vauriens et excités, conduite par « Léopard » Bourdon, représentant du peuple, se rend à l’hôtel de Madame de Saint-Hilaire, et somme cette femme de leur livrer le chapeau, pour le détruire. Celle-ci tenta de s’y opposer, mais il lui fût répondu par des cris de mort. Pour sauvegarder sa vie et celle de ses enfants, elle céda par obligation, et livra le chapeau à ces fous furieux ivres de vin et de sang. Ces sauvages allumèrent un feu dans la cour de l’hôtel, dans lequel ils jetèrent le chapeau de la Pucelle, dansant, criant et chantant le « çà ira », pendant que la seule relique de Jeanne que possédât Orléans était réduite en cendres. Il reste à préciser, selon les sept témoignages ci-avant, que le fameux chapeau était de couleur bleue (cinq témoignages), avec des rebras ou rebords retroussés (trois témoignages), garni de fleurs de lys dorées (quatre témoignages), en feutre (deux témoignages) et dans un étui de maroquin rouge (deux témoignages). L’un des témoignages le dit « en velours », et un autre avec quatre rubans, détails de fait peu importants[33].

(*) Wikipedia

 

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http://www.dailymotion.com/video/x7uzlw

 

 

Révolution Solaire de Jeanne d’ARC

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Pour le 06/01/1431 à 07h23 T.U. à Domrémy.

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 8 ET DU NOEUD SUD EN MAISON 2:

            Cette période favorise les aides, les soutiens, les apports les légations et les héritages. Il faut inclure aussi les dédommagements financiers, les dommages et intérêts et les préavis professionnels.

            Elle défavorise les ressources issues de vos propres efforts : soit les revenus se réduisent, soit des frais inhabituels interviennent; le « net » disponible s’en trouvera donc toujours réduit.

            Dans le même esprit, vos désirs personnels ne seront satisfaits qu’en vous conformant à réaliser d’abord les souhaits d’autrui. Toutes les autres démarches personnelles ne conduiront qu’à des frustrations. Inutiles de piétiner avant la fin de cette période. C’est le moment de réduire vos dépenses quelque peu en attendant des jours meilleurs, c’est à dire d’ici un an.

            En revanche, si l’argent gagné à titre personnel vous est moins favorable actuellement, vous pourrez bénéficier d’aides financières extérieures de soutien à partir de vos relations.

            Vous pourrez aussi obtenir plus facilement un crédit bancaire qui vous permettra de compenser le manque à gagner. Prévoyez des remboursements à long terme, car il vous faudra attendre la fin de cette période pour vous refaire une santé financière.

            Toutefois, comme la période suivante favorisera vos relations ou associations, vous pouvez dès maintenant accepter un apport associatif d’une relation qui  fructifiera ultérieurement.

            Au point de vue emploi, cette période est assez critique. C’est la période de tous les dangers au point de vue de rupture de contrat.

 

-=-=- F I N -=-=-

 

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Personnalité du 02/11/2010 – Marie-Antoinette d’Autriche 2 novembre, 2010

Posté par phoenix2savoie dans : 11/2010,Histoire de France,Personnalités du jour , 1 commentaire

————————————- PERSONNALITÉ DU JOUR ———————————

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/98/Marie-Antoinette,_1775_-_Mus%C3%A9e_Antoine_L%C3%A9cuyer.jpg
http://his.nicolas.free.fr/Images/Illustrations/WIK_MarieAntoinette_WEB.jpg

http://www.repro-tableaux.com/kunst/jacques_fabien_gautier_dagoty/marie_antoinette.jpg
Jacques-Fabien Gautier d’Agoty – Marie Antoinette (1755-93)

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/7c/MarieAntoinette1788.jpg

http://www.chateauversailles.fr/domaine-marie-antoinette

Article connexe : Louis XVI

——————————————— 06 Mai 2010 ——————————————

Marie-Antoinette d’AUTRICHE

né le 02 Novembre 1755 à 19h30 à Vienne – AUTRICHE

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Maria Antonia Anna Josépha Johanna de Habsbourg-Lorraine, plus connue sous le nom de Marie-Antoinette d’Autriche ou Marie-Antoinette de France (Vienne, 2 novembre 1755 – morte guillotinée à Paris, le 16 octobre 1793), était archiduchesse d’Autriche, princesse impériale, princesse royale de Hongrie et de Bohême, dauphine de France, reine de France et de Navarre (17741792), épouse de Louis XVI, roi de France. Elle était la sœur de Joseph II d’Autriche et de Léopold II d’Autriche. Elle fut surnommée l’Autrichienne dès son arrivée en France et, plus tard, « Madame Déficit » ou « Madame Véto ».

La jeunesse

À Vienne

Marie-Antoinette est le quinzième et avant-dernier enfant de l’empereur d’Allemagne François Ier de Lorraine et de l’archiduchesse d’Autriche Marie-Thérèse, au milieu de leurs cinq fils (Joseph l’héritier du trône, Léopold, Charles, Ferdinand et Maximilien) et de leurs huit filles (Marie-Anne, Marie-Christine, Marie-Elisabeth, Marie-Amélie, Marie-Jeanne, Jeanne-Gabrielle, Marie-Josèphe, Marie-Caroline).

Elle naît le 2 novembre 1755, au palais de la Hofburg, à Vienne. Ses parrain et marraine sont le roi Joseph Ier de Portugal et son épouse la reine Marie-Anne d’Espagne. On apprend quelques jours plus tard qu’un tremblement de terre a ravagé Lisbonne la veille de la naissance de l’archiduchesse, jour de la Toussaint (tremblement de terre de Lisbonne). D’aucuns y verront – surtout après coup – un mauvais présage.

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Pastel de Marie Antoinette réalisé par Joseph Ducreux en 1769 à l’intention du Dauphin afin qu’il puisse faire connaissance de sa future épouse.

L’archiduchesse est baptisée sous les prénoms Maria Antonia Josepha Johanna. Elle est aussitôt confiée aux « ayas », les gouvernantes de la famille royale (Mme de Brandeiss, puis la sévère Mme de Lerchenfeld) et partage son enfance entre le palais de la Hofburg à Vienne et le château de Schönbrunn. Marie-Antoinette reçoit une éducation où le maintien, la danse, la musique et le paraître occupent l’essentiel de son temps et ne bénéficie d’aucune instruction politique. À 10 ans, elle a du mal à lire ainsi qu’à écrire en allemand, parle peu et difficilement le français auquel elle préfère l’allemand, et très peu l’italien – trois langues qui étaient alors parlées couramment dans la famille impériale. Elle apprend aussi quelques rudiments de latin. À cette époque, la cour d’Autriche possède une étiquette beaucoup moins stricte que celle de Versailles, les danses y sont moins complexes, le luxe y est moindre et la foule moins nombreuse. La jeune Maria Antonia Josepha est très proche de sa plus jeune sœur aînée, Marie-Caroline, qui deviendra reine de Naples en épousant Ferdinand Ier des Deux-Siciles. La légende veut aussi que la jeune Marie-Antoinette ait rencontré l’enfant prodige Mozart à cette cour, et qu’il l’aurait demandée en mariage.

Sa mère Marie-Thérèse, comme tous les souverains de l’époque, met le mariage de ses enfants au service de sa politique qui est de réconcilier les Habsbourg et les Bourbons pour faire face aux ambitions de la Prusse et de l’ Angleterre. Ainsi, parmi les sœurs aînées de Marie-Antoinette, si Marie-Christine, l’enfant préférée de l’impératrice (1742-1798), épouse par amour en 1766 Albert de Saxe, créé duc de Teschen (1738-1822), et sera nommée avec lui régente des Pays Bas, Marie-Amélie (1746-1804) épouse Ferdinand Ier, duc de Parme (1751-1802) et Marie-Caroline (1752-1814) épouse en 1768 Ferdinand Ier, le roi de Naples et des Deux-Siciles (1751-1825). Le mariage entre le Dauphin, le futur Louis XVI, et Marie-Antoinette doit être l’apothéose de cette politique.

Marie-Antoinette quitte Vienne en avril 1770, à l’âge de quatorze ans. Le grand rite de « remise de l’épouse » est une tradition de l’Ancien Régime : au moment de quitter le Saint Empire, tous ses biens venant de son pays d’origine, même ses vêtements, lui seront retirés dans un bâtiment construit tout exprès sur l’Île aux Épis, au milieu du Rhin, en face de la ville de Kehl. Les deux entrées de ce bâtiment étaient disposées de telle manière qu’elle y entre du côté autrichien et en ressorte en France[1].

Marie-Antoinette ira ensuite attendre la cérémonie de son mariage au Château de la Muette, dont le dauphin avait pris possession en 1764.[2]

Dauphine

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Marie Antoinette en 1773

Le 17 avril 1770, Marie-Antoinette renonce officiellement à ses droits sur les couronnes dépendant de la maison d’Autriche et, le 16 mai 1770, épouse le dauphin à Versailles. Le jour même des noces, un scandale d’étiquette a lieu : les princesses de Lorraine, arguant de leur parenté avec la nouvelle dauphine, ont obtenu de danser avant les duchesses, au grand dam du reste de la noblesse, qui murmure déjà contre « l’Autrichienne ». Le soir du 30 mai 1770, où l’on fête place Louis XV, à Paris, le mariage princier, une bousculade mortelle a lieu, conduisant à plusieurs centaines de morts (131 selon les chiffres officiels, mais en réalité davantage). Bouleversés, le Dauphin et la Dauphine financeront sur leur cassette personnelle une importante aide aux victime et leurs familles.

La jeune fille, au physique agréable, est assez petite et ne possède pas encore la « gorge » si appréciée en France. La jeune dauphine a néanmoins beaucoup de grâce et une légèreté presque dansante dans sa façon de se mouvoir. Archiduchesse d’Autriche, arrière-petite nièce de Louis XIV, par sa grand-mère paternelle Élisabeth Charlotte d’Orléans duchesse de Lorraine et de Bar, objet vivant du « renversement des alliances » du roi Louis XV, elle attire dès son arrivée l’inimitié d’une partie de la cour. De plus, la jeune dauphine a du mal à s’habituer à sa nouvelle vie, son esprit se plie mal à la complexité et à la rouerie de la « vieille cour », au libertinage du roi Louis XV et de sa maîtresse la comtesse du Barry. Son mari l’aime mais l’évite, partant très tôt chasser, elle peine à s’habituer au cérémonial français, au manque d’intimité et subit péniblement « l’étiquette », rigide mode d’emploi de la cour.

Elle est manipulée par Mesdames Tantes, les filles du roi Louis XV, qui lui enseignent l’aversion pour la comtesse du Barry, ce qui agace Louis XV. Par ailleurs, Marie-Antoinette s’en fera bientôt une ennemie : pendant les premiers temps, elle refuse de lui parler mais, forcée par Louis XV, finit par adresser la parole à la comtesse. Marie-Antoinette ressortira humiliée de cet incident. En outre, Vienne tente de la manipuler par le biais de la volumineuse correspondance qu’entretient sa mère avec le comte de Mercy-Argenteau, ambassadeur d’Autriche à Paris. Ce dernier est le seul sur lequel elle peut compter, car le duc de Choiseul, celui qui avait permis le rapprochement de la France avec l’Autriche, est tombé en disgrâce moins d’un an après le mariage, victime d’une cabale montée par Mme du Barry. Cette fameuse correspondance secrète de Mercy-Argenteau est une source d’information formidable sur tous les détails de la vie de Marie-Antoinette depuis son mariage en 1770 jusqu’au décès de Marie Thérèse Ire en 1780. Selon l’auteur du livre regroupant cette correspondance : « Ces documents originaux ne se contentent pas de nous introduire dans son intimité, ils nous révèlent aussi comment Marie-Antoinette, dépourvue d’expérience et dénuée de culture politique, fut manipulée par sa famille autrichienne à laquelle elle demeura toujours attachée ».

Reine de France

Louis XV meurt le 10 mai 1774 et Marie-Antoinette devient reine de France et de Navarre à 18 ans. Toujours sans héritier à offrir à la France et toujours considérée comme une étrangère, la reine devient, dès l’été 1777, la cible de premières chansons hostiles qui circulent de Paris jusqu’à Versailles. S’entourant d’une petite cour d’amis vite qualifiés de favoris (la princesse de Lamballe, le duc de Lauzun, le baron de Besenval, le duc de Coigny puis la comtesse de Polignac), elle suscite les jalousies des autres courtisans. Ses toilettes et les fêtes coûteuses qu’elle organise profitent au rayonnement de la France, notamment pour la mode et le commerce du textile, mais sont, malgré tout, critiquées, bien qu’elles soient une « goutte d’eau » dans les dépenses générales de la cour, des administrations, ou comparées au niveau de vie de certains princes de sang ou seigneurs menant grand train.

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Marie-Antoinette 1775, Jean-Baptiste Gautier Dagoty.

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Marie-Antoinette en 1787, par Élisabeth Vigée-Le Brun. À l’origine, dans le berceau se trouvait peint Madame Sophie, dernier enfant du couple royal, décédée à l’âge de 11 mois. La Reine ne souffrant pas le deuil de sa petite fille, demanda au peintre de reprendre le tableau et de laisser le berceau vide.

Pour retrouver à Versailles ce qu’elle a connu à Vienne — une vie plus détendue en famille avec ses amis, elle va souvent avec quelques privilégiés au Petit Trianon (construit par Louis XV sous l’impulsion de sa maîtresse, Madame de Pompadour, qui décèdera avant que celui-ci ne soit terminé, puis que Louis XVI offrit à Marie-Antoinette). Elle fait construire un village modèle, le Hameau de la Reine, où elle installe des fermiers. Dans son petit théâtre, elle joue notamment Le Barbier de Séville de Beaumarchais et tient souvent des rôles de servante devant un Louis XVI amusé. Par son désir de plaisirs simples et d’amitiés exclusives, Marie-Antoinette va vite se faire de plus en plus d’ennemis, même à la cour de Versailles.

Vie à la cour

Elle tente d’influencer la politique du roi, de faire et défaire les ministres, toujours sur les conseils intéressés de ses amis. Mais, contrairement à la rumeur, son rôle politique s’avèrera extrêmement limité. Le baron Pichler, secrétaire de Marie-Thérèse Ire, résume poliment l’opinion générale en écrivant : « Elle ne veut être ni gouvernée ni dirigée, ni même guidée par qui que ce soit. C’est le point sur lequel toutes ses réflexions paraissent jusqu’à présent s’être concentrées. Hors de là, elle ne réfléchit encore guère, et l’usage qu’elle a fait jusqu’ici de son indépendance le prouve assez, puisqu’il n’a porté que sur des objets d’amusement et de frivolité. » Une véritable coterie se monte contre elle dès son accession au trône, des pamphlets circulent, on l’accuse d’avoir des amants (le comte d’Artois son beau-frère, le comte suédois Hans Axel de Fersen) ou même des maîtresses (la duchesse de Polignac), de dilapider l’argent public en frivolités ou pour ses favoris, de faire le jeu de l’Autriche, désormais dirigée par son frère Joseph II. Le château de Versailles se dépeuple, fui par des courtisans aigris ou préférant les plaisirs de Paris.

Peu avant Noël 1778, Marie-Antoinette accouche de son premier enfant. Trois autres suivront.,

 

Mais cela ne sert pas forcément Marie-Antoinette, car les libelles n’attendent pas pour affirmer que ses enfants notamment ses fils ne sont pas de Louis XVI.

L’affaire du Collier

Article détaillé : Affaire du collier de la reine.

En juillet 1785, éclate l’« affaire du Collier » : les joailliers Boehmer et Bassange réclament à la reine 1,6 million de livres pour l’achat d’un collier de diamants dont le cardinal de Rohan a mené les tractations, au nom de la reine. La reine ignore tout de cette histoire et, quand le scandale éclate, le roi exige que le nom de sa femme soit lavé de l’affront. Le cardinal est arrêté en pleine journée dans la Galerie des Glaces, sous les yeux des nombreux courtisans. Le roi confie l’affaire au Parlement, l’affaire est jugée par Étienne François d’Aligre, qui conclut à la culpabilité du couple d’aventuriers à l’origine de l’affaire, les prétendus « comte et comtesse de la Motte » et disculpe le cardinal de Rohan et le comte de Cagliostro, abusés mais innocents.

Le cardinal de Rohan, aussi innocent que la Reine dans cette affaire, s’est laissé manipuler par Madame de La Motte, mais ceci ne serait pas arrivé si Marie-Antoinette avait accordé au Cardinal les faveurs qu’il recherchait depuis son entrée en Cour. En effet, le Cardinal, frivole et volubile, est ignoré par la Reine depuis qu’il a mécontenté sa mère, Marie-Thérèse, pendant l’occupation de son poste d’ambassadeur de France à la Cour d’Autriche, des années plus tôt. Lorsque « Madame de la Motte », qui se dit amie et cousine de Marie-Antoinette, lui confie les tractations avec le bijoutier, le Cardinal demande des preuves et on va jusqu’à lui présenter une fausse Marie-Antoinette (en réalité une comédienne nommée Rosalie qui ressemblait à s’y méprendre à la reine) un soir dans le parc de Versailles et inventer une fausse correspondance ; le naïf mais néanmoins ambitieux Cardinal accepte donc sa mission avec zèle, clamant à qui voulait l’entendre qu’il était enfin devenu « intime » de Sa Majesté.

La reine, bien qu’innocente, sort de l’affaire du collier déconsidérée auprès du peuple. Non seulement l’affront ne fut pas lavé, mais il généra une réelle campagne de désinformation étendue à tout le royaume. C’est à la même époque qu’est diffusée une littérature diffamante à propos des amours de la reine et du roi. Parmi ces représentations, l’une fut très populaire : Les Amours de Charlot et Toinette, caricatures du couple royal,1789, un succès de librairie.

Marie-Antoinette se rend enfin compte de son impopularité et tente de réduire ses dépenses, notamment en réformant sa maison, ce qui déclenche plutôt de nouveaux éclats quand ses favoris se voient privés de leurs charges. Rien n’y fait, les critiques continuent, la reine gagne le surnom de « Madame Déficit » et on l’accuse de tous les maux, notamment d’être à l’origine de la politique anti-parlementaire de Louis XVI.

La Révolution

1789

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Portrait de Marie-Antoinette par Élisabeth Vigée Le Brun (1788).

Le 5 mai 1789 s’ouvrent les États généraux. Lors de la messe d’ouverture, Mgr de La Fare, qui est à la chaire, attaque Marie-Antoinette à mots à peine couverts, dénonçant le luxe effréné de la cour et ceux qui, blasés par ce luxe, cherchent le plaisir dans « une imitation puérile de la nature » (rapporté par Adrien Duquesnoy, Journal sur l’Assemblée constituante), allusion évidente au Petit Trianon.

Le 9 juin, le petit dauphin meurt. Pour éviter la dépense, on sacrifie le cérémonial de Saint-Denis. L’actualité politique ne permet pas à la famille royale de faire son deuil convenablement. Bouleversée par cet événement, et désorientée par le tour que prennent les États généraux, Marie-Antoinette se laisse convaincre par l’idée d’une contre-révolution. En juillet, Necker démissionne. Le peuple interprète cette démission comme un renvoi de la part du roi. La reine brûle ses papiers et rassemble ses diamants, elle veut convaincre le roi de quitter Versailles pour une place-forte sûre, loin de Paris. Il faut dire que, depuis le 14 juillet, un livre de proscription circule dans Paris. Les favoris de la reine y sont en bonne place, et la tête de la reine elle-même est mise à prix. On l’accuse de vouloir faire sauter l’Assemblée avec une mine, et de vouloir faire donner la troupe sur Paris, ce qui est faux. Il est néanmoins vrai que la Reine prônera l’autorité et restera toujours ancrée dans la conviction de la légitimité du pouvoir royal.

Le 1er octobre, un nouveau scandale éclate : lors d’un banquet donné par les gardes du corps de la Maison militaire, au régiment de Flandre qui vient d’arriver à Paris, la reine est acclamée, des cocardes blanches sont arborées, et selon la presse révolutionnaire des cocardes tricolores auraient été foulées. Paris est outré par ces manifestations contre-révolutionnaires, et par la tenue d’un banquet alors que le pain manque à Paris. Il en résulte les journées révolutionnaires d’octobre, dont l’historiographie (telle le récit romancé de Jules Michelet)[3] a retenue « la marche des femmes sur Versailles, disant aller chercher « le boulanger » (le roi), « la boulangère » (la reine) et le « petit mitron » (le dauphin) ».

Article détaillé : Journées des 5 et 6 octobre 1789.

C’est durant ces évênements qu’on attribue à Marie-Antoinette une boutade cynique : « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! ». On lui a attribué cette phrase en 1789 alors qu’elle figure dans le Livre VI des Confessions de Jean-Jacques Rousseau publiées en 1782 [4] .

La monarchie constitutionnelle

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Marie-Antoinette vers 1792 ; pastel de Kucharski.

Louis XVI et Marie-Antoinette auraient pu se résoudre à demander de l’aide aux souverains étrangers, le roi d’Espagne Charles IV et Joseph II, frère de la reine. Mais le roi d’Espagne répond évasivement et le 20 février 1790, Joseph II meurt. Des doutes et des controverses entre historiens subsistent sur ce possible appel à l’étranger. La Fayette suggère froidement à la reine le divorce. D’autres parlent à mots à peine couverts d’un procès en adultère, et de prendre la reine en flagrant délit avec le comte de Fersen.

Breteuil propose alors, fin 1790, un plan d’évasion. L’idée est de quitter les Tuileries et de gagner la place-forte de Montmédy, proche de la frontière. La reine est de plus en plus seule, surtout depuis qu’en octobre 1790 Mercy-Argenteau a quitté la France pour sa nouvelle ambassade aux Pays-Bas et que Léopold II, le nouvel empereur, un autre de ses frères, élude ses demandes d’aide, car, monarque philosophe, il pousse au contraire sa sœur à jouer le jeu de la nouvelle Constitution. Le 7 mars, une lettre de Mercy-Argenteau à la reine est interceptée et portée devant la Commune. C’est le scandale, une preuve, pense-t-on, du « comité autrichien », des tractations de la reine pour vendre la patrie à l’Autriche.

Le 20 juin 1791 débute la tentative d’évasion, stoppée le lendemain par l’arrestation à Varennes-en-Argonne.

Article détaillé : fuite de Louis XVI et arrestation à Varennes.

Après Varennes

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Marie-Antoinette en 1793 ; huile sur toile de Kucharski.

Interrogé à Paris par une délégation de l’Assemblée constituante, Louis XVI répond évasivement. Ces réponses, rendues publiques, suscitent le scandale, et certains révolutionnaires réclament la déchéance du roi. Marie-Antoinette, elle, correspond secrètement avec Barnave, Duport et Lameth qui veulent convaincre le roi d’accepter son rôle de monarque constitutionnel. Mais elle joue là un double jeu car elle espère seulement « les endormir et [...] leur donner confiance [...] pour les mieux déjouer après » (lettre de la Reine à Mercy). Elle écrit même à Fersen ces mots : « Quel bonheur si je puis un jour redevenir assez puissante pour prouver à tous ces gueux que je n’étais pas leur dupe ». Le 13 septembre, Louis XVI accepte la Constitution. Le 30, l’Assemblée constituante se dissout et est remplacée par l’Assemblée législative, cependant que des bruits de guerre avec les monarchies alentour, au premier rang desquelles l’Autriche, se font plus pressants. Le peuple est alors monté contre Marie-Antoinette, toujours appelée « l’Autrichienne ». Les pamphlets et journaux révolutionnaires la traitent de « monstre femelle » ou encore de « Madame Véto », et on l’accuse de vouloir faire baigner la capitale dans le sang. En avril 1792, la France déclare la guerre à la Prusse et elle subit dans un premier temps de sérieux revers. Le 3 août 1792, le manifeste de Brunswick, largement inspiré par Fersen, achève d’enflammer une partie de la population.

Le 10 août, c’est l’insurrection. Les Tuileries sont prises d’assaut, les gardes massacrés, le roi et sa famille doivent se réfugier à l’Assemblée, qui vote sa suspension provisoire et leur internement au couvent des Feuillants. Le lendemain, la famille royale est finalement transférée à la prison du Temple. Pendant les massacres de septembre, la princesse de Lamballe, proche amie de la reine et victime symbolique, est sauvagement assassinée, démembrée, et sa tête est brandie au bout d’une pique devant les fenêtres de Marie-Antoinette pendant que divers morceaux de son corps sont brandis en trophée dans Paris. Peu après, la Convention déclare la famille royale otage. Début décembre, a lieu la découverte officielle de l’« armoire de fer » dans laquelle Louis XVI cachait ses papiers secrets et dont l’existence est aujourd’hui sujette à débats. Le procès est désormais inévitable.

Le 26 décembre, la Convention vote la mort avec une majorité étroite. Louis XVI est exécuté le 21 janvier 1793. Le 27 mars, Robespierre évoque le sort de la reine pour la première fois devant la Convention. Le 13 juillet, le dauphin est enlevé à sa mère et confié au savetier Simon. Le 2 août, c’est Marie-Antoinette qui est séparée des princesses (sa fille Madame Royale et sa belle-sœur madame Elisabeth) et est conduite à la Conciergerie. Durant son séjour dans sa prison, Marie-Antoinette aurait développé un cancer de l’utérus. Lors du transfert, alors qu’elle s’est violemment cogné la tête, elle répond à ses geôliers qui s’en inquiètent son fameux « Rien à présent ne peut plus me faire de mal ». Son interrogatoire commence le lendemain.

Le procès

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Marie-Antoinette au Tribunal révolutionnaire Gravure d’Alphonse François d’après Paul Delaroche.

Article détaillé : Procès de Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine.

Le 3 octobre 1793, Marie-Antoinette comparaît devant le Tribunal révolutionnaire, mené par l’accusateur public Fouquier-Tinville. Si le procès de Louis XVI avait conservé quelques formes de procès équitable, ce n’est pas le cas de celui de la reine. Le dossier est monté très rapidement, il est incomplet, Fouquier-Tinville n’ayant pas réussi à retrouver toutes les pièces de celui de Louis XVI. Pour charger l’accusation, il parle de faire témoigner le dauphin contre sa mère qui est alors accusée d’inceste par Jacques-René Hébert. Il déclare que la reine et Mme Elisabeth ont eu des attouchements sur le jeune Louis XVII. Marie-Antoinette ne répond rien et un juré en fait la remarque. Marie-Antoinette se lève et répond « Si je n’ai pas répondu c’est que la nature elle-même refuse de répondre à une telle accusation faite à une mère. J’en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici ! ». Pour la dernière fois, la foule (et surtout les femmes) applaudit la reine. Une fois la séance terminée, celle-ci demande à son avocat « N’ai je pas mis trop de dignité dans ma réponse ? ». Selon Gaspard Louis Lafont d’Aussonne dans ses mémoires publiées en 1824, des personnes dans la foule dirent le matin du jugement « Marie-Antoinette s’en retirera: elle a répondu comme un ange, on ne fera que la déporter »[5].

On l’accuse également d’entente avec les puissances étrangères. Comme la reine nie, Herman, président du Tribunal, l’accuse d’être « l’instigatrice principale de la trahison de Louis Capet » : c’est donc bien un procès pour haute trahison. Le préambule de l’acte d’accusation déclare également : « Examen fait de toutes les pièces transmises par l’accusateur public, il en résulte qu’à l’instar des Messaline, Frédégonde et Médicis, que l’on qualifiait autrefois de reines de France et dont les noms à jamais odieux ne s’effaceront pas des fastes de l’histoire, Marie-Antoinette, veuve de Louis Capet, a été, depuis son séjour en France, le fléau et la sangsue des Français. » Il ajoute « la cause des troubles qui agitent depuis quatre ans la nation et ont fait tant de malheureuses victimes. »

Les dépositions des témoins à charge s’avèrent bien peu convaincantes. Marie-Antoinette répond qu’elle n’était « que la femme de Louis XVI, et qu’il fallait bien qu’elle se conform[ât] à ses volontés ». Fouquier-Tinville réclame la mort et fait de l’accusée « l’ennemie déclarée de la nation française ». Les deux avocats de Marie-Antoinette, Tronçon-Ducoudray et Chauveau-Lagarde, jeunes, inexpérimentés et n’ayant pas eu connaissance du dossier, ne peuvent que lire à haute voix les quelques notes qu’ils ont eu le temps de prendre.

Quatre questions sont posées au jury :

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Marie-Antoinette devant le Tribunal révolutionnaire.

 

« 1. Est-il constant qu’il ait existé des manœuvres et des intelligences avec les puissances étrangères et autres ennemis extérieurs de la République, lesdites manœuvres et des intelligences tendant à leur fournir des secours en argent, à leur donner l’entrée du territoire français et à leur faciliter le progrès de leurs armes ?
2. Marie-Antoinette d’Autriche (…) est-elle convaincue d’avoir coopéré à ces manœuvres et d’avoir entretenu ces intelligences ?
3. Est-il constant qu’il ait existé un complot et une conspiration tendant à allumer la guerre civile à l’intérieur de la République ?
4. Marie-Antoinette est-elle convaincue d’avoir participé à ce complot et à cette conspiration ? »

Aux quatre questions, le jury répond « oui ».

Lorsque le jury rend son verdict, il n’existe aucune preuve de l’accusation de haute trahison que l’on impute à la reine. Le dossier est vide de toute pièce.

Techniquement, au vu des pièces du procès, la condamnation n’est pas basée sur des faits avérés. On l’apprit plus tard, Marie-Antoinette communiqua des directives militaires confidentielles à l’Autriche dans le but de sauver sa famille, mais aussi « pour qu’enfin on se venge de tous les outrages qu’on reçoit dans ce pays-ci » (lettre de la Reine à Mercy). Mais la preuve de cela ne sera découverte que bien plus tard.

En réalité, il fallait condamner la « veuve Capet ». Robespierre a donc intégré au jury le médecin qui soignait la reine à la Conciergerie, lequel a indiqué aux autres jurés que de toutes façons Marie-Antoinette était médicalement condamnée (elle avait de forts épanchements sanguins,) à brève échéance.

Exécution

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Marie-Antoinette conduite à l’échafaud, croquis attribué à Jacques-Louis David.

Article détaillé : Exécution de Marie-Antoinette d’Autriche.

La condamnation à mort, pour haute trahison, est prononcée le 16 octobre 1793 vers 4 heures du matin et Marie-Antoinette est exécutée le même jour vers midi. À l’annonce de la sentence, Marie-Antoinette rédige son testament, à l’attention de Madame Élisabeth, sœur de feu roi Louis XVI : « Je viens d’être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l’est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère  ». Elle termine son testament par ces mots:
« Mon dieu ayez pitié de moi ! Mes yeux n’ont plus de larmes pour pleurer pour vous mes pauvres enfants. Adieu, Adieu !  »[6] Madame Élisabeth ne lira jamais ce testament.

Le matin du 16 octobre, elle est menée mains liées sur une charrette — Louis XVI avait eu droit à un carrosse, de la Conciergerie jusqu’à la place de la Révolution (ancienne place Louis XV, actuelle place de la Concorde). D’après ses historiens, elle subit avec dignité les sarcasmes et les insultes lancés par la foule massée sur son passage (elle mettra une heure pour traverser la place et monter à l’échafaud)[7]. Le peintre et révolutionnaire Jacques-Louis David, observant le cortège[8], en dessine un croquis resté légendaire. Selon ces mêmes historiens, c’est avec courage qu’elle monte à l’échafaud. En marchant sur le pied du bourreau Sanson, elle lui aurait demandé pardon. Ce seront ses dernières paroles.

Inhumation

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Monument de Louis XVI et de Marie-Antoinette d’Autriche à la Basilique de Saint-Denis, France

Tout comme pour Louis XVI, il a été ordonné que les bières des membres de la monarchie soient recouverts de chaux. Marie-Antoinette est inhumée avec la tête entre les jambes dans la fosse commune de la Madeleine, rue d’Anjou-Saint-Honoré (Louis XVIII fera élever à cet endroit la chapelle expiatoire située de nos jours Square Louis XVI, seul endroit de Paris portant le nom du roi). Ses restes et ceux de Louis XVI furent exhumés le 18 janvier 1815 et transportés le 21 à Saint-Denis.

Le mythe

Marie-Antoinette est une femme célèbre et controversée de l’histoire de France. Après sa mort sur l’échafaud, les royalistes ont composé la légende de la reine martyre. Alors que de son vivant, la reine eut à subir des paroles ou des écrits malveillants, bien des souvenirs furent oubliés plus ou moins volontairement et camouflés après sa mort. L’un des principaux doutes qui subsistèrent concerne la nature de sa liaison avec Hans Axel De Fersen. Ce roman d’amour a tourmenté plusieurs générations de fidèles inconditionnels, qui considéraient que la soupçonner de quelque faiblesse amoureuse revenait tout simplement à commettre un crime contre la monarchie même. Pour les républicains, la dernière reine de l’Ancien Régime ne figure plus parmi les grandes criminelles de l’Histoire mais apparaît plutôt comme une princesse sotte, égoïste, et inconséquente, dont on minimise le rôle politique.
Cependant, Marie-Antoinette suscite généralement intérêt et compassion. De nos jours, les secrets de cette existence romanesque et tragique sont encore à percer. Il est donc toujours bel et bien d’actualité de refaire le procès de cette femme sentimentale et frivole que rien ne préparait à assumer un destin héroïque et tragique. Madonna lui a ainsi rendu hommage dans nombreux concerts.
Marie-Antoinette est la dernière souveraine à avoir porté le titre de reine de France. Marie-Amélie de Bourbon-Siciles (1782-1866), épouse de Louis-Philippe 1er, régna de 1830 à 1848 sous le titre de reine des Français.

Voir aussi

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Iconographie

De 1779 à 1800, l’artiste française Élisabeth Vigée-Le Brun a fait une trentaine de portraits de Marie-Antoinette. Elle fut la première femme nommée peintre de la Cour.

Articles connexes

Sources

Jeanne Louise Henriette Genest Campan, plus connue sous le nom de Madame Campan, a été la femme de chambre de Marie-Antoinette à partir de 1770. Ses Mémoires semblent avoir été rédigés au début des années 1800 et décrivent la vie de la cour de l’intérieur, défendant la probité et l’inexpérience de sa maitresse. Ils ont été publiés en 1822 et réédités en 1999 (Éditions Mercure de France).

En 2006 le livre Marie-Antoinette Biographie de Antonia Fraser.

Bibliographie

Filmographie

Grand spectacle

Liens externes

Homonymies

Marie-Antoinette a laissé son nom à :

 

(*) Wikipedia

 

http://video.google.com/videoplay?docid=-450976701197524800

 

Révolution Solaire de Marie-Antoinette

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Pour le 01/11/1792 à 17h49 T.U. Paris

 

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 4 ET DU NOEUD SUD EN MAISON 10:

Actuellement grâce au transit des noeuds dans l’axe Fond de Ciel / Milieu du Ciel de votre thème natal, vous bénéficiez d’un solide appui planétaire vis-à-vis de toutes les affaires immobilières.  L’achat ou la réalisation de biens immobiliers, maisons, terres ou terrains se réalisera au mieux de vos intérêts. Vos climats actuels vous feront découvrir et obtenir la maison ou l’appartement souhaites depuis si longtemps. Par ailleurs si vous souhaitez une légation ou un héritage, surtout issu d’un lien parental et mieux encore, de votre mère, cela interviendra dans le courant de la période actuelle. Faites donc converger vos efforts vers les domaines concernes, même si vous vous êtes heurté jusqu’à présent à des obstacles insurmontables ; ceux-ci s’écarteront car le temps est venu et les fruits sont mûrs, cueillez-les.

Votre période actuelle a pour but majeur de vous ressourcer, d’établir de nouveaux fondements dans votre vie, vers une restructuration. Recherchez donc une nouvelle implantation avec discernement et circonspection car celle-ci deviendra le lieu de production de vos réalisations des prochaines neuf années correspondant à un demi parcours des nœuds. Le soin apporté à son choix a autant d’importance que celui que votre mère apporta à la préparation de votre naissance (neuf mois). Comme elle, vous êtes maintenant en gestation. Ne tentez donc pas de forcer ni de précipiter une élévation sociale ou professionnelle. Le cycle actuel ne vous le permet pas. Inutile donc de chercher à accélérer votre croissance  ou l’éclat dans une vie extérieure ou professionnelle. Vous gaspilleriez vos efforts inutilement en ouvrant dans cette dernière direction. Tentez au mieux de maintenir le cap de vos affaires en minimisant les dégâts car vous n’éviterez pas une certaine stagnation, voire un extrême ralentissement. Tout effort d’élévation, toute tentative d’accentuation de réussite ou de renommée – sociale ou professionnelle – vous coûteront plus cher qu’ils ne pourront vous rapporter, tant physiquement que financièrement. Dépensez-vous plutôt dans l’embellissement ou dans la rénovation de votre commerce, de votre entreprise ou de votre maison. Restructurez en prévision de la période suivante qui favorisera le commerce local. Cette période a pour but essentiel de vous pousser à revoir vos bases qu’une élévation ou un essor inconsidéré compromettraient jusqu’à faire s’effondrer l’édifice. Analysez donc les fondements et les structures de vos assises, y compris celles de votre vie familiale. Votre destin place actuellement la priorité sur cette dernière. Accordez plus de temps aux vôtres, en leur réservant une meilleure partie de vous-même et de votre temps. Achetez ou transformez vos installations ou équipements existants, embellissez.

Un changement de résidence pourrait se révéler très bénéfique et renouveler positivement votre vie. Vous constaterez qu’en fin de compte, durant cette période, vous tirerez bien plus de satisfactions de votre vie familiale que de votre vie professionnelle ou sociale plutôt décevante. Vous êtes en gestation. Contentez-vous donc de bien construire votre nid telle une hirondelle à son retour au niveau cycle de printemps. Votre été, c’est pour la période suivante

 

-=-=- F I N -=-=-

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Personnalité du 05/09/2010 – LOUIS XIV Roi de FRANCE 5 septembre, 2010

Posté par phoenix2savoie dans : 09/2010,Familles Royales,Histoire de France,Personnalités du jour , ajouter un commentaire

——————————– PERSONNALITÉ DU JOUR ———————————

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/12/LouisXIV-child.jpg       Louis XIV, enfant, en costume romain.  Il devient roi, très jeune, à 5 ans à la mort de son père Louis XIII.

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Louis XIV par Henri Testelin, en costume de sacre en 1648, seulement âgé de dix ans, mais déjà Roi de France.

 

Personnalité du 05/09/2010 - LOUIS XIV Roi de FRANCE dans 09/2010 220px-Louis-xiv-lebrunl

Louis XIV en 1661 par Charles Le Brun. À 23 ans, il décide de prendre réellement le pouvoir en devenant monarque absolu.

 

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Louis XIV par Hyacinthe Rigaud, 1701

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Résidence des rois de France : Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. Symbole du règne de Louis XIV.

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http://www.chateauversailles.fr/l-histoire/personnages-de-cour/epoque-louis-xiv/louis-xiv

http://www.histoire-en-ligne.com/spip.php?article230

—————————————— 05 Septembre 2010 ——————————————

Louis XIV Roi de France 

né le 05 Septembre 1638  à 11h11 à Saint-Germain-en-Laye – 78 – FRANCE

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Louis XIV (*) (Louis Quatorze ou, jusqu’au XVIIe siècle inclus, Louis Quatorzième), prénommé à sa naissance Louis-Dieudonné et surnommé par la suite le Roi-Soleil ou Louis le Grand (Saint-Germain-en-Laye, 5 septembre 1638Versailles, 1er septembre 1715) est, du 14 mai 1643 jusqu’à sa mort, roi de France et de Navarre, le troisième de la maison de Bourbon de la dynastie capétienne. Son règne, long de 72 ans dont 54 ans de pouvoir personnel, est le plus long règne connu dans l’histoire de France et même d’Europe.

Louis XIV accède au trône quelques mois avant son cinquième anniversaire, mais, après une minorité marquée par la révolte de la Fronde (1648-1653), il n’assume personnellement le contrôle du gouvernement qu’à partir de la mort de son ministre principal, le Cardinal Mazarin, en 1661. Il ne prend alors plus de ministre principal. Monarque, il accentue encore son rôle direct dans l’État après la mort de ses puissants ministres Colbert (1683) et Louvois (1691). Son règne marque l’apogée de la construction séculaire d’un absolutisme royal de droit divin. Son autorité absolue se déploie avec la fin des grandes révoltes nobiliaires, parlementaires, protestantes et paysannes, qui marquaient la vie du royaume depuis plus d’un siècle. Revers de la médaille, il réduit presque à néant la liberté de la presse, limitant les courants d’opinion y compris littéraires ou religieux.

Louis XIV mène la diplomatie et la guerre à son gré et accroît le territoire de la France et sa puissance en Europe par plusieurs séries de guerres européennes. Il fait fortifier les villes conquises par Vauban et entoure ainsi les nouvelles frontières de leur « ceinture de fer », dans le cadre d’une politique territoriale de « pré carré » qui redessine et rationalise les limites du pays.

Son gouvernement personnel coïncide également avec un effort de développement économique, commercial et colonial, mené notamment par son ministre Colbert, volet économique de la recherche de la prédominance française. Le prestige culturel s’affirme grâce à la présence de figures artistiques protégées par le mécénat royal, telles que Molière, Racine, Boileau, Lully, Le Brun et Le Nôtre. D’autres, plus indépendants, tels le poète La Fontaine, le philosophe Blaise Pascal, l’épistolaire Madame de Sévigné, le moraliste La Bruyère ou le mémorialiste Saint-Simon font également du règne l’apogée historique du classicisme français. Sous son règne, la France acquiert une prééminence européenne économique, politique et militaire et le prestige de la France, de son peuple, de son langage parlé par les élites et dans toutes les cours d’Europe et bien sûr de son roi permet, dès son vivant, de parler du « siècle de Louis XIV », sur le modèle des siècles de Périclès et d’Auguste ou encore du « Grand Siècle ».

Le roi met aussi en place un État centralisé et absolutiste. Il le dirige après 1682 depuis le vaste château de Versailles, dont il a ordonné la construction. Ce dernier, modèle architectural de nombreux palais européens, est le cadre d’une étiquette très élaborée à laquelle il soumet la noblesse de cour, qu’il tient étroitement en main auprès de lui. Louis XIV réduit aussi le rôle des Parlements, réprime les révoltes antifiscales paysannes, entretient un très long bras de fer avec les jansénistes et prend la décision controversée de la révocation de l’édit de Nantes en 1685. La fin de son long règne est ternie par l’exode des protestants persécutés, par une série de revers militaires, par les famines très meurtrières de 1693 et de 1709, par la révolte engendrant la guerre des Camisards et par de nombreux décès dans la famille royale. Mais la régence de son successeur, Louis XV, âgé de cinq ans à la mort de son arrière-grand-père, se déroule sans heurts, ce qui témoigne de la stabilité du royaume établie par le monarque.

Habité de l’idée de sa gloire et de son droit divin, soucieux d’accomplir en permanence son « métier de roi », Louis XIV est devenu l’archétype du monarque absolu.

 

La jeunesse de l’Enfant Roi

Louis Dieudonné

220px-AnnaofAustria03 dans Familles Royales
magnify-clip dans Histoire de France Anne d’Autriche et le futur roi Louis XIV

Fils de Louis XIII et d’Anne d’Autriche, Louis est le fruit d’unions politiques multi-culturelles puisque ses grands-parents paternels Henri IV et Marie de Médicis, étaient respectivement français et italien. Ses grands-parents maternels, Philippe III et Marguerite d’Autriche-Styrie étaient espagnol et autrichien, bien que tous deux Habsbourg, proches parents l’un de l’autre[1].

Au traditionnel titre de Dauphin de Viennois est ajouté à sa naissance celui de Premier fils de France. L’enfant est aussi prénommé Louis-Dieudonné, car, après presque vingt-trois ans de mariage sans enfant, plusieurs fausses couches de la reine et la mésentente du couple royal, la naissance inattendue de l’héritier du trône est considérée comme un don du Ciel. Certains y voient même un miracle[2].

La naissance de Louis est suivie, deux ans plus tard, par celle de Philippe, d’abord titré duc d’Anjou, puis duc d’Orléans à la mort de son oncle. Elle éloigne du trône le frère du roi régnant, Gaston d’Orléans, comploteur impénitent dont le cardinal de Richelieu, premier ministre de Louis XIII, craignait qu’il ne mène en cas d’accession au trône une politique favorable aux nobles et aux Habsbourg. La naissance tant espérée d’un dauphin est ainsi une victoire politique pour Richelieu

À la mort de son père, l’enfant devient roi sous le nom de Louis XIV. Comme il n’a que quatre ans et demi, sa mère, Anne d’Autriche, devient régente. Elle choisit contre toute attente le cardinal Mazarin comme Premier ministre, en dépit de la désapprobation des cercles politiques français de l’époque dont beaucoup n’apprécient pas qu’un Italien, fidèle de Richelieu, dirige la France.

L’éducation du roi

220px-Louis_XIV_as_Child dans Personnalités du jour
magnify-clip Louis XIV sous les traits de Jupiter vainqueur

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magnify-clip Louis XIV, enfant, en costume romain.

En plus de ses fonctions ministérielles, Mazarin, parrain de Louis XIV, se voit attribuer par la reine en mars 1646 la responsabilité de l’éducation du jeune monarque et de son frère. Il devient donc « surintendant au gouvernement et à la conduite de la personne du roi et de celle de M. le duc d’Anjou ». Malgré les efforts des différents précepteurs engagés pour prodiguer cours de latin, d’histoire, de mathématiques, d’italien et de dessin, Louis n’est pas un élève très travailleur. Mais, suivant l’exemple du grand collectionneur d’art qu’est Mazarin, Louis XIV se montre très sensible à la peinture, à l’architecture, à la musique et surtout à la danse qui est, à l’époque, une composante essentielle de l’éducation d’un gentilhomme : on dit que le jeune Louis s’entraîne à danser environ deux heures par jour de l’âge de 7 à 27 ans.

Louis, le « miraculé »

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magnify-clip Louis XIV, en costume de sacre en 1648

Dans son enfance, Louis XIV échappe à plusieurs reprises à la mort :

 

L’épreuve de la Fronde

Fronde (histoire).

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magnify-clip Le Grand Condé, d’abord ferme soutien du pouvoir royal devient l’opposant le plus déterminé

Après avoir célébré sa première communion à l’église Saint-Eustache le 25 décembre 1649, Louis XIV, qui n’a alors que 12 ans, entre au conseil en 1650. C’est l’époque de la Fronde, une contestation de l’autorité royale par les parlements et la noblesse qui allait marquer durablement le monarque. En réaction à ces événements, Louis XIV s’appliqua plus tard à continuer le travail commencé par Richelieu : affaiblir les membres de la noblesse d’épée en les obligeant à servir comme membres de sa cour en transférant la réalité du pouvoir à une administration très centralisée et à la noblesse de robe.

En 1648, le parlement de Paris s’oppose fermement aux impôts levés par Mazarin pour continuer la guerre contre l’Espagne. La Journée des barricades contraint le roi à quitter Paris une première fois. S’il revient assez vite dans la capitale, les exigences des parlementaires, appuyés par le très populaire Jean-François Paul de Gondi, obligent Mazarin à envisager un coup de force. En pleine nuit et dans le plus grand secret, le roi et sa cour quittent la capitale dans le but de l’assiéger et de la remettre à obéissance. L’affaire se complique quand des personnalités de la haute noblesse apportent leur soutien à la fronde : le prince de Conti, frère de Condé, Beaufort, petit-fils d’Henri IV et quelques autres veulent renverser Mazarin. Si après quelques mois de siège Paris se rend au roi, Mazarin ne parvient pas à imposer sa volonté aux parlementaires et le conflit politique demeure.

En 1650, une nouvelle fronde appelée Fronde des princes se construit autour du tumultueux prince de Condé. Les princes sont arrêtés sur l’ordre de Mazarin, ce qui aboutit à une nouvelle guerre civile relayée essentiellement dans les provinces (Bordeaux). En 1651, Gondi et Beaufort, leaders de la première fronde, s’allient à la fronde des princes, pour renverser Mazarin. L’appui du duc d’Orléans et une émeute parisienne obligent Mazarin à s’exiler. Le 8 février 1651, la reine et le jeune Louis essaient de s’enfuir de la capitale mais, alarmés, les Parisiens envahissent le palais royal où loge le roi, désormais prisonnier de la fronde.

Le 7 septembre 1651, le lit de justice déclare la majorité du roi. Tous les grands du royaume viennent lui rendre hommage sauf Condé qui, de Guyenne, lève une armée pour marcher sur Paris. Défait, Condé se jette dans Paris qui se soulève devant le retour d’exil de Mazarin. Le pouvoir royal doit de nouveau assiéger Paris. Le deuxième exil de Mazarin, les exactions des troupes de Condé, les troubles populaires et le ras-le-bol de la guerre mettent un terme à la fronde, devenue impopulaire. Si la plupart des grands font leur soumission, Condé trahit la France pour se mettre au service de l’Espagne qui a profité du désordre pour reprendre du terrain en Flandre. L’arrestation et l’exil de Gondi, éternel comploteur, permettent de mettre un terme définitif aux troubles.

Louis XIV est sacré officiellement roi le 7 juin 1654 à Reims mais il laisse les affaires politiques à Mazarin, tandis qu’il continue sa formation militaire auprès de Turenne.

Son mariage avec Marie-Thérèse d’Autriche

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magnify-clip Mariage du Roi

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magnify-clip Entrevue de Louis XIV et de Philippe IV dans l’Île des Faisans en 1659. On distingue la fille de Philippe IV, future reine de France, derrière lui.

Pendant le voyage du jeune roi, le 7 novembre 1659, les Espagnols acceptent de signer le traité des Pyrénées qui fixe les frontières entre la France et l’Espagne. De son côté, Louis XIV accepte bon gré, mal gré de respecter une des clauses du traité : épouser l’infante Marie-Thérèse d’Autriche (1638-1683), fille de Philippe IV, roi d’Espagne et d’Élisabeth de France. Les époux sont doublement cousins germains : la reine-mère Anne d’Autriche étant la sœur de Philippe IV et Élisabeth de France la sœur de Louis XIII. Ce mariage a cependant pour but de rapprocher la France de l’Espagne. Il a lieu le 9 juin 1660 en l’église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Luz.

Louis ne connaît sa femme que depuis trois jours, celle-ci ne parle pas un mot de français mais le roi « l’honore » fougueusement et devant témoins dès la nuit de noce[3]. (Selon d’autres sources, cette nuit de noces, contrairement à l’usage, n’eut pas de témoin.) [4]

 

Le règne du Roi-Soleil

L’apogée de l’absolutisme

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magnify-clip Louis XIV en 1661 par Charles Le Brun. À 23 ans, il décide de prendre réellement le pouvoir en devenant monarque absolu.

Également connu sous le nom du Roi-Soleil, Louis XIV renforce la monarchie qui devient monarchie absolue de droit divin. Le 13 avril 1655, le roi décrète dix-sept édits visant à renflouer les caisses de l’État. La légende raconte qu’à cette occasion, il aurait déclaré aux parlementaires réticents le célèbre mais contesté : « l’État c’est moi ! ». En fait, il ne l’a jamais déclaré. Il dit même le contraire sur son lit de mort, en 1715 : « Je m’en vais mais l’État demeurera toujours ».

Louis XIV se dissocie de l’État, dont il se définit lui-même comme, seulement, le premier serviteur.

La prise de pouvoir et l’élimination de Fouquet

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magnify-clip Nicolas Fouquet, le flamboyant surintendant sera écarté du pouvoir pour permettre au Roi-Soleil de mieux briller.

À la mort de Mazarin, le 9 mars 1661, la première décision de Louis XIV est de supprimer la place de ministre principal et de prendre personnellement le contrôle du gouvernement mais l’entourage du roi n’est pas convaincu de sa stature d’homme d’État. Louis doit faire ses preuves et prouver son autorité.

Le roi avait été informé par Jean-Baptiste Colbert du délabrement des finances[5] après la guerre ruineuse contre la Maison d’Espagne et les 5 années de Fronde, de l’enrichissement personnel effréné de Mazarin, dont Colbert lui-même avait profité et celui éhonté de Fouquet dont les pratiques spéculatives avaient fait leur temps. Six mois plus tard, le 5 septembre 1661, jour de ses 23 ans, le roi qui avait pu, jeune encore, constater le fort mécontentement des provinces contre la pression fiscale durant les 18 années de ministère du défunt cardinal, fait arrêter au grand jour, par d’Artagnan, Nicolas Fouquet dont il supprime par la même occasion le poste de surintendant des finances. Il crée une chambre de justice pour examiner les comptes des financiers. Même si Fouquet servit de bouc émissaire et qu’il avait pendant presque 9 ans, par son crédit personnel immense, bien rempli sa mission de pourvoyeur d’argent immédiat, il est communément admis aujourd’hui que le surintendant, qui eut le malheur d’être le dernier représentant d’un système populairement détesté, avait fini par confondre sans scrupule sa comptabilité avec celle du Trésor. Le roi avait donc besoin de montrer qui dirige le pays et d’éliminer ainsi celui dont il subissait le trop grand ascendant marqué par une fête donnée quelques jours avant l’arrestation au château de Vaux-le-Vicomte.

Après trois ans d’un procès plein d’irrégularités et influencé par le roi, Fouquet est remplacé par Colbert en 1665. Le règne personnel du Roi-Soleil commence.

Les grandes réformes

 

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magnify-clip Jean-Baptiste Colbert succèdera à Fouquet après avoir organisé son « élimination ».

La première partie du règne de Louis XIV est marquée par de grandes réformes administratives et surtout par une meilleure répartition de la fiscalité. Les douze premières années virent le pays en paix et le retour d’une relative prospérité[6]. Il va s’opérer le passage d’une monarchie judiciaire (où la principale fonction du roi est de rendre justice) à une monarchie administrative (le roi est à la tête de l’administration). Les finances, dirigées désormais par un contrôleur général, en l’occurrence Colbert, viendront supplanter la justice en tant que première préoccupation du Conseil d’en haut. Celui qui aurait normalement dû être en charge de la justice, le chancelier, qui, sous Louis XIV sera François-Michel Le Tellier, va lui-même délaisser la justice pour se consacrer essentiellement aux affaires de guerre.

Il crée le code Louis en 1667, sorte de code civil, le code criminel en 1670, le code forestier, l’édit sur les classes de la Marine en 1669, l’ordonnance de commerce en 1673.

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magnify-clip François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois, secrétaire d’État à la Guerre, rival de Colbert au sein du conseil royal

Au fil du temps, deux clans vont se mettre en place à ses côtés et cohabiter tout en rivalisant l’un avec l’autre. Le clan Colbert va gérer tout ce qui touche à l’économie, la politique étrangère, la Marine et la culture alors que le clan Le Tellier-Louvois va avoir la mainmise sur la Défense. Le roi fait ainsi sienne la devise « diviser pour mieux régner ». En ayant deux clans rivaux sous ses ordres, il est certain qu’ils s’autocontrôleront et que cela empêchera toute dérive permettant à un de ses ministres de réussir un coup d’État contre lui.

Jusqu’en 1671, le clan Colbert domine mais, quand commencent les préparatifs de la guerre de Hollande, les réticences de Colbert, qui rechigne à se lancer à nouveau dans de grandes dépenses, commencent à le discréditer aux yeux du roi. De plus, l’écart d’âge entre Colbert (52 ans à l’époque) et le roi (33 ans) fait que le roi se rapproche naturellement de Louvois qui n’a que 30 ans et la même passion : la guerre. Jusqu’en 1685, c’est le clan Louvois qui est le plus influent.

Création d’un service de police moderne

Paris, état des lieux : « Le Paris du XVIIe siècle est quasiment invivable ». C’est d’abord une concentration dangereuse de populations : épidémies, incendies, inondations, hivers polaires, encombrements et désordres de tout genre. La ville attire des individus qui espèrent vivre mieux auprès des riches : escrocs, brigands, voleurs, mendiants, infirmes, hors-la-loi, paysans sans terre et autres déshérités. Il existe encore la Cour des miracles, le plus célèbre des ghettos incontrôlables (estimés sous Louis XIV à 30 000 individus, soit 6 % du peuplement). Paris sera le premier souci du roi qui n’a pas encore construit Versailles.[7]

Édit de fondation de l’hôpital général de Paris (27 avril 1656)

Cet édit (de Grand Renfermement) a pour objet d’éradiquer la mendicité, le vagabondage et la prostitution. Il est conçu sur le modèle de l’hôpital lyonnais (L’Hospice de la Charité établi en 1624) et s’attire à son service les membres de la compagnie du Saint-Sacrement. Il regroupe les trois établissements de la Salpêtrière, de Bicêtre et de Sainte-Pélagie. En dépit des peines et des expulsions prévues pour ceux qui ne regagnent pas l’hôpital, cette mesure, faute d’effectifs suffisants, sera un échec.

Ordonnance civile de Saint-Germain-en-Laye (3 avril 1667)

Dix ans plus tard, la situation mal maîtrisée a empiré et « on rapporte que le roi n’en dort plus la nuit »[8]. Les différentes factions de police sont disséminées et rivalisent entre elles. Colbert va s’efforcer de coordonner toutes ces autorités en un seul service. Pour atteindre ce but, il fait nommer le 15 mars 1667 La Reynie à la lieutenance générale de police qui vient d’être créée, un homme de son clan intègre et travailleur, qui a déjà participé au conseil de la réforme de la justice. Entre autres, sont annoncées une lieutenance séparée de celles civile et criminelle, la simplification et l’uniformisation des procédures de justice civile pour tout le royaume et l’obligation de mieux tenir les registres paroissiaux. Les attributions de La Reynie sont étendues : maintien de l’ordre public, des bonnes mœurs, du bon ravitaillement, de la salubrité (ébouages, pavage des rues, fontaines d’eau etc.), la sécurité (rondes, éclairage des rues par lanternes, lutte contre la délinquance et les incendies, liquidation des « zones de non-droit »[9], etc.). Dès 1674, La Reynie a le titre de lieutenant général de police (en somme, le premier préfet de police de France) et s’acquittera de cette tâche épuisante avec intelligence pendant 30 ans, jusqu’en 1697, année où il se retire.

La Reynie, par un travail de longue haleine, avait réussi à instaurer dans la place de Paris une « sécurité inconnue ». Quand le marquis d’Argenson lui succède en 1697, il hérite du relâchement des dernières années car la situation recommençait à se dégrader. Homme rigoureux et sévère, c’est avec beaucoup d’assiduité et d’intransigeance qu’il entreprend le redressement de la situation. Il va remplir sa fonction de lieutenance en s’appuyant principalement sur la répression, avec une escouade considérable d’espions. On peut dire qu’il instaura une sorte de police secrète d’État dont un des aspects marquant fut de complaire outre mesure aux puissants et d’accentuer le despotisme d’un règne vieillissant. Ses services talentueux et zélés lui valurent, en 1718, la place enviée de garde des Sceaux[10].

La politique étrangère

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magnify-clip 15 mai 1685 : le doge de Gênes est contraint à venir s’excuser dans la Galerie des Glaces de Versailles (par Claude Guy Hallé, château de Versailles)

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magnify-clip Territoire sous règne français et conquêtes de 1552 à 1798

Louis XIV tend à affirmer la puissance de son Royaume. Il utilise les armes traditionnelles de la diplomatie (ambassade, traités, alliances, unions dynastiques, soutien aux opposants de ses ennemis). Mais c’est surtout par l’armée qu’il s’impose. Il poursuit d’abord la stratégie de ses prédécesseurs depuis François Ier pour dégager la France de l’encerclement hégémonique des Habsbourg en Europe par une guerre continuelle contre l’Espagne, en particulier sur le front des Flandres. Le « grand Roi » en profite pour rendre son « pré carré » par des guerres de conquêtes sur ses voisins. Pour assurer à son petit-fils la succession d’Espagne, il se lance dans une guerre contre toute l’Europe qui finit par épuiser les belligérants. À la fin de son règne, le roi a arraché un compromis: si les Bourbon dominent en France et Espagne, ils reconnaissent deux nouvelles puissances montantes : l’Angleterre protestante et les Habsbourg d’Autriche.

1643/1672 L’alliance traditionnelle contre les Habsbourg

Dans un premier temps, pour se dégager de l’encerclement des Habsbourg, le jeune Louis XIV avec son ministre Mazarin fait alliance avec les principales puissances protestantes, reprenant ainsi la politique de ses deux prédécesseurs et de Richelieu.

La guerre connaît quatre phases : quand le règne débute, la France soutient directement les puissances protestantes contre les Habsbourg, lors du dernier tiers de ce qu’on a appelé ensuite la guerre de Trente Ans, conclue en 1648 par les traités de Westphalie. Ensuite, lors de la Fronde, l’Espagne soutient la révolte militaire du Grand Condé contre le Roi. Dix ans plus tard, des victoires françaises et une alliance avec les puritains anglais imposent à l’Espagne le traité des Pyrénées (doublé par un mariage entre Louis XIV et l’infante). Enfin, le conflit reprend à la mort du Roi d’Espagne pour la dévolution de villes frontalières du royaume de France en Flandre espagnole (au nom de l’héritage de son épouse).

À l’issue de cette première période, Louis XIV, jeune roi, est à la tête de ce qui est la première puissance militaire et diplomatique d’Europe s’imposant même au Pape. Il a agrandi son royaume vers le nord (Artois) et conservé au sud le Roussillon.

1672/1697 La puissance dominante mais isolée

Dans un second temps, à partir de 1672, sous l’influence de Louvois, le « Grand Roi » renonce à l’alliance protestante. Pour rendre son « pré carré« , il s’isole diplomatiquement dans une politique belliqueuse de conquête qui l’oppose à toute l’Europe.

La poussée vers les Flandres d’un monarque absolu catholique provoque l’inquiétude de la République protestante des Pays-Bas. Dès lors, France et Pays-Bas, anciens alliés, deviennent rivaux économiquement et politiquement. En 1672, Louis XIV les attaque. L’Espagne en profite pour tenter de récupérer les villes de Flandres perdues. Ce conflit isole diplomatiquement la France : opposée à la fois aux Habsbourg, au pape et aux protestants d’Europe, après le rapprochement entre les Provinces Unies des Pays-Bas, les princes Allemands et le parlement Anglais, elle n’a plus comme alliée protestante que la Suède. Sa puissance militaire lui permet toutefois d’imposer la paix sur le front Nord et de prendre le Franche-Comté à l’Espagne (1674, confirmé au traité de Nimègue, 1678). Louis XIV élargit ensuite ses ambitions aux possessions des villes conquises (politique des réunions). Cette politique d’expansion territoriale provoque la ligue d’Augsbourg (1682), alliance défensive de l’ensemble des puissances européennes, les Habsbourg et impériaux, d’une part et les protestants de l’autre. Après la prise de Luxembourg en 1684, le conflit reprend de 1688 à 1697 et plusieurs dures années de guerre s’ensuivent sur terre et sur mer: de l’Irlande où le roi soutient le prétendant catholique au trône de Grande Bretagne, à l’Allemagne, où il soutient la Princesse Palatine jusqu’à la Savoie, les guerres pèsent durement sur les finances royales. La paix négociée par la médiation de la Suède lui permet de prendre l’Alsace.

Le poids de la guerre et l’isolement diplomatique sont partiellement compensés par l’agrandissement du royaume. Le Roi a l’opportunité de devenir première puissance catholique au vu de l’affaiblissement Espagnol.

1697/1714 Le lourd prix du trône d’Espagne

À la fin de son règne, le « Roi très Chrétien » tente de préserver la succession d’Espagne pour son petit-fils ce qui conduit à une guerre qui épuise toute l’Europe.

La fragilité de la santé du roi espagnol Charles II de Habsbourg, sans enfant, pose le problème de sa succession. Louis XIV mène une active diplomatie pour faire hériter un de ses descendants (sa femme et sa mère étaient héritière d’Espagne). Placer un Bourbon sur le trône des Habsbourg ferait de sa famille la première puissance européenne et même mondiale (au vu de l’empire colonial espagnol). Mais cela l’oppose à la branche Habsbourg d’Autriche, autre prétendante. Pour réussir, Louis XIV se réconcilie avec le pape, renonçant au gallicanisme au profit du parti dévot, favorise l’Espagne par des gestes diplomatiques (Traité de Ryswick en 1697). Conscient du risque de l’hostilité de l’Europe à l’union des possessions Espagnoles à la France, il envisage même un partage complexe avec l’Autriche. Mais, en 1700, Charles II refuse sur son lit de mort la solution du partage et laisse l’héritage de la totalité des possessions espagnoles pour l’un des petit-fils de Louis XIV, Philippe V. Celui-ci n’est soutenu que par la Bavière de sa mère, toutes les autres puissances européennes provoquant une violente guerre contre les Bourbons de France et d’Espagne. Elles l’emportent d’abord. La France est prête à traiter (1708) mais les vainqueurs veulent contraindre Louis XIV à détrôner lui-même son petit-fils, ce qui le conduit à reprendre des combats. Au bout de quatorze ans l’épuisement des adversaires conduit à une paix de compromis (1713) : Philippe garde l’Espagne mais les compensations diverses montrent la montée de la puissance britannique dans les colonies et de l’Autriche dans l’Europe centrale et dans les Flandres.

Si, au début du règne, la grande puissance était l’Espagne, la France domine seule vers 1690/1700. En 1715, c’est le Royaume-Uni et en particulier l’Angleterre, qui est devenu le concurrent le plus redoutable, surtout parce que malgré les efforts de Colbert, le Roi s’est désintéressé de la question coloniale.

Louis XIV, l’homme de guerre

Guerres de Louis XIV.

Louis XIV a ainsi consacré 32 années sur 54 à faire la guerre. Sur son lit de mort, il confesse au futur Louis XV « j’ai trop aimé la guerre ».

Marqué par le modèle et l’éducation de son père, puis fasciné, enfant par la prestance du jeune Condé, Louis XIV assiste enfant à plusieurs combats lors de la Fronde. Il reçoit une formation militaire poussée par Turenne. Jeune, il dirige l’armée. Le 23 juin 1658 à Dunkerque, les Français récemment alliés aux Anglais (gouvernés à l’époque par Lord protecteur Oliver Cromwell) remportent une victoire importante contre Condé et l’Espagne lors de la bataille des Dunes. Ce fut une des premières grandes victoires du jeune Louis qui n’a que 20 ans à l’époque. Il fait célébrer ses victoires à Versailles (galerie des batailles), par des statues et des poèmes de circonstances.

Le Roi, après avoir réorganisé les finances avec Colbert, réorganise avec l’aide de Michel Le Tellier puis du marquis de Louvois, l’armée : unification des soldes, création de l’hôtel des Invalides en 1670, réforme du recrutement. Cette nouvelle impulsion politique limite la désertion et augmente le niveau de vie de la gent militaire. Il demande à Vauban de construire une ceinture de fortifications autour du territoire (politique du pré carré). Il dispose alors d’une armée de 300 000 hommes ce qui en fait de loin la première armée d’Europe, capable de tenir tête à des coalitions rassemblant de nombreux pays européens. Pour renforcer le pouvoir de la France dans le monde, Louis XIV engage le royaume dans une multitude de guerres et batailles :

 


magnify-clip Statue équestre de Louis XIV sur la place Bellecour (Lyon)

Ces guerres agrandissent considérablement le territoire français. Sous le règne de Louis XIV, la France conquiert la Haute-Alsace, Metz, Toul, Verdun, le Roussillon, l’Artois, la Flandre française, Cambrai, la Franche-Comté, la Sarre, le Hainaut et la Basse-Alsace. Ces acquisitions consacrent l’hégémonie française en Europe et ceux qui, comme le doge de Gênes, se risquent à défier le Roi, ne tardent pas à en payer les conséquences.

Cependant, l’état de guerre permanent mène l’État au bord de la banqueroute, le forçant à lever de lourds impôts sur le peuple mais aussi sur la noblesse (impôts de la Capitation, du Dixième). Même la famille royale doit payer des impôts.

La Marine

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magnify-clip Représentants de l’État visitant la galère « la Réale » en construction à l’arsenal de Marseille. Tableau attribué à Jean-Baptiste de la Rose.

À la mort de Mazarin, en 1661, la Marine royale, ses ports et ses arsenaux sont en piteux état. Seule une dizaine de vaisseaux de ligne est en état de fonctionnement correct. À la même période, la marine anglaise comptait 157 vaisseaux (dont la moitié sont des vaisseaux importants, embarquant de 30 à 100 canons), soit un rapport de 1 à 8 avec la Marine française. Les flottes de la république des Provinces-Unies en comportent 84.

Contrairement à une idée très répandue, Louis XIV s’intéressa personnellement et contribua avec Colbert à l’essor de la marine de guerre française. Dès 1662, il crée le corps des galères, qui a l’avantage de constituer une flotte à la fois militaire et commerciale. Il préside une fois par semaine le conseil de la Marine et suit avec le plus grand soin les détails de la mobilisation des ressources, fixant chaque année l’ampleur des armements, nommant en personne tous les officiers de vaisseau ou encore choisissant le nom de chaque vaisseau fabriqué.

Le roi souhaite que son armée de mer devienne aussi puissante et redoutée que son armée de terre, non tant pour combattre que pour disposer d’un instrument de dissuasion permettant de ne pas combattre.

Le 7 mars 1669, il crée le titre de secrétaire d’État à la Marine et nomme officiellement Colbert premier titulaire du poste. Dès lors, Colbert et son fils vont mobiliser des ressources humaines, financières et logistiques sans précédent qui ont permis, pratiquement ex-nihilo, de faire de la France une puissance militaire navale de premier rang.

L’objectif fixé par Colbert était d’atteindre une flotte de 120 vaisseaux dont 72 d’au moins 50 canons. À sa mort en 1683, la Royale comptait 117 vaisseaux, 1 200 officiers et 53 000 matelots. De 1661 à la mort de Louis XIV en 1715, 381 vaisseaux et frégates furent construits.

Politique économique et réglementation

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magnify-clip Le roi et Colbert par Charles Le Brun

La politique économique de Louis XIV peut être résumée ainsi: le roi dépense à la guerre tout l’argent que Mazarin puis Colbert s’évertuent à faire rentrer dans les caisses de l’État.

Sous Mazarin, la pression fiscale est à l’origine de nombreuses rébellions aussi bien aristocratiques (la Fronde) que populaires (les jacqueries) :

 

Après Mazarin, Colbert multiplie les initiatives économiques :

 

Les colonies et l’esclavage

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magnify-clip Carte de l’Amérique en 1681

 

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magnify-clip Pavillon du Roi-Soleil

Malgré tout, les colonies sont plus une priorité pour Colbert que pour le roi. On a besoin de chair à canon pour mener les guerres en Europe et on n’envoie que très peu de gens aux colonies : les engagées et les jeunes orphelines surnommées « les filles du roi » au Canada (Nouvelle-France). Colbert entrevoit, lui, les ressources potentielles dans le développement des colonies mais dans sa correspondance avec les intendants de la Nouvelle-France, il est strict : les colonies servent au royaume et ne doivent pas se développer au détriment de l’industrie française. Pour favoriser l’accroissement naturel, il crée des amendes pour les colons masculins célibataires de plus de 20 ans et les filles de plus de 16 ans non mariées. En outre, il alloue la somme de 300 livres aux familles de plus de dix enfants.

Le Code noir

Code noir.

Dans le contexte de la codification absolutiste du Royaume, de la religion et de l’économie, Louis XIV, en mars 1685, promulgue le « Code noir » considéré par certains auteurs tel Louis Sala-Molins, professeur émérite de philosophie politique à Paris-I, comme « le texte juridique le plus monstrueux qu’aient produit les Temps modernes »[11]. Ce texte, qui expulse les Juifs des Antilles, définit les règles de métissage et régularise le plein usage des esclaves dans les colonies auquel il donne un cadre juridique. Ses détracteurs y dénoncent une institutionnalisation de l’esclavage et de ses sévices (amputations par exemple en cas de fuite…); il pose toutefois certaines limites à l’arbitraire des propriétaires (une obligation de soins et de nourriture suffisante) et il est reconnu aux esclaves un droit limité à certaines formes de droits religieux, juridiques, de propriété et de retraite. Mais même ces rares dispositions furent mal appliquées, du fait de la pression des colons sur la justice.

Mesures contre les Bohémiens

Dès 1666, par soucis d’éviter le vagabondage transfrontalier et par défiance pour leur utilisation par certains nobles, notamment, Louis XIV décrète que tous les Bohémiens (aujourd’hui Roms) de sexe masculin doivent être arrêtés et envoyés aux galères sans procès. Par la suite, lors de l’ordonnance du 11 juillet 1682, il confirme et ordonne que tous les Bohémiens mâles soient dans toutes les provinces du Royaume où ils vivent, condamnés aux galères à perpétuité, leurs femmes rasées et leurs enfants enfermés dans des hospices. Une peine était en outre portée contre les nobles qui donnaient dans leurs châteaux un asile aux bohémiens; leurs fiefs étaient frappés de confiscation [12],[13].

Une politique de contrôle religieux

Louis XIV, qui tire son pouvoir du Droit Divin, défend le catholicisme, surtout une fois passé son goût des plaisirs de sa jeunesse. Toutefois, dans le domaine religieux comme dans les autres il vise à contrôler l’ensemble de ses sujets au profit de sa politique de grandeur à l’extérieur. C’est pourquoi il est partisan du gallicanisme : il veut une France catholique unifiée sous ses ordres mais indépendante du pape si celui-ci soutient ses ennemis Habsbourg. Il réduit ainsi successivement à l’obéissance et à la soumission les courants dissidents: le parti dévot, les jansénistes, les libertins les protestants ou les quiétistes, avant de se rapprocher du pape, à la fin de son règne, afin de s’assurer de son soutien pour la succession d’Espagne

Louis XIV prend le contrôle de l’église de France

Du libertinage au gallicanisme : la lutte contre les dévots

Le jeune Roi choque d’abord le parti dévot et Bossuet, favorables à la soumission au pape et à la paix avec l’Espagne, par ses plaisirs et sa politique étrangère d’alliance avec les protestants et les Turcs. La querelle du Tartuffe dont les dévots demandent l’interdiction marque cette période clef de la prise du pouvoir par le Roi. Les dernières décisions de Mazarin (1660) sont défavorables au parti dévôt que soutient la reine-mère jusqu’à son décès en 1666. Le Roi seul au pouvoir en 1661 doit d’abord céder devant la cabale des dévots mais rapidement, ses réformes gallicanes affirment donc son autorité et l’indépendance du clergé français par rapport au pape (donc aux jésuites). Alexandre VII est même menacé de guerre en 1662 car il voulait réduire l’extraterritorialité de l’ambassade de France à Rome (pour raisons diplomatiques et de police). Avignon est occupée.

Le jeune Roi veut soumettre les factions religieuses du royaume dans une unité d’obéissance. Il encourage ainsi les conversions de la noblesse protestante au catholicisme. En outre, dès le 13 décembre 1660, il fait savoir au Parlement qu’il a décidé d’éradiquer le jansénisme. En 1664 il dissout les congrégations secrètes (ce qui vise la compagnie du Saint-Sacrement des dévots). Face au pape, il finit par affirmer son droit de régale sur l’ensemble des évêchés français (malgré les protestations de Rome mais aussi des évêques jansénistes de Pamiers et d’Alet lors de l’affaire de la régale). La politique religieuse du roi est donc gallicane.

De la paix de l’église au rapprochement avec les Dévots

Vers 1672, après s’être opposé et imposé aux différents courants catholiques du royaume, le roi réunit autour de lui toute l’église de France, dans le contexte de sa rupture avec les puissances protestantes et de l’évolution moraliste de la cour. Il choisit Simon Arnauld de Pomponne, un ancien proche des jansénistes pour secrétaire d’État, (1671), nomme Bossuet le plus grand orateur des dévots, précepteur du dauphin et se rapproche du pape Clément et de ses jésuites (comme Bourdaloue). Le Pape lui même se réconcilie avec les jansénistes. C’est la Paix de l’Église.

Mais la politique étrangère de Louis XIV entraîne une nouvelle rupture avec le pape (refus d’adhérer à l’alliance anti-ottomane, soutien du pape aux Habsbourg d’Autriche). Louis XIV favorise alors une stratégie gallicane constitué autour de Bossuet. A l’assemblée du clergé de 1682, à l’occasion des démêlés entre le roi et le pape, la déclaration sur les libertés de l’Église gallicane fixe les limites du pouvoir du Pape par les déclaration des Quatre articles. Celle-ci est brulée par le pape.

Avec le décès de la reine Marie-Thérèse, celui de Colbert en 1683 et avec l’affaire des poisons qui choque le Roi, c’est un entourage différent qui domine la cour: l’influence de Madame de Maintenon l’épouse secrète du monarque, celle de Bossuet poussent le roi à assurer l’unité politico religieuse du Royaume autour d’un gallicanisme dévot. Le Roi, désormais en rupture avec les puissances protestantes, entame une politique de conversions forcées des protestants, que le remplacement de Colbert par les Le Tellier amplifie, en prélude à la révocation de l’édit de Nantes.

Révocation de l’Édit de Nantes

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magnify-clip Après la révocation de l’Édit de Nantes, le protestantisme devient interdit sur le territoire français

Les Protestants avant la révocation

Le protestantisme était, à l’époque de Louis XIV, minoritaire en France, où il n’avait jamais constitué plus de 10 % de la population y compris lors des guerres de religion du XVIe siècle. L’édit, signé à Nantes le13 avril 1598 par le roi de France Henri IV, était un compromis qui laissait la liberté de culte aux protestants dans certaines limites et la possession de certaines places fortes militaires. Cette possibilité de conserver des places fortes avait été révoquée sous le règne de Louis XIII lors de la paix d’Alès en 1629.

A la cour, le parti nobiliaire protestant avait disparu. La conversion d’Henri IV et l’édit d’Alés l’avait affaibli et Louis XIV, en « domestiquant » la noblesse, « domestiqua » aussi la religion: bon nombre de nobles protestants, pour y acquérir une charge durent se convertir à la religion du roi, le catholicisme. Sur le plan symbolique, le maintien du protestantisme contredisait ce qu’Élisabeth Labrousse a bien formulé dans son ouvrage portant sur la révocation: le royaume de France ne devait être que sous le règne de l’Unique « un roi, une foi, une loi ». La révocation de l’édit de Nantes ne fut donc pas un coup de tête soudain du monarque mais le coup final porté au parti protestant en France qui, sans chefs et polémistes charismatiques, ne put résister à la propagande et aux moyens mis en place par les catholiques, qu’ils soient dévots, gallicans ou même jansénistes.

Au plan local et par des arrêts du Conseil, Louis XIV restreignit petit à petit les libertés accordées aux protestants par l’application rigide de l’édit de Nantes, jusqu’à vider le texte de sa substance. La logique fut rapidement que ce qui n’était pas autorisé par l’édit était interdit. Cela conduisit à l’interdiction de tout prosélytisme et de certains métiers pour les membres de la RPR. Avec l’arrivée au pouvoir de Le Tellier, la pression sur les protestant s’aggrava par le moyen des logements de troupes. Les protestants les plus pauvres furent soumis à partir de 1679 aux dragonnades. La radicalisation de cette politique accéléra des conversions contraintes.

La révocation

C’est donc le versant religieux de l’édit de Nantes fut révoqué par Louis XIV le 17 octobre 1685[14] (Édit de Fontainebleau)[15], contresigné par le chancelier Michel Le Tellier. Le protestantisme est dès lors interdit sur le territoire français. Cette révocation entraîne l’exil de beaucoup de huguenots vers des pays protestants : l’Angleterre, les États protestants d’Allemagne, les cantons protestants de Suisse, les Provinces-Unies et ses colonies, comme celle du Cap. On estime à environ 200 000 le nombre d’exilés, dont beaucoup d’artisans ou de membres de la bourgeoisie. Si les récents travaux de Michel Morrineau et de Janine Garrisson ont nuancé les conséquences économiques de la révocation, l’économie ne s’effondrant pas en 1686 et la formation d’une diaspora française en Europe favorisant l’exportation ou l’essor européen de la langue française, les conséquences humaines et religieuses sont sensibles.

La révocation de l’édit de Nantes rétablit le Royaume comme exclusivement catholique, les temples sont transformés en églises ; mais chez beaucoup des protestants, l’adhésion au catholicisme reste superficielle, comme le montrent des soulèvements de protestants dans le Languedoc dont la guerre des Camisards constitue le paroxysme.

L’autre minorité religieuse: la politique de Louis XIV vis-à-vis du judaïsme

Louis XIV fut moins hostile que ses prédécesseurs aux Juifs. Le début de son règne marque en effet une évolution dans la politique du pouvoir royal vis-à-vis du judaïsme, dans l’esprit de la politique pragmatique de Mazarin: en 1648, les traités de Westphalie attribuent les Trois-Évêchés et l’Alsace à la France et le pouvoir choisit de ne pas exclure les Juifs qui y habitent bien que l’édit de 1394 expulsant les Juifs de France soit encore théoriquement applicable. Le choix est de préférer leur intégration. En 1657, le jeune Louis XIV est reçu solennellement avec son frère à la synagogue de Metz. Au début de son reigne personnel, sa politique, peut-être parce que Colbert voit dans les Juifs une population favorisant l’activité économique, permet le développement de la communauté juive lorraine qui croît sensiblement durant son règne. De même, les Juifs portugais, dits Nouveaux Chrétiens, qui vivent à Bordeaux ou dans la région de Bayonne, connaissent une paix relative.

Mais, comme c’est le cas avec les protestants, le Roi change de politique en 1685, année de la révocation de l’Édit de Nantes, qui est aussi une année noire pour les Juifs. Huit d’entre eux sont brûlés vifs à Toulouse et le Code noir publié par le roi décrète dans son premier article l’expulsion des Juifs des Antilles françaises.

Le Roi très Chrétien de la fin du règne

Pour la succession d’Espagne, le rapprochement diplomatique avec Rome

La politique religieuse des dernières années de son règne est marquée par sa politique extérieure qui nécessite un rapprochement avec le Pape. Après 1686, (dernière crise diplomatique entre Versailles et Rome au sujet de l’évêché de Cologne où Louis XIV soutient un candidat différent de celui du pape), Louis XIV n’a plus de conflit diplomatique avec Rome dont il veut le soutien pour l’accession de son petit-fils au trône d’Espagne: à un pontife qui lui est plus favorable (Alexandre VIII), le Roi donne des signes d’apaisement (Révocation, envoi de jésuites en Chine, restitution d’Avignon en 1690, réalisation par un sculpteur Français d’un tombeau de pape…) La réconciliation religieuse a lieu en décembre 1693 quand Louis XIV accepte que le clergé retire la déclaration des libertés gallicanes, ce qui permet de faire reconnaître les évêques nommés depuis 1673 jusqu’ici non validés par Rome. Clément XI, le nouveau pape est élu grâce à la France et soutient Louis XIV et les Bourbons au début de la guerre de succession d’Espagne.

Dans le royaume, Louis XIV impose une stricte orthodoxie (unifiant l’obéissance au roi et au pape que symbolise la dédicace à Saint Louis, de l’église des Invalides en 1697). Il condamne avec le pape les factions religieuses renaissantes qui tentent d’influencer une opinion publique naissante ou de s’attirer la protection de Madame de Maintenon. Il prend ainsi nettement le parti de Bossuet contre Fénelon (pourtant précepteur de son petit-fils) coupable d’avoir défendu le quiétisme de madame Guyon (1697): il le disgracie (1698) après l’avoir fait condamner par le pape Clément XI (qui ne l’excommunie toutefois pas). De même, devant des publications qui tendent à faire renaitre le courant janséniste, la réaction du Roi est ferme. Jean Racine est disgracié pour son soutien à ce mouvement et le Pape condamne (en 1703 et surtout en 1709) les religieuses, qui ayant refusé de prêter le serment demandé sont dispersées sans ménagement et dont l’abbaye est rasée en 1711. Enfin, une répression brutale est conduite contre les camisards protestants à partir de 1702.

Le retour à un gallicanisme autoritaire

Durant la guerre de succession d’Espagne, le territoire du pape est mis en danger par les défaites de la France et Clément XI doit momentanément changer d’alliance ce que Louis XIV, finalement rétabli militairement et diplomatiquement, lui fait payer à la fin du règne. Louis XIV le contraint à reconnaître la primauté d’un gallicanisme sourcilleux. La crise s’exprime au sujet du Jansénisme: le pouvoir royal impose au pape de reformuler sa condamnation parce qu’elle ne respecte pas l’autorité gallicane. Le Pape doit rédiger la bulle unigenitus en 1713. Louis XIV impose son enregistrement à un Parlement de Paris rétif et veut aussi l’imposer au cardinal de Noailles qui résiste à son application. Le Roi et le Pape ne parviennent pas à s’accorder sur la manière de faire obéir le Cardinal, car le Roi s’oppose à tout acte d’autorité pontifical qui mettrait en cause les libertés gallicanes. Le Roi meurt chrétiennement sans avoir réglé la question dans un royaume tenu à une pratique catholique stricte mais où il n’a pu faire disparaître de l’opinion les courants religieux ou libertins qui réapparaissent pendant la régence.

La Culture et les Arts

Louis le Bâtisseur

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magnify-clip Le dôme de l’Hôtel des Invalides

Dans l’esprit du roi, la grandeur d’un royaume doit aussi se mesurer par son embellissement. Sur les conseils de Colbert, un des premiers chantiers du roi sera la restauration du palais et du jardin des Tuileries confiée à Louis Le Vau et à André Le Nôtre. Les décors intérieurs sont confiés à Charles Le Brun et aux peintres de la brillante Académie royale de peinture et de sculpture.

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magnify-clip Le Château de Versailles vu des jardins sud-ouest.

Outre le château de Versailles que Louis XIV fait agrandir petit à petit tout au long de son règne, il fait aussi construire le château de Marly afin d’inviter ses intimes. Dans ces deux châteaux, tout comme à Saint-Germain, le château qui vit le début de son règne, il confia la restauration des jardins à Le Nôtre.

Dans Paris, on lui doit aussi, entre autres, le Pont Royal (financé sur ses propres deniers), l’observatoire, les Champs-Élysées, les Invalides, la place Vendôme mais aussi la place des Victoires qui commémore la victoire sur l’Espagne, l’Empire, le Brandebourg et les Provinces-Unies. Deux arcs de triomphe, la porte Saint-Denis et la porte Saint-Martin, célèbrent les victoires du Roi-Soleil lors de ses guerres européennes.

Il fait modifier aussi profondément la structure de villes françaises telles que Lille, Besançon, Belfort, Briançon en les fortifiant grâce aux travaux de Vauban. Certaines villes, telles que Versailles pour la cour ou Neuf-Brisach pour défendre les acquisitions d’Alsace, sont crées ou développées.

Pour faciliter le développement de la Royale, il développe les ports et arsenaux de Brest et de Toulon, crée un port de guerre à Rochefort, des ports de commerce à Lorient et Sète et fait construire le port franc et l’arsenal des galères à Marseille.

 

Louis XIV, Patron des Arts

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magnify-clip Molière, un des artistes favoris de Louis XIV

Après l’arrestation de Fouquet, le roi semble vouloir imiter sa vie fastueuse. Il se montre extrêmement dépensier en allouant des sommes immenses aux frais de la cour royale. Il se comporte en mécène et patron des arts en finançant les grandes figures culturelles de l’époque tels que Molière (en signe d’amitié, le roi accepta d’être le parrain de son premier enfant), le musicien Jean-Baptiste Lully ou le décorateur Charles Le Brun ainsi que le jardinier André Le Nôtre. Il place l’Académie française sous son contrôle et devient son « protecteur ». Il dépense aussi d’importantes sommes dans l’amélioration du Louvre avant de finalement choisir le château de Versailles comme résidence royale. Il y emménagea en 1682 après plus de vingt ans de travaux.

 

Fin de règne et succession

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magnify-clip Louis XIV et sa famille par Nicolas de Largillière

Des problèmes de succession et la santé dégradée du roi assombrissent la fin de son règne. En 1711, son fils Louis de France (le Grand Dauphin) meurt de la variole à 49 ans. L’année suivante, son petit-fils (et premier fils du Grand Dauphin), le duc de Bourgogne (29 ans), devenu à son tour dauphin et le deuxième fils de celui-ci (5 ans) meurent lors d’une épidémie de rougeole. Ayant déjà perdu son fils aîné en 1705, à sa mort, en 1712, le seul de ses enfants à survivre est son troisième et dernier fils, un petit garçon de deux ans, le futur Louis XV (arrière-petit-fils donc de Louis XIV).

Branche espagnole

Le deuxième fils du Grand Dauphin devient roi d’Espagne en 1700 sous le nom de Philippe V. Il renonce à ses droits à la succession au trône de France à l’issue de la guerre de Succession d’Espagne, par le traité d’Utrecht. Louis XIV réalise ainsi son rêve de mettre un membre de la dynastie des Bourbons (son petit-fils en l’occurrence) sur le trône d’Espagne. Malgré de nombreux renversements suivis de restauration, la Maison de Bourbon conserve la couronne d’Espagne jusqu’à notre époque. L’actuel roi d’Espagne, Juan Carlos Ier, est ainsi un descendant de Louis XIV.

Branche française

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magnify-clip Louis XV, l’arrière petit-fils de Louis XIV lui succédera en 1722 après la régence de son oncle, Philippe d’Orléans

Quant au troisième fils du Grand Dauphin, le duc de Berry, il meurt en 1714 des suites d’une chute de cheval. Hormis le roi d’Espagne, le seul descendant mâle légitime de Louis XIV est alors le duc d’Anjou, le plus jeune des fils du duc de Bourgogne et son arrière-petit-fils. Né en 1710, c’est un petit garçon de santé fragile. Comme il ne reste qu’un petit nombre de princes du sang dans d’autres branches, Louis XIV décide de renforcer la maison royale en accordant par un édit du 29 juillet 1714 le droit de succession, à défaut de tous les princes de sang royal[16] au duc du Maine et au comte de Toulouse, deux fils bâtards légitimés qu’il avait eus de Madame de Montespan. Cette décision violait les lois fondamentales du royaume, qui avaient toujours écarté du trône les enfants bâtards et rencontra une incompréhension souvent scandalisée. Il semble que le roi ait en fait été prêt à contredire les vieilles lois de succession pour écarter du trône son neveu Philippe d’Orléans, successeur potentiel et dont il se méfiait beaucoup. Mais c’est finalement son arrière-petit-fils « officiel » et petit-fils du Grand Dauphin, le duc d’Anjou, âgé de cinq ans, qui devient roi sous le nom de Louis XV, la régence étant exercée, durant sa minorité, par le duc d’Orléans, neveu et gendre de Louis XIV.

Les derniers jours

Mort de Louis XIV.

Le 9 août 1715, au retour de Marly, le roi apparaît brusquement très abattu.
Le 10, il se plaint d’une douleur à la jambe gauche que son premier médecin Fagon, attribue à une sciatique et pour laquelle il préconise une médecine. Les jours passent, les nuits sont agitées, il se nourrit de moins en moins et il paraît à tous, de plus en plus affaibli.
Le 21 août, il accepte la consultation collective de quatre docteurs de la faculté de médecine de Paris qui confirment la sciatique alors que la fièvre mine le malade et que la pourriture de la jambe devient apparente.
Le samedi 24, la situation s’aggrave : la prétendue sciatique se révèle une gangrène sénile à la jambe contre laquelle les médecins sont impuissants.
Le 26, après avoir pris son dîner au lit, qu’il ne quitte plus, il fait entrer son arrière-petit-fils, le petit dauphin, le futur roi Louis XV, âgé de 5 ans et demi. Il lui adresse un discours dont les termes diffèrent selon que l’on se rapporte au marquis de Dangeau ou à Saint-Simon. Ses derniers conseils furent de ne pas l’imiter dans son goût pour les bâtiments, de soulager la misère de ses peuples, « ce que j’ai le regret de ne pas avoir fait » et de vivre en paix avec ses voisins. Il avoua même : « J’ai trop aimé la guerre ». Sur son lit de mort, il déclare aussi : « Je m’en vais mais l’État demeurera toujours ».
La journée du 30 se passe dans une somnolence quasi constante.
Le samedi 31, la nuit et la journée sont détestables. Il n’a que de rares instants de connaissance. La gangrène gagne le genou et toute la cuisse. On lui donne du remède que sa belle-fille, la duchesse du Maine, a apporté et qui est excellent pour la petite vérole.
Mais le lendemain, 1er septembre 1715, Louis XIV meurt à 8h15 du matin, entouré de ses courtisans, après cette agonie de plusieurs jours. Son règne aura duré 72 ans et 100 jours (54 années de règne effectif si on retire la période de la régence de 1643 à 1661). Après que sa dépouille fut exposée durant 8 jours dans le salon de Mercure, il est transporté le 9 à Saint-Denis, où il est enterré, muni des Sacrements de l’église catholique, comme se doit de l’être le Roi Très Chrétien.

On trouve un Almanach royal de 1715[17], dans l’éphéméride du mois d’août, une mention manuscrite qui relate les circonstances des derniers jours du roi :

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/ff/Almanach-mortlouisxiv.gif

 « On crut le Roi mort dès le Lundi 25[18]. Il se porta mieux un jour ou deux, quoique sans esperance. Il est mort après avoir beaucoup souffert et avec une grande patience, le Dimanche 1er septembre à 8 h du matin. Mr le Duc d’Orleans alla au Parlt (Parlement) et fut declaré Regent le 2. septembre. »

Le Parlement de Paris cassa son testament dès le 4 septembre, ouvrant une ère de retour en force des nobles et des parlementaires. Pour la plupart de ses sujets, le souverain vieillissant était devenu une figure de plus en plus lointaine. Le cortège funèbre de Louis XIV fut même hué ou raillé sur la route de Saint-Denis. Cependant, de nombreuses cours étrangères, même traditionnellement ennemies de la France, eurent conscience de la disparition d’un monarque d’exception : l’Électeur de Saxe n’eut besoin d’aucune précision de nom lorsqu’il annonça solennellement à ses ministres : « Messieurs, le Roi est mort ».

 

Descendance

Louis XIV a de nombreux enfants légitimes et illégitimes.

De sa femme, Marie-Thérèse d’Autriche, le roi a six enfants (3 filles et 3 garçons) dont un seul survécut à l’enfance :

Nom Naissance Décès
Louis de France, fils de France, le Grand Dauphin 1er novembre 1661 14 avril 1711
Anne-Élisabeth de France, fille de France 18 novembre 1662 30 décembre 1662
Marie-Anne de France, fille de France 16 novembre 1664 26 décembre 1664
Marie-Thérèse de France, fille de France, la Petite Madame 2 janvier 1667 1er mars 1672
Philippe-Charles de France, fils de France, duc d’Anjou 5 août 1668 10 juillet 1671
Louis-François de France, fils de France, duc d’Anjou 14 juin 1672 4 novembre 1672

De ses deux principales maîtresses, il eut 11 enfants légitimés [19] :

De l’union du roi avec Louise de La Vallière naissent :

De Madame de Montespan naissent :

En 1679, l’affaire des poisons consomme la disgrâce dans laquelle Madame de Montespan, ex-favorite du roi était tombée quelques mois auparavant.

Le roi aurait eu d’autres enfants mais non reconnus dont :

Personnalité du Roi-Soleil

Le soleil comme emblème

Us et coutumes à la cour de Versailles.

Louis XIV choisit pour emblème le soleil. C’est l’astre qui donne vie à toute chose mais c’est aussi le symbole de l’ordre et de la régularité. Il régna en soleil sur la cour, les courtisans et la France. En effet, les courtisans assistaient à la journée du roi comme à la course journalière du soleil. Il apparaît même déguisé en soleil lors d’une fête donnée à la cour[20].

Le Roi-Soleil domestiqua définitivement tous ceux qui lui contestaient le pouvoir en faisant de sa vie de monarque un théâtre perpétuel où tout, de son coucher à son lever, de ses repas à ses frasques amoureuses, de ses vêtements à ses animaux de compagnie, de ses divertissements à ses plaisirs intimes, était suivi par des courtisans anxieux.

Sa devise Nec pluribus impar

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magnify-clip NEC PLURIBUS IMPAR, la devise du roi

Voltaire rappelle dans son Histoire du siècle de Louis XIV l’épisode de la célèbre devise du Roi-Soleil. Louis Douvrier, un médailliste « antiquaire » [21], eut l’idée en prévision du prochain carrousel de 1662, d’attribuer un emblème et une devise à Louis XIV qui n’en avait pas. Cet ensemble ne plut pas au roi qui le trouva ostentatoire et prétentieux. Douvrier, pour assurer malgré tout le succès de sa production, la promut discrètement auprès de la Cour qui s’enthousiasma de cette trouvaille et y vit l’occasion de montrer son éternel esprit de flatterie. Le blason comportait un globe éclairé par un soleil étincelant et la devise : Nec Pluribus Impar (latin). Les héraldistes contemporains furent prompts à y voir un plagiat d’un ancien blason ayant appartenu à Philippe II d’Espagne qui signifiait pour la circonstance : « Suffisant à toutes les étendues »[22]. On fit alors remarquer que ce roi d’Espagne possédait encore à cette époque un empire où le soleil ne se couchait jamais. On détourna donc le sens de cette devise vers la personnalité du roi qui n’en demandait pas tant. Cela lui fit tort car elle lui attribua une attitude hautaine, distante et orgueilleuse qu’il n’avait pas. D’ailleurs, Louis XIV refusa toujours de s’en parer et ne la porta jamais dans les carrousels. Il semble que par la suite il ne fit que la tolérer pour ne pas décevoir ses courtisans.

Traduire la devise par « non inférieur à plusieurs » paraît d’abord un mot à mot plutôt indigent[23] et n’a pas beaucoup de sens si elle s’adresse au soleil. La formule latine trop abrupte (et construite en litote) permet ainsi toutes les traductions. Charles Rozan rapporte dans un ouvrage[24] la parole que Louvois adressa au roi quand celui-ci déplorait le sort de Jacques II d’Angleterre chassé de son pays : « Si jamais devise a été juste à tous égards, c’est celle qui a été faite pour votre Majesté : Seul contre tous ». De fait, le roi dut déclarer la guerre à l’Angleterre, les Provinces-Unies, l’Espagne et le Saint-Empire, avec l’espoir de rétablir son cousin sur le trône.

Enfin, la ville de Neuf-Brisach qui doit tant au Roi-Soleil, arbora à cette époque la devise du souverain : Nec pluribus impar, avec le sous-titre inattendu de « sans pareille ». Faisant abstraction du symbole solaire, on peut dire également que Louis XIV fut un roi « sans pareil ». Napoléon Ier en dictant ses mémoires jugeait de son côté : « Le soleil lui-même n’a-t-il pas de taches ? Louis XIV fut un grand roi. C’est lui qui a élevé la France au premier rang des nations. Depuis Charlemagne, quel est le roi de France qu’on puisse comparer à Louis XIV sous toutes ses faces. »

Louis XIV, une force de la nature

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magnify-clip Louis XIV représenté en Alexandre le Grand

Il a été régulièrement dit du roi qu’il n’était pas grand. Un auteur, Louis Hastier, avait écrit, en 1956, que le roi ne pouvait avoir plus de 1,65 m puisque c’était la dimension de l’armure qui lui avait été offerte en 1668 par la République de Venise. Cette déduction faussement astucieuse est aujourd’hui balayée[25] : cette armure fabriquée sans doute selon un standard moyen de l’époque était un présent honorifique et n’était pas destinée à être portée, si ce n’est dans les tableaux peints à sujet antique – au Grand siècle, le roi allait à la guerre en chapeau à plume et en perruque. Nous savons, d’après les divers témoignages sérieux qu’il était d’une belle prestance ; ce qui laisse supposer que, pour son temps, il avait au moins une taille moyenne et une silhouette bien proportionnée. Madame de Motteville[26] raconte que lors de l’entrevue sur l’Île aux faisans en juin 1660 entre les jeunes promis, présentés par les deux partis, français et espagnols, que l’Infante Reine «  le regardait avec des yeux tout-à-fait intéressés par sa bonne mine, parce que sa belle taille le faisait dépasser les deux ministres [Mazarin, d’un côté et don Louis de Haro, de l’autre] de toute la tête ». Enfin, un seul témoin, François-Joseph de Lagrange-Chancel qui fut maître d’hôtel de la princesse Palatine, belle sœur du roi, avance une mesure précise : « Cinq pieds, huit pouces de hauteur », soit 1,84 m[27] !

Il fut un amateur fervent de la danse, du spectacle de ballets et du jeu de paume et comme presque tous ses ancêtres, un passionné de chasse et d’équitation. Cela fut surtout vrai pour sa jeunesse car s’il a pu paraître robuste et insensible à la fatigue, ne se plaignant ni du chaud ni du froid, ni de la pluie ni de la grêle et feignait de s’étonner qu’on puisse en souffrir, Louis XIV fut avant tout un homme d’une grande endurance physique et morale. Et s’il eut un règne d’une longueur exceptionnelle, il fut paradoxalement toute sa vie d’une santé déficiente et maintes fois mise en péril. Par ailleurs, comme l’expliquent les notes sanitaires jointes ci-dessous, il eut de nombreux ennuis peu « royaux ». Ainsi, il arriva à Louis d’avoir fort mauvaise haleine à cause de ses ennuis dentaires : il arrivait alors à ses maîtresses de placer un mouchoir parfumé devant leur nez.

La lecture du journal de santé de ce monarque, minutieusement entretenu, est édifiante : il se passe peu de jours sans que le souverain ne soit pas l’objet d’une purgation, d’un lavement, d’un emplâtre, d’une pommade ou d’une saignée[28]. On y trouve entre autres consignés :

Troubles gastriques et dysenteries : ce sont des indispositions pénibles et chroniques chez ce monarque, réputé gros mangeur.
Tumeurs : tétin droit cautérisé en janvier 1653…
Blennorragie : tenue secrète, cette maladie le tenaille régulièrement depuis sa jeunesse (depuis mai 1655, époque de ses premières liaisons).
Vapeurs et douleurs dorsales fréquentes : certaines (novembre 1647) attribuées à une attaque de petite vérole ; avec pustules sur tout le visage et d’autres parties du corps , suivie d’un début de « gangrène » des orteils
Langueurs et fièvres variées : fièvres de fin 1655 ; fièvre typhoïde de juin 1658…
Maux de dents : en 1685, toute sa dentition supérieure côté gauche est « arrachée » avec le voile du palais qui sera cautérisé plusieurs fois aux pointes de feu (les liquides lui ressortent parfois par le nez).
Fistule anale : cette malformation handicapante lui fera finalement subir une opération expérimentale la plus douloureuse qui soit (par le chirurgien Félix) en novembre 1686.
Ennuis urinaires : accompagnés de probables calculs (mictions accompagnées de « pelotons de sable »)…
La goutte : des attaques insupportables au pied droit et à la cheville gauche qui le tiennent longtemps immobilisé ou gênent sa marche. Ses dernières années tiendront du supplice.

Un amant fougueux

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magnify-clip Madame de Maintenon, l’épouse secrète du roi

Louis XIV a de très nombreuses maîtresses, parmi lesquelles Louise de La Vallière, Marie Angélique de Fontanges, Madame de Montespan, Madame de Maintenon (qu’il épousa secrètement après la mort de la Reine, sans doute dans la nuit du 9 au 10 octobre 1683, en présence du Père de La Chaise qui donna la bénédiction nuptiale). Adolescent, il fait la rencontre d’une nièce de Mazarin, Marie Mancini. S’en suivra entre eux une grande passion, contrariée par le cardinal qui, conscient des intérêts de la France et des siens, préfère lui faire épouser l’infante d’Espagne. En 1670, Jean Racine s’inspira de l’histoire du roi et de Marie Mancini pour écrire « Bérénice« .

On dit souvent que Mademoiselle Catherine de Beauvais, surnommée Cateau La Borgnesse, déniaisa le roi mais les historiens en doutent fortement. Cependant, cette femme « issue de peu » eut l’extrême honneur de recevoir un cadeau étonnant d’Anne d’Autriche (la reine-mère) : elle est payée en pierres précieuses, prévues initialement pour les travaux du Louvre, avec lesquelles elle s’est construit un hôtel particulier à Paris, aujourd’hui situé au 68, rue François-Miron, l’hôtel de Beauvais.

Plus tard, le roi fait aménager des escaliers secrets dans Versailles pour rejoindre ses différentes maîtresses[réf. nécessaire]. Ces liaisons irritent la compagnie du Saint-Sacrement, un parti de dévots. Bossuet, comme Madame de Maintenon, tentent de ramener le roi à plus de vertu.

Ses maîtresses et favorites

On dénombre au moins 16 maîtresses au roi :

 

(*) Wikipedia

 

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Révolution Solaire de Louis XIV

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Pour le 05/09/1714 à 20h21 TU à Versailles, France.

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 1, ET NOEUD SUD EN MAISON 7

Vous rencontrez des difficultés dans votre vie relationnelle. Il s’agira donc d’avoir des égards particuliers pour votre partenaire et même dans vos associations. Par compensation, vous disposez d’un soutien planétaire pour votre accomplissement personnel, mais ne recherchez pas l’aide d’autrui, celle-ci vous est refusée pour l’instant.

Votre réussite viendra de votre propre détermination à la saisir. C’est le moment de devenir un self-made man : imposez votre personnalité, projetez-vous sur le devant de la scène, prenez tout sur vos épaules. Mais ne comptez que sur vos propres initiatives car, durant cette période, vous ne disposez d’aucune aide.

Il est certain ce sera difficile de préserver l’harmonie de votre relation de couple ou de traverser cette période sans heurts. Bien entendu, ne choisissez pas cette période pour vous associer ou quelque chose de ce genre.

Par ailleurs, tentez de reporter toute procédure légale (divorce, séparation ou autre) à une date ultérieure car vous y perdriez sans doute la meilleure cause. Cette période prédispose plus à la séparation qu’à l’alliance. Tentez donc de ne compter que sur vous-même car vous n’obtiendrez pas aisément le concours d’autrui. Celui-ci sera plus un fardeau qu’un soutien et il se révélera négatif à terme.

Imposez votre personnalité, votre identité et soyez autonome. N’épargnez pas vos efforts, évitez de garder les deux mains liées. Rien ne se produira spontanément. Toutes vos configurations planétaires vous aident toutefois dans la construction ou l’expérimentation d’une plus grande confiance en vous et en vos potentialités ; vous devez en être convaincu.

Ne vous plaignez pas de ce manque apparent de soutient. Les autres ne vous lâchent pas. Le destin vous refuse l’aide d’autrui pour l’instant et veut que vous appreniez à suffire à vous-même. Cette période qui s’étendra sur dix huit mois, donc au-delà de votre année individuelle, a pour but d’affirmer votre personnalité sans assistances extérieures. Soignez donc particulièrement votre corps, votre beauté, votre prestance, votre mise, votre apparence physique et votre santé.

Ce sont là vos meilleurs et seuls atouts actuellement. Bon courage…


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Personnalité du 03/09/2010 – Diane de POITIERS 3 septembre, 2010

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Diane de Poitiers

—————————————— 03 Septembre 2010 ——————————————

Diane de POITIERS 

née le 03 Septembre 1499  à 23h00 à Poitiers – 86 – FRANCE

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Diane de Poitiers, (*) née le 3 septembre 1499 ou le 9 janvier 1500 (lieu de naissance incertain : Saint-Vallier-sur-Rhône ou Étoile dans la Drôme), morte le 26 avril 1566 à Anet (Eure-et-Loir), comtesse de Saint-Vallier, duchesse de Valentinois, fut la favorite du roi de France Henri II, pendant plus de 20 ans. Dotée d’un sens aigu du pouvoir et de ses intérêts financiers, célèbre pour sa très grande beauté, elle exerça une grande influence sur le roi, qui l’aima sincèrement, bien qu’elle soit de 20 ans plus âgée que lui. Sous le règne d’Henri II, entre 1547 et 1559, elle fut au sommet de sa gloire et de sa puissance, et une véritable femme d’Etat sans en avoir le nom, à tel point qu’on l’appela la « Plus-que-reine ».

Femme de Louis de Brézé

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magnify-clip dans Histoire de France Diane de Poitiers, anonyme, avant 1525, pierre noire et sanguine, 258 x 178 mm, Paris, bibliothèque nationale de France.

Diane était la fille aînée de Jean de Poitiers († 1539), vicomte d’Estoile, seigneur de Saint-Vallier, et de Jeanne de Batarnay. Orpheline de mère à six ans, elle passa ses jeunes années auprès d’Anne de Beaujeu, austère femme de tête qui avait su tenir en respect la noblesse durant la régence qu’elle assura pour son frère Charles VIII.

C’est sur son entremise que le 16 avril 1515, âgée d’à peine quinze ans, elle épouse à Paris en l’Hôtel de Bourbon Louis de Brézé, son aîné de près de 40 ans, petit-fils de Charles VII et d’Agnès Sorel, comte de Maulevrier, grand-sénéchal de Normandie et Grand veneur de France ; elle lui donnera deux filles :

En 1524, son père est accusé de complicité dans la trahison du Connétable de Bourbon, gendre d’Anne de Beaujeu. Devenu le principal bouc émissaire de l’affaire, c’est in extremis sur l’échafaud qu’il apprend sa grâce, accordée par le roi en reconnaissance des bons et loyaux services de Louis de Brézé qui l’avait d’ailleurs alerté sur le complot. Jean de Poitiers finira ses jours enfermé (dans un certain confort) dans la forteresse de Loches.

Elle est appointée dame d’honneur de la reine Claude, puis de la mère du roi, Louise de Savoie, et enfin de la reine Eléonore. Rien n’indique qu’elle ait été la maîtresse de François Ier, malgré les rumeurs répandues par ses détracteurs parfois reprises dans certaines biographies.

Favorite d’Henri

A la suite de la défaite de Pavie (1525), le dauphin François et son cadet Henri, duc d’Orléans et futur Henri II, sont remis en otage à Charles Quint en échange de leur père. Du fait du retard dans le paiement de la rançon, les deux princes sont bientôt soumis à une détention sévère et passent presque quatre années (1526-1530) très isolés, dans l’incertitude quant à leur avenir. Henri se plonge dans la lecture d’Amadis de Gaule, roman de chevalerie. Cette expérience a pu contribuer à lui faire voir « la Dame par excellence » dans celle que son père charge de faire son éducation de cour lorsqu’il revient en France. Il a alors 11 ans et elle 31. C’est d’ailleurs Diane qui lui avait donné son baiser d’adieu lors de son départ pour l’Espagne, la reine Claude étant morte deux ans plus tôt. Lors du tournoi organisé en 1531 pour le couronnement d’Éléonore de Habsbourg, alors que le dauphin François salue comme il se doit sa nouvelle belle-mère, c’est devant Diane de Poitiers qu’Henri abaisse sa lance et ses couleurs.

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magnify-clip Dame au bain
Tableau de François Clouet dont le modèle est réputé être Diane de Poitiers, vers 1571, 92,1 x 81,3 cm, Washington, National Gallery of Art.

Louis de Brézé meurt le 23 juillet 1531 à Anet et Diane adopte définitivement pour sa tenue les couleurs d’une veuve, dont Henri II s’inspirera plus tard pour sa livrée ordinaire (noir et blanc rayée d’or). Son sens aigu des intérêts financiers se manifeste dès ce moment. Elle obtient de se faire verser les gages que son mari recevait au titre de gouverneur de Normandie et de grand-sénéchal, prenant elle-même le titre de « sénéchale de Normandie ». Elle obtient d’administrer les biens de ses filles et d’en percevoir les revenus. « Férue en procédure et entourée d’hommes de loi », elle va jusqu’au procès pour tenter de conserver les terres que son mari détenait en apanage. François Ier l’aide à tergiverser grâce à des lettres patentes statuant qu’elle peut conserver les revenus et profits de ces terres jusqu’à ce que la propriété en soit établie. Diane saura toute sa vie faire prospérer sa fortune.

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magnify-clip Diane chasseresse, tableau d’un artiste de la première école de Fontainebleau, dont le modèle est réputé être Diane de Poitiers, entre 1550 et 1560, 192 x 133 cm, Paris, Musée du Louvre.

Henri II épouse Catherine de Médicis en 1533. Louis de Brézé et Diane avaient appuyé le choix de l’arrière petite-fille de Laurent le Magnifique, considérée comme une « fille de marchands » par les opposants à l’union. Le grand-père maternel de Catherine (fille de Madeleine de la Tour d’Auvergne) est le frère de la grand-mère paternelle de Diane ; elles sont donc parentes. C’est d’ailleurs autant en « belle-mère » mi-protectrice mi-abusive qu’en rivale que Diane agace Catherine. C’est en effet elle qui pousse Henri II à multiplier les visites nocturnes à sa femme lorsque les rumeurs de répudiation s’élèvent devant la stérilité prolongée du couple. Elle se fait confier l’éducation de leurs enfants, qu’elle conserve jusqu’en 1551. Sa fille Françoise est aux commandes de la maison de Catherine de Médicis.

On estime généralement d’après leur correspondance que c’est en 1538 que Diane devient la maîtresse d’Henri, promu dauphin deux ans auparavant par la mort de son frère. Intelligente, passionnée, de haute noblesse, consciente de son prestige et de son influence, elle est de vingt ans plus âgée que son amant. Leur relation amoureuse, parfois évoquée complaisamment par des écrivains comme Pierre de Bourdeille dit Brantôme, est de notoriété publique et affichée. Sur les bâtiments (monogrammes sculptés, peints, évoqués), par les faveurs (titres, dotations, bijoux, oeuvres d’art), par le protocole, par les témoignages… L’emprise que Diane exerce sur Henri est complexe : nettement plus âgée et plus cultivée que lui et l’ayant de surcroît en partie éduqué, elle est autant sa marraine, sa dame objet d’amour platonique et sa conseillère que sa maîtresse. Henri II eut peu d’incartades notoires, toutes d’assez courte durée. Les mieux connues sont Filippa Duci, Jane Stuart et Nicole de Savigny. De la première, rencontrée lors d’une campagne au Piémont, il aura une fille, la future Diane de France (née en 1538), qui fait taire les rumeurs concernant sa possible stérilité. Envoyée en France, elle sera prise en main par Diane de Poitiers et nommée après elle. La liaison avec la deuxième, gouvernante de Marie Stuart, semble avoir été encouragée par Anne de Montmorency qui cherchait à écarter la sénéchale de Normandie trop favorable aux Guise. Absente momentanément de la cour pour raison de santé, elle revint en catastrophe avertie par les Guise et fit, en accord avec Catherine de Médicis, renvoyer Jane Stuart en Écosse après la naissance d’un fils (Henri d’Angoulême, 1551-1586). Le fils qu’Henri II eut avec Nicole de Savigny, Henri de Saint-Rémi (avant 1558-1621), fut titré mais non reconnu car le roi conservait des doutes sur sa paternité.

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magnify-clip Emblême de Henri II, accompagné de sa devise Donec totum impleat orbem[1] souvent représenté dans les demeures de Diane.

Du temps de François Ier, la sénéchale de Normandie partage tout d’abord l’influence à la cour avec la duchesse d’Étampes, maîtresse royale : chacune d’elles a son parti, et leur rivalité occasionne plusieurs scènes scandaleuses. À la mort du roi en 1547, tenace dans ses haines, Diane fait exiler la duchesse et devient vraiment toute-puissante : Catherine de Médicis, dont la position s’est consolidée depuis qu’elle a mis au monde un héritier (1544), doit pourtant concéder son ascendant à la favorite, qui est faite en 1548 duchesse de Valentinois, titre habituellement décerné aux princes du sang ou étrangers, puis duchesse d’Étampes en 1553. Elle s’entoure d’une cour brillante mais néanmoins plus austère que celle de François Ier. Henri lui fait cadeau de bijoux de la couronne et de la propriété royale de Chenonceau sur laquelle elle charge Philibert Delorme, son architecte, de bâtir un des plus beaux ouvrages de l’époque. Lors du sacre de Catherine en 1549, elle préside la cérémonie vêtue de la livrée des princesses du sang. De nombreux commentaires ont été fait sur l’ambiguïté du monogramme du roi Henri II, un H majuscule entouré de deux demi-cercles qui peuvent aussi bien s’interpréter comme deux C ou deux D. On a fait remarquer que sur le monogramme du cabinet de Catherine de Médicis à Blois, le C est marqué sans ambiguïté. Jusqu’à la mort du roi, Diane exerce une grande influence sur lui qu’elle veille à préserver. Elle favorise tour à tour Anne de Montmorency et le parti des Guise. Catholique convaincue, elle pousse le roi à réprimer les protestants.

Fin de vie

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magnify-clip Le château d’Anet, par Jacques Rigaud, dessin à la plume, XVIIIe siècle.

Lorsque le roi est mortellement blessé en 1559, Catherine de Médicis interdit toute visite de Diane à son chevet. À sa mort, elle n’est pas admise aux funérailles et la régente l’oblige à échanger le château de Chenonceau contre celui de Chaumont. Diane restitue également les bijoux de la couronne assortis d’un inventaire.

Elle se retire à Anet (Eure-et-Loir) où elle meurt à l’âge de 66 ans[2].

Après sa mort

Louise de Brézé, seconde fille de Diane de Poitiers, fait ériger un monument avec sa statue dans l’église du village, qui sera transféré dans la chapelle sépulcrale du château en 1576.

En 1795 lors de la Révolution, son tombeau est profané. Ses restes, ainsi que ceux de deux de ses petites-filles, sont déplacés dans une tombe à côté de l’église, à l’exception de sa chevelure que les membres du comité révolutionnaire se partagent en souvenir. Son sarcophage est converti en auge, et le socle en plomb utilisé par les révolutionnaires pour fabriquer des balles patriotes.

De 1959 à 1967, la chapelle est entièrement rétablie dans son état d’origine et le tombeau remis en place.

Une équipe de scientifiques étudient en 2008 les restes de Diane de Poitiers et découvrent que ceux-ci ont une concentration en or beaucoup plus élevé que la normale. Ils l’expliquent par le fait que Diane, obsédée par le désir de l’éternelle jeunesse et l’éclat d’une beauté surnaturelle, aurait bu chaque jour comme élixir de longue vie une solution « d’or potable » qui lui aurait donné son teint extrêmement pâle[3].

Le 29 mai 2010, les restes de Diane de Poitiers sont de retour dans son tombeau après 213 ans au cimetière communal au cours d’une cérémonie célébrée par une grande fête de style Renaissance.[4]

 

Diane et les arts

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magnify-clip Diane de Poitiers dans l’atelier de Jean Goujon

Mécène comme tous les grands de son époque, Diane de Poitiers a inspiré plusieurs peintres et sculpteurs, comme Le Primatice ou François Clouet. Ils l’ont parfois représentée sous les traits de la déesse chasseresse comme sur le tableau Diane de Poitiers en Diane (École de Fontainebleau – Musée de la vénerie de Senlis). Sa contribution à l’architecture par le biais en particulier de Philibert de l’Orme qu’elle fit nommer surintendant des bâtiments royaux est bien connue. Elle protégea aussi différents hommes de lettres à tour de rôle, comme Ronsard.

 

Autres

Ses Lettres ont été publiées (1866) par Georges Guiffrey.

David Miller tourna en 1956 Diane de Poitiers, un film typiquement hollywoodien où elle est incarnée par Lana Turner face à Roger Moore dans le rôle de Henri II.

 

(*) Wikipedia

http://www.dailymotion.com/video/xeimtt

http://www.dailymotion.com/video/xein46

http://www.dailymotion.com/video/xeinb1

http://www.dailymotion.com/video/xeinke

http://www.dailymotion.com/video/xeinui

http://video.google.com/videoplay?docid=371259501382430546

 

Révolution Solaire de Diane de POITIERS

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Pour le 02/09/1565 à 22h11 TU à Poitiers, France.

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 6 ET DU NOEUD SUD EN MAISON 12:

L’entrée du nœud nord dans votre maison VI va rendre plus faciles toutes vos tâches et besognes habituelles : les obstacles se lèveront, les fardeaux s’allégeront, les oppositions tomberont. Remettez donc sur l’enclume ce travail que des difficultés vous avaient empêché d’achever. Vous allez maintenant les résoudre avec une facilité inhabituelle. Surtout, ne vous dérobez pas à vos tâches car c’est leurs accomplissements qui produiront vos succès de la période qui suivra immédiatement celle-ci. Actuellement, une confiance inébranlable en vos réalisations est le gage absolu de votre réussite ultérieure même si des échecs antérieurs ont pu vous convaincre du contraire. Toute dérobade, par facilité, vous porterait à d’amers regrets plus tard. Ne laissez donc pas passer cette chance. Vous constaterez par ailleurs que vos subalternes ou collègues vous assisteront beaucoup plus spontanément si vous faites appel à eux. Vous aurez un sens plus aigu du détail et ceci vous sera profitable car vous gagnerez à être méthodique dans toutes vos activités et à les achever scrupuleusement. Vos facultés de discernement se trouveront magnifiées. Vous ne rencontrerez plus ces obstacles insurmontables antérieurs. Au contraire, vous constaterez avec étonnement qu’une tonne ne pèse plus que le poids d’une plume. En médecine, c’est maintenant que vous ferez les meilleurs diagnostics et que vous obtiendrez les résultats les plus étonnants vis-à-vis de vos patients. Les guérisons se multiplieront étrangement. Ces réussites valent pour tous ceux dont l’occupation est le médical, le paramédical ou l’assistance sociale, mais plus en cabinet qu’en hôpital. A titre plus personnel, si vous êtes malade, votre santé se rétablira beaucoup plus facilement si vous acceptez ces soins qui purent être inefficaces en d’autres périodes. C’est maintenant que vous trouverez le médecin, la médecine ou la cure que vous cherchiez en vain jusqu’à présent. Choisissez donc cette période pour partir en cure thermale, par exemple. Par ailleurs, si vous le souhaitez, vous trouverez maintenant les personnes pour vous aider que vous aviez recherchées en vain jusqu’à présent. N’hésitez pas à les recruter car ces aides vous seront profitables. Si vous gérez une affaire, c’est le moment de revoir la gestion de votre personnel et de lui accorder les avantages et la considération qu’il mérite. N’hésitez pas à faire preuve de magnanimité et de largesse à son égard ; vous serez largement compensé à terme.

En gestion d’entreprise, c’est, en effet, la qualité de votre personnel et la considération que vous lui apportez qui sera l’atout majeur de votre réussite. Concentrez donc vos efforts vers la direction du personnel et veillez au moindre détail, car, à présent, votre entreprise ne fructifiera qu’au travers des hommes et des femmes qui la  composent. Accordez donc à ceux-ci les motivations auxquelles ils aspirent. En résumé, dépassez les tendances à vous lamenter ou à abandonner, agissez à partir d’une confiance absolue en vos possibilités, faites appel à toutes les aides possibles pour vous seconder. Toutes les assistances vous seront accordées avec facilité, aussi bien de la part de vos collègues que de celle de vos inférieurs ou des sous-traitants. De plus, chacun d’eux vous apportera la compétence qui garantira votre succès ultérieur.


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Personnalité du 23/08/2010 – Louis XVI, Roi de France 23 août, 2010

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http://www.chateauversailles.fr/l-histoire/personnages-de-cour/epoque-louis-xvi/louis-xvi

http://www.histoire-en-ligne.com/spip.php?article230

Article connexe : Marie-Antoinette d’Autriche

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Louis XVI Roi de France

né le 23 Août 1753  à 06h24 à Versailles – 78 – FRANCE

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Louis XVI, (*) surnommé Louis le Dernier ou Louis Capet par les Révolutionnaires, né Louis Auguste de France le 23 août 1754 à Versailles et guillotiné pour trahison le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution à Paris, est roi de France et de Navarre (1774-1791) puis roi des Français (1791-1792).

Il est le fils de Louis de France et le petit-fils de Louis XV auquel il succède en 1774, et le frère aîné des futurs rois Louis XVIII et Charles X.

Le règne de Louis XVI est marqué par des réformes importantes concernant le droit des personnes : abolition de la torture en 1781 et 1788, abolition du servage dans le domaine royal en 1779, abolition du péage corporel des juifs d’Alsace en 1784, édit de tolérance des protestants en 1787. Il est aussi marqué par quatre tentatives de réformes profondes du royaume (1774-1776, 1781, 1787 par deux fois) passant par l’instauration d’un impôt direct égalitaire (en remplacement de la taille inégalitaire) et d’assemblées provinciales élues destinées à contrôler cet impôt. Ces dernières réformes butèrent sur l’hostilité des privilégiés, en particulier la noblesse de robe du Parlement de Paris et la Cour de Versailles. Louis XVI tenta alors de passer outre l’opposition des privilégiés en présentant ses réformes devant une assemblée de notables (1787) puis devant les états généraux (1789).

Les dernières années du règne de Louis XVI sont marquées par la Révolution française qui, tout en reprenant certaines des réformes soutenues par le roi avant 1789, les dépassent grandement. Louis XVI est de facto devenu monarque constitutionnel en 1789, mais a été accusé de ne pas jouer le jeu constitutionnel, d’avoir manœuvré secrètement contre la Révolution et d’avoir tenté de fuir la France (arrestation de Varennes), des faits considérés comme une trahison. Il a donc été renversé le 10 août 1792 par les sections républicaines, mis en procès par la Convention nationale et guillotiné le 21 janvier 1793.

Aujourd’hui, les historiens français en général ont une vue nuancée de Louis XVI, considéré comme un honnête homme mû par de bonnes intentions, mais qui n’était pas à la hauteur de la tâche herculéenne qu’aurait représentée une profonde réforme de la monarchie.

Famille

Fratrie

Louis Auguste naît le 23 août 1754, à Versailles. Il est le troisième fils du dauphin Louis-Ferdinand et de sa seconde épouse Marie-Josèphe de Saxe

Ses frères et sœurs utérins :

  1. Marie Zéphyrine de France (1750-1755);
  2. Louis de France (1751-1761), duc de Bourgogne;
  3. Xavier de France (1753-1754), duc d’Aquitaine;
  4. Louis Stanislas Xavier de France (1755-1824), comte de Provence, qui deviendra roi sous le nom de Louis XVIII en 1814 (reconnu comme tel dès la mort de Louis XVII en 1795 par certaines puissances européennes);
  5. Charles Philippe de France (1757-1836), comte d’Artois, qui deviendra roi sous le nom de Charles X à la mort du précédent;
  6. Clotilde de France (1759 – 1802), reine de Sardaigne de 1796 à 1802 par son mariage avec le roi Charles-Emmanuel IV de Sardaigne;
  7. Élisabeth de France (1764-1794), elle partage jusqu’aux derniers instants le sort de la famille royale. Elle est guillotinée.

Louis Auguste porte initialement le titre de duc de Berry. Ses deux frères aînés meurent pendant son enfance: Xavier de France (1753-1754) en 1754, et surtout Louis de France (1751-1761) duc de Bourgogne, très admiré par sa famille. A 11 ans, par le décès de son père Louis-Ferdinand de France, fils du roi Louis XV de France, le 20 décembre 1765, il devient l’héritier au trône de France et reçoit le titre de dauphin.

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magnify-clip dans Familles Royales À droite, le duc de Berry, futur Louis XVI, à gauche, le comte de Provence, futur Louis XVIII en somptueux costumes de cour. Peinture de François-Hubert Drouais (1756)

Éducation

Il est élevé dans une religion stricte et est formé à des principes conservateurs sous la tutelle du duc de La Vauguyon. Élève studieux, il se passionne pour plusieurs disciplines scientifiques.

Selon l’historien français Ran Halévi[1] : « Louis XVI a reçu l’éducation d’un « prince des Lumières » – « C’était un monarque éclairé ». Les professeurs d’histoire Philippe Bleuzé et Muriel Rzeszutek précisent que : « Louis XVI connaissait le latin, l’allemand, l’espagnol, maîtrisait l’anglais parfaitement, pratiquait la logique, la grammaire, la rhétorique, la géométrie, l’astronomie. Il avait une culture historique et géographique incontestable et des compétences en économie ». Ils estiment qu’« il est très influencé par Montesquieu, qui lui inspire une conception moderne de la monarchie détachée du droit divin »[2].

Descendance

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magnify-clip dans Personnalités du jour L’archiduchesse d’Autriche Marie-Antoinette (1755-1793), par Martin van Meytens, (1767)

Le 16 mai 1770, le dauphin Louis Auguste épouse l’archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche, fille cadette de François de Lorraine, grand-duc de Toscane et empereur souverain du Saint Empire romain germanique et de son épouse Marie-Thérèse, archiduchesse d’Autriche, duchesse de Milan, reine de Bohême et de Hongrie. Cette union est la concrétisation d’une alliance visant à améliorer les relations entre la Maison de Bourbon (France, Espagne, Parme, Naples et Sicile) et la Maison de Habsbourg-Lorraine (Autriche, Bohême, Hongrie, Toscane). Les époux bien qu’étant alors âgés de 14 et 15 ans ne consommeront réellement leur mariage que sept ans plus tard. De leur union, quatre enfants naîssent :

Son règne voit la fin de l’Ancien Régime

À la suite du décès de Louis XV, le 10 mai 1774, Louis Auguste devient roi de France. Il a 19 ans. Selon la tradition remontant à Pépin le Bref, il est sacré en la cathédrale de Reims le 11 juin 1775.

Le règne de Louis XVI est marqué par de nombreuses tentatives de réformes économiques et institutionnelles, dans le sillage de la réforme René Nicolas de Maupeou (1771) initiée sous Louis XV. Louis XVI rétablit les parlements. À au moins quatre reprises (avec Turgot, Necker, Calonne, Loménie de Brienne, puis Necker de nouveau), il tente de mener des réformes plus ou moins profondes du royaume, et plus spécifiquement l’instauration d’un impôt égalitaire. Il se heurte à chaque reprise à l’opposition des élites du pays (la majorité de la noblesse et une partie du clergé) et de son entourage (la cour, la reine, etc.). Les Parlements, composés de la noblesse de robe attachée au maintien des privilèges, s’y opposent également et Louis XVI, qui est un légaliste, n’entend jamais excéder les pouvoirs que lui donnent les lois fondamentales du royaume. Il doit donc faire avaliser ses réformes. La convocation des États généraux, au cours desquels Louis XVI espère pouvoir faire plier en toute légalité les deux ordres qui le bloquent est le dernier épisode de cette confrontation.

Si le blocage systématique des réformes par la noblesse et le haut-clergé est le problème politique majeur de son règne, le déficit croissant en est le problème économique principal. Or là aussi le roi pense qu’il ne peut être résorbé que par de grandes réformes écornant certains privilèges. Les États Généraux, convoqués par le Premier ministre pour tenter de les mener à bien le plus paisiblement possible, échappent assez vite à son contrôle.

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magnify-clip Louis XVI par Duplessis

Le ministère Turgot

Turgot est appelé par Louis XVI comme contrôleur général des finances. Un choix audacieux : Turgot avait écrit des articles économiques de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, un ouvrage semi-interdit.

Turgot s’attelle alors à un projet « révolutionnaire » de mise en place d’une pyramide d’assemblées élus à travers le royaume : municipalités de communes, d’arrondissement puis de province et une municipalité de royaume. Comme l’explique en 1854 l’historien Victor Duruy : « C’étaient là de bien grandes nouveautés ; Turgot en projetait d’autres plus redoutables : abolition des corvées qui pesaient sur les pauvres ; établissement sur la noblesse et le clergé d’un impôt territorial ; mais amélioration du sort des curés et vicaires, qui n’avaient que la plus petite portion des revenus de l’Église, et suppression de la plupart des monastères ; égale participation de l’impôt par création d’un cadastre ; liberté de conscience et rappel des protestants ; rachat des rentes féodales ; un seul code : un même système de poids et mesures pour tout le royaume ; suppression des jurandes et maîtrises qui enchaînaient l’industrie ; la pensée aussi libre que l’industrie et le commerce ; enfin, comme Turgot s’occupait des besoins moraux aussi bien que des besoins matériels, un vaste plan d’instruction publique pour répandre partout les Lumières »[3].

Une vaste coalition d’intérêts se forma contre Turgot : détenteurs du monopole sur le grain, parlementaires appartenant à la noblesse de robe (opposés au remplacement de la corvée par un impôt payé par les propriétaires, et qui déclare que « le peuple est taillable et corvéable à volonté et que c’est une partie de la constitution que le roi est dans l’impuissance de changer »), patrons des jurandes, privilégiés, etc. À cette coalition s’ajoute l’entourage immédiat du roi : le ministre Maurepas, la reine Marie-Antoinette. Louis tente d’abord de résister, seul, aux corps privilégiés et à son entourage immédiat afin de soutenir le plan de réformes révolutionnaires de Turgot. En mars 1776, il déclare encore : « Je vois bien qu’il n’y a que M. Turgot et moi qui aimions le peuple »[4].

Mais, après deux années de résistance, Louis XVI et ses ministres réformateurs finissent par céder aux pressions. Malesherbes démissionne. Puis Louis XVI doit se résoudre à renvoyer Turgot, le 12 mai 1776, et à revenir peu après sur ses réformes (rétablissement des corvées et des maîtrises)[5].

Le ministère Necker

En octobre 1776 Louis XVI fait appel à Necker comme « directeur des Finances » (l’équivalent du « contrôleur général des Finances »). Une triple révolution : c’est un banquier roturier, un étranger (Genevois) et de surcroît un protestant.

Necker et Louis XVI remettent sur le métier les réformes les plus essentielles du royaume. L’administration de Necker est ainsi marquée par l’affranchissement des derniers serfs du domaine royal par une ordonnance du 8 août 1779 [6]. Refusant l’abolition sans distinction de la servitude personnelle, il abolit toutefois dans tout le royaume le « droit de suite », et affranchit tous les « main-mortables [les serfs] des domaines du roi », ainsi que les « hommes de corps », les « mortaillables » et les « taillables » [d'où vient l'expression « taillable et corvéable à merci »] [6]. Cette ordonnance avait été favorisée par l’intervention de Voltaire, qui avait plaidé en 1778 la cause des serfs du Mont-Jura et de l’abbaye de Saint-Claude [6]. Il autorise en outre les « engagistes qui se croiraient lésés » par cette réforme à remettre au roi les domaines concernés en échange de contreparties financières [6]. Afin de favoriser l’imitation de son acte royal d’affranchissement des serfs dans les domaines royaux, l’ordonnance précise que « considérant bien moins ces affranchissements comme une aliénation, que comme un retour au droit naturel, nous avons exempté ces sortes d’actes [d'affranchissement] des formalités et des taxes auxquelles l’antique sévérité des maximes féodales les avaient assujettis » [6].

Néanmoins l’ordonnance ne fut guère appliquée [6], et le servage a persisté localement jusqu’à la Révolution qui l’abolit avec les privilèges lors de la célèbre nuit du 4 août 1789.

Il abolit en outre la question préalable (appliquée aux condamnés à mort). « Il projetait aussi une organisation d’assemblées provinciales, mais dans un simple but d’administration financière. » ajoute l’historien Victor Duruy[7].

Après la publication en 1781 par Necker du Comptes rendu de l’état des finances en 1781, « la guerre qui avait si bien réussi contre Turgot recommença sous son successeur.», explique Victor Duruy. Le parlement refusa l’édit qui ordonnait le rétablissement des assemblées provinciales, et les courtisans, menacés dans leurs dépenses somptuaires, usèrent de la calomnie pour saper l’autorité du roi et de ses ministres. Louis XVI et Necker ne purent tenir longtemps devant l’opposition des privilégiés. Necker remit sa démission au roi, qui l’accepta le 21 mai 1781[8].

Le 8 août 1779, un édit autorise les femmes mariées, les mineurs et les religieux à toucher des pensions sans autorisation (notamment celle du mari en ce qui concerne les femmes mariées)[9].

Le ministère Calonne

Louis XVI appelle Charles Alexandre de Calonne, qui avait une réputation de bon technicien de la finance, comme contrôleur général des Finances (novembre 1783) puis ministre d’État pour remplacer Necker. Calonne entreprend pendant trois années une politique de dépenses et d’emprunts, de « relance » selon certains (grands travaux dans les transports, l’industrie, traité de commerce avec l’Angleterre en 1786), destiné à rétablir le crédit de l’État par les moyens inverses de ceux du rigoureux Necker.

Mais c’est l’échec. Calonne doit se résoudre au même plan de réformes que ses prédécesseurs : libéraliser le commerce intérieur par la suppression des douanes intérieures, supprimer les traites, réduire la taille, remplacer les corvées en nature médiévales par une prestation en argent, transformer la Caisse d’escompte en une banque d’État et surtout « soumettre les privilégiés à l’impôt et à une subvention territoriale ; établir des assemblées provinciales » élues qui répartiraient cet impôt. Comme dans le plan de Turgot, Calonne prévoyait une pyramide d’assemblées locales (assemblées paroissiales et municipales, assemblées de districts) élues par les contribuables.

Louis XVI aurait lancé à Calonne : « C’est du Necker tout pur que vous me donnez là ! », mais le plan serait plus proche de celui de Turgot. L’un des principaux rédacteurs du projet est le physiocrate Pierre Samuel du Pont de Nemours, ancien collaborateur de Turgot.

Pour ne pas avoir à affronter la minorité privilégiée des parlementaires (groupe puissant de la noblesse de robe), qui refusent toujours les réformes et l’égalité fiscale, le gouvernement convoque une assemblée de 144 notables (en fait toujours essentiellement des privilégiés) pour lui soumettre son projet. Mais, réunie en février-mars 1787, celle-ci refuse l’impôt territorial égalitaire. Louis XVI, qui l’avait soutenu pendant plusieurs mois, retire brutalement son soutien à Calonne en avril 1787[10], peut-être sous l’influence de la cour, de la reine, ou de l’opinion publique.

En janvier 1784, Louis XVI abolit le péage personnel qui pesait sur les juifs d’Alsace[11].

Le ministère Brienne

Le 1er mai 1787, Louis XVI appelle l’évêque libertin Etienne-Charles de Loménie de Brienne au Contrôle général des Finances. Brienne reprend toujours les mêmes réformes indispensables mais avec en face de lui le Parlement de Paris. Il réussit à faire le libre-échange à l’intérieur du pays, l’instauration d’assemblées provinciales élues, ainsi que le rachat des corvées. « Mais la lutte s’engagea vivement à propos de l’impôt du timbre et de la subvention territoriale. Le roi tint un lit de justice et fit enregistrer les deux dernier édits »[12].

Devant la protestation du parlement, Louis XVI l’exile à Troyes en août 1787 et ne le rappelle que lorsque les parlementaires acceptent d’étendre l’impôt direct à toutes les formes de revenus. Mais les parlements s’opposent à un nouvel emprunt d’État[13]. Ils finissent par faire appel aux états généraux dans l’espoir de bloquer la réforme de l’impôt égalitaire. Brienne accepte leur tenue et quitte le pouvoir le 25 août 1788.

Le 17 novembre 1787, Louis XVI demande à Malesherbes de lui remettre un rapport en vue d’améliorer la situation des juifs en France[14].

Le second ministère Necker

Devant la banqueroute de l’État, Louis XVI fait de nouveau appel à Necker, le 25 août 1788. Il reprend une revendication du parlement : la convocation des États généraux en 1789. Une mesure qui finira par se retourner contre les privilégiés, notamment parce que Necker se prononce en faveur du doublement de la participation du tiers état.

Diverses réformes

C’est sous son règne, le 24 août 1780[15] que la « question préparatoire »[note 2] est abolie puis, 1er mai 1788, un nouvel édit supprime la « question préalable »[note 3]. Les parlements refusent toutefois d’entériner cet édit et le roi doit tenir un lit de justice pour l’imposer le 8 mai 1788. De nombreux travaux publics sont également lancés notamment en matière d’assèchements de marais.

À la suite de la première tentative d’unification des poids et mesures du royaume de France du roi Philippe le Long aux États Généraux d’Orléans, en 1321, ainsi que les suivantes jusqu’à celle du roi Louis XV en 1770, Louis XVI va concrétiser cette longue série de tentatives en signant le 8 mai 1790 le projet d’unification des poids et mesures du Royaume de France, proposé par Talleyrand. Suite au rapport du 19 mars 1791 de l’Académie des Sciences, et sur proposition du Chevalier Jean-Charles de Borda, le « mètre » de Burattini, mieux défini, est adopté comme unité de longueur. Dès le 26 mars 1791, la proposition de Jean-Charles de Borda est transmise par Condorcet à l’Assemblée. Les tâches réparties entre les savants : Borda, Cassini, Lavoisier, et Hauj aboutiront à la détermination du mètre, de la seconde et du kilogramme, fondements du système métrique qui aujourd’hui s’appelle Système international d’unités (SI), appliqué suite à la métrification dans tous les pays du Monde, à l’exception des États-Unis, de la Grande-Bretagne (où les panneaux routiers restent libellés en miles et la bière vendue en pintes), du Liberia et du Myanmar.

Politique extérieure

La France joue un rôle géopolitique prépondérant en Europe. Le roi dote l’armée d’une marine qui rivalise pour la première fois depuis la Guerre de succession d’Autriche (quarante ans auparavant) avec celle de l’Angleterre, notamment lors de la Guerre d’indépendance des États-Unis où la France aide militairement les insurgents.

Il poursuit la politique traditionnelle française d’appuyer des missions catholiques au Proche-Orient. Face au vide créé par l’interdiction de la Compagnie de Jésus (les Jésuites) en 1773, il choisit les Lazaristes pour les remplacer dans les missions en territoire ottoman. Le Pape Pie VI accepta ce changement, symbolisé par la prise en charge du centre des missions catholiques en Orient, le Lycée Saint-Benoît à Istanbul, par la Congrégation de la Mission de Saint Vincent de Paul, le 19 juillet 1783. Il reconnaitra comme valide les actes de naissances, mariages, décès de ses sujets protestants en 1788 (Edit de Tolérance).

Louis XVI a joué un rôle important dans la modernisation de la Marine française. Selon l’historien de la mer André Zysberg (université de Caen) : « C’est un roi géographe qui se passionne pour la mer ; il lit avec passion les récits de voyage, s’informe sur les techniques nouvelles de navigation. Il développe un programme de construction, augmente les crédits de la flotte de guerre, améliore les conditions de vie des matelots, sujet crucial à l’époque ; il promeut au mérite, contre la tradition, les chefs d’escadre issus de la guerre d’Amérique. »[16].

Un roi simple mais érudit

Louis XVI a été longtemps caricaturé comme un roi un peu simplet, manipulé par ses conseillers, peu au fait des questions de pouvoir, avec des marottes comme la serrurerie et une passion envahissante pour la chasse.

Cette image est en partie due à son attitude envers la cour, et surtout en raison des calomnies du parti Lorrain et en premier M. de Choiseul, le comte de Mercy, l’Abbé de Vermond et enfin Marie-Thérèse d’Autriche.

Louis XVI était un prince studieux et érudit. Hormis sa passion connue pour la serrurerie, il était féru d’histoire, de géographie, de marine et de sciences. Il fit de la marine une priorité de sa politique étrangère, soucieux de contrecarrer les avancées anglaises outre-mer, et de prendre la revanche du traité de Paris de 1763, désastreux pour la France. Cette marine puissante contribua fortement au succès des indépendantistes américains. Il avait en outre une connaissance théorique de la marine si pointue, qu’il se plut, quand il vit pour la première fois la mer, à faire des remarques dont la pertinence stupéfia ses interlocuteurs.

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magnify-clip Louis XVI donnant ses instructions au capitaine de vaisseau La Pérouse pour son voyage d’exploration autour du monde, par Nicolas-André Monsiau, (1817)

Sur le plan scientifique, il mandata Jean-François de La Pérouse pour effectuer le tour du monde et le cartographier. N’en n’ayant plus de nouvelles régulières à partir du 16 janvier 1788. Il avait annoncé dans sa dernière lettre quel devait être son parcours et l’époque probable de son retour, vers l’été 1789. Sans nouvelles depuis longtemps, le roi fit envoyer deux navires à sa recherche. Le 28 février 1790, l’Assemblée constituante décréta qu’une prime serait accordée à tout marin donnant des nouvelles de l’Expédition [17]. La nouvelle expédition, lancée depuis peu, était menée par des capitaines qui périrent aussi avant leur retour, pendant la Révolution. Louis XVI, aurait alors demandé des nouvelles de cette entreprise jusque sur l’échafaud. En 1794 parut un opuscule intitulé : Découvertes dans la mer du Sud. Nouvelles de M. de La Pérouse jusqu’en 1794, Paris, Everat, 1794, in-8°, dont les détails ne furent confirmés qu’en 1828 et 2005 [18]. Sur le plan agricole, Louis XVI favorisa également l’implantation en France de la culture de la pomme de terre, la faisant cultiver à proximité de Versailles.

Depuis Louis XIV, la noblesse était en grande partie « domestiquée » par le système de cour. L’étiquette régissait la vie de la cour en faisant du roi le centre d’un cérémonial très strict et complexe. Cette construction de Louis XIV visait à donner un rôle à une noblesse qui avait été jusque là souvent rebelle et toujours menaçante pour le pouvoir royal.

Au sein de la cour, la noblesse voyait sa participation à la vie de la nation organisée en vase clos dans un subtil système de dépendances, de hiérarchie et de récompenses, et ses velléités d’autonomie vis-à-vis de l’autorité royale nettement réduites. Louis XVI hérita de ce système. La noblesse était au service du roi et en attendait des récompenses et des honneurs. Même si l’écrasante majorité de la noblesse n’avait pas les moyens de vivre à la cour, les textes montrent bien l’attachement des nobles de province au rôle de la cour, et l’importance que pouvait prendre la « présentation » au roi.

Comme son grand-père Louis XV, Louis XVI eut les plus grandes peines à entrer dans ce système qui avait été construit un siècle auparavant par son quadrisaïeul pour répondre à des problèmes qui n’étaient plus d’actualité. Ce n’était pas par manque d’éducation : il fut le premier monarque français à parler couramment anglais ; nourri des philosophes des Lumières, il aspirait à trancher avec l’image « louis-quatorzienne[note 4]» du roi en constante représentation. Cette image du roi simple rejoint celle des « despotes éclairés » de l’Europe, comme Frédéric II de Prusse.

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magnify-clip La reine Marie-Antoinette (1755-1793) et ses enfants (de g. à d., Marie-Thérèse, Louis Charles et Louis) par Elisabeth Vigée-Lebrun, (1787)

Le refus d’entrer dans le grand jeu de l’étiquette explique la très mauvaise réputation que lui fera la noblesse de cour. En la privant du cérémonial, le roi la privait de son rôle social. Ce faisant, il se protégeait également. Si à l’origine la cour servait à contrôler la noblesse, la situation se renversa très vite : le roi se trouvait à son tour prisonnier du système.

La mauvaise gestion par Louis XV puis par Louis XVI de cette cour, le refus par les Parlements (lieu d’expression politique de la noblesse et d’une partie de la haute bourgeoisie judiciaire) de toute réforme politique, ainsi que l’image souvent désastreuse de la capricieuse reine dégraderont peu à peu son image : beaucoup de pamphlets le ridiculisant viennent d’une partie de la noblesse qui supporte mal le risque de perdre sa place particulière, le décrivant non pas comme le roi simple qu’il était, mais comme un roi simplet.

Roi sous la Révolution

Le monarque constitutionnel

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magnify-clip Louis XVI en 1786


magnify-clip Louis XVI jurant fidélité à la Constitution en 1790 (tableau de Nicolas Guy Brenet).

Après la prise de la Bastille, le roi se rend de son plein gré à Paris, le 17 juillet, où il est accueilli par le maire de la nouvelle municipalité, Bailly. Le roi accepte la cocarde bleue et rouge (aux couleurs de la ville de Paris) que lui offre Bailly et la place sur son couvre-chef orné de blanc. Par cette visite et ce geste, le roi entérine ainsi les conséquences de la journée révolutionnaire du 14 juillet. Dès lors, l’abolition des privilèges fut votée dans la nuit du 4 août, et le 26 août la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen est adoptée. Toutefois, ce n’est que le 5 octobre que le roi accepte de signer les décrets consacrant les décisions prises en août. À la suite de quoi, une foule venue de Paris, majoritairement composée de femmes, après avoir envahi la résidence royale (le château de Versailles) exige le transfert de la famille royale au Palais des Tuileries en plein centre de Paris.

Journées des 5 et 6 octobre 1789.

L’Assemblée nationale décréta le 10 octobre 1789, lors de la discussion sur le mode de promulgation des lois, que la formule serait : « Louis, par la grâce de Dieu et la loi constitutionnelle de l’État, Roi des Français à tous présents et à venir, salut ». Pour certains, le nouveau titre du chef de l’État serait donc « roi des Français » à partir de cette date. Rien pourtant d’anormal qu’à partir du 6 novembre 1789, il fit commencer ses actes officiels (lettres patentes, lois, etc.) par la formule « Louis, par la grâce de Dieu, et par la Loi constitutionnelle de l’État, Roi des Français », puisqu’il se conformait à la formule de promulgation qui avait été décrétée le 10 octobre par l’Assemblée constituante. Le nouveau sceau royal, utilisé à partir de février 1790, porta l’inscription : « Louis XVI par la grâce de Dieu et par la loy constitutionnelle de l’État Roy des François ». Le 14 juillet 1790, lors de la fête de la Fédération, sur le Champ-de-Mars, le roi, La Fayette et le peuple de Paris (260 000 Parisiens et 14 000 Fédérés) prêtent serment « d’être à jamais fidèle à la nation, à la loi et au roi » et le 21 octobre de la même année, le drapeau tricolore remplace le drapeau blanc qui était la couleur de l’étendard royal.

Le roi des Français

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magnify-clip Joseph II au « roi des Français » : « Que fais-tu là, beau-frère ? Je sanctionne. »

Pour d’autres, il n’aurait été déclaré roi des Français que par la Constitution du 3 septembre 1791 (texte intégral) (chapitre II, article 2 : « le seul titre du roi est Roi des Français »), « acceptée » par le roi le 13 septembre 1791. Les pouvoirs du roi y sont en effet limités et précisés. Louis XVI n’est plus roi par la grâce de Dieu, mais roi des Français, c’est-à-dire non plus un souverain de droit divin, mais en quelque sorte le chef, le premier représentant du peuple français. Il conserve la totalité des pouvoirs exécutifs, qu’il exerce en vertu de la loi humaine[19]. Cette constitution maintenait en outre le changement du titre du dauphin en « prince royal » (qui avait eu lieu le 14 août 1791).

Le 14 septembre 1791, Louis XVI jure fidélité à ladite constitution.

L’épisode de la fuite du roi et de son arrestation à Varennes est célèbre. Un plan de fuite avait été étudié par la reine à la fin de l’année 1790. En avril 1791, les événements entraînent sa réalisation. Une manifestation l’empêche physiquement de se rendre au château de Saint-Cloud. Les révolutionnaires s’opposent en effet à ce qu’il fasse ses Pâques avec un prêtre réfractaire à la constitution civile du clergé. Le roi se décide alors à quitter la ville de Paris le 20 juin avec sa femme, sa sœur et ses deux enfants, Marie-Thérèse et Louis-Charles. Il est arrêté à Varennes-en-Argonne le 21 juin malgré la présence de 60 hussards de Lauzun.

Fuite de Louis XVI et arrestation à Varennes.

Une déclaration à tous les Français, rédigée par Louis XVI afin d’expliquer ce départ de Paris [20] qu’il avait laissée au Tuileries, a été bloquée d’abord par la Fayette puis par l’Assemblée. Elle ne fut jamais diffusée dans son intégralité. D’une part, Louis XVI y stigmatise les Jacobins et leur emprise croissante sur la société française. D’autre part, il y explique sa volonté : une monarchie constitutionnelle avec un exécutif puissant et autonome vis-à-vis de l’Assemblée. Ce document historique majeur, traditionnellement appelé « le testament politique de Louis XVI » a été redécouvert en mai 2009[21]. Il est au Musée des lettres et manuscrits à Paris. Le roi commente son sentiment sur la révolution, en critique certaines conséquences sans pour autant rejeter les réformes importantes comme l’abolition des ordres et l’égalité civile.

Cette épisode de la fuite de Varennes sera exploité par les partisants d’une République (les caricaturistes révolutionnaires s’en donnèrent à cœur joie) et l’idée d’en finir avec la monarchie a pris plus d’ampleur.

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magnify-clip Appel nominal sur le jugement de Louis XVI, supplément au numéro 77 du journal Le Républicain, première page

Un mouvement important parmi les révolutionnaires commence à réclamer le départ du roi. Les Cordeliers rédigent plusieurs pétitions contre lui, soutenus par des journaux comme le Républicain. Les Jacobins décident de suivre les Cordeliers, ce qui crée une rupture en leur sein. Une partie de leurs membres créèrent le club des Feuillants. C’est dans ce contexte que la constitution du 13 septembre 1791, évoquée ci-dessus, est proclamée.

Le jeu politique extrêmement complexe de l’année qui suit conduit à la déchéance du roi. Le pays subit de très fortes tensions. Dans les campagnes, les récoltes sont bonnes, mais la politique libérale conduite par l’Assemblée entraîne une pénurie alimentaire et de nombreuses émeutes, malgré des réserves souvent excédentaires. En plus de ces tensions sociales, la guerre est le principal facteur des difficultés de la monarchie. Les défaites de l’armée française entraînent le vote de décrets plus radicaux auxquels le roi met son veto. Les débats qui s’ensuivent et les émeutes organisées par les révolutionnaires poussent l’Assemblée législative à décréter la suspension du roi.

Louis XVI est donc suspendu par l’Assemblée le 10 août 1792, et détrôné lors de la première séance de la Convention nationale qui décrète, le 21 septembre 1792 que « la royauté est abolie en France » et que « l’An I de la République française » partira du 22 septembre 1792. Louis XVI perd alors tous ses titres, les autorités révolutionnaires le désignent sous le nom de Louis Capet (en références à Hugues Capet, dont le surnom est considéré, de manière erronée, comme un nom de famille).

Le procès de l’ancien roi et son exécution

Le procès

Procès de Louis XVI et Votes sur la mort de Louis XVI.

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magnify-clip Gravure de 1791: tête de Louis XVI sur un porc.

Considéré comme un citoyen ordinaire, Louis Capet est déclaré coupable de « conspiration contre la liberté publique et la sûreté générale de l’État » par la Convention nationale (auto-instituée en tribunal) lors d’un premier vote le 15 janvier 1793, par 707 voix pour 718 votants.

Puis, avec une majorité étroite, condamné à mort au manège du château des Tuileries, à la suite de la « séance permanente du mercredi 16 et du jeudi 17 janvier 1793 » et du scrutin rectificatif du 18. Un vote nominal, suivi d’une justification des votants à la tribune, aboutit à la peine de mort. Sur 721 votants, 361 votent la mort sans condition, 26 la mort avec l’amendement Mailhe, 44 avec diverses modalités de sursis, 290 pour d’autres peines (détention, bannissement, fers).

Morisson (de La Bassetière), seul député royaliste de la Vendée, ne vota pas (juger le roi est sacrilège).

Vergniaud, ajoutant aux 361 votes inconditionnels les 26 favorables à l’amendement Mailhe, annonça 387 pour la mort.

La majorité requise étant de 361 voix, le roi est donc condamné sans différer l’exécution. Ce dernier scrutin ne souffrit cependant pas de contestations du fait de sa nature nominale.

On commence à le surnommer « Louis le dernier »[22].

Le 19 janvier a lieu un nouvel appel nominal : « Sera-t-il sursis à l’exécution du jugement de Louis Capet ? ». Le vote est terminé le 20 à 2 h du matin : sur 690 suffrages, 310 sont pour, 380 contre.

Louis XVI écrit à la Convention pour réclamer un délai de 3 jours (afin de se préparer à la mort), et la permission de communiquer librement avec sa famille ; ce délai lui est refusé, mais il peut faire ses adieux à sa famille et se confesser à un prêtre insermenté, l’abbé Henry Edgeworth de Firmont.

L’exécution (21 janvier 1793)

Exécution de Louis XVI.

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magnify-clip Monuments funéraires à la mémoire de Louis XVI et de Marie-Antoinette, basilique Saint-Denis.

Louis XVI fut guillotiné le lundi 21 janvier 1793 à Paris, place de la Révolution (actuelle place de la Concorde). Le couperet siffla à 10 heures 22, notamment sous les yeux de cinq ministres du conseil exécutif provisoire.

Dans Le Nouveau Paris, Louis Sébastien Mercier raconte l’exécution de Louis XVI en ces termes : « […] est-ce bien le même homme que je vois bousculé par quatre valets de bourreau, déshabillé de force, dont le tambour étouffe la voix, garrotté à une planche, se débattant encore, et recevant si mal le coup de la guillotine qu’il n’eut pas le col mais l’occiput et la mâchoire horriblement coupés ? »

Il fut enterré au cimetière de la Madeleine, rue d’Anjou-Saint-Honoré. Les 18 et 19 janvier 1815, Louis XVIII fit exhumer ses restes et ceux de Marie-Antoinette pour les faire inhumer à la basilique Saint-Denis le 21 janvier. En outre, il fit édifier en leur mémoire la Chapelle expiatoire à l’emplacement du cimetière de la Madeleine.

Le 3 mai 1826 place de la Concorde, Charles X pose la première pierre du monument à la mémoire de Louis XVI. Mais la statue ne sera en fait jamais édifiée. Son socle servira de base à l’obélisque de Louxor dressé en 1836. L’actuel pont de la Concorde portait le nom de Louis XVI avant la Révolution.

Pour anecdote, quelques jours avant son exécution, il s’intéressait encore au sort de La Pérouse et de son expédition.

Historiographie

Sous la phase jacobine de la Révolution française, Louis XVI est traité de « tyran » et considéré comme un traître à la patrie, jouant double jeu : il aurait fait semblant d’accepter les mesures de la Révolution française, pour sauvegarder sa vie et son trône, tout en souhaitant secrètement la guerre, de connivence avec les princes étrangers qui déclarent la guerre à la France révolutionnaire.

De son côté, le courant royaliste contre-révolutionnaire a dressé dès la même époque le portrait d’un « roi martyr », conservateur, très catholique, aimant son peuple mais incompris de lui.

Sur sa personnalité

En 1900, le leader socialiste Jean Jaurès, juge Louis XVI « indécis et pesant, incertain et contradictoire » . Il estime qu’il n’a pas compris la « révolution dont lui-même avait reconnu la nécessité et dont il avait ouvert la carrière » ce qui l’a empêché d’en prendre la tête pour former une « démocratie royale » car « il en était empêché par la persistance du préjugé royal ; il en était empêché surtout par le poids secret de ses trahisons. Car il ne s’était pas efforcé seulement de modérer la Révolution : il avait appelé l’étranger pour la détruire. »[23].

Les grands historiens de la Révolution française du XXe siècle, Albert Soboul, Georges Lefebvre, Alphonse Aulard, Albert Mathiez, s’inscrivent dans la lignée jacobine qui considère que Louis XVI a trahi la Révolution française.

Un courant historiographique, de réhabilitation, place Louis XVI dans la filiation des Lumières. C’est par exemple la biographie de l’historien Jean de Viguerie (université de Lille) (Louis XVI le roi bienfaisant, 2003). Pour lui, « Nourri de Fénelon, ouvert aux Lumières, croyant que gouverner était faire le bien, Louis XVI, roi singulier, prince attachant, ne pouvait qu’être sensible à l’aspect généreux de 1789, puis choqué – voire révolté – par les dérives révolutionnaires. Roi bienfaisant, il fut emporté par une tourmente imprévisible, presque imparable»[24].

Dans la même lignée se situe la biographie de l’écrivain Jean-Christian Petitfils (Louis XVI, 2005) pour qui Louis XVI est : « un homme intelligent et cultivé, un roi scientifique, passionné par la marine et les grandes découvertes, qui, en politique étrangère, joua un rôle déterminant dans la victoire sur l’Angleterre et dans l’indépendance américaine. Loin d’être un conservateur crispé, en 1787 il voulut réformer en profondeur son royaume par une véritable Révolution royale »[25].

Pour le Dictionnaire critique de la Révolution Française de François Furet, Mona Ozouf (1989), les historiens « ont pu le peindre tantôt en roi sage et éclairé, désireux de maintenir le patrimoine de la couronne en conduisant les évolutions nécessaires, tantôt en souverain faible et imprévoyant, prisonnier des intrigues de cour, naviguant au plus juge sans pouvoir jamais peser sur le cours des choses. À ces jugements, il existe des raisons politiques, puisque le malheureux Louis XVI est pris au premier rang dans la grande querelle de l’Ancien Régime et de la Révolution ». François Furet croit dans le double jeu du roi.

Sur la fuite de Varennes

Fuite de Louis XVI et arrestation à Varennes.

Dans l’article spécifique à l’épisode de Varennes, le paragraphe intitulé Controverses est consacrée au téléfilm Ce jour-là, tout a changé : l’évasion de Louis XVI, diffusé en 2009 sur France 2, dont le conseiller historique est l’écrivain Jean-Christian Petitfils. Il y est montré un Louis XVI, toujours très populaire en province, qui s’évade de la capitale où il est prisonnier afin d’organiser un nouveau rapport de forces avec l’Assemblée afin de proposer une nouvelle constitution, équilibrant mieux les pouvoirs.

Sur son procès

Le procès de Louis XVI s’appuie principalement sur l’accusation de trahison envers la patrie. Les écrivains Paul et Pierrette Girault de Coursac estiment que la faute des liens de Louis XVI avec l’étranger revient à un parti réactionnaire qui menait la « politique du pire ». Leur ouvrage de réhabilitation de Louis XVI, (Enquête sur le procès du roi Louis XVI, Paris, 1982) affirme que l’armoire de fer contenant la correspondance secrète du roi avec les princes étrangers aurait été fabriquée de toute pièce par le révolutionnaire Roland pour accuser le roi. L’historien Jacques Godechot a vivement critiqué les méthodes et conclusions de cet ouvrage, estimant pour sa part que la condamnation de Louis XVI était inscrite d’office dans son procès, car le souverain déchu était traité comme un « ennemi à abattre » par les révolutionnaires[26].

L’une des réponses classiques apportées à la question du procès est politique et dépasse la simple personne du roi. L’historien communiste Frédérick Genevée (lycée du Kremlin-Bicêtre, membre du Conseil national du PCF et responsable des archives) avertit ainsi : « Ne banalisons pas l’acte. Ils ont réussi à s’extraire d’un millénaire de croyances dans le caractère quasi surnaturel du souverain. Ils ont libéré la société française d’une pesanteur obscurantiste dont on a du mal à imaginer la force et les conséquences. (…) Aujourd’hui, il serait vain pour l’historien de tenter de justifier ou de condamner. Il s’agit d’analyser. Quant aux militants de la libération humaine, hostiles à la peine de mort, ils n’ont pas à voir dans cette décapitation une méthode atemporelle de lutte. Nous n’avons plus de roi ni personne d’autre à condamner. Le mérite en revient en partie aux fondateurs de la République et à ceux qui jugèrent Louis XVI. »[27].

 

(*) Wikipedia

 

Image de prévisualisation YouTube

 

http://www.dailymotion.com/video/x1197e
Reportage de France 3 Lorraine (21 janvier 2007) sur les commémorations de l’ assassinat de Louis XVI ( 1793) .
Messes à Carling , Metz , Nancy .
Ce reportage Présente la messe de Nancy , AINSI Que le repas et la fête des rois Organisés par l’ USRL et  » La Lorraine Royaliste  » .

 

http://www.dailymotion.com/video/x877fh
Le 25 janvier 2009, comme tous les ans à l’appel de l’Action Française, les royalistes ont défilé de la place de la Madeleine à la chapelle Expiatoire.

 

Révolution Solaire de Louis XVI Roi de France

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Pour le 22/08/1792 à 10h51 T.U., à Versailles

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 1, ET NOEUD SUD EN MAISON 7

Vous rencontrez des difficultés dans votre vie relationnelle. Il s’agira donc d’avoir des égards particuliers pour votre partenaire et même dans vos associations. Par compensation, vous disposez d’un soutien planétaire pour votre accomplissement personnel, mais ne recherchez pas l’aide d’autrui, celle-ci vous est refusée pour l’instant.

Votre réussite viendra de votre propre détermination à la saisir. C’est le moment de devenir un self-made man : imposez votre personnalité, projetez-vous sur le devant de la scène, prenez tout sur vos épaules. Mais ne comptez que sur vos propres initiatives car, durant cette période, vous ne disposez d’aucune aide.

Il est certain ce sera difficile de préserver l’harmonie de votre relation de couple ou de traverser cette période sans heurts. Bien entendu, ne choisissez pas cette période pour vous associer ou quelque chose de ce genre.

Par ailleurs, tentez de reporter toute procédure légale (divorce, séparation ou autre) à une date ultérieure car vous y perdriez sans doute la meilleur cause. Cette période prédispose plus à la séparation qu’à l’alliance. Tentez donc de ne compter que sur vous-même car vous n’obtiendrez pas aisément le concours d’autrui. Celui-ci sera plus un fardeau qu’un soutien et il se révélera négatif à terme.

Imposez votre personnalité, votre identité et soyez autonome. N’épargnez pas vos efforts, évitez de garder les deux mains liées. Rien ne se produira spontanément. Toutes vos configurations planétaires vous aident toutefois dans la construction ou l’expérimentation d’une plus grande confiance en vous et en vos potentialités ; vous devez en être convaincu.

Ne vous plaignez pas de ce manque apparent de soutient. Les autres ne vous lâchent pas. Le destin vous refuse l’aide d’autrui pour l’instant et veut que vous appreniez à suffire à vous-même. Cette période qui s’étendra sur dix huit mois, donc au-delà de votre année individuelle, a pour but d’affirmer votre personnalité sans assistances extérieures. Soignez donc particulièrement votre corps, votre beauté, votre prestance, votre mise, votre apparence physique et votre santé.

Ce sont là vos meilleurs et seuls atouts actuellement. Bon courage…


-=-=- F I N -=-=-

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Personnalité du 15/08/2020 – Napoléon BONAPARTE 15 août, 2010

Posté par phoenix2savoie dans : 08/2010,Histoire de France,Personnalités du jour , ajouter un commentaire

——————————– PERSONNALITÉ DU JOUR ———————————

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—————————————— 15 Août 2010 ——————————————

Napoléon BONAPARTE

né le 15 Août 1769  à 11h00 à Ajaccio – 20 – FRANCE

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Napoléon Bonaparte[1] (*) (né le 15 août 1769 à Ajaccio, en Corse ; mort le 5 mai 1821 sur l’île Sainte-Hélène) fut général, premier consul, puis empereur des Français. Il fut un conquérant de l’Europe continentale.

Objet dès son vivant d’une légende dorée comme d’une légende noire, il a acquis une notoriété aujourd’hui pour son Génie militaire (victoires d’Arcole, Rivoli, Pyramides, Marengo, Austerlitz, Iéna, Friedland, Wagram, La Moskova) et politique, mais aussi pour son régime autoritaire, et pour ses incessantes campagnes (voulues ou non) causant la morts de plus d’un million de civils, soldées par de lourdes défaites finales en Espagne, en Russie et à Waterloo, et par sa mort en exil à Sainte-Hélène sous la garde des Anglais.

Il dirige la France à partir de la fin de l’année 1799 ; il est d’abord Premier Consul du 10 novembre 1799 au 18 mai 1804 puis Empereur des Français, sous le nom de Napoléon Ier, du 18 mai 1804 au 11 avril 1814, puis du 20 mars au 22 juin 1815. Il réorganise et réforme durablement l’État et la société. Il porte le territoire français à son extension maximale avec 134 départements en 1812, transformant Rome, Hambourg, Barcelone ou Amsterdam en chefs-lieux de départements français. Il est aussi président de la République italienne de 1802 à 1805, puis roi d’Italie du 17 mars 1805 au 11 avril 1814, mais encore médiateur de la Confédération suisse de 1803 à 1813 et protecteur de la Confédération du Rhin de 1806 à 1813. Il conquiert et gouverne la majeure partie de l’Europe continentale et place les membres de sa famille sur les trônes de plusieurs royaumes européens : Joseph sur celui de Naples puis d’Espagne, Jérôme sur celui de Westphalie, Louis sur celui de Hollande et son beau-frère Joachim Murat à Naples. Il crée aussi un grand-duché de Varsovie, sans oser restaurer formellement l’indépendance polonaise, et soumet à son influence des puissances vaincues telles que le Royaume de Prusse et l’Archiduché d’Autriche.

Napoléon tente de mettre un terme à son profit à la série de guerres que mènent les monarchies européennes contre la France depuis 1792. Il conduit les hommes de la Grande Armée, dont ses fidèles « grognards », du Nil et de l’

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