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Personnalité du 31/05/2012 – Saint-John PERSE 31 mai, 2012

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Saint-John PERSE

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Saint-John PERSE

né le 31/05/1887 à Pointe-à-Pitre, (Guadeloupe) – FRANCE

THEME NATAL

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BIOGRAPHIE

Saint-John Perse, (*) pseudonyme d’Alexis Leger, né le 31 mai 1887 à Pointe-à-Pitre et mort le 20 septembre 1975 sur la presqu’île de Giens, est un poète et diplomate français.

Alexis Leger a utilisé d’autres noms de plume comme Saint Leger Leger en trois mots ou Saintleger Leger en deux, ou St L. Leger, et enfin Saint-John Perse à partir d’Anabase en 1924. On trouve une multitude d’interprétations quant à ces pseudonymes. Pas d’accent à son nom et le diplomate y tenait, de même qu’à la prononciation « Leuger ». De son vivant, il a voulu faire croire que Saint-Leger Leger était son vrai nom et Leger seulement une abréviation, et le volume de ses Œuvres complètes (« son » Pléiade) répète cette fiction. Dans sa vie privée, il s’est fait appeler par bien d’autres « petits noms » tels que Allan, Diego, Pierre Fenestre.

Jeunesse et débuts diplomatiques

Fils d’Édouard Pierre Amédée Leger, avocat à Pointe-à-Pitre à partir de 1873, et Marie Pauline Françoise Renée Dormoy, fille d’une famille de planteurs, Marie René Auguste Alexis Leger passe son enfance à Pointe-à-Pitre jusqu’en 1899 date à laquelle il suit ses parents à Pau, où il fréquente l’actuel lycée Louis-Barthou (c’est un autre lycée de Pau qui porte aujourd’hui son nom). Il fait ensuite des études de droit à Bordeaux dès 1904, puis fait son service militaire dans l’infanterie à Pau dès avant la fin de ses études.

Il rencontre assez tôt le poète Francis Jammes, en 1902, qui habite alors à Orthez, lequel le présente notamment à Paul Claudel, avec qui il entretiendra des relations mouvementées. Grâce à Jammes encore, il entre en relation avec André Gide et le milieu de la NRF. Gide et Jacques Rivière le poussent à publier ses premiers poèmes. Les poèmes Images à Crusoé puis Éloges paraissent dans La Nouvelle Revue française en 1909 et 1910, puis en recueil sous le titre Éloges en 1911. Valery Larbaud consacre un article très élogieux au recueil dans la revue La Phalange. Ayant réussi au concours des consulats en 1914, il est affecté au service de presse du ministre Delcassé, puis à la Maison de la presse du ministère des Affaires étrangères avant d’être nommé secrétaire de la légation française de Pékin où il restera de 1916 à 1921. Remarqué par Aristide Briand, il est nommé à l’administration centrale du ministère en 1922 puis devient en 1925 directeur du cabinet du ministre. En février 1933, il remplace Philippe Berthelot souffrant au poste de secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, avec le rang et la dignité d’ambassadeur de France, et ce jusqu’en 1940. Sous le pseudonyme de Saint-John Perse, il avait publié en 1925 son recueil Anabase, mais s’astreindra à ne plus rien publier aussi longtemps qu’il sera diplomate.

Le diplomate

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Saint-John Perse à Locarno en 1925.
De gauche à droite : Saint-John Perse, Henri Fromageot, Aristide Briand, Philippe Berthelot.

Peu de temps après avoir été nommé chef de cabinet d’Aristide Briand, Alexis Leger, alors germanophile, est l’un des principaux auteurs des Accords de Locarno en octobre 1925, plaidant pour une « conciliation franco-allemande pour assurer la sécurité de la France puis de l’Europe » ; Aristide Briand aura été son mentor et après sa mort en 1932, son disciple prolongera son influence au Quai d’Orsay et ce jusqu’en 1940. Ce que l’on a appelé la « pactomanie » lui sera reprochée par ses ennemis politiques. Toute sa vie, Alexis Leger a défendu la mémoire de Briand, comme en 1942 où il prononce un discours à sa mémoire à New York.

Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, il a participé en avril 1935 à la conférence de Stresa. À ce poste pendant huit ans, il a assuré la continuité de la diplomatie française devant la valse des ministres (plus d’un par an en moyenne, dont Pierre Laval). Ainsi, en mai 1936, au moment de son arrivée au pouvoir, Léon Blum, sur plusieurs sujets, demanda : « Qu’en pense Leger ? » Par exemple sur l’attitude à adopter face à la remilitarisation de la rive gauche du Rhin. S’agissant de la Guerre d’Espagne et de la politique de la non-intervention, le rôle de Leger a peut-être été déterminant. Lors des Accords de Munich, il semble moins complaisant que Daladier et surtout Georges Bonnet, son ministre, devant l’abandon de la Tchécoslovaquie : Hitler le qualifie à cette occasion de « petit martiniquais sautillant ». En juin 1940, Paul Reynaud le démet brutalement de ses fonctions pour marquer une rupture avec la politique de passivité pratiquée vis-à-vis du Reich pendant huit ans et, accessoirement, pour complaire à sa maîtresse. Leger, remplacé par François Charles-Roux, en est blessé, refuse les affectations qui lui sont proposées en compensation et s’exile aux États-Unis.

Non sans être d’abord passé par Londres, mais tout rapprochement avec de Gaulle était impossible : Leger lui dénie toute légitimité. Il est alors déchu de la nationalité française par le régime de Vichy, son appartement parisien est mis à sac et il est radié de l’ordre de la Légion d’honneur. À Washington, il a trouvé un emploi à la Bibliothèque du Congrès grâce à Archibald MacLeish, poète américain, qui en était le bibliothécaire. Il devient, avec Jean Monnet peut-être, le seul Français qu’accepte d’écouter le président Roosevelt, très hostile au général de Gaulle. Le chef de la France libre essaie de le rallier à sa cause, mais Leger refuse sèchement, ce que le Général ne lui pardonnera jamais : en 1960, à l’occasion de son Prix Nobel, Alexis Leger ne reçoit aucune félicitation du Général.

Exil américain et mort

Aux États-Unis, il publie successivement Exil en 1942, Pluies et Poème à l’étrangère en 1943, Neiges en 1944. À la Libération, depuis les États-Unis, il publie Vents chez Gallimard en 1946, puis Amers en 1957. À cette date, il revient chaque été faire de longs séjours en France, sur la presqu’île de Giens où des amis américains ont acquis pour lui une propriété, « Les Vigneaux ». Il se marie avec une Américaine, Dorothy Russel, dédicataire de Poème à l’étrangère, qu’il appelle « Dot » et surtout « Diane », de vingt ans plus jeune que lui. Il publie son poème Chronique en 1960, année où lui est attribué, grâce à ses amis américains et à Dag Hammarskjöld, secrétaire général des Nations-Unies, le Prix Nobel de littérature. Son allocution au banquet Nobel du 10 décembre 1960 est consacrée aux rapports entre science et poésie. Il publiera encore le recueil Oiseaux, inspiré par Georges Braque en 1963, et encore quelques poèmes dans la Nouvelle Revue Française : Chanté par Celle qui fut là en 1969, Chant pour un équinoxe en 1971, Nocturne en 1973 et Sécheresse en 1974. Il meurt le 20 septembre 1975, à Giens, dans le Var, où il repose désormais. Ses quatre derniers poèmes paraissent peu après en recueil sous le titre Chant pour un équinoxe. Peu avant sa mort, il avait légué tous ses manuscrits, papiers et objets personnels, ainsi que les livres de sa bibliothèque, à la Ville d’Aix-en-Provence, qui aujourd’hui encore abrite la Fondation Saint-John Perse.

L’œuvre poétique

Alexis Leger fut certes un diplomate de premier plan. Mais in fine, l’homme a reconnu son unité dans une vocation de poète consacrée en quelque sorte dans le volume de ses Œuvres complètes. Au-delà des approches tronquées et des polémiques régulièrement réitérées à propos de son parcours diplomatique, c’est bien sa poésie, et sa poésie seule qui dit la substance d’un itinéraire à la fois personnel et esthétique. Cette substance se décline en une parole considérable qu’il importe d’appréhender avec soin, pour qui veut y apprécier l’une des grandes oeuvres de l’esprit en langue française.

Esthétique littéraire

La poésie de Saint-John Perse est couramment réputée pour sa difficulté d’accès. Le vocabulaire, parfois technique, peut parfois rebuter le lecteur, mais en fin de compte, son appréhension n’est pas indispensable pour une première imprégnation de la puissance des images et de la richesse du rythme qui caractérisent le poème persien. De ce qu’on a pu nommer le « cycle antillais » (Eloges) au « cycle provençal » (les derniers poèmes), l’œuvre de Saint-John Perse institue dans la poésie française du XXe siècle des accents de conciliation entre les avancées de la modernité rimbaldienne et mallarméenne, avec les sources les plus archaïques de la parole poétique. André Breton voyait en 1924 en Perse un « surréaliste à distance », et c’est dire les volontés diverses d’appropriations de cette esthétique singulière, par les écoles de la modernité littéraire. Les premiers poèmes d’Eloges (surtout Images à crusoé) laissent entrevoir une empreinte encore symboliste, mais ce modèle sera dépassé au gré du recueil et dès Anabase, s’impose un style déclamatoire reconnaissable entre tous, qui pousse souvent l’oeuvre vers des accents lyriques prononcés (Exil, Vents et Amers notamment). Pour autant, les rythmes parfois saccadés de certains moment d’Exil, l’écriture souvent resserrée des poèmes provençaux et une certaine tension vers l’autotélisme (déjoué néanmoins) n’en apparaissent pas moins çà et là. Même par le prisme de cette variété stylistique, la parole poétique se déploie chez Saint-John Perse comme une rhapsodie accordée à la fois à l’intériorité qu’à un élan fondamental vers le monde.

Thématiques

Une « histoire de l’âme » semble dessiner, au gré des poèmes, un recours suprême aux éléments du monde (neiges, pluies, grands vents, souffles océaniques), mobilisés pour atteindre le « renouement » de l’homme vers son élan vital. Du souffle épique d’Anabase au style volontairement dépouillé des textes du Grand âge, les poèmes de Saint-John Perse construisent, en une langue somptueuse, un édifice unique dans la littérature française moderne. L’œuvre entière, en une profonde cohérence, propose au lecteur de parcourir le réel humain comme « Une seule et longue phrase sans césure à jamais inintelligible ». Le regard porté sur le « monde entier des choses » y demeure de bout en bout, empreint d’une volonté d’intégralité qui s’accorde à la recherche en tout, d’une plénitude existentielle (« Épouse du monde ma présence ! »), d’une quête de l’unité. C’est sans doute en ce tribut d’une restitution à l’homme certes, mais plus intimement, à tout un chacun, du souffle premier d’une présence exaltante au monde, que l’on peut certainement considérer la richesse de cette oeuvre exigeante et rare.

Œuvres

Correspondance

Honneurs et distinctions

Ouvrages généraux (critique littéraire et biographie)

Choix d’articles

Actes de colloques

Classement chronologique

(*) Wikipedia

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Personnalité du 21/11/2011 – Voltaire 21 novembre, 2011

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Voltaire

né le 21/11/1694 à 17h30 à Paris – FRANCE

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BIOGRAPHIE

François-Marie Arouet, dit Voltaire (*), né le 21 novembre 1694 à Paris où il est mort le 30 mai 1778, est un écrivain et philosophe qui a marqué le XVIIIe siècle et qui occupe une place particulière dans la mémoire collective française. Il esquisse en effet la figure de l’intellectuel engagé au service de la vérité, de la justice et de la liberté de penser.

Symbole des Lumières, chef de file du parti philosophique, son nom reste attaché à son combat contre « l’infâme », nom qu’il donne au fanatisme religieux, et pour le progrès et la tolérance. Il est cependant déiste et son idéal reste celui d’une monarchie modérée et libérale, éclairée par les « philosophes ». Il agit d’ailleurs auprès des élites éclairées de l’Europe des Lumières en se servant de son immense notoriété et prend, seul, la défense des victimes de l’intolérance religieuse et de l’arbitraire dans des affaires qu’il a rendues célèbres (Calas, Sirven, chevalier de La Barre, comte de Lally).

De son imposante œuvre littéraire, on lit aujourd’hui essentiellement ses écrits « philosophiques » en prose : contes et romans, Lettres philosophiques, Dictionnaire philosophique et sa correspondance. Son théâtre, ses poésies épiques, ses œuvres historiques, qui firent de lui l’un des écrivains français les plus célèbres au XVIIIe siècle, sont aujourd’hui largement négligées ou ignorées. La réputation de Voltaire tient aussi à son style, marqué par l’élégance et la précision, et souvent au service d’une ironie mordante.

Tout au long de sa vie, Voltaire fréquente les Grands et courtise les monarques, sans dissimuler son dédain pour le peuple, mais il est aussi en butte aux interventions du pouvoir qui l’embastille et le contraint à l’exil en Angleterre ou à l’écart de Paris. En 1749, après la mort d’Émilie du Châtelet avec laquelle il a entretenu une liaison houleuse de quinze ans, il part pour la cour de Prusse mais, déçu dans ses espoirs de jouer un grand rôle auprès de Frédéric II à Berlin, se brouille avec lui après trois ans et quitte Berlin en 1753. Il se réfugie un peu plus tard aux Délices, près de Genève, avant d’acquérir en 1759 un domaine à Ferney, sur la frontière franco-genevoise, à l’abri des puissants. Il mettra en valeur son domaine et fera de Ferney un centre de culture réputé dans toute l’Europe. Il ne reviendra à Paris qu’en 1778, ovationné par le peuple. Il y meurt à 83 ans.

Chantre du « bon temps (de) ce siècle de fer ! » dans Le Mondain, Voltaire aime le luxe, les plaisirs de la table et de la conversation, qu’il considère, avec le théâtre, comme l’une des formes les plus achevées de la vie en société. Soucieux de son aisance matérielle qui garantit sa liberté et son indépendance, il acquiert une fortune considérable dans des opérations spéculatives ce qui lui permettra de s’installer en 1759 au château de Ferney entouré d’une cour de beaux esprits. Il est néanmoins chicanier et parfois féroce avec ses adversaires comme Jean-Jacques Rousseau.

Considéré par la Révolution française – avec Jean-Jacques Rousseau, son adversaire – comme un précurseur (il entre au Panthéon en 1791, le deuxième, après Mirabeau), célébré par la IIIe République (dès 1870 à Paris un boulevard et une place portent son nom, puis un quai, une rue, un lycée, une station de métro…), il a nourri au XIXe siècle les passions antagonistes des adversaires et des défenseurs de la laïcité de l’État et de l’école publique, et au-delà de l’esprit des Lumières.

Jeunesse

François-Marie Arouet est né le dimanche 21 novembre 1694 à Paris, dans la paroisse Saint-André-des-Arcs2, mais, dans divers écrits, Voltaire affirme être né en réalité neuf mois plus tôt le 19 ou le 20 février 1694 à Châtenay-Malabry : le baptême du 22 novembre à Paris à Saint-André-des-Arts aurait été retardé du fait du peu d’espoir de survie de l’enfant. Arouet conteste également sa paternité3.

Les Arouet

Originaires d’un petit village du nord du Poitou, Saint-Loup, où ils exercent au XVe siècle et XVIe siècle une activité de tanneurs, les Arouet sont un exemple de l’ascension sociale de la bourgeoisie au XVIIe siècle. Le premier Arouet à quitter sa province s’installe à Paris en 1625 où il ouvre une boutique de marchand de draps et de soie. Il épouse la fille d’un riche marchand drapier et s’enrichit suffisamment pour acheter pour son fils, François, le père de Voltaire, une charge de notaire au Châtelet en 1675 assurant à son titulaire l’accès à la petite noblesse de robe. Ce dernier, travailleur austère et probe aux relations importantes, arrondit encore la fortune familiale, épouse le 7 juin 1683 la fille d’un greffier criminel au Parlement, Marguerite d’Aumard, avec laquelle il a cinq enfants (dont trois survivent), et il revend son étude en 1696 pour acquérir une charge de conseiller du roi, receveur des épices à la Cour des comptes. Voltaire perd sa mère à l’âge de sept ans. Il a un frère aîné, Armand Arouet (baptisé le 5 avril 1685, décédé le 18 février 1745), avocat en Parlement, catholique rigoriste et janséniste opiniâtre, célibataire dont Voltaire hérita les biens, et une sœur, Maguerite Catherine Arouet, dite Marie (baptisée le 29 décembre 1686 à Saint-Germain-le-Vieil, morte le 15 octobre 1726), épouse de Pierre François Mignot, correcteur à la Chambre des Comptes, seule personne de sa famille qui lui ait inspiré de l’affection, qui sera la mère de deux fils, dont l’abbé Mignot, et deux filles, Madame de Fontaine et Marie Louise Mignot, la future Madame Denis. Contrarié et chagrin, François Arouet s’écrie : « J’ai pour fils deux fous, l’un en prose et l’autre en vers. » Armand François Arouet, né le 18 mars 1684, meurt quelques jours plus tard ; Robert Arouet, baptisé à Saint-Germain-le-Vieil le 18 juillet 1689, meurt très jeune.

Éducation : les Jésuites et la société libertine du Temple

Arouet père veut donner à son cadet une formation intellectuelle qui soit à la hauteur des dons que celui-ci manifeste dès son plus jeune âge. À dix ans, il entre chez les Jésuites du collège Louis-le-Grand, l’établissement le mieux fréquenté et le plus cher de la capitale. Les jésuites enseignent le latin, le grec et la rhétorique, mais veulent avant tout former des hommes du monde et initient leurs élèves aux arts de société : joutes oratoires, plaidoyers, concours de versification, et théâtre qui occupe une large place dans la vie du collège. Élève brillant, vite célèbre par sa facilité à versifier, Arouet y apprend à plaire et à parler d’égal à égal avec les grands. Il y tisse des liens d’amitié et des relations précieuses dont il saura user toute sa vie : les frères d’Argenson, René-Louis et Marc-Pierre, futurs ministres de Louis XV et le futur duc de Richelieu.

À contre-pied de l’éducation des jésuites, la fréquentation de la société libertine du Temple eut une influence non moins importante sur le jeune Arouet. L’abbé de Châteauneuf, son parrain et homme de lettres, l’introduit dès l’âge de douze ans dans cette société qui rassemble au Temple dans l’hôtel de Philippe de Vendôme, grand prieur de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, des membres de la haute noblesse et des poètes, épicuriens lettrés connus pour leur esprit et leur amoralité, et amateurs de soupers galants où l’on boit sec. Le jeune garçon les amuse en leur faisant des vers « légers, rapides, piquants, nourris de référence antiques, libres de ton jusqu’à la grivoiserie, plaisantant sans retenue sur la religion et la monarchie ». En leur compagnie, il se persuade qu’il est né grand seigneur libertin et n’a rien à voir avec les Arouet et les gens du commun.

Étudiant en droit ou homme de lettres ?

Il quitte le collège à dix-sept ans et annonce à son père qu’il veut être homme de lettres, et non avocat ou titulaire d’une charge de conseiller au Parlement, investissement pourtant considérable que ce dernier est prêt à faire pour lui. Devant l’opposition paternelle, il s’inscrit à l’école de droit et continue de fréquenter les libertins du Temple, prenant des goûts de luxe et de débauche. Son père l’éloigne un moment en l’envoyant à Caen, puis en le confiant au frère de son parrain, le marquis de Châteauneuf, qui vient d’être nommé ambassadeur à La Haye et accepte d’en faire son secrétaire privé. Mais son éloignement ne dure pas. À Noël 1713, il est de retour, chassé de son poste et des Pays-Bas pour cause de relations tapageuses avec une demoiselle. Furieux, son père veut l’envoyer en Amérique mais finit par le placer dans l’étude d’un magistrat parisien. Il est sauvé par un ancien client d’Arouet, lettré et fort riche, M. de Caumartin, marquis de Saint-Ange, qui le convainc de lui confier son fils pour tester le talent poétique du jeune rebelle. Arouet fils passe ces vacances forcées au château de Saint-Ange près de Fontainebleau à lire, à écrire et à écouter les récits de son hôte (« Caumartin porte en son cerveau/De son temps l’histoire vivante/Caumartin est toujours nouveau/À mon oreille qu’il enchante ») qui lui serviront pour La Henriade et le Siècle de Louis XIV.

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Le Régent, Philippe d’Orléans.

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Le château de Sceaux. La duchesse du Maine y tient une cour presque royale et exige de ses hôtes des vers sur tout et sur rien. À ces jeux, Arouet est de toute première force.

En 1715, c’est la Régence. Arouet a 21 ans. Il est si brillant et si amusant que la haute société se dispute sa présence. Il aurait pu devenir l’ami du Régent mais se retrouve dans le camp de ses ennemis. Invité au château de Sceaux, foyer d’opposition, où la duchesse du Maine, mariée au duc du Maine, bâtard légitimé de Louis XIV, tient une cour brillante, il ne peut s’empêcher de faire des vers sur les relations amoureuses du Régent et de sa fille. Le 4 mai 1716, il est exilé à Tulle. Son père use de son influence auprès de ses anciens clients pour fléchir le Régent qui, bon prince, remplace Tulle par Sully-sur-Loire où il s’installe dans le château du jeune duc de Sully, une connaissance du Temple, qui vit avec son entourage dans une succession de bals, de festins et de spectacles divers. À l’approche de l’hiver, il sollicite la grâce du Régent qui, sans rancune, pardonne. Le jeune Arouet recommence sa vie turbulente à Saint-Ange et à Sceaux, profitant de l’hospitalité des nantis et du confort de leurs châteaux. Mais, pris par l’ambiance, quelques semaines plus tard, il récidive. Le 16 mai 1717, il est envoyé à la Bastille par lettre de cachet. Il a vingt-trois ans. Il y restera onze mois.

Succès littéraires : Œdipe et La Henriade

Voltaire devient célèbre à 24 ans grâce au succès de sa tragédie Œdipe (1718) . Il « fit croire, des Enfers, Racine revenu » écrit le prince de Conti.

À sa sortie, conscient d’avoir jusque-là gaspillé son temps et son talent, il veut donner un nouveau cours à sa vie, et devenir célèbre dans les genres les plus nobles de la littérature de son époque, la tragédie et la poésie épique.

Il adopte le patronyme de Voltaire, anagramme, selon l’hypothèse la plus couramment proposée, d’Arouet l.j. (le jeune), la calligraphie de l’époque autorisant la transformation du u en v et du j en i.

Une autre hypothèse est l’inversion du nom du petit village d’Airvault, dans lequel il passait ses vacances durant son enfance et dans lequel sa famille avait une propriété.

Le 18 novembre 1718, sa pièce, Œdipe, obtient un immense succès (quarante-cinq représentations plus quatre au Palais-Royal, nombre de spectateurs évalué à 25 000). Le public, qui voit en lui un nouveau Racine, aime ses vers en forme de maximes et ses allusions impertinentes au roi défunt et à la religion (« Nos prêtres ne sont pas ce qu’un vain peuple pense / Notre crédulité fait toute leur science. » acte IV, scène 1). Ses talents de poète mondain triomphent dans les salons et les châteaux. Il devient l’intime des Villars qui le reçoivent dans leur château de Vaux et l’amant de Madame de Bernières, épouse du président à mortier du parlement de Rouen.

Après l’échec d’une deuxième tragédie, écrite pendant un bref exil à Sully (on lui reproche à nouveau, mais cette fois à tort, de faire circuler une nouvelle satire contre le Régent), il connaît un nouveau succès en 1723 avec La Henriade, poème épique (4 300 alexandrins) dont le sujet est le siège de Paris par Henri IV et qui trace le portrait d’un souverain idéal, ennemi de tous les fanatismes : 4 000 exemplaires vendus en quelques semaines (soixante éditions successives du vivant de l’auteur).

La querelle avec le Chevalier de Rohan

En janvier 1726, il subit une humiliation qui va le marquer toute sa vie. Guy-Auguste de Rohan-Chabot, dit « Le Chevalier de Rohan-Chabot », jeune gentilhomme arrogant, descendant d’une des plus anciennes familles du royaume, l’apostrophe à la Comédie-Française : « Monsieur de Voltaire, Monsieur Arouet, comment vous appelez-vous ? ». Sa réplique est cinglante : « Voltaire ! Je commence mon nom et vous finissez le vôtre ». Quelques jours plus tard, on le fait appeler alors qu’il dîne chez son ami le duc de Sully. Dans la rue, il est frappé à coups de gourdin par les laquais du chevalier qui surveille l’opération de son carrosse. Blessé, humilié, il veut obtenir réparation mais aucun de ses amis aristocrates ne prend son parti. Le duc de Sully refuse de l’accompagner chez le commissaire de police pour appuyer sa plainte. Il n’est pas question d’inquiéter un Rohan pour avoir fait rouer de coups un écrivain. « Nous serions bien malheureux si les poètes n’avaient pas d’épaules », dit un parent de Caumartin. Le prince de Conti fait un mot sur les coups de bâtons : « Ils ont été bien reçus mais mal donnés ». Voltaire veut venger son honneur par les armes mais son ardeur à vouloir se faire rendre justice indispose tout le monde. Les Rohan obtiennent que l’on procède à l’arrestation de Voltaire qui est conduit à la Bastille le 17 avril. Il n’est libéré, deux semaines plus tard, qu’à la condition qu’il s’exile.

L’exil anglais

Voltaire a 32 ans. Cette expérience va le marquer d’une empreinte indélébile.

Il est profondément impressionné par la liberté et le pluralisme politique et religieux de la société anglaise. Alors qu’en France règnent les lettres de cachet, la loi d’Habeas corpus de 1679 – nul ne peut demeurer détenu sinon par décision d’un juge – et la Déclaration des droits de 1689 protègent les citoyens anglais contre le pouvoir du roi. La réussite matérielle du peuple d’Angleterre suscite son admiration. Il fait le lien avec le retard de la France dans le domaine économique et l’archaïsme de ses institutions. Il estime que, là où croît l’intensité des échanges marchands et intellectuels, grandit en proportion l’aspiration des peuples à plus de liberté et de tolérance. En lui présentant une société qu’ils décrivent comme tolérante, les Anglais se gardent probablement de faire allusion à leurs lois anti-catholiques (Test Act) qui transformaient les Anglais de cette religion en sous-hommes auxquels on refusait toute instruction et toute fonction officielle non seulement sur le territoire anglais et dans les provinces qui en dépendaient (Écosse et Irlande), mais dans l’ensemble des colonies. Voté au XVIIe siècle, le Test Act n’a été abrogé qu’au XIXe siècle.

Il ne lui faut que quelques semaines pour acquérir une excellente maîtrise de l’anglais. En novembre 1726, il s’installe à Londres. Il rencontre des écrivains, des philosophes, des savants (physiciens, mathématiciens, naturalistes) et s’initie à des domaines de connaissance qu’il ignorait jusqu’ici. Ainsi s’esquisse la mutation de l’homme de lettres en « philosophe », qui le conduit à s’investir dans des genres jusqu’alors considérés comme peu prestigieux : l’histoire, l’essai politique et plus tard le roman.

C’est en Angleterre qu’il conçoit le projet d’écrire une Histoire de Charles XII, roi de Suède, et qu’il commence à rédiger en anglais l’ouvrage où il expose ses observations sur l’Angleterre, qu’il fera paraître en 1733 à Londres sous le titre Letters Concerning the English Nation et dont la version française n’est autre que les Lettres philosophiques.

Il se rapproche de la cour de Georges Ier puis de Georges II et prépare une édition de la Henriade en souscription accompagnée de deux essais en anglais qui remporte un grand succès (343 souscripteurs) et rétablit sa fortune. Une souscription analogue ouverte en France par son ami Thériot n’en rassemble que 80 et fera l’objet de nombreuses saisies de la police.

À l’automne 1728, il est autorisé à rentrer en France pourvu qu’il se tienne éloigné de la capitale.

Vie de cour

Voltaire partage la vie d’Émilie du Chatelet au château de Cirey, il fait quelques passages à la cour de Lunéville sous le règne de Stanislas Leszczyński, duc de Lorraine, puis rentre à Paris, où il mène une carrière de courtisan avant de tomber en disgrâce.

Ce n’est qu’en 1750 qu’il se rend à la cour de Frédéric II à Berlin, où l’attend une position brillante à l’Académie royale des sciences et des lettres de Berlin ainsi que la clef de chambellan et un traitement considérable. Le roi et le philosophe se lient d’amitié, le premier pratiquant parfaitement le français. Mais les deux amis ne peuvent dissimuler longtemps leurs traits principaux, l’un son humeur altière et son habitude d’être obéi, l’autre sa supériorité intellectuelle et son esprit piquant. La brouille est inévitable, et, en 1753, une querelle de Voltaire avec Maupertuis, que soutient le roi, précipite la rupture, et Voltaire quitte la Prusse. L’ouvrage le plus important qu’il publie pendant son séjour à Berlin est Le Siècle de Louis XIV.

De Genève à Ferney

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Maison de Voltaire à Ferney.

En 1755, il s’installe aux « Délices », tout près de Genève. Enfin, en 1758, il achète un domaine à Ferney, dans le Pays de Gex, et Tournay, en territoire français, mais sur la frontière franco-genevoise (Genève est alors un État indépendant). Il va aménager la région, bâtir, planter, semer et développer l’élevage. En compagnie de Madame Denis, sa nièce, gouvernante et compagne, il fait vivre un millier de personnes, se fait agriculteur, architecte, fabricant de montres et de bas de soie. Avec son sens de la formule, il résume l’entreprise : « Un repaire de 40 sauvages est devenu une petite ville opulente habitée par 1 200 personnes utiles ». Voltaire n’est plus seulement l’homme le plus célèbre de son époque : il est devenu un mythe. De Saint-Pétersbourg à Philadelphie, on attend ses publications comme des oracles. Artistes, savants, princes, ambassadeurs ou simples curieux se rendent en pèlerinage à Ferney chez cet « aubergiste de l’Europe ».

Jean Huber qui le verra pendant plus de vingt ans et sera surnommé Huber-Voltaire fera de lui des centaines de portraits et caricatures.

En 1778, il revient à Paris : le peuple de la capitale l’accueille avec un tel enthousiasme que certains historiens voient dans cette journée du 30 mars « la première des journées révolutionnaires ».

Deux mois avant sa mort, le 7 avril 1778, il devient franc-maçon dans la loge parisienne des « Neuf Sœurs ». Selon le Vénérable qui dirigeait la cérémonie : « Vous étiez franc-maçon avant même que d’en recevoir les caractères » ; cela ne signifie nullement que le patriarche de Ferney aurait adhéré auparavant à la franc-maçonnerie, mais qu’il en partageait déjà les idéaux.

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Buste de Voltaire, 1778, par Jean-Antoine Houdon (1741 – 1828).

Il meurt à Paris le 30 mai 1778 chez le marquis de Villette. Le 28 février 1778, quatre mois avant sa mort, il déclarait dans une lettre à son secrétaire Wagnière, qui l’a pieusement conservée : « Je meurs en adorant Dieu, en aimant mes amis, en ne haïssant pas mes ennemis, en détestant la superstition ».

Il est d’abord enterré à l’abbaye de Sellières ; ses cendres sont transférées au Panthéon de Paris le 11 juillet 1791 après une cérémonie grandiose suivie par la veuve Calas et ses deux filles. Par un hasard de l’Histoire, sa tombe se trouve en face de celle de Jean-Jacques Rousseau, qu’il n’appréciait guère.

Voltaire et les femmes

La vie et l’œuvre de Voltaire dévoilent une place intéressante accordée aux femmes. Plusieurs de ses pièces sont entièrement dédiées aux vies exceptionnelles de femmes de pouvoir de civilisations orientales. Cette vision des femmes au pouvoir peut éclairer l’attachement de Voltaire à une femme savante comme Émilie du Châtelet.

La première figure féminine de la vie de Voltaire est sa mère. Il en a parlé en termes peu amènes, et il l’a perdue très jeune. Ce qui explique peut-être son penchant pour les femmes plus âgées que lui, desquelles il attendait des attentions plus maternelles que sensuelles.

En 1713, jeune secrétaire d’ambassade à La Haye, Voltaire s’éprend d’Olympe Dunoyer (ou du Noyer), alias Pimpette. La mère de cette jeune fille, une huguenote française exilée en Hollande, haïssait la monarchie française. Craignant un scandale, l’ambassadeur renvoie Voltaire en France. L’affaire ne dure que quelques semaines, et c’est le seul exemple d’amour sincère du philosophe libertin. Libertin du reste surtout sur le papier : de santé précaire, Voltaire s’est toujours préservé des excès, y compris amoureux.

C’est largement grâce aux femmes que Voltaire se faufile dans la haute société de la Régence. Louise Bénédicte de Bourbon, duchesse du Maine réunissait dans son château de Sceaux une coterie littéraire qui complotait contre le duc Philippe d’Orléans. On y poussa Voltaire à exercer sa verve railleuse contre le Régent, ce qui valut à l’auteur un début de notoriété, et onze mois de Bastille. Les fréquentations féminines de Voltaire ne sont pas toutes de nature littéraire : c’est surtout pour favoriser ses affaires qu’il séduit l’épouse d’un président à mortier au parlement de Rouen, le marquis de Bernières, qu’il associe à ses spéculations, et aux ruses coûteuses déployées pour éditer La Henriade en dépit de la censure royale.

Grâce au succès de sa première tragédie Œdipe, Voltaire fait la connaissance de la duchesse de Villars, dont il s’éprend, mais sans que la réciproque soit vraie ; reste, là aussi, l’introduction dans le cercle aristocratique éclairé gravitant autour de Charles Louis Hector, maréchal de Villars, qui recevait en son château de Vaux (Vaux-le-Vicomte). Quant à l’amour, Voltaire s’en dit « guéri », au profit de l’amitié, qu’il cultivera effectivement toute sa vie.

Voltaire a d’éphémères liaisons avec quelques actrices, notamment Suzanne de Livry et Adrienne Lecouvreur (tromperies, cabales, duels…) La relation avec Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet-Lomont est en revanche plus sérieuse. La traductrice de Newton est très douée pour les lettres autant que pour les sciences ou la philosophie. Elle est mariée, mais le marquis du Châtelet est un éternel absent, et Émilie, que tout passionne, tombe amoureuse sans mesure du prestigieux poète qui lui est présenté en 1733, et qu’elle aimera jusqu’à sa mort, seize ans plus tard. Cirey (Cirey-sur-Blaise), le château de famille des Châtelet abrite leurs amours ; Voltaire en entreprend la restauration et l’agrandissement à ses frais.

Leur vie est quasi maritale, mais des plus mouvementée ; les échanges intellectuels intenses : Voltaire qui, jusque-là s’était consacré au « grand genre », la tragédie et le poème épique, opte résolument pour ce qui fera la particularité de son œuvre : le combat politique et philosophique contre l’intolérance. Une relation fusionnelle, donc, autant que studieuse et féconde.

C’est par une tromperie philosophique que s’engagera la fin d’une l’idylle de dix ans : la marquise renonce au matérialisme newtonien pour lui préférer le déterminisme optimiste de Leibniz, ce à quoi Voltaire ne saurait consentir. Moins sentimentale désormais, l’alliance persiste malgré tout. La marquise sauve plusieurs fois Voltaire des conséquences de ses insolences, et Voltaire éponge parfois les colossales dettes de jeu d’Émilie.

La situation se complique singulièrement lorsque Mme du Châtelet s’éprend du marquis de Saint-Lambert (Jean-François de Saint-Lambert). Émilie est enceinte, et Voltaire concocte un stratagème pour que le mari de la marquise se croie le père de l’enfant. Émilie meurt peu après l’accouchement, laissant Voltaire désespéré : il devait à Émilie du Châtelet ses années les plus heureuses.

En 1745, Voltaire devient, à cinquante ans, l’amant de sa nièce (l’une des deux filles de sa sœur aînée) Marie-Louise Denis. Voltaire a soigneusement dissimulé cette passion incestueuse et « adultère » (il est toujours l’amant en titre de la très jalouse Mme du Châtelet). Mme Denis n’est du reste pas des plus fidèles, et ne dédaigne pas de profiter de la fortune (considérable) du poète. Le couple ne cohabite vraiment qu’à la mort de Mme du Châtelet en 1749. Sauf pendant l’épisode prussien, Voltaire et sa nièce ne se sépareront plus. Marie-Louise Denis est la maîtresse, l’infirmière et la secrétaire du philosophe. Elle le suit dans sa retraite suisse, où elle crée les rôles de ses pièces de théâtre.

Dans une lettre à Grimm, Mme d’Épinay (Louise d’Épinay) a fait de Voltaire et de sa nièce un portrait plein d’esprit, à l’époque de l’installation du poète en Suisse : « La nièce de M. de Voltaire est à mourir de rire, c’est une petite grosse femme, toute ronde, d’environ cinquante ans, femme comme on ne l’est point, laide et bonne, menteuse sans le vouloir et sans méchanceté ; n’ayant pas d’esprit et en paraissant avoir ; criant, décidant, politiquant, versifiant, déraisonnant, et tout cela sans trop de prétention et surtout sans choquer personne, ayant par-dessus tout un petit vernis d’amour masculin qui perce à travers la retenue qu’elle s’est imposée. Elle adore son oncle, en tant qu’oncle et en tant qu’homme. Voltaire la chérit, s’en moque, la révère : en un mot cette maison est le refuge de l’assemblage des contraires et un spectacle charmant pour les spectateurs ».

« Maman Denis » fut le dernier mot que prononça Voltaire en mourant, le 30 mai 1778.

Œuvres

Voltaire a mené une carrière d’homme de lettres que ce soit dans le domaine de la poésie ou dans celui du théâtre. C’est d’ailleurs pour ses pièces qu’il souhaitait être reconnu de la postérité. Si aujourd’hui elles sont tombées dans l’oubli, elles ont toutefois fait partie du répertoire théâtral durant presque deux siècles. Parmi la soixantaine de pièces qu’il écrivit, l’histoire littéraire a retenu notamment Zaïre (1732), Adélaïde du Guesclin (1734), Alzire ou les Américains (1736), Mahomet ou le Fanatisme (1741), La Mérope française (1743), Sémiramis (1748), Nanine, ou le préjugé vaincu (1749), Le Duc de Foix (1752), L’Orphelin de la Chine (1755), Le Café ou l’Écossaise (1760), Tancrède (1760), Les Scythes (1767), ou encore Les Lois de Minos (1774). Les aspects exotiques de certaines pièces sont inspirés des Lettres édifiantes et curieuses dont il était un lecteur avide. Il fut du reste considéré, en son siècle, comme le successeur de Corneille et de Racine, parfois même leur triomphateur ; ses pièces eurent un immense succès, et l’auteur connut la consécration en 1778 lorsque, sur la scène de la Comédie-Française, son buste fut couronné de lauriers, devant un parterre enthousiaste.

Voltaire a collaboré quelquefois avec Rameau pour des œuvres lyriques : le projet commun le plus ambitieux (l’opéra sacré Samson) finit par être abandonné sans être représenté, condamné par la censure (1733-1736). Il y eut ensuite (1745) une comédie-ballet, La Princesse de Navarre et un opéra-ballet, Le Temple de la Gloire de l’époque où Voltaire était encore courtisan.

La correspondance de Voltaire constitue une partie importante et conséquente de sa production écrite. Sont recensées 23 000 lettres et il est considéré comme l’un des épistoliers les plus prolifiques de son siècle. Sa correspondance révèle plusieurs facettes peu connues de sa personnalité. Il entretenait de longues correspondances avec ses contemporain(e)s, telle la salonnière madame du Deffand.

Voltaire est surtout lu aujourd’hui pour ses contes. Candide, Zadig, entre autres, font partie des textes incontournables du XVIIIe siècle et occupent une place de choix au sein de la culture française.

La Bibliothèque historique de la Ville de Paris conserve un fonds Voltaire composé d’environ 870 lettres, notamment certaines adressées au Maréchal de Richelieu. Le fonds est un achat fait en plusieurs fois depuis 1895.

Sa morale

Adolph von Menzel : Tablée ; Voltaire avec le roi Friedrich II de Prusse au château de Sans-Souci, Potsdam, Alte Nationalgalerie, Berlin.

Le libéralisme

Dans la pensée du philosophe anglais John Locke, Voltaire trouve une doctrine qui s’adapte parfaitement à son idéal positif et utilitaire. John Locke apparaît comme le défenseur du libéralisme en affirmant que le pacte social ne supprime pas les droits naturels des individus. En outre, c’est l’expérience seule qui nous instruit ; tout ce qui la dépasse n’est qu’hypothèse ; le champ du certain coïncide avec celui de l’utile et du vérifiable. Voltaire tire de cette doctrine la ligne directrice de sa morale : la tâche de l’homme est de prendre en main sa destinée, d’améliorer sa condition, d’assurer, d’embellir sa vie par la science, l’industrie, les arts et par une bonne « police » des sociétés. Ainsi, la vie en commun ne serait pas possible sans une convention où chacun trouve son compte. Bien que s’exprimant par des lois particulières à chaque pays, la justice, qui assure cette convention, est universelle. Tous les hommes sont capables d’en concevoir l’idée, d’abord parce que tous sont des êtres plus ou moins raisonnables, ensuite parce qu’ils sont tous capables de comprendre que ce qui est utile à la société est utile à chacun. La vertu, « commerce de bienfaits », leur est dictée à la fois par le sentiment et par l’intérêt. Le rôle de la morale, selon Voltaire, est de nous enseigner les principes de cette « police » et de nous accoutumer à les respecter.

Le déisme

Étranger à tout esprit religieux, Voltaire se refuse cependant à l’athéisme d’un Diderot ou d’un d’Holbach. Il ne cessa de répéter son fameux distique :

« L’univers m’embarrasse, et je ne puis songer
Que cette horloge existe et n’ait point d’horloger. »

Ainsi, selon Voltaire, l’ordre de l’univers peut-il nous faire croire à un « éternel géomètre ». Toutefois, s’il reste attaché au déisme, il dénonce comme dérisoire le providentialisme (dans Candide par exemple) et repose cette question formulée dès saint Augustin et qu’il laisse sans réponse : « Pourquoi existe-t-il tant de mal, tout étant formé par un Dieu que tous les théistes se sont accordés à nommer bon ? »

On lui attribue par ailleurs aussi cette phrase : « Nous pouvons, si vous le désirez, parler de l’existence de Dieu, mais comme je n’ai pas envie d’être volé ni égorgé dans mon sommeil, souffrez que je donne au préalable congé à mes domestiques. ».

L’humanisme

Dès La Henriade en 1723, toute l’œuvre de Voltaire est un combat contre le fanatisme et l’intolérance : « On entend aujourd’hui par fanatisme une folie religieuse, sombre et cruelle. C’est une maladie qui se gagne comme la petite vérole. » Dictionnaire philosophique, 1764, article « Fanatisme ».

Il a en tout cas lutté contre le fanatisme, celui de l’Église catholique romaine comme celui du protestantisme, symboles à ses yeux d’intolérance et d’injustice. Tracts, pamphlets, tout fut bon pour mobiliser l’opinion publique européenne. Il a aussi misé sur le rire pour susciter l’indignation : l’humour, l’ironie deviennent des armes contre la folie meurtrière qui rend les hommes malheureux. Les ennemis de Voltaire avaient d’ailleurs tout à craindre de son persiflage, mais parfois les idées nouvelles aussi. Quand en 1755, il reçoit le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes de Jean-Jacques Rousseau, Voltaire, qui désapprouve l’ouvrage, répond en une lettre aussi habile qu’ironique :

«  J’ai reçu, monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain, je vous en remercie. […] On n’a jamais employé tant d’esprit à vouloir nous rendre bêtes ; il prend envie de marcher à quatre pattes quand on lit votre ouvrage. Cependant, comme il y a plus de soixante ans que j’en ai perdu l’habitude, je sens malheureusement qu’il m’est impossible de la reprendre et je laisse cette allure naturelle à ceux qui en sont plus dignes que vous et moi. […]  » (Lettre à Rousseau, 30 août 1755)

Le « patriarche de Ferney » représente éminemment l’humanisme militant du XVIIIe siècle. Selon Sainte-Beuve, « […] tant qu’un souffle de vie l’anima, il eut en lui ce que j’appelle le bon démon : l’indignation et l’ardeur. Apôtre de la raison jusqu’au bout, on peut dire que Voltaire est mort en combattant. »

Sa correspondance compte plus de 23 000 lettres connues ainsi qu’un gigantesque Dictionnaire philosophique qui reprend les axes principaux de son œuvre, une trentaine de contes philosophiques et des articles publiés dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. Cependant, son théâtre, qui l’avait propulsé au premier rang de la scène littéraire (Mérope, Zaïre et d’autres), ainsi que sa poésie (La Henriade, considérée comme la seule épopée française au XVIIIe siècle) sont oubliés.

C’est à Voltaire, avant tout autre, que s’applique ce que Condorcet disait des philosophes du XVIIIe siècle, qu’ils avaient « pour cri de guerre : raison, tolérance, humanité ».

La justice

Voltaire s’est passionné pour plusieurs affaires et s’est démené afin que justice soit rendue.

La liberté d’expression

L’attachement de Voltaire à la liberté d’expression serait illustré par la très célèbre citation qu’on lui attribue :

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. »

Certains commentateurs (Norbert Guterman, A Book of French Quotations, 1963), prétendent que cette citation est extraite d’une lettre du 6 février 1770 à un abbé Le Riche où Voltaire écrirait : « Monsieur l’abbé, je déteste ce que vous écrivez, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez continuer à écrire. » En fait, cette lettre existe mais la phrase n’y figure pas, ni même l’idée. (Voir le texte complet de cette lettre à l’article Tolérance.) Le Traité de la tolérance auquel est parfois rattaché la citation ne la contient pas non plus.

De fait, la citation est absolument apocryphe (elle n’apparaît nulle part dans son œuvre publiée) et trouve sa source en 1906, non dans une citation erronée, mais dans un commentaire de l’auteure britannique Evelyn Hall, dans son ouvrage The Friends of Voltaire, où, pensant résumer la posture de Voltaire à propos de l’auteur d’un ouvrage publié en 1758 condamné par les autorités religieuses et civiles, elle écrivait « “I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it” was his attitude now » (« “Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je défendrai jusqu’à la mort votre droit de le dire” était désormais son attitude »). Les guillemets maladroitement utilisé par Evelyn Hall ont été interprétés comme permettant d’attribuer la déclaration à Voltaire. En 1935, elle déclara « I did not intend to imply that Voltaire used these words verbatim, and should be much surprised if they are found in any of his works » (« Je n’ai pas eu l’intention de suggérer que Voltaire avait utilisé exactement ces mots, et serais extrêmement surprise qu’ils se trouvassent dans ses œuvres »).

L’affaire à propos de laquelle Evelyn Hall écrivait concernait la publication par Helvétius en 1758 de De l’Esprit, livre condamné par les autorités civiles et religieuses et brulé. Voici ce que Voltaire écrivait dans l’article « Homme » des Questions sur l’Encyclopédie :

«  J’aimais l’auteur du livre De l’Esprit. Cet homme valait mieux que tous ses ennemis ensemble ; mais je n’ai jamais approuvé ni les erreurs de son livre, ni les vérités triviales qu’il débite avec emphase. J’ai pris son parti hautement, quand des hommes absurdes l’ont condamné pour ces vérités mêmes. »

Autre passage pertinent : « En général, il est de droit naturel de se servir de sa plume comme de sa langue, à ses périls, risques et fortune. Je connais beaucoup de livres qui ont ennuyé, je n’en connais point qui aient fait de mal réel. […] Mais paraît-il parmi vous quelque livre nouveau dont les idées choquent un peu les vôtres (supposé que vous ayez des idées), ou dont l’auteur soit d’un parti contraire à votre faction, ou, qui pis est, dont l’auteur ne soit d’aucun parti : alors vous criez au feu ; c’est un bruit, un scandale, un vacarme universel dans votre petit coin de terre. Voilà un homme abominable, qui a imprimé que si nous n’avions point de mains, nous ne pourrions faire des bas ni des souliers [Helvétius, De l’Esprit, I, 1] : quel blasphème ! Les dévotes crient, les docteurs fourrés s’assemblent, les alarmes se multiplient de collège en collège, de maison en maison ; des corps entiers sont en mouvement et pourquoi ? Pour cinq ou six pages dont il n’est plus question au bout de trois mois. Un livre vous déplaît-il, réfutez-le ; vous ennuie-t-il, ne le lisez pas. » Voltaire, Questions sur l’Encyclopédie, article « Liberté d’imprimer ».

Son esthétique

La conception du goût en termes de sentiments a mené à une conception relativiste de l’art, légitimant l’adage « Des goûts et des couleurs, on ne discute pas », selon lequel une chose n’est jamais belle absolument ou selon des critères objectifs (comme la symétrie ou d’autres critères fondés sur les mathématiques, suivant la conception grecque de l’art et du canon), mais qu’elle est belle suivant la subjectivité de l’observateur. Il n’y a donc pas de débat rationnel et argumenté possible pour déterminer si une œuvre d’art est belle ou pas. En effet, une émotion ou une sensation est toujours quelque chose d’intime, qui sera différent de l’émotion qu’un autre ressent. Si le « beau » se résume à un sentiment éprouvé face à l’œuvre d’art (ou face à une chose naturelle), alors le « beau » est une notion subjective.

Voltaire développe ce relativisme esthétique dans son article « Beau » du Dictionnaire philosophique (1764). Il s’en prend notamment à l’idée platonicienne du Beau. Il lui oppose une conception empirique et subjectiviste :

« Demandez à un crapaud ce que c’est que la beauté, le grand beau, le to kalon. Il vous répondra que c’est sa crapaude avec deux gros yeux ronds sortant de sa petite tête, une gueule large et plate, un ventre jaune, un dos brun. Interrogez un nègre de Guinée ; le beau est pour lui une peau noire, huileuse, des yeux enfoncés, un nez épaté.

Interrogez le diable ; il vous dira que le beau est une paire de cornes, quatre griffes, et une queue. Consultez enfin les philosophes, ils vous répondront par du galimatias ; il leur faut quelque chose de conforme à l’archétype du beau en essence, au to kalon. »

Il n’y a pas de plaisir artistique désintéressé, puisque l’on trouve beau ce qui produit en nous du plaisir, y compris l’excitation sexuelle.

Le beau est donc un sentiment de plaisir, et non un concept intellectuel d’harmonie :

« […] pour donner à quelque chose le nom de beauté, il faut qu’elle vous cause de l’admiration et du plaisir. Il convint que cette tragédie lui avait inspiré ces deux sentiments, et que c’était là le to kalon, le beau. »

Il est donc inutile de théoriser le beau comme si c’était un concept mathématique ou purement intellectuel (à l’instar du nombre ou du triangle par exemple, qui sont des entités objectives et indépendantes de l’expérience) : le beau est relatif, et le philosophe « […] s’épargna la peine de composer un long traité sur le beau. »

Aspects divers

Voltaire et l’argent

Voltaire est mort à la tête d’une immense fortune : « un des premiers revenus de France, dit-on ! » (Jean Goldzink, Voltaire, (ISBN 978-2-07-053079-3)).

Ses revenus viendraient :

Il n’a guère abordé le sujet, et l’on considère qu’il a gardé le secret dans deux domaines : ses affaires, et ses amours avec sa nièce.

Vers 1770, par haine des Conseils et des bourgeois, Voltaire ouvre, dans la banlieue de Genève la « Manufacture royale des montres de Ferney », qui fera long feu. Il fut l’un des premiers à utiliser le terme de manufacture en horlogerie. Le centre horloger de Ferney, après quelques années de prospérité, échoua également en raison de son incapacité à écouler sa production.

Voltaire et l’esclavagisme

Certains auteurs modernes, cherchant à écorner l’image d’un Voltaire philanthrope et apôtre des droits de la personne humaine désignent parfois Voltaire comme « esclavagiste ». Ils s’appuient notamment sur le fait que Voltaire écrive, de manière ironique, dans son Essai sur les mœurs et l’esprit des Nations : « Nous n’achetons des esclaves domestiques que chez les Nègres ; on nous reproche ce commerce. Un peuple qui trafique de ses enfants est encore plus condamnable que l’acheteur. Ce négoce démontre notre supériorité ; celui qui se donne un maître était né pour en avoir. »

Cependant, Voltaire a fermement condamné l’esclavagisme. Le texte le plus célèbre est la dénonciation des mutilations de l’esclave de Surinam dans Candide mais son corpus comporte plusieurs autres passages intéressants. Dans le « Commentaire sur l’Esprit des lois » (1777), il félicite Montesquieu d’avoir jeté l’opprobre sur cette odieuse pratique.

Il s’est également enthousiasmé pour la libération de leurs esclaves par les quakers de Pennsylvanie en 1769.

De la même manière le fait qu’il considère en 1771 que « de toutes les guerres, celle de Spartacus est la plus juste, et peut-être la seule juste », guerre que des esclaves ont menée contre leurs oppresseurs, plaide assurément en faveur de la thèse d’un Voltaire antiesclavagiste.

Lors des dernières années de sa vie, en compagnie de son avocat et ami Christin, il a lutté pour la libération des « esclaves » du Jura qui constituaient les derniers serfs présents en France et qui, en vertu du privilège de la main-morte, étaient soumis aux moines du chapitre de Saint-Claude (Jura). C’est un des rares combats politiques qu’il ait perdu ; les serfs ne furent affranchis que lors de la Révolution française, dont Voltaire inspira certains des principes.

À tort, on a souvent prétendu que Voltaire s’était enrichi en ayant participé à la traite des noirs. On invoque à l’appui de cette thèse une lettre qu’il aurait écrite à un négrier de Nantes pour le remercier de lui avoir fait gagner 600 000 livres par ce biais. En fait, cette prétendue lettre est un faux.

Voltaire, le racisme et l’antisémitisme

Pour Christian Delacampagne, « Voltaire, il faut s’y résoudre, est à la fois polygéniste, raciste et antisémite ». Ainsi dans l’introduction de l’Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, Voltaire écrit :

 

« Il n’est permis qu’à un aveugle de douter que les blancs, les nègres, les albinos, les Hottentots, les Chinois, les Américains, soient des races entièrement différentes… Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d’hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu’ils ne doivent point cette différence à leur climat, c’est que les nègres et les négresses, transplantés dans des pays les plus froids, y produisent toujours des animaux de leur espèce… »

De même la lecture de certains passages du « Dictionnaire Philosophique » pose la question de l’antisémitisme de Voltaire. Dans l’article « Tolérance » il écrit :

 

« C’est à regret que je parle des Juifs : cette nation est, à bien des égards, la plus détestable qui ait jamais souillé la terre. Mais tout absurde et atroce qu’elle était, la secte des saducéens fut paisible et honorée, quoiqu’elle ne crût point l’immortalité de l’âme, pendant que les pharisiens la croyaient ».

Pour Bernard Lazare (+ 1903), « si Voltaire fut un ardent judéophobe, les idées que lui et les encyclopédistes représentaient n’étaient pas hostiles aux Juifs, puisque c’étaient des idées de liberté et d’égalité universelle ».

L’historien de la Shoah, Léon Poliakov fait de Voltaire, « le pire antisémite français du XVIIIe siècle ». Selon lui, ce sentiment se serait aggravé dans les quinze dernières années de la vie de Voltaire. Il paraîtrait alors lié au combat du philosophe contre l’Église. Pour Pierre-André Taguieff, « Les admirateurs inconditionnels de la « philosophie des Lumières », s’ils prennent la peine de lire le troisième tome (De Voltaire à Wagner) de l’Histoire de l’antisémitisme, paru en 1968, ne peuvent que nuancer leurs jugements sur des penseurs comme Voltaire ou le baron d’Holbach, qui ont reformulé l’antijudaïsme dans le code culturel « progressiste » de la lutte contre les préjugés et les superstitions ».

D’autres notent que l’existence de passages contradictoires dans l’œuvre de Voltaire ne permet pas de conclure péremptoirement au racisme ou à l’antisémitisme du philosophe. « L’antisémitisme n’a jamais cherché sa doctrine chez Voltaire », indique ainsi Roland Desné, qui écrit : « Il est non moins vrai que ce n’est pas d’abord chez Voltaire qu’on trouve des raisons pour combattre l’antisémitisme. Pour ce combat, il y a d’abord l’expérience et les raisons de notre temps. Ce qui ne signifie pas que Voltaire, en compagnie de quelques autres, n’ait pas sa place dans la lointaine genèse de l’histoire de ces raisons-là. »

Voltaire et l’islam

Déiste, Voltaire était attiré par la rationalité apparente de l’islam, « religion sans clergé, sans miracle et sans mystères ». Reprenant la thèse déiste de Henri de Boulainvilliers, il apercevait dans le monothéisme musulman une conception plus rationnelle que celle de la Trinité chrétienne.

Dans sa tragédie Le Fanatisme ou Mahomet, Voltaire considère Mahomet comme un « imposteur », un « faux prophète », un « fanatique » et un « hypocrite »3. Toutefois selon Pierre Milza, la pièce a surtout été « un prétexte à dénoncer l’intolérance des chrétiens – catholiques de stricte observance, jansénistes, protestants – et les horreurs perpétrées au nom du Christ ». Pour Voltaire, Mahomet « n’est ici autre chose que Tartuffe les armes à la main ».

Voltaire écrira en 1742 dans une lettre à M. de Missy : « Ma pièce représente, sous le nom de Mahomet, le prieur des Jacobins mettant le poignard à la main de Jacques Clément ».

Plus tard, après avoir lu Henri de Boulainvilliers et Georges Sale, il reparle de Mahomet et de l’islam dans un article « De l’Alcoran et de Mahomet » publié en 1748 à la suite de sa tragédie. Dans cet article, Voltaire maintient que Mahomet fut un « charlatan », mais « sublime et hardi » et écrit qu’il n’était en outre pas un illettré. Puisant aussi des renseignements complémentaires dans la Bibliothèque orientale d’Herbelot, Voltaire, selon René Pomeau, porte un « jugement assez favorable sur le Coran » où il y trouve, malgré « les contradictions, les absurdités, les anachronismes », une « bonne morale » et « une idée juste de la puissance divine » et y « admire surtout la définition de Dieu ». Ainsi il « concède désormais » que « si son livre est mauvais pour notre temps et pour nous, il était fort bon pour ses contemporains, et sa religion encore meilleure. Il faut avouer qu’il retira presque toute l’Asie de l’idolâtrie » et qu’« il était bien difficile qu’une religion si simple et si sage, enseignée par un homme toujours victorieux, ne subjuguât pas une partie de la terre ». Il considère que « ses lois civiles sont bonnes ; son dogme est admirable en ce qu’il a de conforme avec le nôtre » mais que « les moyens sont affreux ; c’est la fourberie et le meurtre ».

Après avoir estimé plus tard qu’il avait fait dans sa pièce Mahomet « un peu plus méchant qu’il n’était », c’est dans la biographie de Mahomet rédigée par Henri de Boulainvilliers que Voltaire puise et emprunte, selon René Pomeau, « les traits qui révèlent en Mahomet le grand homme ». Dans son Essai sur les mœurs et l’esprit des Nations dans lequel il consacre, en historien cette fois, plusieurs chapitres à l’islam, Voltaire « porte un jugement presque entièrement favorable » sur Mahomet qu’il qualifie de « poète », de « grand homme » à l’image d’Alexandre le Grand qui a « changé la face d’une partie du monde » et qui « joua le plus grand rôle qu’on puisse jouer sur la terre aux yeux du commun des hommes » tout en nuançant la sincérité de Mahomet qui imposa sa foi par « des fourberies nécessaires ». Il considère que si « le législateur des musulmans, homme puissant et terrible, établit ses dogmes par son courage et par ses armes », sa religion devint cependant « indulgente et tolérante ». La dernière phrase de Voltaire sur l’islam se situe en 1772 dans Il faut prendre un parti où il décrit la religion musulmane comme « sage », « sévère », « chaste », « humaine » et « tolérante » mais où il affirme que Mahomet n’a pas accompli de miracles.

Cependant, Voltaire est fondamentalement déiste et dénonce clairement l’Islam et les religions monothéistes en général. Profitant de la définition du théisme dans son Dictionnaire philosophique, il jette dos à dos Islam et Christianisme :

« [le théiste] croit que la religion ne consiste ni dans les opinions d’une métaphysique inintelligible, ni dans de vains appareils, mais dans l’adoration et dans la justice. Faire le bien, voilà son culte ; être soumis à Dieu, voilà sa doctrine. Le mahométan lui crie : « Prends garde à toi si tu ne fais pas le pèlerinage à La Mecque ! » « Malheur à toi, lui dit un récollet, si tu ne fais pas un voyage à Notre-Dame de Lorette ! » Il rit de Lorette et de La Mecque ; mais il secourt l’indigent et il défend l’opprimé. »

Néanmoins, dans un contexte français marqué par l’emprise liberticide du catholicisme sur la société française, Voltaire nuance parfois son jugement sur l’Islam, comprenant qu’il peut s’agir d’une arme redoutable contre le clergé catholique.

Ses propos sur Mahomet lui valent d’ailleurs les foudres des jésuites et notamment de l’abbé Claude-Adrien Nonnotte.

Dans l’Essai sur les mœurs, Voltaire se montre également « plein d’éloges pour la civilisation musulmane et pour l’islam en tant que règle de vie ». Il compare ainsi le « génie du peuple arabe » au « génie des anciens Romains » et écrit que « dans nos siècles de barbarie et d’ignorance, qui suivirent la décadence et le déchirement de l’Empire romain, nous reçûmes presque tout des Arabes : astronomie, chimie, médecine » et que « dès le second siècle de Mahomet, il fallut que les chrétiens d’Occident s’instruisissent chez les musulmans ».

Il y a donc deux représentations de Mahomet chez Voltaire, l’une religieuse selon laquelle Mahomet est un prophète comme les autres qui exploite la naïveté des gens et répand la superstition et le fanatisme mais qui prêche l’unicité de Dieu et l’autre, politique, selon laquelle Mahomet est un grand homme d’État comme Alexandre le Grand et un grand législateur qui a fait sortir ses contemporains de l’idolâtrie. Ainsi selon Diego Venturino la figure de Mahomet est ambivalente chez Voltaire, qui admire le législateur mais déteste le conquérant et le pontife qui a établi sa religion par la violence. Pour Dirk van der Cruysse l’image plus nuancée de Mahomet dans l’Essai sur les mœurs est nourrie en partie par « l’antipathie que Voltaire éprouvait à l’égard du peuple juif ». Selon lui, les « inefficacités de la révélation judéo-chrétienne » comparées au « dynamisme de l’islam » soulève chez Voltaire une « admiration sincère mais suspecte ». Van der Cruysse considère le discours voltairien sur Mahomet comme un « tissu d’admiration et de mauvaise foi mal dissimulé » qui vise moins le prophète lui-même que les spectres combattus par Voltaire à savoir le « fanatisme et l’intolérance du christianisme et du judaïsme ».

Voltaire et le christianisme

Comme Boulainvilliers et Sale, Voltaire attaque également frontalement le christianisme : tant qu’il y aura des fripons et des imbéciles, il y aura des religions. La nôtre est sans contredit la plus ridicule, la plus absurde, et la plus sanguinaire qui ait jamais infecté le monde. »

De même, avec Examen important de milord Bolingbroke ou le tombeau du fanatisme. Jésus y est caricaturé comme un chef de parti, un gueux, un homme de la lie du peuple qui voulait former une secte.

Voltaire et le protestantisme

L’engagement de Voltaire pour la liberté religieuse est célèbre, et un des épisode les plus connus en est l’affaire Calas. Ce protestant, injustement accusé d’avoir tué son fils qui aurait voulu se convertir au catholicisme est mort roué en 1762. En 1763, Voltaire publie son Traité sur la tolérance à l’occasion de la mort de Jean Calas qui bien qu’interdit aura un retentissement extraordinaire et amènera à la réhabilitation de Calas deux ans plus tard. Au départ, il n’éprouvait pas pour lui de sympathies particulières, au point d’écrire le 22 mars 1762, dans une lettre privée au conseiller Le Bault : « Nous ne valons pas grand’chose, mais les huguenots sont pires que nous, et de plus ils déclament contre la comédie ». Il venait alors d’apprendre l’exécution de Calas et, encore mal informé, il croyait à sa culpabilité. Mais des renseignements lui parviennent et, le 4 avril, il écrit à Damilaville : « Il est avéré que les juges toulousains ont roué le plus innocent des hommes. Presque tout le Languedoc en gémit avec horreur. Les nations étrangères, qui nous haïssent et qui nous battent, sont saisies d’indignation. Jamais, depuis le jour de la Saint-Barthélemy, rien n’a tant déshonoré la nature humaine. Criez, et qu’on crie. » Et il se lance dans le combat pour la réhabilitation. En 1765, Voltaire prend fait et cause pour la famille Sirven, dans une affaire très similaire ; cette fois-ci il réussira à éviter la mort aux parents. Cependant, bien qu’impressionné par la théologie des quakers, et révolté par le massacre de la Saint-Barthélemy (Voltaire était pris de malaises tous les 24 août), Voltaire n’a pas de sympathie particulière pour le protestantisme établi. Dans sa lettre du 26 juillet 1769 à la duchesse de Choiseul, il dit bien crûment : « Il y a dans le royaume des Francs environ trois cent mille fous qui sont cruellement traités par d’autres fous depuis longtemps. »

Informations complémentaires

 

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Voltaire par Jean-Antoine Houdon, 1778. National Gallery of Art, Washington.

 

« Quand vous m’aimiez, mes vers étaient aimables,
Je chantais dignement vos grâces, vos vertus :
Cet ouvrage naquit dans ces temps favorables ;
Il eût été parfait ; mais vous ne m’aimez plus. »

L’exotisme voltairien

Dans les ouvrages de Voltaire, on trouve les empreintes de plusieurs cultures. À part la civilisation gréco-romaine, l’Orient lui sert parfois d’alibi pour opérer une double critique (critique de sa propre société et de la société représentée). L’influence de l’Orient apparaît par exemple dans le conte Zadig. Il est aussi influencé par la culture anglaise.

Ouvrages de Voltaire

Théâtre

Seize volumes de ses œuvres ont paru dans la Bibliothèque de la Pléiade, dont treize de correspondance (édition définitive de Theodore Besterman, 1977-1993).

 

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Révolution Solaire de Voltaire

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Pour le 21/11/1777 à 21h02 T.U., à Paris.

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 1, ET NOEUD SUD EN MAISON 7

Vous rencontrez des difficultés dans votre vie relationnelle. Il s’agira donc d’avoir des égards particuliers pour votre partenaire et même dans vos associations. Par compensation, vous disposez d’un soutien planétaire pour votre accomplissement personnel, mais ne recherchez pas l’aide d’autrui, celle-ci vous est refusée pour l’instant.

Votre réussite viendra de votre propre détermination à la saisir. C’est le moment de devenir un self-made man : imposez votre personnalité, projetez-vous sur le devant de la scène, prenez tout sur vos épaules. Mais ne comptez que sur vos propres initiatives car, durant cette période, vous ne disposez d’aucune aide.

Il est certain que ce sera difficile de préserver l’harmonie de votre relation de couple ou de traverser cette période sans heurts. Bien entendu, ne choisissez pas cette période pour vous associer ou quelque chose de ce genre.

Par ailleurs, tentez de reporter toute procédure légale (divorce, séparation ou autre) à une date ultérieure car vous y perdriez sans doute la meilleure cause. Cette période prédispose plus à la séparation qu’à l’alliance. Tentez donc de ne compter que sur vous-même car vous n’obtiendrez pas aisément le concours d’autrui. Celui-ci sera plus un fardeau qu’un soutien et il se révélera négatif à terme.

Imposez votre personnalité, votre identité et soyez autonome. N’épargnez pas vos efforts, évitez de garder les deux mains liées. Rien ne se produira spontanément. Toutes vos configurations planétaires vous aident toutefois dans la construction ou l’expérimentation d’une plus grande confiance en vous et en vos potentialités ; vous devez en être convaincu.

Ne vous plaignez pas de ce manque apparent de soutient. Les autres ne vous lâchent pas. Le destin vous refuse l’aide d’autrui pour l’instant et veut que vous appreniez à suffire à vous-même. Cette période qui s’étendra sur dix huit mois, donc au-delà de votre année individuelle, a pour but d’affirmer votre personnalité sans assistances extérieures. Soignez donc particulièrement votre corps, votre beauté, votre prestance, votre mise, votre apparence physique et votre santé.

Ce sont là vos meilleurs et seuls atouts actuellement. Bon courage…

 

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Personnalité du 04/11/2011 – Marlène JOBERT 4 novembre, 2011

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Marlène Jobert

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Marlène Jobert

née le 04/11/1940 à 18h15 à Alger – ALGERIE

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Qu’est-ce qu’un Thème Natal ?

Grâce aux coordonnées de naissance (date, heure et lieu), il est possible de calculer votre Thème Natal. Sur cet instantané pris au moment de votre premier cri sont inscrits vos facilités et vos talents, ainsi que les obstacles qui peuvent empêcher ou retarder leur éclosion. Afin de prendre connaissance de ces informations et de trouver, grâce à elles, le chemin de l’épanouissement, il convient de se livrer à un décryptage minutieux.

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BIOGRAPHIE

Marlène Jobert est une actrice, romancière et conteuse pour enfants française, née le 4 novembre 1943 à Alger, alors en Algérie française.

Famille

Marlène Jobert est la fille d’Andrée Azoulay et d’un père, adjudant-chef, militaire de carrière dans l’aviation. Marlène Jobert est la mère de l’actrice Eva Green (née en 1980 et connue pour avoir joué dans Casino Royale) et de sa sœur jumelle Joy. Elle a également deux nièces : la chanteuse Elsa, fille de sa sœur Christiane Jobert, et l’actrice Joséphine Jobert, fille de son frère Charles Jobert.

Vie et carrière

Comme Edwige Feuillère et Claude Jade, Marlène Jobert fait des études au Conservatoire de Dijon parallèlement aux beaux arts de Dijon . Elle étudie ensuite le drame et l’art au Conservatoire de Paris, gagnant sa vie comme modèle pour photos et figurante dans des productions cinématographiques. Après quelques engagements au théâtre – en particulier Des clowns par milliers, avec Yves Montand – et à la télévision, elle est découverte dans les années 1960 comme actrice de cinéma.

Elle a fait ses débuts à la scène en 1963 et à l’écran en 1966 dans un rôle important avec Masculin, féminin de Jean-Luc Godard, où elle joue aux côtés de Jean-Pierre Léaud et Chantal Goya qu’elle retrouvera par ailleurs dans Les Dossiers de l’agence O en 1968. En 1967, elle joue au côté de Jean-Paul Belmondo et de Geneviève Bujold dans Le Voleur de Louis Malle.

Le grand public la découvre véritablement en 1968, dans le rôle de Rita dans Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages que lui confie Michel Audiard ; dans ce film, elle campe, au côté de Bernard Blier, Françoise Rosay ou encore André Pousse, un personnage de jeune femme mutine, dévorée par l’ambition. Guy Casaril lui propose ensuite le rôle principal de son film L’astragale qui connait lui aussi un très grand succès au Box-Office.

Elle connaît deux de ses plus grands succès au cinéma en 1970, comme policière dans Dernier domicile connu de José Giovanni (avec Lino Ventura) et comme meurtrière angoissée dans le thriller de René Clément Le Passager de la pluie (avec Charles Bronson).

Les metteurs en scène de Marlène Jobert sont alors entre autres Philippe de Broca, Claude Chabrol, Robert Enrico et Claude Lelouch. Dans les années 1970, elle participe avec sa propre entreprise, MJ, à la production de quelques-uns de ses films, comme en 1974 les comédies Juliette et Juliette (avec Annie Girardot) et Pas si méchant que ça (avec Gérard Depardieu). Dans un registre plus dramatique, Maurice Pialat la fait jouer avec Jean Yanne dans Nous ne vieillirons pas ensemble où elle a été particulièrement remarquée.

Actrice rousse le plus souvent aux cheveux courts, elle joue des rôles dans lesquels ses actions courageuses et la virilité de ses partenaires masculins contrastent avec son apparence extérieure fragile et apeurée, comme dans Folle à tuer d’Yves Boisset où son personnage est la proie d’une machination.

Parallèlement à sa carrière au cinéma, Marlène Jobert ne cesse de connaître également des succès à la télévision. Elle est ainsi devenue l’une des actrices françaises les plus populaires jusqu’à maintenant, bien que depuis les années 1980 elle ne joue plus que de temps en temps devant la caméra. Son dernier grand rôle est, au milieu des années 1990, dans la série télévisée Avocat d’office. En 2002, elle refuse un rôle dans le film 8 femmes qui fut joué avec succès par Isabelle Huppert. En 2007, elle reçoit le prix d’honneur lors de l’attribution des Césars.

Au cours des dernières années, elle a enregistré des livres parlés pour enfants et a écrit des livres sur la musique.

Filmographie

Cinéma

Télévision

Théâtre

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Révolution Solaire de Marlène JOBERT

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Pour le 04/11/2011 à 00h00 T.U., à Alger.

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 7 ET DU NOEUD SUD EN MAISON 1:

Le domaine des unions, des fusions et des associations devient maintenant le plus profitable. La réussite de la période sera issue de vos alliances et de vos bons rapports avec autrui. Choisissez donc de « faire équipe » et de partager équitablement les tâches et les résultats. Seul, vous vous retrouveriez débordé, incapable de tout assumer, tenu d’abandonner des secteurs essentiels. Pire, un excès de tâches compromettra votre santé. Cette dernière, sous contrôle de votre ascendant, subit actuellement les influences du nœud sud qui balaie votre maison I. Ce nœud vous met ainsi en demeure de choisir entre votre indépendance et l’adhésion aux autres. Votre intégrité physique en dépend. Si vous projetez des aménagements ou des modifications dans vos affaires, évitez de le faire par fierté. Vous flatteriez ainsi votre ego et vous échoueriez, car votre ego est aussi contrôlé par votre ascendant. Assurez-vous plutôt en votre âme et conscience que ce que vous entreprenez est conforme à ce qu’autrui espère vraiment de vous. Ne vous laissez pas emballer par un besoin d’autosatisfaction, d’étalage ou de revanche car ceci serait un centrage sur vous même et sur vos seules options personnelles.

Faites-vous voir dans vos cercles et agrandissez-les. Vous n’y rencontrerez pas – ou peu – d’opposants. Au contraire, vous y serez bien accueilli et vous en retirerez des fruits inhabituels. Par ailleurs, s’il vous faut régler un problème juridique, vous aurez plus facilement gain de cause, à condition de vous livrer sincèrement. En résumé, le bon équilibre de votre période actuelle proviendra de votre capacité à cultiver vos relations, de manière sincère et désintéressée, sans revendications personnelles. Vous devez vous intégrer au-delà du besoin de vous distinguer. Individualisme, autonomie, indépendance ou autosuffisance sont des états à bannir jusqu’à la fin de période.

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Personnalité du 03/11/2011 – André MALRAUX 3 novembre, 2011

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André Malraux

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André Malraux

né le 03/10/1901 à 16h00 à Paris – FRANCE

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Qu’est-ce qu’un Thème Natal ?

Grâce aux coordonnées de naissance (date, heure et lieu), il est possible de calculer votre Thème Natal. Sur cet instantané pris au moment de votre premier cri sont inscrits vos facilités et vos talents, ainsi que les obstacles qui peuvent empêcher ou retarder leur éclosion. Afin de prendre connaissance de ces informations et de trouver, grâce à elles, le chemin de l’épanouissement, il convient de se livrer à un décryptage minutieux.

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BIOGRAPHIE

André Malraux, pour l’état civil Georges André Malraux, né le 3 novembre 1901 à Paris (18e), mort le 23 novembre 1976 à Créteil (Val-de-Marne), est un écrivain, homme d’action, homme politique et intellectuel français, notamment prix Goncourt en 1933 pour La Condition humaine, commandant de l’escadrille España en 1936-37, commandant de la brigade Alsace-Lorraine en 1944-45, ministre de la Culture du général de Gaulle dans les années 1960.

Essentiellement autodidacte et tenté par l’aventure, André Malraux gagne l’Indochine où il participe à un journal anticolonialiste et est emprisonné en 1923-1924 pour trafic d’antiquités khmères. Revenu en France il transpose cette aventure dans son roman La Voie royale publié en 1930 et atteint la célébrité avec la parution en 1933 de La Condition humaine, un roman d’aventure et d’engagement qui s’inspire des soubresauts de la Chine et obtient le Prix Goncourt.

Militant antifasciste, André Malraux combat en 1936-1937 aux côtés des Républicains espagnols. Son engagement le conduit à écrire son roman L’Espoir, publié en décembre 1937, et à en tourner une adaptation filmée Espoir, sierra de Teruel en 1938. Il rejoint la Résistance en mars 1944 et participe aux combats lors de la Libération de la France. Après la guerre, il s’attache à la personne du général de Gaulle, joue un rôle politique au RPF, et devient après le retour au pouvoir du général de Gaulle, ministre de la Culture de 1959 à 1969.

Il écrit alors de nombreux ouvrages sur l’art comme Le Musée imaginaire ou Les Voix du silence (1951) et prononce des oraisons funèbres mémorables comme lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon le 19 décembre 1964. En 1996, pour le 20e anniversaire de sa mort survenue le 23 novembre 1976, ce sont les cendres de Malraux qui sont à leur tour transférées au Panthéon.

Jeunesse 

Origines familiales 

André Malraux est le fils aîné de Fernand Malraux (1875-1930), originaire de Dunkerque, et de Berthe Lamy (1877-1932), originaire de la région parisienne. Il a un frère cadet, Raymond-Fernand (1902-1903), mort à trois mois. En 1905, les parents de Malraux se séparent, créant un choc dans sa vie. Son père aura d’un second mariage deux autres fils : Roland Malraux (1912-1945) et Claude Malraux (1920-1944). Il passe ainsi son enfance avec sa mère, sa grand-mère et une tante épicière au 16 rue de la Gare à Bondy dont il ne gardera pas de bons souvenirs (Antimémoires, 1967). Il a 8 ans lorsque son grand-père Emile-Alphonse dit Alphonse (né le 14 juillet 1832) se suicide, en 1909.

Formation

À 14 ans, il entre à l’école supérieure de la rue Turbigo (le futur lycée Turgot), période durant laquelle il fréquente déjà assidûment les bouquinistes, les salles de cinéma, de théâtre, d’expositions, de concerts, etc. Ainsi commence sa passion pour la littérature contemporaine.

En 1918, il n’est pas admis au lycée Condorcet et abandonne ses études secondaires, il n’obtiendra jamais son baccalauréat ce qui ne l’éloignera pas de la littérature.

Il travaille en 1919, pour le libraire-éditeur René Louis Doyon, c’est ainsi qu’il fait la connaissance de Max Jacob. Doyon fonde en 1920 sa revue : La Connaissance et ouvre ses colonnes à Malraux. Il fréquente les milieux artistiques de la capitale et publie ses premiers textes dès 1920 : petits essais de théorie littéraire, comptes rendus critiques et premières proses. Les œuvres de cette époque appartiennent au genre farfelu – c’est Malraux qui ressuscite le terme -, proses poétiques influencées par l’expressionnisme allemand et la poésie cubiste d’Apollinaire ou de Max Jacob. C’est aussi l’époque où il joue au Père Ubu et lit Alfred Jarry. Il s’en souviendra après 1948, en adhérant au Collège de Pataphysique.

Débuts professionnels

Il devient directeur littéraire chez Simon Kra, en 1920. Il côtoie Jean Cocteau, Paul Morand, Raymond Radiguet, Pierre Reverdy, André Salmon, André Suarès, Derain, Léger, Vlaminck. Il livre des articles pour la revue Action, de Florent Fels. Simon Kra, libraire, lui confie la Direction artistique des Éditions du Sagittaire; il y publiera: Le Livret de l’imagier de Rémy de Gourmont, ainsi que Carnet intime de Laurent Tailhade. Il peut maintenant voler de ses propres ailes et s’installe à Paris, rue Rachel à Montmartre en 1919, une chambre au Lutétia, 45 Boulevard Raspail en 1920.

Il fait la connaissance de sa future femme au cours d’un dîner organisé par Florent Fels. Ils partent ensemble en Italie : Florence et Venise et rentrent dans l’urgence n’ayant plus d’argent. Le 21 octobre 1921, il se marie avec Clara Goldschmidt. Ils vont en voyage de noce à Prague, puis à Vienne et passent les fêtes de fin d’année à Magdebourg, ville d’origine de la famille de Clara. Début 1922, le couple va à Berlin, puis en Tunisie et en Sicile. Il dirige alors une collection aux éditions du Sagittaire. Max Jacob le présente au marchand de tableaux Daniel-Henry Kahnweiler, (1884-1979) qui l’engage comme éditeur à la galerie Simon.

En 1923, il réussit à se faire réformer.

Les mauvais placements en bourse qu’il a fait de la fortune de son épouse dans des valeurs mexicaines qui s’effondrent, ruinent le couple.

L’Indochine

Pour se refaire, il part avec Clara et son ami Louis Chevasson en Indochine pour y voler des statues et les revendre. Cette aventure lui inspirera La Voie Royale, ils logent à l’Hôtel Continental à Saïgon, qui existe toujours. Il est arrêté, mais après un arrangement diplomatique, peut retourner à Paris en novembre. Il fait ses débuts à la NRF, rencontre Picasso Impressionné par la vie coloniale, il repart pour l’Indochine en 1925 et y fonde un journal d’idées anticolonialistes : L’Indochine, qui paraîtra ensuite sous le titre L’Indochine enchaînée. Il quitte le pays à la fin de 1925.

L’affaire du vol d’oeuvres d’art à Angkor

Il arrive en octobre à Angkor, à la mi-décembre. Avec ses compagnons, ils arrachent sept statues de pierre au Temple de Banteay Srei, qu’ils emballent et emportent pour les revendre à un collectionneur. Arrivés à Phnom-Penh, le 23 décembre 1923, ils sont arrêtés et assignés à résidence. André Malraux est condamné, le 28 octobre 1924, à trois ans de prison ferme et son ami Louis à un an et demi. Clara est acquittée. Elle repart pour Paris et mobilise en faveur de son mari les intellectuels de l’époque comme Marcel Arland, Louis Aragon, André Breton, François Mauriac, André Gide et Max Jacob. En appel, la peine de Malraux est réduite à un an et 8 mois avec sursis. Il rentre en France en novembre 1924 et demeure quelque temps au 39, boulevard Edgar-Quinet. Dans ses romans-documentaires, l’écrivain Roger Peyrefitte le désignera régulièrement sous le nom de « voleur de Banteay Srei ». Cette affaire lui valut quelques ennemis dont le rédacteur en chef du journal L’Impartial de Saïgon, M. Henry Chavigny de Lachevrotière, avec qui il engagea une vive polémique par journaux interposés.

Les années 1930 

Le romancier 

En 1926, le couple emménage au 122, boulevard Murat à Paris. En 1927, il est alité pendant un trimestre entier suite à une crise de rhumatisme articulaire aigu. Il entre au comité de lecture des éditions Gallimard et y devient directeur artistique en 1929. Ils feront avec Clara plusieurs voyages en Orient de 1929 à 1931.

En 1930, il publie La Voie royale, un roman d’aventures largement inspiré par ces événements. Il édite Calligrammes de Guillaume Apollinaire et crée la Galerie de la NRF. Au mois de décembre son père se suicide. En 1931, il réalise plusieurs expositions sur l’art gothico-bouddhique, l’art indo-helléniste ainsi que l’art des nomades de l’Asie centrale. En mai 1931, il voyage avec Clara en Asie : Ispahan, Afghanistan, Inde. C’est l’éditeur Gaston Gallimard qui finance le projet ; ils feront le tour du monde : Birmanie, Singapour, Hong Kong, Chine, Japon, Canada et États-Unis.

En mars 1932, survient le décès de la mère de Malraux. Il rencontre Josette Clotis, et s’installe avec Clara au 44 rue du Bac (Paris 7e), ou il écrit La Condition humaine, roman inspiré du massacre de Shanghai de 1927. Sa fille Florence naît le 28 mars 1933.

Le militant antifasciste 

Dès 1933, il milite contre le fascisme et le nazisme, en prononçant un discours lors de la première réunion de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires, présidé par André Gide et prend la défense de Dimitrov, accusé d’avoir incendié le Reichstag. Au mois d’août, il rencontre Trotski. Il a une courte liaison avec Louise de Vilmorin.

En janvier 1934, il part à Berlin en compagnie d’André Gide pour tenter d’obtenir la grâce de Dimitrov. En mars, il se lance dans une nouvelle aventure : il va avec le capitaine Édouard Corniglion-Molinier, reconnaître en avion le site de Marib, au Yémen, capitale légendaire du royaume de Saba, de la Reine de Saba. Le 7 mars, ils survolent les ruines et au retour rencontrent l’empereur Hailé Sélassié 1er à Addis-Abeba. De juin à septembre, Clara et André Malraux sont en URSS. Il donne des entretiens à la Pravda, rencontre Staline, Gorki, Eisenstein, ainsi que Boris Pasternak. En août, il assiste au Congrès des écrivains et prononce un discours: L’art est une conquête. Avec Gide, ils organisent le Congrès international des écrivains pour la défense de la culture, au Palais de la Mutualité.

En mars 1936, il fait un court séjour en URSS et y rencontre Gorki peu avant sa mort.

La guerre civile espagnole

Il rejoint les républicains espagnols le 22 juillet 1936. Il monte de toutes pièces l’escadrille España avec une vingtaine de Potez et en prend le commandement bien que ne sachant pas piloter, comme coronel (colonel), jusqu’en 1937. Il participe au bombardement à Medellin, lors de la campagne du Tage, et à la destruction du terrain d’atterrissage d’Olmedo. En février 1937, il participe à une mission sur Malaga.

Les appréciations des supérieurs militaires de Malraux ne lui sont pas favorables. Antonio Camacho Benitez, chef de l’aviation gouvernementale, écrit dans un rapport : « Après l’attitude et l’action de monsieur Malraux, il conviendrait de prendre trois mesures : le réduire à la discipline, l’expulser ou le fusiller ». D’après les mémoires d’Ignacio Hidalgo de Cisneros, qui, à la fin de la guerre civile, était général en chef de l’aviation républicaine, Malraux se déconsidéra en prétendant s’ériger en chef d’escadrille sans comprendre qu’il aurait fallu pour cela être aviateur, surtout en temps de guerre ; à trois ou quatre exceptions près, les aviateurs de Malraux n’étaient pas des antifascistes mais de simples mercenaires, attirés par une solde très élevée ; Malraux, étant ignorant de l’aviation, s’en remettait à eux mais ils ne firent rien d’utile et, au contraire, créèrent des difficultés ; Hidalgo de Cisneros essaya à plusieurs reprises de les licencier, « mais le gouvernement s’y opposait, alléguant la mauvaise impression que produirait en France l’expulsion d’Espagne, pour inutilité et indélicatesse, des aviateurs qu’une fausse propagande avait convertis en héroïques défenseurs de la liberté ».

Malraux rentre à Paris en 1937. Après s’être inspiré de son combat pour écrire le roman L’Espoir, à l’Hôtel Alexandra, route de Castel à Vernet-les-Bains, qui sera publié en décembre 1937, il passe l’hiver à Paris résidant à l’Hôtel Madison au 143, boulevard Saint-Germain ; Josette Clotis demeure à deux pas, à l’hôtel Royal-Condé. Il part ensuite pour les États-Unis faire une tournée de conférences afin de récolter des fonds pour la République Espagnole et visite successivement New York, Philadelphie, Washington, Hollywood, San Francisco, et au Canada, Toronto et Montréal. Il séjourne dans les Pyrénées avec Josette, après avoir participé en juillet au Congrès des écrivains pour la défense de la culture. Il tourne le film Espoir, sierra de Teruel en 1938 le tournage démarre en juillet à Barcelone, puis à Tarragone et dans la sierra de Montserrat et se sépare de Clara. En janvier 1939, l’équipe du film doit évacuer Barcelonne tombé aux mains des nationalistes et part terminer le film à Joinville et Villefranche-de-Rouergue. Le film est projeté trois fois puis censuré en septembre. Il tente, sans succès de s’engager en 1939, à la déclaration de guerre, dans une unité de chars.

La Seconde Guerre mondiale

1939-40 : le tankiste

En novembre 1939, il est admis dans une unité de chars de combat basée à Provins, où il reste jusqu’au 14 mai 1940. Il décrira sa guerre : « Nos chars de Provins étaient hors d’état de nous porter hors du polygone d’entraînement. En mai, nous avons fait mouvement à pied, avec des antichars. Nous avons un peu tiraillé. J’ai été très légèrement blessé le 15 juin. Et le 16, nous étions faits prisonniers comme des fantassins, à mi-distance à peu près de Provins et de Sens, où on nous dirigea… ». Volontaire pour aider aux moissons, il est affecté à une ferme de Collemiers. Fin septembre, son demi-frère Roland le prévient que les Allemands ont décidé de rendre leur liberté à quelques écrivains. Avec son aide (fourniture de vêtements, chaussures et argent), il s’évade de la ferme, en compagnie du poète Jean Grosjean, Jean Beuret et de l’abbé Magnet, qui lui offre l’hospitalité chez lui, dans la Drôme. Le même jour, Josette a mis au monde leur premier fils Pierre dit Gauthier (1940-1961), reconnu par Roland.

L’attente

En janvier 1941, il s’installe avec Josette Clotis à Roquebrune-Cap-Martin, villa La Souco où il restera jusqu’à l’automne 1942, avec un séjour à la mi-1941 à la villa Les Camélias au Cap d’Ail. Il reprend contact avec des écrivains installés sur la côte d’Azur : Gide, Martin du Gard etc… Méfiant de l’influence des communistes sur la résistance, il refuse de s’engager malgré les pressions d’Astier, Bourdet, Sartre et Beauvoir. En septembre, il fait un séjour dans l’Allier, il s’installe dans le Cantal, où Josette viendra le rejoindre avec leur fils.

Il reste plusieurs années sans agir. En 1943, il s’installe avec Josette Clotis à Saint-Chamant (Corrèze). Son second fils, Vincent (1943-1961) naît le 11 mars. Début septembre, il a ses premiers contacts avec la Résistance, en l’occurrence avec Harry Peulevé, chef du réseau britannique AUTHOR du SOE. Il aide au recrutement de son demi-frère Roland dans le réseau.

Début 1944, Roland lui fait rencontrer George Hiller, chef du réseau FOOTMAN, autre réseau du SOE.

La Résistance (1944)

Fin mars 1944, ses deux demi-frères, agents du SOE, ayant été arrêtés par les Allemands, Roland est conduit au camp de concentration de Neuengamme, en Allemagne. Il meurt le 3 mai 1945 lors du naufrage du Cap Arcona. André entre en résistance : il quitte discrètement Saint-Chamant et gagne la vallée de la Dordogne, au Château de Castelnaud-la-Chapelle près de Limeuil, puis au Château de la Vitrolle. Il se fait appeler colonel Berger. George Hiller le met en rapport avec les groupes Vény du Lot. Grâce à Jacques Poirier et George Hiller, il circule dans plusieurs départements (Corrèze, Lot, Dordogne et Tarn), y rencontre des chefs de la Résistance, et leur fait part de sa « mission », en ayant assez d’habileté pour laisser croire à chacun des groupes se réclamant d’une des hiérarchies en présence qu’il appartient à une autre. Il parle volontiers de son « PC interallié ». Il n’est en fait qu’un membre de la mission du SOE commandée par Jacques Poirier (alias « Jack ») et implantée en Dordogne. Il aura en fait plus un rôle de témoin que d’acteur et encore moins de commandant d’unité, jusqu’à son arrestation.

Le « colonel Berger » est arrêté par les Allemands (le Kamfpgruppe Wilde, de la 11e Panzer Division de la Wehrmacht, et non la division 2e Panzer Division SS Das Reich comme Malraux le dit dans ses Antimémoires) à Gramat le 22 juillet 1944, lors de la fusillade de la voiture de George Hiller. Il est transféré jusqu’à Toulouse (Prison Saint-Michel) pour des interrogatoires au terme desquels il aurait été l’objet d’un simulacre d’exécution. Il se retrouve libre quand les Allemands quittent la ville, le 19 août.

La Brigade Alsace-Lorraine (1944-1945)

Fin août 1944, séjournant à Paris, il rencontre Ernest Hemingway. Il rencontre en septembre à l’Hôtel de La Cloche à Dijon le général de Lattre de Tassigny. En septembre, il rejoint la brigade Alsace-Lorraine, qui réunit d’anciens maquisards alsaciens et lorrains réfugiés dans le sud-ouest. À la tête de la brigade, Malraux participe dans les Vosges et en Alsace à la campagne de la première armée française, notamment lors des prises de Dannemarie, de Strasbourg et de Colmar. Le 12 novembre, Josette décède accidentellement. Le 15 mars 1945, la brigade est dissoute.

Le gaulliste

« Entre ici, Jean Moulin… »
L’éloge grandiloquent de Malraux à l’occasion de la cérémonie du transfert des cendres du héros de la Résistance fait désormais partie des annales du gaullisme.
Manuscrit original du discours, Musée de l’Ordre de la Libération. Hôtel des Invalides, Paris.

Il s’installe avec Madeleine Malraux, sa belle-sœur et son neveu Alain Malraux au 18bis, avenue Robert-Schuman, dans une villa construite par Louis Faure-Dujarric. Clara et leur fille Florence s’installent au 17, rue Berthollet à Paris. Dès 1945, il s’attache à la personne du général de Gaulle, dans le gouvernement duquel il est ministre de l’Information, de novembre 1945 à janvier 1946, André Malraux prend Raymond Aron pour chef de cabinet. Il le suit dans l’aventure du RPF, où il s’occupe de la propagande entre 1947 et 1954, et sera sous la Ve République ministre de la Culture de 1959 à 1969.

Il reste fidèle au général de Gaulle pendant la traversée du désert. Il abandonne ses activités au sein du RPF en 1952. André Malraux et Madeleine qu’il a épousé en 1948 voyagent : Grèce, Égypte, Iran. Il collabore avec Gaëtan Picon à la réalisation de son ouvrage, Malraux par lui-même et part l’été à Lucerne avec Madeleine. En 1954 ils sont invités à New York pour l’inauguration des nouvelles galeries du Metropolitan Museum. Ils passent leurs vacances en Italie, où ils visitent la Toscane et l’Ombrie. L’année suivante, ils vont en Égypte. En 1956, le couple Malraux voyage avec Alain, à Rome et en Sicile.

Avec d’autres écrivains (Sartre, Martin du Gard, Mauriac), Malraux adresse une lettre au Président de la République, René Coty, en 1958 contre la torture en Algérie.

Ministre d’État chargé des Affaires culturelles 

En juillet 1958, il est chargé du rayonnement de la Culture française et de son expansion, et en janvier 1959, il devient ministre d’État chargé des Affaires culturelles. Il prononce un discours rendant hommage à Athènes pour la première illumination de l’Acropole et part en août et septembre en voyage en Amérique du Sud ; Argentine, Brésil, Chili, Pérou, Uruguay. En octobre, il assiste avec le général de Gaulle à la première de Tête d’or, de Paul Claudel, créé par la compagnie Madeleine Renaud – Jean-Louis Barrault au Odéon-Théâtre de France.

Ministre, il mêle politique de prestige et œuvre sociale. Sans être un gaulliste de gauche déclaré, il ne renie nullement son passé de gauche, reprochant par exemple à François Mitterrand en décembre 1965 de n’avoir « même pas [été] en Espagne ». Renouant avec l’esprit du Front populaire, il fait de la culture une affaire administrée par l’État. Raymond Aron rapporte cependant dans ses Mémoires que Malraux avait changé de façon stupéfiante en 1944 sur la question du communisme auquel il voue désormais une hostilité, presque une haine. S’il n’est pas l’initiateur des Maisons des jeunes et de la culture (issues de la République des Jeunes, créée à la Libération), il est bien, en revanche, le créateur des Maisons de la Culture, grandes machines gérées par le ministère du même nom le 4 août 1962.

Tout ce mouvement culturel se réalise au bénéfice des arts (arts vivants, musées, cinéma (il crée le label « Art et essai »), musique…) qui ont le plus d’effet sur les masses, d’autres aspects de l’action culturelle comme la littérature se développant parallèlement à la culture de masse. Mais la culture de Malraux en matière d’art et sa fraternité à l’égard de plusieurs artistes de premier plan (Matisse, Braque, Picasso, Giacometti) distinguent plus particulièrement encore l’œuvre du ministre : commandes du plafond de l’Odéon à André Masson en 1963, du plafond de l’Opéra de Paris à Marc Chagall en 1962, envoi de la Joconde de Vinci aux États-Unis en 1963 ; restauration du château de Versailles, ou encore campagne de ravalement des grands monuments de Paris et des quartiers anciens (Loi Malraux du 4 août 1962). Malraux n’a de cesse de faire rayonner la culture française dans le monde. On lui doit notamment le système « d’avance sur recettes », mis en place par un décret de juin 1959, qui reste de nos jours un moteur important de la création cinématographique en France. À la même période, il fondait la Biennale de Paris, manifestation d’art dont le but était la valorisation de la jeune créativité française et internationale et le renforcement de la présence artistique française dans le monde.

En 1960, il prononce un discours à l’occasion de l’Indépendance des Colonies d’Afrique noire. Il se fâche avec sa fille Florence parce que celle-ci a signé le manifeste des 121, favorable à l’insoumission des jeunes appelés pour l’Algérie. Cette brouille durera jusqu’en 1968. Il effectue un voyage au Mexique et participe au sauvetage des monuments de Nubie. Le 23 mai 1961, c’est le terrible accident où il perd le même jour ses deux fils dans un accident de la route. Il crée le 4 août 1962 l’Inventaire général du patrimoine culturel. En 1963, il décide de faire fermer la Grotte de Lascaux ouverte au public depuis 1949, la trop grande fréquentation provoquant des modifications climatiques qui engendrèrent des maladies sur les parois, algues vertes, puis la formation de calcite (blanche). En 1964, il inaugure en compagnie du général de Gaulle la Maison de la Culture de Bourges et transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon.

En juin 1965, il embarque sur Le Cambodge en compagnie d’Albert Beuret, pour se rendre en Extrême-Orient. En août, il arrive en Chine et rencontre Mao Tsé Toung.

En mars 1966, il inaugure la Maison de la Culture d’Amiens et en avril le premier festival mondial des arts nègres à Dakar avec Léopold Senghor, président du Sénégal ; et organise la grande rétrospective de Picasso aux Grand et Petit-Palais. Il crée le 30 septembre 1966 la Direction des Recherches Archéologiques Sous-Marines : DRASM, délocalisée à Marseille et à Annecy, relevant de la Direction du patrimoine, (sous-direction de l’archéologie) du Ministère de la Culture, qui deviendra le DRASSM : Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines, le 4 janvier 1966. Madeleine et André Malraux se séparent. Il rédige les Antimémoires.

Cette administration étatique de l’art, (Biennale de Paris) cette volonté de produire du culturel en y mettant les moyens budgétaires, a été jugée, par l’historien Marc Fumaroli, comme le grand enterrement nihiliste de la culture française. Selon lui, si l’on compare l’extraordinaire abondance de talents lors de la IIIe République qui n’avait pas de politique culturelle, avec l’ère malrucienne et actuelle, on s’aperçoit que l’après-guerre est pour la France un désert artistique, qu’on s’efforce de dissimuler à coup d’évènements culturels. Toutefois, la thèse de Marc Fumaroli est fortement contestée par certains historiens de la politique culturelle (Philippe Poirrier et Philippe Urfalino), qui soulignent plutôt la modestie de la politique culturelle de la période Malraux, tout en pointant ses singularités : rôle initiateur de l’État, volonté de démocratiser la culture consacrée, élargissement de l’État-providence aux questions culturelles. Le ministère des Affaires culturelles, créé pour conserver Malraux au gouvernement, sera pérennisé après son départ en 1969. En 1968, il modifie très profondément le prix de Rome. Réconciliation avec sa fille Florence.

En février 1969, il participe aux côtés du président nigérien Hamani Diori à la première conférence de Niamey, qui aboutira un an plus tard, lors de la deuxième conférence de Niamey (16 au 20 mars 1970), à la création de l’Agence de coopération culturelle et technique, ancêtre de l’actuelle Organisation internationale de la Francophonie.

150px-SignatureAndr%C3%A9MalrauxSignature d’André Malraux

Après les affaires 

Par fidélité au général de Gaulle, il quitte le pouvoir en même temps que lui. À aucun moment il n’aura manqué à cette fidélité, même pendant les évènements de Mai 68, qualifiés par lui de simple « répétition générale », mais aussi de « véritable crise de civilisation ». Ainsi l’a-t-on vu en tête de la manifestation de ceux qui réclamaient la restauration de l’ordre à l’Arc de Triomphe le 30 mai. Cet ordre, Malraux n’a cessé de l’identifier à la personne et à l’œuvre du général de Gaulle. Il sera d’ailleurs une des rares personnes que ce dernier consentira à recevoir jusqu’à sa mort en 1970. En 1970, il préface les Poèmes de Louise de Vilmorin et rédige Les Chênes qu’on abat, suite au décès du général.

Renouant avec les engagements de sa jeunesse, il prendra parti pour l’indépendance du Bangladesh dès 1971. Invité par Richard Nixon, qui le consulte avant de se rendre en Chine en 1972. En avril Françoise Verny et Claude Santelli, réalisateurs de La Légende du siècle diffusent leur première émission. En novembre, André Malraux a un grave malaise, il est hospitalisé à l’initiative de son médecin-neuropsychiatre Louis Bertagna qui le traite depuis 1966 à la Salpêtrière. Il témoignera, en octobre 1973, en faveur de Jean Kay à son procès intenté pour le détournement du vol 711 et part avec Sophie de Vilmorin au Bangladesh.

1974, il apporte son soutien dans la campagne des présidentielles à Jacques Chaban-Delmas. Voyage au Japon et à New Delhi, avec Sophie de Vilmorin. En janvier 1975, il inaugure le Centre Culturel André Malraux à Verrières-le-Buisson, y prononce un discours sur le livre de poche et son avenir. Il prononce en mai à la cathédrale de Chartres, un discours pour le 30e anniversaire de la Libération des camps de concentration. En novembre, souffrant d’une congestion pulmonaire, il est hospitalisé à l’hôpital Henri Mondor de Créteil ou il s’éteint le 23 novembre 1976. Il est inhumé le lendemain au cimetière de Verrières et non pas dans le parc du Château de Vilmorin, comme il l’aurait souhaité, aux côtés de Louise de Vilmorin. Un hommage national lui est rendu le 27 dans la cour carrée du Louvre.

La liaison avec Louise de Vilmorin

En 1948, il épouse Madeleine, la veuve de son demi-frère Roland mort sur le Cap Arcona, et adopte son neveu Alain. Il se sépare de Madeleine en 1966 (mais ne divorce pas), et vit alors une seconde aventure avec Louise de Vilmorin. Il achète un duplex rue de Montpensier, à Paris que Louise décore, mais qu’ils n’habiteront jamais. Elle l’invite à s’installer avec elle au Château de Vilmorin à Verrières-le-Buisson, mais elle décède le 26 décembre 1969 quelques mois après. Il continuera à habiter au château en compagnie de la nièce de Louise : Sophie de Vilmorin, (1931-2009), sa dernière compagne, qui s’occupe de l’écrivain jusqu’à sa mort, le 23 novembre 1976, d’une congestion pulmonaire à l’hôpital Henri-Mondor (Créteil).

Épreuves et rencontres

Au cours d’une vie marquée par des épreuves personnelles, il a perdu pendant la guerre ses deux demi-frères, Claude et Roland, engagés dans des réseaux britanniques du SOE et morts en déportation ; puis sa deuxième compagne, Josette Clotis (8 avril 1910 – 12 novembre 1944), morte happée par un train; puis les deux fils qu’elle lui avait donnés, Gauthier Malraux (5 novembre 1940 – 23 mai 1961) et Vincent Malraux (11 mars 1943 – 23 mai 1961), morts ensemble dans un accident de voiture ; ils reposent tous trois au Cimetière de Charonne.

Il a été la cible d’un attentat de l’OAS le 7 février 1962, à son domicile de Boulogne-Billancourt, qui a défiguré et rendu aveugle la petite Delphine Renard, 4 ans. Il quitte les lieux pour s’installer jusqu’en 1969 au Pavillon de La Lanterne à Versailles, mis à sa disposition par le gouvernement.

André Malraux aura rencontré les grandes personnalités du monde politique (Mao Zedong, John F. Kennedy et Jawaharlal Nehru par exemple) et poursuivi un dialogue constant avec les grands artistes et intellectuels : Pablo Picasso, Marc Chagall, Georges Braque, Maurice de Vlaminck, André Derain, Fernand Léger, Jean Cocteau, André Gide, Max Jacob, Pierre Reverdy.

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Sépulture d’André Malraux au Panthéon

Malraux ne s’est jamais cru lié par un dogme et, à travers ses mutations, il est resté fidèle à son besoin de dépassement, en excluant tout recours aux utopies consolatrices, mais en devenant de plus en plus dépendant aux stupéfiants. Agnostique, il a mis dans l’art — et notamment dans l’idée d’un musée imaginaire qui arracherait les œuvres d’art à leurs fonctions traditionnelles pour les repenser dans leurs relations et leurs métamorphoses — la seule grandeur à la portée de l’homme et ses seules chances d’éternité. C’est pourquoi fraternité et humanisme sont au cœur de sa vie et de son œuvre :

« L’humanisme, ce n’est pas dire : « Ce que j’ai fait, aucun animal ne l’aurait fait », c’est dire : « Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. »

— Les Voix du silence, 1951

On lui a souvent attribué la phrase « Le siècle prochain sera religieux ou ne sera pas », qui semble en fait une citation non littérale de ce propos authentique : « Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connue l’humanité, va être d’y réintégrer les dieux. »

Dans le cadre de la célébration du 20e anniversaire de sa mort, et à l’instigation de Pierre Messmer, les cendres de Malraux ont été transférées du cimetière de Verrières-le-Buisson où il était enterré, au Panthéon en 1996.

Controverses sur la personnalités d’André Malraux 

Selon Olivier Todd, Malraux était un grand mythomane. Par exemple, rédigeant lui-même son dossier militaire, il s’est attribué des blessures fictives et a prétendu être entré dans la Résistance dès 1940, ce qui, selon Olivier Todd, et d’autres auteurs avant lui : Guy Penaud, René Coustellier…) est faux ; René Coustellier, Le Groupe Soleil dans la Résistance, éd. Pierre Fanlac, 1998. Clara Malraux, comme Olivier Todd le rappelle, prétendait que Malraux était un escroc permanent, mais génial. Paul Nothomb, lui, affirmait que Malraux n’était pas dupe une seconde.

Détail des fonctions gouvernementales 

Ministère français de la Culture

Discours célèbres et conférences 

(liste non exhaustive)

Œuvres 

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Liste des œuvres 

Édition des œuvres complètes 

Les Œuvres complètes d’André Malraux sont disponibles en six volumes dans la collection « Bibliothèque de la Pléiade » (éditions Gallimard) : les deux premiers tomes sont consacrés aux œuvres de fiction ; le tome III au Miroir des limbes ; les tomes IV et V rassemblent les Écrits sur l’art ; le tome VI, intitulé Essais, rassemble des textes sur la littérature (articles, préfaces), des discours et articles à caractère politique, Le Triangle noir, L’Homme précaire et la littérature ainsi que les deux Carnets posthumes (d’URSS et du Front populaire). Cet ensemble comporte un appareil critique, des index, de nombreux inédits, ainsi que, pour les volumes IV et V, les illustrations des éditions originales. Dans la même collection un Album Malraux (iconographie choisie et commentée par Jean Lescure, 517 illustrations) a été publié en 1986.

Dessins, croquis 

200 dessins et croquis réalisés depuis la fin de la guerre à sa séparation d’avec Madeleine, sont présentés par cette dernière et son fils Alain dans un livre  » L’Univers farfelu d’André Malraux  » paru le 23 septembre 2009 aux éditions du Chêne, sous la direction de Marie-Josèphe Guers

Bibliographie générale des œuvres 

Décorations 

Décorations françaises 

Décorations étrangères 

 

Bibliographie 

Travaux historiques 

Biographies 

Clara Malraux

Essais 

Revues littéraires 

Filmographie 

 

(*) Wikipedia

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Image de prévisualisation YouTube 19 décembre 1964 – Transfert des Cendres de Jean Moulin, Chef de la Résistance, au Panthéon.

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Dernière Révolution Solaire d’André MALRAUX

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Pour le 02/11/1976 à 20h07 T.U., à Créteil.

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 7 ET DU NOEUD SUD EN MAISON 1:

Le domaine des unions, des fusions et des associations devient maintenant le plus profitable. La réussite de la période sera issue de vos alliances et de vos bons rapports avec autrui. Choisissez donc de « faire équipe » et de partager équitablement les tâches et les résultats. Seul, vous vous retrouveriez débordé, incapable de tout assumer, tenu d’abandonner des secteurs essentiels. Pire, un excès de tâches compromettra votre santé. Cette dernière, sous contrôle de votre ascendant, subit actuellement les influences du nœud sud qui balaie votre maison I. Ce nœud vous met ainsi en demeure de choisir entre votre indépendance et l’adhésion aux autres. Votre intégrité physique en dépend. Si vous projetez des aménagements ou des modifications dans vos affaires, évitez de le faire par fierté. Vous flatteriez ainsi votre ego et vous échoueriez, car votre ego est aussi contrôlé par votre ascendant. Assurez-vous plutôt en votre âme et conscience que ce que vous entreprenez est conforme à ce qu’autrui espère vraiment de vous. Ne vous laissez pas emballer par un besoin d’autosatisfaction, d’étalage ou de revanche car ceci serait un centrage sur vous même et sur vos seules options personnelles.

Faites-vous voir dans vos cercles et agrandissez-les. Vous n’y rencontrerez pas – ou peu – d’opposants. Au contraire, vous y serez bien accueilli et vous en retirerez des fruits inhabituels. Par ailleurs, s’il vous faut régler un problème juridique, vous aurez plus facilement gain de cause, à condition de vous livrer sincèrement. En résumé, le bon équilibre de votre période actuelle proviendra de votre capacité à cultiver vos relations, de manière sincère et désintéressée, sans revendications personnelles. Vous devez vous intégrer au-delà du besoin de vous distinguer. Individualisme, autonomie, indépendance ou autosuffisance sont des états à bannir jusqu’à la fin de période.

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-=-=- F I N -=-=-

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Personnalité du 27/10/2011 – Lorànt DEUTSCH 27 octobre, 2011

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Lorànt Deutsch

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Lorànt Deutsch

né le 27/10/1975 à 14h00 à Alençon (61) – FRANCE

THEME NATAL

lorntdeutsch27101975

Qu’est-ce qu’un Thème Natal ?

Grâce aux coordonnées de naissance (date, heure et lieu), il est possible de calculer votre Thème Natal. Sur cet instantané pris au moment de votre premier cri sont inscrits vos facilités et vos talents, ainsi que les obstacles qui peuvent empêcher ou retarder leur éclosion. Afin de prendre connaissance de ces informations et de trouver, grâce à elles, le chemin de l’épanouissement, il convient de se livrer à un décryptage minutieux.

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BIOGRAPHIE

Laszlo Matekovics, (*) dit « Lorànt Deutsch », né le 27 octobre 1975 à Alençon en France, est un acteur et écrivain français.

Lorànt Deutsch est né dans l’Orne à Alençon d’un père hongrois et d’une mère parisienne ; il grandit à Sablé-sur-Sarthe. Il découvre la comédie au centre culturel de cette ville mais se passionne d’abord pour le football. À douze ans, il est recruté par le FC Nantes dans le cadre Sport-études. Deux ans plus tard, il abandonne et part chez ses grands-parents à Paris. C’est dans une MJC qu’il prend goût au théâtre. Plus tard, sa sœur l’inscrit au théâtre Mouffetard dans le Ve arrondissement.

Carrière

Cinéma

En 1990, il se présente pour la première fois aux auditions d’une série de télévision franco-québécoise. Premier contrat ; pendant cinq ans, il tient le rôle de Tom, un garçon français jouant les détectives avec une copine québécoise, dans Les Intrépides. Il met ensuite sa carrière artistique entre parenthèses en faveur de ses études, sans toutefois renoncer aux cours de théâtre qu’il continue à fréquenter. Ni aux plateaux, d’ailleurs, puisque pendant cette période, il est présent dans de nombreuses publicités, dont les plus célèbres restent YOP et la série des spots Gervais au slogan : « Charles Gervais, il est odieux mais c’est divin. »

Après avoir achevé en 1998 ses études de philosophie et de civilisation hongroise, il entame sa carrière avec la sortie du film Le Ciel, les oiseaux et… ta mère ! de Djamel Bensalah.

En 2005 et 2006, il interprète le rôle de Mozart au théâtre dans la pièce Amadeus, aux côtés de Jean Piat, puis en septembre 2006, il joue dans la pièce d’Oscar Wilde, L’Importance d’être Constant, au théâtre Antoine à Paris, mise en scène par Pierre Laville.

Il incarne également en 2006 Jean-Paul Sartre jeune dans un téléfilm, Les Amants du Flore, avec Anna Mouglalis dans le rôle de Simone de Beauvoir, puis incarne Jean de La Fontaine dans un film de Daniel Vigne sorti en avril 2007.

À diverses reprises, par exemple le 24 novembre 2008 dans l’émission Le Fou du Roi, sur France Inter, Lorant Deutsch a déclaré qu’il refusait de se montrer nu à l’écran. Il a notamment exprimé ce refus lors du tournage des Amants du Flore et du Plaisir de chanter.

Il a aussi fait la voix off dans un reportage sur La fabuleuse histoire du jeu vidéo.

À l’automne 2009, il joue le rôle principal de la pièce Le Roman d’un trader, où son personnage s’inspire de Jérôme Kerviel.

En 2010, il prête sa voix à une série audio diffusée sur France Info du 31 mai au 18 juin : Les Français parlent aux Français « Cette série, écrite par Jacques Pessis et dite par Lorànt Deutsch, retrace, 70 ans après, la campagne de résistance engagée par l’Appel du général de Gaulle le 18 juin 1940. Et rend hommage aux « soldats du micro » et à la radio elle-même, devenue une arme de résistance »

Littérature 

Après cinq ans de recherche et d’écriture, Lorànt Deutsch présente le 9 septembre 2009 son premier livre, Métronome, l’histoire de France au rythme du métro parisien, tiré à huit mille exemplaires par l’éditeur Michel Lafon. Fort de son succès, il sera réimprimé maintes fois ; six mois après sa sortie, plus de 330 000 exemplaires étaient vendus et plus de 500 000 en octobre 2010, date à laquelle a été publiée une version illustrée de l’ouvrage.

Vie privée 

Il se marie avec la comédienne Marie-Julie Baup le 3 octobre 2009. Le couple accueille son premier enfant, une petite fille prénommée Sissi, fin décembre 2010.

Opinions politiques et religieuses 

Fin septembre 2009, Lorànt Deutsch se déclare de gauche et royaliste favorable à la monarchie constitutionnelle.

Dans l’émission On n’est pas couché de Laurent Ruquier diffusée le samedi 27 novembre 2010, il se déclare fier d’être catholique, en référence à l’actualité récente, notamment l’appel du Pape Benoît XVI à savoir accueillir les légitimes diversités humaines, et les précisions de sa position vis-à-vis de la distribution du préservatif. Il confie également que selon lui, la religion jouera un grand rôle dans la vie des gens à l’avenir, et qu’« un concordat sera nécessaire ».

Filmographie 

Acteur 

Voxographie 

Courts métrages 

Télévision 

Théâtre 

Littérature 

 

Distinctions 

Il a reçu la médaille d’honneur de la ville de Paris (ordre grand vermeil) 2010 et il est le chevalier des arts et des lettres 2010

Récompenses 

Nominations 

 

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Révolution Solaire de Laurànt DEUTSCH

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Pour le 27/10/2011 à 06h23 T.U., à Alençon.

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 11 ET NOEUD SUD EN MAISON 5

L’entrée du noeud nord en maison XI rend possible la réalisation de vos projets, même s’ils sont audacieux. Durant la période précédente, le nœud sud que vous aviez en maison VI a contrecarré les projets que vous souhaitiez accomplir en dressant maints obstacles sur votre route. Pourtant, votre nœud nord qui était en maison XII vous a permis de formuler des projets. Vous avez pu les trouver peu réalistes. Cependant, maintenant que vous avez quitté cette prison qu’était la maison XII et retrouvé votre liberté (maison XI) ces rêves peuvent commencer à se réaliser. Cette réalisation sera, toutefois, conditionnée par votre faculté à cultiver l’art de l’amitié. Ce seront les vraies amitiés et les relations sincères qui paveront l’avenue de vos opportunités durant cette période et la suivante. Ceci est suggéré par la présence du nœud nord en XI lequel vous incitera, par ailleurs, à refuser toutes les contraintes qui limiteraient cette nouvelle liberté. De plus, il vous autorise, dans l’ordre, à élargir le cercle de vos relations, à former de nouvelles amitiés, à obtenir leur soutien, à réaliser vos grands projets et à conquérir votre indépendance. Le nœud nord continuera son parcours en direction de la maison X, laquelle vous fera récolter les fruits des projets que vous aurez matérialisés pendant son passage en maison XI. Commencez donc par étendre le cercle de vo s relations car c’est parmi celles-ci que vous trouverez à réaliser vos projets les plus audacieux. Dans le même esprit, visez la fraternité, l’entraide mutuelle en adhérant à un ordre, un club ou une association. Les résultats pourront vous surprendre. Evitez à tout prix de vous laisser séduire par les tentations du nœud sud en maison V : les plaisirs sans mesure, la recherche de prestige, la satisfaction des sens, les liaisons faciles. En d’autres termes, prenez garde à tout ce qui flatte votre ego ; évitez tous les abandons où seul votre plaisir compte car ceci ressort du domaine négatif de la même période (nœud sud en V). Celle-ci n’est pas propice aux satisfactions affectives ou émotives en tête-à-tête, c’est-à-dire dans lesquelles vous seriez trop « personnel ». C’est ainsi que toute vie en couple ne peut subsister ici que si un vrai don de soi intervient, au-delà de l’utilisation de l’autre pour se satisfaire, et sous condition d’élargir la relation vers de vastes échanges avec le monde extérieur. Vous ne pourrez d’ailleurs pas supporter de restreindre votre vie au seul couple. Vous manqueriez d’air. Il vous faudra aussi vivre une expansion, en plus, pour conserver votre équilibre. Cette période est aussi source de déception issue des rapports avec les enfants. La bonne entente avec ces derniers est souvent compromise. Souvent, les accouchements y sont difficiles. Evitez aussi tout ce qui est d’ordre spéculatif : le loto, la loterie, les casinos. Ne jouez pas en bourse, n’attendez aucun résultat de la chance. En résumé, évitez tout ce qui flatte votre ego à titre personnel pour privilégier la fraternité et l’humanisme de manière large et impersonnelle, sans carcans ni restrictions.

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Personnalité du 16/10/2011 – Oscar WILDE 16 octobre, 2011

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Oscar Wilde

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Oscar Wilde

né le 16/10/1854 à 03h00 à Dublin – IRLANDE

THEME NATAL

oscarwilde16101854

Qu’est-ce qu’un Thème Natal ?

Grâce aux coordonnées de naissance (date, heure et lieu), il est possible de calculer votre Thème Natal. Sur cet instantané pris au moment de votre premier cri sont inscrits vos facilités et vos talents, ainsi que les obstacles qui peuvent empêcher ou retarder leur éclosion. Afin de prendre connaissance de ces informations et de trouver, grâce à elles, le chemin de l’épanouissement, il convient de se livrer à un décryptage minutieux.

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BIOGRAPHIE

Oscar Wilde, (*) de son nom complet Oscar Fingal O’Flahertie Wills Wilde, est un écrivain irlandais, né à Dublin en Irlande le 16 octobre 1854 au 21 Westland Row, et mort à Paris le 30 novembre 1900 à l’âge de 46 ans.

Oscar Wilde est le fils de Sir William Robert Wills Wilde, chirurgien irlandais, et de Jane Francesca Elgee (« Speranza »), poétesse et nationaliste irlandaise.

Oscar fait d’abord de brillantes études au Trinity College de Dublin, puis au collège Magdalen d’Oxford ; il s’y distingue par son goût pour la discussion, le raffinement, ce qui lui vaudra d’être raillé par ses camarades. Cela ne l’empêcha pas de défendre avec les poings sa réputation (son frère était boxeur), ce qui contredit l’image de dandy qu’il laissera à la postérité.

En 1878, il reçoit le Newdigate Prize pour son poème sur Ravenne. Il en profite pour créer le mouvement de l’Art pour l’art.

Après l’obtention de son diplôme à Magdalen, Wilde retourne à Dublin, où il rencontre Florence Balcombe, dont il s’amourache. Quand il apprend ses fiançailles avec Bram Stoker, Wilde lui annonce son intention de quitter définitivement l’Irlande.

Wilde s’installe à Londres en 1879 : séduisant, raffiné et subtil, il est fêté dans toute l’Angleterre. Il développe rapidement sa théorie de l’esthétisme et donne des conférences sur ce thème aux États-Unis. Il devient rédacteur en chef de The Womans’ World. Il s’installe quelque temps à Paris.

En 1884, Oscar Wilde épouse Constance Lloyd avec qui il aura deux fils, Cyril et Vyvyan.

En 1886, il rencontre Robert Ross qui devient son amant et sera plus tard son exécuteur testamentaire. La parution en 1890 du Portrait de Dorian Gray marque le début d’une célébrité littéraire.

En 1891, il rencontre Lord Alfred Douglas de Queensberry, s’en éprend et tous deux mènent une vie débridée en affichant en public leur homosexualité. Le père d’Alfred, John Sholto Douglas (en), 9e Marquis de Queensberry et frère de Florence Dixie, désapprouve cette relation et provoque Wilde à plusieurs reprises. Cela entraînera le scandale Queensberry et un procès.

Le scandale Queensberry 

 

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Lord Alfred Douglas, surnommé « Bosie », et Oscar Wilde.

Le marquis de Queensberry avait demandé à Wilde de s’éloigner de son fils. Début 1895, il remet au portier du club Albermarle, l’un des clubs d’Oscar Wilde, sa carte de visite où il écrit :

« For Oscar Wilde posing as Somdomite »

« Pour Oscar Wilde, s’affichant comme Somdomite [sic]. » (l’orthographe fautive du mot sodomite créa en anglais le mot somdomite)

Wilde décide alors de lui intenter un procès pour diffamation, qu’il perd. Le marquis se retourne contre Wilde.

C’est le premier des procès intentés contre Wilde. Il débute le 3 avril 1895. L’avocat de Queensberry, Edward Carson, va s’y révéler un accusateur habile et coriace, et les joutes verbales opposant les deux hommes vont rester fameuses. Wilde joue tout d’abord de son charme habituel, de son inégalable sens de la répartie, déclenchant l’hilarité du public, transformant par moment le tribunal en salle de théâtre. Mais il finit par se faire « piéger » pour un « bon mot » à propos de Walter Grainger, un jeune domestique de Lord Alfred Douglas à Oxford: Carson lui demandant s’il l’a jamais embrassé, Wilde répond « Oh non, jamais, jamais ! C’était un garçon singulièrement quelconque, malheureusement très laid, je l’ai plaint pour cela. » (« He was a particularly plain boy—unfortunately ugly—I pitied him for it »).

Pressé par ses amis, Robert Ross en particulier, de s’enfuir sur le continent, il préfère attendre l’inéluctable. Daniel Salvatore Schiffer reprend l’explication de Yeats concernant cette attitude, citant les propos de Lady Wilde : « Si vous restez, et même si vous allez en prison, vous serez toujours mon fils[...]. Mais si vous partez, je ne vous adresserais jamais plus la parole »1. Il est arrêté le 6 avril dans sa chambre n°118 du palace londonien Cadogan Hotel, puis, après deux autres procès, il est condamné le 25 mai, en vertu d’une loi datant de 1885 interdisant l’homosexualité, à la peine maximale de deux ans de travaux forcés en 1895. Il séjourne dans différentes prisons dont la geôle de Reading. Il n’écrira en prison que de la correspondance: les travaux forcés et l’enfermement l’affecteront au point qu’il ne produira qu’une seule œuvre après sa sortie, elle-même sur le thème de la prison: Ballade de la geôle de Reading. Ses biens sont confisqués pour payer les frais de justice. Constance Lloyd, sa femme, se réfugie en Allemagne avec ses fils qui changent de nom (Holland). Durant son incarcération, il continue de recevoir la visite de Robert Ross, tandis qu’Alfred Douglas est poussé à l’exil en France et en Italie pendant plus de trois ans.

Après sa libération de prison 

Sa libération , en 1897, est un grand moment de joie, il s’exclame à de nombreuses reprises « Que le monde est beau » sur le quai de la gare, ce dont ses amis le blament, puisque’il lui est plus que nécessaire de se faire discret. Or ses espoirs concernant le catholicisme et les retrouvailles avec sa famille, devront être déçus. Il souhaite épouser le catholicisme, suite à sa conversion spirituelle que lui a permis la prison, et désire se retirer un an dans un cloître. Les Jésuites qu’il sollicite refusent d’accueillir un tel membre et lui conseillent d’attendre encore un an ou deux. Il quitte alors l’Angleterre pour la France, où il demeure quelque temps à Berneval, près de Dieppe en Normandie, sous le nom de Sébastien Melmoth, en référence au roman Melmoth, l’homme errant (Melmoth the Wanderer, 1820) de Charles Robert Maturin, un des romans fondateurs du courant gothique en littérature. Maturin était par ailleurs le grand-oncle de Wilde. Il vit sous la tutelle de Robert Ross, qui s’étonne de le voir se comporter tel un enfant. En effet, Wilde est très dispendieux alors même que ses ressources se sont taries. Traumatisé par son expérience de la prison, il semble avoir plus que besoin d’une présence à ses côtés, alors que Ross doit retourner à Londres pour affaires. Il s’étonne des réticences que Constance a à le rejoindre. Or cette dernière est non seulement très éprouvée, mais en plus combat la maladie. Extrêmement déçu, Wilde reçoit un billet de Lord Alfred Douglas, qui lui désire ardemment le retrouver, malgré les avertissements de Ross et les menaces de Constance de lui couper les vivres. Vraisemblablement, Bosie n’a pas lu De Profundis, qui lui était pourtant originellement destiné, encore que cela fasse débat entre Ross qui devait le lui remettre, et Alfred Douglas qui assure encore dans son autobiographie ne l’avoir jamais eu en main. Finalement, une rencontre à Rouen le 28 août leur fait retrouver la vie commune. Et, après être passé par Paris afin d’obtenir les fonds nécessaires, généreusement offerts par O’Sullivan, les deux amants partent pour Naples en septembre 97. Ils entretiennent un train de vie très confortable, compte-tenu de leurs revenus communs. Toutefois, lorsque Constance apprend la situation, elle met sa menace à exécution, et le couple s’enfonce alors dans le besoin.

Commence alors une période de déchéance dont il ne sortira pas et, malgré l’aide de ses amis, notamment André Gide, Robert Ross, il finit ses jours dans la solitude et la misère. Oscar Wilde meurt d’une méningite, âgé de 46 ans, en exil volontaire à Paris, le 30 novembre 1900.

Le 28 octobre 1900, il s’était converti au catholicisme. À cette occasion, la tradition voulant que l’on offre une coupe de champagne à un adulte qui se convertissait, il aurait eu ce mot « Je meurs comme j’ai vécu, largement au-dessus de mes moyens ». Ses derniers mots, dans une chambre d’hôtel au décor miteux (Hôtel d’Alsace, 13 rue des Beaux-Arts à Paris) auraient été: « Ou c’est ce papier peint qui disparaît, ou c’est moi ».

Après une inhumation à Bagneux, ses restes sont transférés en 1909 au cimetière du Père-Lachaise, division 89, à Paris. Son tombeau a été sculpté par Sir Jacob Epstein.

Conceptions esthétiques 

 

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Oscar en 1882 par Napoleon Sarony

En ces dernières décennies du XIXe siècle, Wilde incarne une nouvelle sensibilité qui apparaît en réaction contre le positivisme et le naturalisme.

Dans sa préface au Portrait de Dorian Gray, il défend la séparation de l’esthétique et de l’éthique, du beau et du moral :

« The artist is the creator of beautiful things. [...] There is no such thing as a moral or an immoral book. Books are well written, or badly written. That is all. [...] No artist desires to prove anything. Even things that are true can be proved. [...] All art is quite useless. »

« L’artiste est le créateur de belles choses. [...] il n’y a pas de livre moral ou immoral. Les livres sont bien ou mal écrits. Voilà tout. [...] Aucun artiste ne désire prouver quoi que ce soit. Même une vérité générale peut être prouvée. [...] Tout art est plutôt inutile. »

Vivian, le porte-parole de Wilde dans Le Déclin du mensonge, s’oppose clairement au mimétisme en littérature qu’implique le réalisme. Selon lui, « la vérité est entièrement et absolument une affaire de style » ; en aucun cas l’art ne doit se faire le reflet de « l’humeur du temps, de l’esprit de l’époque, des conditions morales et sociales qui l’entourent. » Wilde contestait d’ailleurs la classification d’Honoré de Balzac, dans la catégorie des réalistes : « Balzac n’est pas plus un réaliste que ne l’était Holbein. Il créait la vie, il ne la copiait pas ». Il ne cachait d’ailleurs pas son admiration pour Balzac, en particulier pour Illusions perdues, Le Père Goriot et surtout pour le personnage de Lucien de Rubempré dont il disait « Une des plus grandes tragédies de ma vie est la mort de Lucien de Rubempré. C’est un chagrin qui ne me quitte jamais vraiment. Cela me tourmente dans les moments de ma vie les plus agréables. Cela me revient en mémoire si je ris ».

Dans The Critic as Artist (Le Critique en tant qu’artiste), Wilde s’oppose à une critique littéraire positiviste, qui voit dans l’objectivité le seul salut de la critique. Le critique, selon Wilde, ne doit considérer l’œuvre littéraire que comme « un point de départ pour une nouvelle création », et non pas tenter d’en révéler, par l’analyse, un hypothétique sens caché. Selon lui, la critique n’est pas affaire d’objectivité, bien au contraire: « le vrai critique n’est ni impartial, ni sincère, ni rationnel ». La critique elle-même doit se faire œuvre d’art, et ne peut dès lors se réaliser que dans le subjectif ; à cet égard, dit Wilde, la critique est la « forme la plus pure de l’expression personnelle ». La critique ne peut caractériser l’art aux moyens de canons prétendument objectifs ; elle doit bien plutôt en montrer la singularité.

La théorie critique de Wilde a été très influencée par les œuvres de Walter Pater. Il reconnaîtra dans De profundis que le livre de Pater Studies in the History of the Renaissance a eu « une si étrange influence sur [sa] vie ».

Dans Le Portrait de Mr. W. H., Wilde raconte l’histoire d’un jeune homme qui, en vue de faire triompher sa théorie sur les sonnets de Shakespeare, va se servir d’un faux, puis décrit la fascination qu’exerce cette démarche sur d’autres personnages. Le fait que la théorie ne soit pas d’office disqualifiée, dans l’esprit du narrateur, par l’usage d’un faux, va de pair avec l’idée qu’il n’y a pas de vérité en soi de l’œuvre d’art, et que toute lecture, car subjective, peut ou doit donner lieu à une nouvelle interprétation.

On pourrait distinguer deux esthétiques correspondant aux deux périodes marquantes, bien qu’inégalement longues, de la vie littéraire de Wilde. La première, décrite ci-dessus, pourrait se résumer à l’éloge de la superficialité. L’intuition de Wilde, fortement influencée par les écrivains français de son temps qu’il lisait dans le texte, était que dans la forme même, gît le sens et le secret de tout art. Dans Le Portrait de Dorian Gray, il fait dire à Lord Henry : « Seuls les gens superficiels ne jugent pas sur les apparences ». Son écriture d’ailleurs correspond exactement à ses conceptions : se refusant aux descriptions naturalistes, il se contente de poser une ambiance en égrenant quelques détails : la couleur d’un rideau, la présence d’un vase, le passage d’une abeille près d’une orchidée. La deuxième période, celle de la prison et de la déchéance prend l’exact contre-pied théorique : dans son De Profundis, Wilde répète comme une litanie pénitentiaire ce refrain : « Le crime, c’est d’être superficiel ». On assiste dans cette œuvre, ainsi que dans l’autre production de cette période, dans la vie de Wilde, La Ballade de la geôle de Reading, à la reprise de formes d’écriture, comme la ballade, qui sont plus traditionnelles, jouant plus sur la répétition et l’approfondissement que sur la légèreté et l’effet de contraste.

La deuxième esthétique ne s’inscrit pas en faux envers la première : l’œil averti trouvera qu’elle la révèle. Le masque du Dandy et l’affectation de superficialité, chez un esprit aussi puissant et cultivé que Wilde, étaient la marque d’une volonté de dissimuler des conflits sous-jacents. L’éloge wildien n’était pas un éloge de la superficialité, ce qu’il révèlera lui-même lorsqu’il déchut de son statut de « lion » (au XIXe siècle, on appelait lion les personnes en vue dans les salons anglais) pour tomber en celui de réprouvé.

Poésie 

Pièces de théâtre 

Romans et nouvelles 

Essais 

Trois volumes constituent son œuvre critique intégrale

et aussi

Autres 

Recueils 

Bibliographie 

Ouvrages
Recueils et albums

Filmographie 

Romans

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Dernière Révolution Solaire d’Oscar WILDE (décédé le 30/11/1900 à Paris)

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Pour le 16/10/1900 à 06h46 T.U., à Paris.

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 3, ET NOEUD SUD EN MAISON 9

Vous vivez une période propice à tous les types de communication, de mouvement et d’échanges. Orientez-vous donc vers le commerce ou concentrez vos efforts sur l’augmentation d’une clientèle. Actuellement, le destin vous soutiendra dans ce genre d’orientation.

Ceci n’est pas limitatif :

* Etes-vous écrivain … journaliste ?… éditeur ?…. vos écrits recevront un accueil exceptionnel du public, en métropole.

* Etes-vous dans la vente ou la distribution ?…. représentant ?… intermédiaire ?… préparez-vous à assurer la demande croissante de vos produits dans le pays.

* Etes-vous dans les transports ?… routier ?… messager ? …. affréteur ?…. vous serez obligés de refuser des commandes au niveau national.

Attention, dans tous les cas, c’est le marché intérieur qui est favorisé au détriment du marché international. Les faveurs du destin viseront aussi les études, les lectures, l’enseignement, les tâches administratives que vous accomplirez. Vos déplacements, vos transactions et vos échanges porteront des faits exceptionnels. Des contrats intéressants en résulteront. De plus, vous obtiendrez aide et coopération de votre proche entourage, y compris frères ou sœurs, si vous les sollicitez. Discutez vos projets avec ces derniers ; ils vous apporteront des aides et des conseils de valeur. Profitez-en pour étendre vos affaires dans votre ville ou dans votre proche environnement ; vous y trouverez à élargir de manière non habituelle votre sphère d’action et vous pourrez découvrir avec étonnement l’emplacement ou le commerce que vous recherchiez depuis longtemps. C’est aussi la période propice pour déménager, pour multiplier vos points de vente, pour diversifier vos activités. Ne négligez aucune affaire ni aucun contact, dont la signification vous échapperait sur le moment ; des résultats ultérieurs vous prouveront le contraire. En revanche, évitez toute expansion vers l’étranger et n’introduisez pas de produits étrangers dans votre gamme, car les gains que vous souhaiteriez en obtenir se feraient attendre. Visez plutôt le long terme pour cela. Votre réussite actuelle se fera dans votre lieu d’origine. Ne vous égarez donc pas hors frontières, vous y rencontreriez des embarras administratifs et juridiques insurmontables. En même temps, ne sollicitez rien d’une autorité, votre père y compris. Limitez-vous à vos proches, frères, sœurs, oncles ou tantes. Suivant l’esprit de cette période, votre attention doit être attirée tout particulièrement sur ce qui suit : D’une part, le commerce, les contrats ou les échanges en général seront favorisés mais vous perdrez toute protection en ce qui concerne la légalité, les autorités ou la loi en général. Ne vous laissez donc pas emballer par ce potentiel commercial inhabituel pour améliorer votre situation sans retenue, par exemple en contournant les législations en vigueur. Vous seriez découvert et subiriez les rigueurs de la loi des pénalités ou des amendes annuleraient les bénéfices que vous auriez réalisés si vous aviez été raisonnable et intègre. Ceci prend d’autant plus d’importance que la période qui suivra immédiatement celle-ci vous défavorisera au niveau des revenus indûment gagnés. Attention aux pénalités et amendes (fiscales comprises).

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Personnalité du 26/08/2011 – Guillaume APOLLINAIRE 26 août, 2011

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Personnalité du 26/08/2011 - Guillaume APOLLINAIRE dans 08/2011 guillaumeapollinaire02 guillaumeapollinaire dans Litérature Photo de droite, Guillaume Apollinaire soldat en 1916 après sa blessure.

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Guillaume Apollinaire

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Guillaume Apollinaire

né le 26/08/1880 à 05h00 à Rome – ITALIE

guillaumeappolinaire260

Guillaume Apollinaire, de son vrai nom Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary de Wąż-Kostrowicki (*) , né le 26 août 1880 à Rome et mort le 9 novembre 1918 à Paris, est un poète et écrivain français, né polonais, sujet de l’Empire russe.

Il est l’un des plus grands poètes français du début du XXe siècle, auteur notamment du Pont Mirabeau. Il a écrit également quelques nouvelles et romans érotiques. Il pratiquait le calligramme (terme de son invention désignant ses poèmes écrits en forme de dessins et non de forme classique en vers et strophes). Il fut le chantre de toutes les avant-gardes artistiques, notamment le cubisme, poète et théoricien de l’Esprit nouveau2, et précurseur du surréalisme dont il a forgé le nom.

Sa mère, Angelika Kostrowicka, née à Nowogródek (dans le grand-duché de Lituanie, aujourd’hui Navahrudak en Biélorussie) était issue de la noblesse polonaise, et son père était un officier italien, Francesco Flugi d’Aspermont. Arrivé à Monaco en 1897, Guillaume est inscrit aux lycées de Cannes et de Nice. En 1899, il passa l’été dans la petite bourgade wallonne de Stavelot, un séjour quitté à « la cloche de bois » : ne pouvant payer la note de l’hôtel, Wilhelm et son demi-frère Alberto Eugenio Giovanni durent quitter la ville en secret et à l’aube. L’épisode wallon féconda durablement son imagination et sa création. Ainsi, de cette époque, data le souvenir des danses festives de cette contrée (« C’est la maclotte qui sautille … »), dans Marie, celui des Hautes Fagnes, ainsi que l’emprunt au dialecte wallon.

En 1901 et 1902, il fut précepteur pour la vicomtesse Elanor de Milhaud, d’origine allemande et veuve d’un comte français. Il tomba amoureux de la gouvernante anglaise de ses enfants, Annie Playden, qui refusa ses avances3. C’était alors la période « rhénane » dont ses recueils portent la trace (La Lorelei, Schinderhannes). De retour à Paris en août 1902, il garda le contact avec Annie et se rendit auprès d’elle à deux reprises. Mais en 1905, elle partit pour l’Amérique. Le poète célébra la douleur de l’éconduit dans des poèmes Annie et La Chanson du Mal-Aimé.

Entre 1902 et 1907, il travailla pour divers organismes boursiers et commença à publier contes et poèmes dans des revues. En 1907, il rencontra l’artiste peintre Marie Laurencin, avec qui il entretint une relation chaotique et orageuse. À cette même époque il décida de vivre de sa plume. Il se lia d’amitié avec Pablo Picasso, Paul Gordeaux, André Derain, Edmond-Marie Poullain, Maurice de Vlaminck et le Douanier Rousseau, se fit un nom de poète, de journaliste, de conférencier et de critique d’art. En septembre 1911, accusé de complicité de vol parce qu’une de ses relations avait dérobé des statuettes au Louvre, il fut emprisonné durant une semaine à la prison de la Santé ; cette expérience le marqua. En 1913, il publie Alcools, somme de son travail poétique depuis 1898.

Il tenta de s’engager dans l’armée française en août 1914, mais le conseil de révision ajourna sa demande car il n’était pas de nationalité française. Sa seconde demande en décembre 1914 fut acceptée, ce qui initia sa procédure de naturalisation. Peu avant de s’engager, il tomba amoureux de Louise de Coligny-Châtillon, rencontrée à Nice en septembre 1914, qu’il surnomma Lou. Elle était divorcée et menait une vie très libre. Guillaume Apollinaire s’éprit d’elle et la courtisa. Elle finit par accepter ses avances mais ne lui dissimula pas son attachement pour un homme qu’elle surnommait Toutou. Rapidement, Guillaume dut partir au front. Une correspondance naquit de leur relation.

Sa déclaration d’amour, dans une lettre datée du 28 septembre 1914, commençait en ces termes : « Vous ayant dit ce matin que je vous aimais, ma voisine d’hier soir, j’éprouve maintenant moins de gêne à vous l’écrire. Je l’avais déjà senti dès ce déjeuner dans le vieux Nice où vos grands et beaux yeux de biche m’avaient tant troublé que je m’en étais allé aussi tôt que possible afin d’éviter le vertige qu’ils me donnaient. »

Mais la jeune femme ne l’aimera jamais, du moins comme il l’aurait voulu ; ils rompirent en mars 1915 en se promettant de rester amis. Le 2 janvier 1915, il fit la connaissance de Madeleine Pagès dans un train. Il partit avec le 38e régiment d’artillerie de campagne pour le front de Champagne en avril 1915. Malgré les vicissitudes de l’existence en temps de guerre, il écrivit dès qu’il le put pour tenir et rester poète (Case d’Armons, et une abondante correspondance avec Lou, Madeleine et ses nombreux amis). Il se fiança à Madeleine en août 1915. Transféré à sa demande au 96e régiment d’infanterie avec le grade de sous-lieutenant en novembre 1915, il fut naturalisé français le 9 mars 1916. Il fut blessé à la tempe par un éclat d’obus le 17 mars 1916, alors qu’il lisait le Mercure de France dans sa tranchée. Évacué à Paris, il fut trépané le 10 mai 1916. Après une longue convalescence, il se remit progressivement au travail, fit jouer sa pièce Les Mamelles de Tirésias (sous-titrée drame surréaliste) en juin 1917 et publia Calligrammes en 1918. Il épousa Jacqueline7 (la « jolie rousse » du poème), à qui l’on doit de nombreuses publications posthumes.

Affaibli par sa blessure, Guillaume Apollinaire mourut le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole, «grippe intestinale compliquée de congestion pulmonaire» ainsi que l’écrit Paul Léautaud dans son journal du 11 novembre 1918. Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris alors que, dans les rues, les Parisiens célébraient la fin de la guerre.

La tombe de Guillaume Apollinaire au cimetière du Père Lachaise, division 86, présente un monument-menhir conçu par Picasso et financé par la vente aux enchères de deux œuvres de Matisse et Picasso le 21 juin 1924. La tombe porte également une double épitaphe extraite du recueil Calligrammes, trois strophes discontinues de « Colline », qui évoquent son projet poétique et sa mort, et un calligramme de tessons verts et blancs en forme de cœur qui se lit « mon cœur pareil à une flamme renversée ».

Son nom est cité sur les plaques commémoratives du Panthéon de Paris dans la liste des écrivains morts sous les drapeaux pendant la première guerre mondiale.

La Bibliothèque historique de la Ville de Paris possède la bibliothèque personnelle de Guillaume Apollinaire, acquise par la ville en 1990, qui regroupe environ 5000 ouvrages d’une très grande variété. Le don de Pierre-Marcel Adéma, premier biographe véritable d’Apollinaire ainsi que celui de Michel Décaudin, spécialiste de l’écrivain, qui fit don de sa bibliothèque de travail, ont permis d’agrandir le fonds Guillaume Apollinaire.

Regards sur l’œuvre

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Apollinaire peint en La Muse inspirant le poète d’Henri Rousseau, (1909)

Influencé par la poésie symboliste dans sa jeunesse, admiré de son vivant par les jeunes poètes qui formèrent plus tard le noyau du groupe surréaliste (Breton, Aragon, Soupault. Apollinaire est l’inventeur du terme « surréalisme »), il révéla très tôt une originalité qui l’affranchit de toute influence d’école et qui fit de lui un des précurseurs de la révolution littéraire de la première moitié du XXe siècle. Son art n’est fondé sur aucune théorie mais sur un principe simple : l’acte de créer doit venir de l’imagination, de l’intuition car il doit se rapprocher le plus de la vie, de la nature. Cette dernière est pour lui « une source pure à laquelle on peut boire sans crainte de s’empoisonner » (Œuvres en prose complètes, Gallimard, 1977, p.49). Mais l’artiste ne doit pas l’imiter, il doit la faire apparaître selon son propre point de vue, de cette façon, Apollinaire parle d’un nouveau lyrisme. L’art doit alors s’affranchir de la réflexion pour pouvoir être poétique. « Je suis partisan acharné d’exclure l’intervention de l’intelligence, c’est-à-dire de la philosophie et de la logique dans les manifestations de l’art. L’art doit avoir pour fondement la sincérité de l’émotion et la spontanéité de l’expression : l’une et l’autre sont en relation directe avec la vie qu’elles s’efforcent de magnifier esthétiquement » dit Apollinaire (entretien avec Perez-Jorba dans La Publicidad). L’œuvre artistique est fausse en ceci qu’elle n’imite pas la nature, mais elle est douée d’une réalité propre, qui fait sa vérité.

Apollinaire se caractérise par un jeu subtil entre modernité et tradition. Il ne s’agit pas pour lui de se tourner vers le passé ou vers le futur mais de suivre le mouvement du temps. « On ne peut transporter partout avec soi le cadavre de son père, on l’abandonne en compagnie des autres morts. Et l’on se souvient, on le regrette, on en parle avec admiration. Et si on devient père, il ne faut pas s’attendre à ce qu’un de nos enfants veuille se doubler pour la vie de notre cadavre. Mais nos pieds ne se détachent qu’en vain du sol qui contient les morts » (Méditations esthétiques, Partie I : Sur la peinture).

C’est ainsi que le calligramme substitue la linéarité à la simultanéité et constitue une création poétique visuelle qui unit la singularité du geste d’écriture à la reproductibilité de la page imprimée. Apollinaire prône un renouvellement formel constant (vers libre, monostiche, création lexicale, syncrétisme mythologique). Enfin, la poésie et l’art en général sont un moyen pour l’artiste de communiquer son expérience aux autres. C’est ainsi qu’en cherchant à exprimer ce qui lui est particulier, il réussit à accéder à l’universel. Enfin, Apollinaire rêve de former un mouvement poétique global, sans écoles, celui du début de XXe siècle, période de renouveau pour les arts et l’écriture, avec l’émergence du cubisme dans les années 1910, du futurisme italien en 1909 et du dadaïsme en 1916. Apollinaire entretient des liens d’amitié avec nombre d’artistes et les soutient dans leur parcours artistique (voir la conférence « La phalange nouvelle »).

Son poème Zone a influencé le poète italien contemporain Carlo Bordini et le courant dit de Poésie narrative.

Œuvres

Poésie

Tombe de Guillaume Apollinaire au cimetière du Père Lachaise à Paris

Romans et contes
Ouvrages critiques et chroniques

Références :

Théâtre et cinéma
Correspondance
Journal

Annexe

En 1951, la partie occidentale de la rue de l’Abbaye dans le 6e arrondissement de Paris est rebaptisée en hommage rue Guillaume-Apollinaire. Un timbre postal, d’une valeur de 0.5+0.15 franc a été émis le 22 mai 1961 à l’effigie de Guillaume Apollinaire. L’oblitération « Premier jour » eut lieu à Paris le 20 mai.

En 1999, Rahmi Akdas, publie une traduction en turc des Onze milles verges, sous le titre « On Bir Bin Kirbaç ». Il a été condamné à une forte amende « pour publication obscène ou immorale, de nature à exciter et à exploiter le désir sexuel de la population » et l’ouvrage a été saisi et détruit.

 

(*) Wikipedia

 

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RS

Révolution Solaire de Guillaume Apollinaire

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Pour le 26/08/1918 à 08h36 T.U., à Paris.

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 4 ET DU NOEUD SUD EN MAISON 10:

Pour cette révolution solaire de 1918, le transit des noeuds dans l’axe Fond de Ciel / Milieu du Ciel de votre thème natal, vous bénéficiez d’un solide appui planétaire vis-à-vis de toutes les affaires immobilières.  L’achat ou la réalisation de biens immobiliers, maisons, terres ou terrains se réalisera au mieux de vos intérêts. Vos climats actuels vous feront découvrir et obtenir la maison ou l’appartement souhaités depuis si longtemps. Par ailleurs si vous souhaitez une légation ou un héritage, surtout issu d’un lien parental et mieux encore, de votre mère, cela interviendra dans le courant de la période actuelle. Faites donc converger vos efforts vers les domaines concernés, même si vous vous êtes heurté jusqu’à présent à des obstacles insurmontables ; ceux-ci s’écarteront car le temps est venu et les fruits sont mûrs, cueillez-les.

Votre période actuelle a pour but majeur de vous ressourcer, d’établir de nouveaux fondements dans votre vie, vers une restructuration. Recherchez donc une nouvelle implantation avec discernement et circonspection car celle-ci deviendra le lieu de production de vos réalisations des prochaines neuf années correspondant à un demi parcours des nœuds. Le soin apporté à ce choix a autant d’importance que celui que votre mère apporta à la préparation de votre naissance (neuf mois). Comme elle, vous êtes maintenant en gestation. Ne tentez donc pas de forcer ni de précipiter une élévation sociale ou professionnelle. Le cycle actuel ne vous le permet pas. Inutile donc de chercher à accélérer votre croissance  ou l’éclat dans une vie extérieure ou professionnelle. Vous gaspilleriez vos efforts inutilement en oeuvrant dans cette dernière direction. Tentez au mieux de maintenir le cap de vos affaires en minimisant les dégâts car vous n’éviterez pas une certaine stagnation, voire un extrême ralentissement. Tout effort d’élévation, toute tentative d’accentuation de réussite ou de renommée – sociale ou professionnelle – vous coûteront plus cher qu’ils ne pourront vous rapporter, tant physiquement que financièrement. Dépensez-vous plutôt dans l’embellissement ou dans la rénovation de votre commerce, de votre entreprise ou de votre maison. Restructurez en prévision de la période suivante qui favorisera le commerce local. Cette période a pour but essentiel de vous pousser à revoir vos bases qu’une élévation ou un essor inconsidéré compromettraient jusqu’à faire s’effondrer l’édifice. Analysez donc les fondements et les structures de vos assises, y compris celles de votre vie familiale. Votre destin place actuellement la priorité sur cette dernière. Accordez plus de temps aux vôtres, en leur réservant une meilleure partie de vous-même et de votre temps. Achetez ou transformez vos installations ou équipements existants, embellissez.

Un changement de résidence pourrait se révéler très bénéfique et renouveler positivement votre vie. Vous constaterez qu’en fin de compte, durant cette période, vous tirerez bien plus de satisfactions de votre vie familiale que de votre vie professionnelle ou sociale plutôt décevante. Vous êtes en gestation. Contentez-vous donc de bien construire votre nid telle une hirondelle à son retour au niveau cycle de printemps.

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Personnalité du 29/06/2011 – Antoine de SAINT EXUPERY 29 juin, 2011

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Antoine de Saint-Exupéry

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Antoine de Saint-Exupéry

né le 29/06/1900 à 09h15 à Lyon (69) – FRANCE

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Antoine Marie Jean-Baptiste Roger de Saint-Exupéry1, né le 29 juin 1900 à Lyon et disparu en vol le 31 juillet 1944, Mort pour la France, est un écrivain, poète et aviateur français.

Né dans une famille issue de la noblesse française2, Antoine de Saint-Exupéry passe une enfance heureuse malgré la mort prématurée de son père. Élève peu brillant, il obtient cependant son baccalauréat en 1917 et, après son échec à l’École navale, il s’oriente vers les beaux-arts et l’architecture. Devenu pilote lors de son service militaire, en 1921, il est engagé en 1926 par la compagnie Latécoère (future Aéropostale) et transporte le courrier de Toulouse au Sénégal avant de rejoindre l’Amérique du sud en 1929. Parallèlement il publie, en s’inspirant de ses expériences d’aviateur, ses premiers romans : Courrier Sud en 1929 et surtout Vol de Nuit en 1931, qui rencontre un grand succès.

À partir de 1932, son employeur entre dans une période difficile. Aussi Saint-Exupéry se consacre-t-il à l’écriture et au journalisme. Il entreprend de grands reportages au Vietnam en 1934, à Moscou en 1935, en Espagne en 1936, qui nourriront sa réflexion sur les valeurs humanistes qu’il développe dans Terre des hommes, publié en 1939.

En 1939, il est mobilisé dans l’armée de l’air et est affecté dans une escadrille de reconnaissance aérienne. À l’armistice, il quitte la France pour New York avec pour objectif de faire entrer les Américains dans la guerre et devient l’une des voix de la Résistance. Rêvant d’action, il rejoint enfin, au printemps 1944, en Sardaigne puis en Corse, une unité chargée de reconnaissances photographiques en vue du débarquement en Provence. Il disparaît lors de sa mission du 31 juillet 1944. Son avion n’a été retrouvé qu’en 2004.

Le Petit Prince, écrit à New York pendant la guerre, est publié avec ses propres aquarelles en 1943 à New York et en 1945 en France. Ce conte plein de charme et d’humanité devient très vite un immense succès mondial.

Jeunesse et formation

Fils du vicomte Jean de Saint-Exupéry, inspecteur d’assurances, et de Marie Boyer de Fonscolombe, Saint-Exupéry naît en 1900 à Lyon dans une famille issue de la noblesse française. Il partage une enfance heureuse entre cinq frères et sœurs. Mais en 1904, son père meurt accidentellement écrasé par un train, laissant Marie de Saint-Exupéry éduquer seule ses cinq enfants : Marie-Madeleine, dite « Biche », Simone, dite « Monot », Antoine, dit « Tonio », François et Gabrielle, dite « Didi ».

La mère d’Antoine vit plus ou moins bien ce veuvage prématuré, mais son naturel optimiste lui permet de faire face à ses obligations. D’une sensibilité à fleur de peau, elle tisse avec Antoine des liens privilégiés et lui offre une excellente éducation, chose difficile à l’époque pour une femme seule. Elle transmet à son fils adoré des valeurs qu’il conservera toute sa vie : honnêteté, respect d’autrui, pas d’exclusivité sociale. Femme exceptionnelle, elle consacre sa vie à ses enfants, avec un humanisme que Saint-Exupéry cultivera tout au long de ses voyages.

Jusqu’à l’âge de dix ans, il passe son enfance entre le château de la Môle dans le Var, propriété de sa grand-mère maternelle, et le château de Saint-Maurice-de-Rémens dans l’Ain, propriété de l’une de ses tantes. À la fin de l’été 1909, sa famille s’installe au Mans, région d’origine de son père. Antoine entre au collège Notre-Dame de Sainte-Croix le 7 octobre 1909.

En 1912, il passe les grandes vacances à Saint-Maurice-de-Rémens. Il est fasciné par le nouvel aérodrome d’Ambérieu-en-Bugey, situé à quelques kilomètres à l’est. Il s’y rend à vélo et y reste des heures à interroger les mécaniciens sur le fonctionnement des avions. Un jour, il s’adresse au pilote Gabriel Salvez en prétendant que sa mère l’a autorisé à effectuer un baptême de l’air. Il fait donc son baptême sur un Bertaud-Wroblewski, avion fabriqué à Villeurbanne par l’industriel lyonnais Berthaud sur des plans de Pierre et Gabriel Wroblewski. C’est le jeune Gabriel Wroblewski lui-même qui aurait piloté l’avion. Il écrit un poème témoignant de sa nouvelle passion pour les avions :

Les ailes frémissaient sous le souffle du soir
Le moteur de son chant berçait l’âme endormie
Le soleil nous frôlait de sa couleur pâle.

Saint-Exupéry passe ainsi presque toute son enfance dans le château familial, entouré de ses frères et sœurs. Il se souviendra de cette période comme celle du paradis perdu : « les plus beaux moments de sa vie », dira-t-il plus tard. En revanche, il ne se plaît pas beaucoup au collège Sainte-Croix du Mans où il est pensionnaire. Ses camarades, qui le surnomment Tatane, collaborent toutefois au journal de classe créé à son initiative, qui sera ensuite interdit par les Pères.

Alors que la Première Guerre mondiale éclate, Marie de Saint-Exupéry est nommée infirmière-chef de l’hôpital militaire d’Ambérieu-en-Bugey dans l’Ain. Grâce à son travail, elle peut faire venir ses enfants près d’elle. Ses deux fils, Antoine et François, intègrent en tant qu’internes le renommé collège jésuite de Notre-Dame de Mongré, à Villefranche-sur-Saône. Le jeune Antoine peut donc enfin se consacrer à l’écriture, avec brio, puisque, même si ses études sont médiocres par ailleurs, il remporte le prix de narration du lycée pour l’une de ses rédactions3.

À la rentrée scolaire de 1915, Marie de Saint-Exupéry, toujours en poste à Ambérieu-en-Bugey, estime que ses fils ne se plaisent pas vraiment chez les frères jésuites de Mongré. Soucieuse de protéger ses enfants et de leur donner une éducation qui leur permette de développer leurs dons, elle préfère les inscrire chez les frères marianistes de la Villa Saint-Jean à Fribourg, en Suisse. En rapport étroit avec le collège Stanislas de Paris, ce collège a développé une méthode d’éducation moderne qui leur permet d’exercer leur créativité. Antoine y retrouve Louis de Bonnevie, dont la famille est voisine et amie de la sienne à Lyon. Il noue avec lui ainsi qu’avec Marc Sabran et Charles Sallès une amitié profonde et durable4.

En 1917, il obtient son baccalauréat malgré des résultats scolaires peu brillants. L’élève Saint-Exupéry est davantage à l’aise dans les matières scientifiques que littéraires. Au cours de l’été, souffrant de rhumatismes articulaires3, François, le frère cadet d’Antoine, le compagnon de jeux et le confident, meurt d’une péricardite. Attristé par la mort de son frère, il semblerait que cet évènement marque le passage de Saint-Exupéry du stade d’adolescent à celui d’adulte.

La guerre aussi l’inspire. Il réalise des caricatures de soldats prussiens et de leurs casques à pointe, de l’empereur et du Kronprinz. Il écrit aussi quelques poèmes :

Parfois confusément sous un rayon lunaire,
Un soldat se détache incliné sur l’eau claire ;
Il rêve à son amour, il rêve à ses vingt ans !

Printemps de guerre

En 1919, il échoue au concours de l’École navale (ses résultats dans les branches scientifiques sont très bons, mais ceux des branches littéraires insuffisants) et s’inscrit en tant qu’auditeur libre dans la section architecture à l’École nationale supérieure des beaux-arts. Sa mère l’aide comme elle peut, malgré ses soucis d’argent[réf. nécessaire]. Antoine bénéficie alors de l’hospitalité de sa cousine Yvonne de Lestrange et accepte également plusieurs petits emplois : avec son ami Henry de Ségogne, il sera notamment figurant durant plusieurs semaines dans Quo Vadis, un opéra de Jean Noguès. En 1918, il avait fait la connaissance de Louise de Vilmorin, qui lui inspire des poèmes romantiques.

Je me souviens de toi comme d’un foyer clair
Près de qui j’ai vécu des heures, sans rien dire
Pareil aux vieux chasseurs fatigués du grand air
Qui tisonnent tandis que leur chien blanc respire.

À mon amie

Cependant, durant cette période, son intense activité poétique lui inspire des poèmes plutôt mélancoliques, des sonnets et des suites de quatrains (Veillée, 1921) montrant qu’il vit une période difficile, car il se retrouve sans projet de vie et sans perspective d’avenir. Certains de ses poèmes sont calligraphiés et enluminés de dessins à l’encre de Chine. Il offre deux de ses cahiers de poésie à son ami Jean Doat.

Dans l’aviation

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Immeuble de Strasbourg où Antoine de Saint-Exupéry vécut en 1921

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Monument commémoratif à Tarfaya, escale de l’Aéropostale

En avril 1921, il est affecté pour son service militaire en tant que mécanicien au 2e régiment d’aviation de Strasbourg. Il prend des cours de pilotage à ses frais5, mais fin juillet, seul aux commandes de son avion-école, il se pose de justesse alors que l’appareil est en flammes. Ce grave incident permet de révéler son sang-froid et sa maîtrise. Néanmoins, il laisse le souvenir d’un aviateur parfois distrait, oubliant tantôt de rentrer son train d’atterrissage, tantôt de brancher ses instruments de bord, se perdant dans l’immensité du ciel6. Le surnom de « Pique la Lune » lui est ainsi resté, non seulement en raison de son nez en trompette mais aussi d’une tendance certaine à se replier dans son monde intérieur6. En avril 1922, dans le cadre de sa formation dans les EOR, il suit des cours d’entraînement à Avord, qu’il quitte pour la région parisienne avec le grade de sous-lieutenant. Début août, il est affecté au 37e régiment d’aviation à Casablanca, où il obtient son brevet civil. Pendant ses loisirs, il réalise des croquis de ses copains de chambrée au crayon mine de charbon et à l’encre turquoise. Ses dessins sont regroupés dans son cahier Les Copains.

En janvier 1922, il est à Istres comme élève officier de réserve. Il est reçu pilote militaire et promu caporal. En octobre, sous-lieutenant de réserve, il choisit son affectation au 34e régiment d’aviation, au Bourget. Au printemps 1923, il a son premier accident d’avion au Bourget : fracture du crâne. Après ce grave accident, il est démobilisé. Pourtant, il envisage toujours d’entrer dans l’armée de l’air, comme l’y encourage le général Barès. Mais la famille de Louise de Vilmorin, sa fiancée, s’y oppose. Commence pour lui une longue période d’ennui : il se retrouve dans un bureau comme contrôleur de fabrication au Comptoir de Tuilerie, une filiale de la Société générale d’Entreprise. En septembre, c’est la rupture des fiançailles avec Louise.

En 1924, Saint-Exupéry travaille dans l’Allier et la Creuse comme représentant de l’usine Saurer qui fabrique des camions (il n’en vendra qu’un seul en une année et demie !). Il se lasse et donne sa démission. En 1924, il commence aussi une œuvre en prose, Manon, danseuse. En 1925, son poème intitulé La Lune montre une inspiration farfelue. On peut aussi citer la suite poétique L’Adieu :

Il est minuit — je me promène
Et j’hésite scandalisé
Quel est ce pâle chimpanzé
Qui danse dans cette fontaine ?

La Lune, 1925

En 1926, il est engagé par Didier Daurat, directeur de l’exploitation des lignes de la compagnie Latécoère (future Aéropostale) et rejoint l’aéroport de Toulouse-Montaudran pour effectuer du transport de courrier sur des vols entre Toulouse et Dakar. Il rédige alors son premier livre, L’Aviateur, qu’il publie dans la revue d’Adrienne Monnier, Le Navire d’argent, où travaille son ami Jean Prévost. À Toulouse, il fait la connaissance de Jean Mermoz et de Henri Guillaumet. Au bout de deux mois, il est chargé de son premier convoyage de courrier sur Alicante.

Fin 1927, il est nommé chef d’escale à Cap Juby au Maroc avec pour mission d’améliorer les relations de la compagnie avec les dissidents maures d’une part et avec les Espagnols d’autre part. Il va y découvrir la brûlante solitude du désert. Après un atterrissage forcé, il rencontre une communauté de moines trappistes ; il relate cette expérience dans Terre des hommes : « Le vent, le sable et les étoiles. La vie austère des trappistes. Mais sur cette nappe mal éclairée, six ou sept hommes, qui ne possédaient rien au monde hormis leurs souvenirs, partageaient une invisible richesse ». En 1929, il publie chez Gallimard son premier roman, Courrier sud, dans lequel il raconte sa vie et ses émotions de pilote.

En septembre 1929, il rejoint Mermoz et Guillaumet en Amérique du Sud pour contribuer au développement de l’Aéropostale jusqu’en Patagonie. En 1930, il utilise la bibliothèque de son ami Paul Dony pour commettre divers sonnets inspirés d’autres poètes mais qui sont autant d’exercices de virtuosité poétique. En 1931, il publie son second roman, Vol de nuit, un immense succès, dans lequel il évoque ses années en Argentine et le développement des lignes vers la Patagonie. En 1931, toujours, il se marie à Agay avec Consuelo Suncin Sandoval de Gómez (décédée en 1979), à la fois écrivaine et artiste salvadorienne.

À partir de 1932, alors que la compagnie, minée par la politique, ne survit pas à son intégration dans Air France, il subsiste difficilement, se consacrant à l’écriture et au journalisme. Saint-Exupéry demeure pilote d’essai et pilote de raid en même temps qu’il devient journaliste d’occasion pour de grands reportages.

Reporter pour Paris-Soir, il voyage au Vietnam en 1934 et à Moscou en 1935. En décembre 1935, il tente un raid Paris-Saïgon, mais il est obligé de poser en catastrophe son avion, un Caudron Simoun, dans le désert Libyque en Égypte. Il part pour l’Espagne en 1936. De tous ces voyages, il accumule une très importante somme de souvenirs, d’émotions et d’expériences, qui lui servent à nourrir sa réflexion sur le sens à donner à la condition humaine. Sa réflexion aboutit à l’écriture de Terre des hommes, qui est publié en 1939. L’ouvrage est récompensé par le prix de l’Académie française. C’est dans ce roman que l’on trouve la célèbre phrase prononcée par Henri Guillaumet après son accident dans les Andes : « Ce que j’ai fait, je te jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait ».

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Plaque commémorative sur la demeure où Saint-Exupéry séjourna à Québec.

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Stèle commémorative à l’aéroport de Bastia

Guerre de 1939-1945

En 1939, il est mobilisé dans l’armée de l’air et affecté dans une escadrille de reconnaissance aérienne. Le 23 mai 1940, il survole Arras alors que les panzers allemands envahissent la ville7. À l’armistice, il quitte la France pour New York avec pour objectif de faire entrer en guerre les Américains. Catalogué comme pétainiste par les uns, gaulliste par les autres, il a du mal à faire entendre sa voix. Comme l’immense majorité de Français, il était au départ plutôt favorable à Vichy, qui lui semblait représenter la continuité de l’État, et était donc plutôt méfiant envers le général de Gaulle. De fait, il a surtout essayé de réconcilier les factions opposées ; lors de son appel radiophonique du 29 novembre 1942 depuis New York, il lançait : « Français, réconcilions-nous pour servir », mais il fut incompris, car il était trop tard et le temps était celui de l’affrontement général. Cependant, selon des archives américaines récemment ouvertes8 il semblerait que les services secrets américains auraient envisagé de le pousser en lieu et place du général de Gaulle.

En mai 1942, il séjourne au Canada dans la famille De Koninck, rue Sainte-Geneviève, dans le vieux-Québec9. Alors que son séjour devait durer quelques jours, il passe finalement près de cinq semaines au Québec à cause de problèmes de visa. Mais il ne pense qu’à s’engager dans l’action, considérant, comme ce fut le cas avec l’Aéropostale, que seuls ceux qui participent aux événements sont légitimes pour en témoigner. En avril 1943, bien que considéré par les alliés comme un pilote médiocre, incapable de piloter un avion de combat moderne, il reprend du service actif dans l’aviation en Tunisie grâce à ses relations et aux pressions du commandement français. Relégué de la chasse, il effectue quelques missions de reconnaissance, mais il est victime de plusieurs incidents qui le font mettre « en réserve de commandement », étant donné son âge, son mauvais état de santé général, ses différents crashs précédents. Il séjourne alors en Algérie, au Maroc, puis en Algérie de nouveau, où il obtient au printemps 1944 l’autorisation du commandant en chef des forces aériennes en Méditerranée, le général américain Eaker, de rejoindre le prestigieux groupe 2/33 basé à Alghero, en Sardaigne. Il effectue plusieurs vols, émaillés de pannes et d’incidents. Le 17 juillet 1944, le 2/33 s’installe à Borgo, non loin de Bastia, en Corse. C’est de l’aéroport voisin de Poretta qu’il décolle aux commandes de son F-5B-1-LO, version photo du bimoteur P-38 Lightning, le 31 juillet à 8 h 25 du matin, pour une mission de cartographie (cap sur la vallée du Rhône, cap sur Annecy et retour par la Provence) : des reconnaissances photographiques afin de tracer des cartes précises du pays, fort utiles au tout prochain débarquement en Provence, prévu pour le 15 août. Il est seul à bord, son avion n’est pas armé et emporte avec lui du carburant pour six heures de vol. À 8 h 30, est signalé le dernier écho radar. Son avion se serait écrasé à quelques encablures des côtes de la Provence. Il est alors impossible d’effectuer des recherches sur le terrain en temps de guerre. « Saint-Ex » est officiellement porté disparu. Sa mémoire est célébrée solennellement à Strasbourg le 31 juillet 1945. En 1948, il est reconnu « Mort pour la France ».

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Gourmette de Saint-Exupéry retrouvée en 1998.

Le mystère de sa mort

Le 12 mars 1950, au Journal officiel, le commandant Antoine de Saint-Exupéry est cité à l’ordre de l’armée aérienne à titre posthume, pour avoir « prouvé, en 1940 comme en 1943, sa passion de servir et sa foi en le destin de la patrie », et « trouvé une mort glorieuse, le 31 juillet 1944, au retour d’une mission de reconnaissance lointaine sur son pays occupé par l’ennemi ».

Si la mort ne faisait désormais plus de doute, restait à en élucider les circonstances. En 1950, un pasteur d’Aix-la-Chapelle, ancien officier de renseignements dans la Luftwaffe, témoignera avoir appris, le 31 juillet 1944, qu’un P-38 Lightning avait été abattu en Méditerranée par un Focke-Wulf allemand. Puis, en 1972, surgit le témoignage posthume d’un jeune officier allemand, l’aspirant Robert Heichele, qui aurait fait feu sur le Lightning depuis son appareil, un Focke-Wulf 190, vers midi, au-dessus de Castellane. Mais Heichele a été à son tour abattu en août 1944. Dans les années 1990, un autre témoignage surgit tardivement, à propos d’une habitante de Carqueiranne qui aurait vu, le jour fatidique, le Lightning se faire abattre. La mer aurait ensuite rejeté le corps d’un soldat sur la plage, lequel a été enterré anonymement dans le cimetière de la commune. Était-ce Saint-Exupéry ? Pour le savoir, il faudrait exhumer le corps, procéder à des comparaisons avec l’ADN des membres de sa famille, lesquels s’y montrent opposés. Chaque fois, ces « révélations » relancèrent l’intérêt aussi bien des spécialistes que du grand public, pour le « mystère Saint-Ex ». Enfin, en 2000, des morceaux de son appareil, le train d’atterrissage, un morceau d’hélice, des éléments de carlingue et surtout du châssis, sont retrouvés en Méditerranée au large de Marseille. Le 7 septembre 1998, un pêcheur avait déjà trouvé sa gourmette dans son chalut, près de l’île de Riou. Remontés à la surface en septembre 2003, ils sont formellement identifiés le 7 avril 2004 grâce à son numéro de série. Les restes du Lightning sont exposés au Musée de l’air et de l’espace du Bourget, dans un espace consacré à l’écrivain aviateur.

Mais rien ne permet de donner une conclusion définitive sur les circonstances de sa mort, malgré la simulation informatique de l’accident – à partir des pièces déformées – qui montre un piqué, presque à la verticale et à grande vitesse, dans l’eau. Fut-elle la conséquence d’une énième panne technique, d’un malaise du pilote ? Certains avancèrent même, au grand scandale de ses proches, l’hypothèse du suicide d’un Saint-Exupéry diminué physiquement (il ne peut pas fermer seul la verrière de son appareil), désespéré par le monde qu’il voyait s’annoncer, thèse confortée par certains de ses derniers écrits, au ton franchement pessimiste, par exemple les dernières lignes d’une lettre adressée à Pierre Dalloz, écrite la veille de sa mort: « Si je suis descendu, je ne regretterai absolument rien. La termitière future m’épouvante. Et je hais leur vertu de robots. Moi, j’étais fait pour être jardinier. »

En mars 2008, un ancien pilote de la Luftwaffe, sur Messerschmitt Bf 109, Horst Rippert (né en 1922), affirme dans le journal La Provence avoir abattu un avion de type P-38 lightning le 31 juillet 1944 dans la zone où se trouvait Saint-Exupéry10. En mission pour retrouver un avion ennemi qui survolait la région d’Annecy, Horst Rippert tourne plusieurs minutes au-dessus de la Méditerranée sans rien repérer. Soudain, un avion allié le croise, 3 000 mètres au-dessous de lui11. Horst Rippert tire et touche. L’avion s’enflamme et tombe à pic dans la Méditerranée. Saint-Exupéry est porté disparu ce jour-là, donnant lieu au mystère sur sa disparition. « Si j’avais su que c’était Saint-Exupéry, l’un de mes auteurs préférés, je ne l’aurais pas abattu », a déclaré Horst Rippert12. Thèse cependant mise à mal par bien des incohérences13. Après la guerre Horst Rippert, frère d’Ivan Rebroff (décédé en février 2008, soit peu avant cette révélation), se reconvertit dans le journalisme et dirige le service des sports de la ZDF.

Ses œuvres

Si elles ne sont pas tout à fait autobiographique, ses œuvres sont largement inspirées de sa vie de pilote aéropostal, excepté pour Le Petit Prince (1943) — sans doute son succès le plus populaire (il s’est vendu depuis à plus de 134 millions d’exemplaires dans le monde14) — qui est plutôt un conte poétique et philosophique.

Il écrivit d’autres livres, touts aussi connus : Courrier Sud (1929), Vol de nuit (1931), Terre des hommes (1939), Pilote de guerre (1942), Lettre à un otage (1944), Écrits de guerre (rassemblés en 1982), et Citadelle (posthume, 1948). Tous ses romans racontaient l’histoire de ses voyages en les rendant fiction et en créant de la fantaisie.

L’Aviateur

Publié en 1926. Le premier texte édité de Saint-Exupéry, fragment semble-t-il d’un ensemble plus vaste, et qui servira de matériau pour Courrier sud.

Courrier sud

Publié en 1929. À travers le personnage de Jacques Bernis, Saint-Ex raconte sa propre vie et ses propres émotions de pilote. Louise de Vilmorin est campée dans le personnage de « Geneviève ».

Vol de nuit

Publié en décembre 1931. Cette œuvre qui atteint au dépouillement de la tragédie, est préfacée par son ami André Gide, valut le prix Femina à Antoine de Saint-Exupéry et le consacra comme homme de lettres. Cet ouvrage fut un immense succès et a connu de multiples traductions. Son adaptation cinématographique fut même vendue à Hollywood.

Le personnage principal, Rivière, est inspiré par son chef Didier Daurat. Il donne vie à un chef qui sait pousser ses hommes au bout d’eux-mêmes pour la réalisation de leur mission : le courrier doit passer à tout prix, la mission dépasse en valeur la vie humaine. Les valeurs que le roman véhicule sont : primauté de la mission, importance du devoir et responsabilité de la tâche à accomplir jusqu’au sacrifice.

Terre des hommes

Publié en décembre 1939, il obtient le Grand prix du roman de l’Académie française. C’est une suite de récits, de témoignages et de méditations à partir de la somme d’expériences, d’émotions et de souvenirs qu’il a accumulés lors de ses nombreux voyages. C’est aussi un hommage à l’amitié et à ses amis Mermoz et Guillaumet et plus largement une vision romantique sur la noblesse de l’humanisme.

Pilote de guerre

Publié en 1942.

Lettre à un otage

Publié en 1944.

Le Petit Prince

Publié en 1943 à New York et en 1945 en France, écrit à Eaton’s Neck (Northport, États-Unis). Pour des raisons techniques, les « aquarelles de l’auteur » reproduites dans les versions françaises qui ont suivi n’étaient que des retramages de l’édition américaine, ce qui induisait une perte de qualité sensible. De plus, certains dessins avaient été modifiés de façon mineure. L’édition Folio parue récemment semble être la première à fournir des illustrations conformes à l’édition originale, de bien meilleure qualité technique et artistique en dépit d’un format plus réduit (les techniques d’impression ayant elles aussi fait des progrès depuis 1943).

Citadelle

Publié en 1948. Commencée en 1936, cette œuvre ne fut pas achevée par Saint-Exupéry. Publiée dans une première version en 1948 à partir d’un texte dactylographié, elle ne comportait pas l’intégralité de la pensée de l’auteur. La totalité des manuscrits fut mise à la disposition des éditeurs en 1958 et permit de mieux épouser ses intentions. « Citadelle n’est pas une œuvre achevée. Dans la pensée de l’auteur elle devait être élaguée et remaniée selon un plan rigoureux qui, dans l’état actuel, se reconstitue difficilement. L’auteur a souvent repris les mêmes thèmes, soit pour les exprimer avec plus de précision, soit pour les éclairer d’une de ses images dont il a le secret » (Simone de Saint-Exupéry).

Lettres de jeunesse (1923-1931)

Publié en 1953. Nouvelle édition en 1976 sous le titre Lettres de jeunesse à l’amie inventée.

Carnets

Publié en 1953. Édition intégrale en 1975. Ensemble de notes tenu de 1935 à 1940 sur un agenda et cinq carnets. Très éclectique, il reflète les intérêts et curiosités de l’écrivain pour les sciences, la religion, la littérature et donne lieu à des réflexions et à des aphorismes pertinents.

Lettres à sa mère

Publié en 1955. Recueil de la correspondance de Saint-Exupéry avec sa mère couvrant la période 19101944.

Écrits de guerre (1939-1944)

Publié en 1982. Ce recueil posthume est préfacé par Raymond Aron.

Manon, danseuse

Publié en 2007. Court roman achevé en 1925. C’est l’histoire d’amour entre une « poule », Manon, et un homme de quarante ans, « grave », triste, qui cherche un sens à sa vie. Dès leur rencontre, se noue entre eux une relation amoureuse, l’homme protégeant tendrement sa « pauvre petite fille », qu’il croit danseuse. Ils font l’amour sans passion. Partent en voyage en voiture. Mais il apprend un jour par trois de ses clients que Manon est en fait une prostituée. Ils rompent puis se revoient. Manon se jette sous les roues d’un camion et manque de mourir. Elle restera boiteuse.

Lettres à l’inconnue

Collection de lettres d’amour à une jeune ambulancière de la Croix-Rouge rencontrée en mai 1943 dans un train entre Oran et Alger. Ces lettres sont ornées de dessins du Petit Prince que Saint-Exupéry fait parler à sa place. Elles ont été mises au jour en novembre 2007 lors d’une vente publique, et publiées par Gallimard en septembre 2008 sous forme de fac-similés accompagnés de transcriptions.

Écrits de circonstances

Cinéma

Anecdotes

Mondialement reconnu

Sa ville natale de Lyon, en hommage à l’écrivain et en clin d’œil au pionnier de l’aéropostale, a rebaptisé l’aéroport de Satolas en aéroport international Lyon Saint-Exupéry17 et la gare de Lyon-Saint-Exupéry TGV.

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Inscription au Panthéon de Paris

Sur les murs du Panthéon de Paris, une inscription honore sa mémoire en ces termes :

A LA MÉMOIRE DE
ANTOINE DE SAINT EXUPERY
POÈTE ROMANCIER AVIATEUR
DISPARU AU COURS D’UNE MISSION
DE RECONNAISSANCE AÉRIENNE
LE 31 JUILLET 1944

Ont été nommés d’après lui :

Il a été représenté par différents artistes :

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Plaque au n° 15 de la place Vauban, Paris 7e

Ici a habité
de 1934 à 1940
Antoine de Saint-Exupéry.

(*) Wikipedia

 

flashclips

VIDEOS

 

Image de prévisualisation YouTube  L’histoire de l’Aéropostale et de 3 de ses principaux pilotes : Jean Mermoz, Antoine de Saint Exupéry et Henri Guillaumet.

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube Terre est la chanson dédiée à Antoine de Saint-Exupéry dans la comédie musicale, encore dans les tiroirs (!), intitulée « Le Postier des Etoiles », entièrement écrite par Michelle AGSENE. La musique et les arrangements de TERRE sont de Roger LOUBET. Interprête : Paul-David – Montage vidéo : José Ducassé-David.

Image de prévisualisation YouTube  Communiqué de la Succession Saint Exupéry – d’Agay sur le projet de Musée Antoine de Saint Exupéry à Saint Maurice de Rémens.

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RS

Révolution Solaire de Antoine de Saint-Exupéry

antoinedesaintexupryrs2

Pour le 29/06/1944 à 00h28 T.U., à Lyon.

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 11 ET NOEUD SUD EN MAISON 5

L’entrée du noeud nord en maison XI rend possible la réalisation de vos projets, même s’ils sont audacieux. Durant la période précédente, le nœud sud que vous aviez en maison VI a contrecarré les projets que vous souhaitiez accomplir en dressant maints obstacles sur votre route. Pourtant, votre nœud nord qui était en maison XII vous a permis de formuler des projets. Vous avez pu les trouver peu réalistes. Cependant, maintenant que vous avez quitté cette prison qu’était la maison XII et retrouvé votre liberté (maison XI) ces rêves peuvent commencer à se réaliser. Cette réalisation sera, toutefois, conditionnée par votre faculté à cultiver l’art de l’amitié. Ce seront les vraies amitiés et les relations sincères qui paveront l’avenue de vos opportunités durant cette période et la suivante. Ceci est suggéré par la présence du nœud nord en XI lequel vous incitera, par ailleurs, à refuser toutes les contraintes qui limiteraient cette nouvelle liberté. De plus, il vous autorise, dans l’ordre, à élargir le cercle de vos relations, à former de nouvelles amitiés, à obtenir leur soutien, à réaliser vos grands projets et à conquérir votre indépendance. Le nœud nord continuera son parcours en direction de la maison X, laquelle vous fera récolter les fruits des projets que vous aurez matérialisés pendant son passage en maison XI. Commencez donc par étendre le cercle de vo s relations car c’est parmi celles-ci que vous trouverez à réaliser vos projets les plus audacieux. Dans le même esprit, visez la fraternité, l’entraide mutuelle en adhérant à un ordre, un club ou une association. Les résultats pourront vous surprendre. Evitez à tout prix de vous laisser séduire par les tentations du nœud sud en maison V : les plaisirs sans mesure, la recherche de prestige, la satisfaction des sens, les liaisons faciles. En d’autres termes, prenez garde à tout ce qui flatte votre ego ; évitez tous les abandons où seul votre plaisir compte car ceci ressort du domaine négatif de la même période (nœud sud en V). Celle-ci n’est pas propice aux satisfactions affectives ou émotives en tête-à-tête, c’est-à-dire dans lesquelles vous seriez trop « personnel ». C’est ainsi que toute vie en couple ne peut subsister ici que si un vrai don de soi intervient, au-delà de l’utilisation de l’autre pour se satisfaire, et sous condition d’élargir la relation vers de vastes échanges avec le monde extérieur. Vous ne pourrez d’ailleurs pas supporter de restreindre votre vie au seul couple. Vous manqueriez d’air. Il vous faudra aussi vivre une expansion, en plus, pour conserver votre équilibre. Cette période est aussi source de déception issue des rapports avec les enfants. La bonne entente avec ces derniers est souvent compromise. Souvent, les accouchements y sont difficiles. Evitez aussi tout ce qui est d’ordre spéculatif : le loto, la loterie, les casinos. Ne jouez pas en bourse, n’attendez aucun résultat de la chance. En résumé, évitez tout ce qui flatte votre ego à titre personnel pour privilégier la fraternité et l’humanisme de manière large et impersonnelle, sans carcans ni restrictions.

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Personnalité du 26/06/2011 – Aimé CESAIRE 26 juin, 2011

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Aimé Césaire

né le 26/05/1913 à 20h00 à Basse-Pointe, (Martinique) – FRANCE

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Aimé Fernand David Césaire, (*) est un poète et homme politique martiniquais, né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe et mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France1. Il est l’un des fondateurs du mouvement littéraire de la négritude et un anticolonialiste résolu.

Les jeunes années

Aimé Césaire faisait partie d’une famille de sept enfants ; son père était fonctionnaire et sa mère couturière. Son grand-père fut le premier enseignant noir en Martinique et sa grand-mère, contrairement à beaucoup de femmes de sa génération, savait lire et écrire ; elle enseigna très tôt à ses petits-enfants la lecture et l’écriture2. De 1919 à 1924, Aimé Césaire fréquente l’école primaire de Basse-Pointe, commune dont son père est contrôleur des contributions, puis obtient une bourse pour le lycée Victor Schoelcher à Fort-de-France. En septembre 1931, il arrive à Paris en tant que boursier pour entrer en classe d’hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand où, dès le premier jour, il rencontre Léopold Sédar Senghor, avec qui il noue une amitié qui durera jusqu’à la mort de ce dernier.

Émergence du concept de négritude

Au contact des jeunes africains étudiant à Paris, notamment lors des rencontres au salon littéraire de Paulette Nardal, Aimé Césaire et son ami guyanais Léon Gontran Damas, qu’il connaît depuis la Martinique, découvrent progressivement une part refoulée de leur identité, la composante africaine, victime de l’aliénation culturelle caractérisant les sociétés coloniales de Martinique et de Guyane.

En septembre 1934, Césaire fonde, avec d’autres étudiants antillo-guyanais et africains (parmi lesquels Léon Gontran Damas, le Guadeloupéen Guy Tirolien, les Sénégalais Léopold Sédar Senghor et Birago Diop), le journal L’Étudiant noir. C’est dans les pages de cette revue qu’apparaîtra pour la première fois le terme de « Négritude ». Ce concept, forgé par Aimé Césaire en réaction à l’oppression culturelle du système colonial français, vise à rejeter d’une part le projet français d’assimilation culturelle et à promouvoir l’Afrique et sa culture, dévalorisées par le racisme issu de l’idéologie colonialiste.

Construit contre l’idéologie coloniale française de l’époque, le projet de la Négritude est plus culturel que politique. Il s’agit, au-delà d’une vision partisane et raciale du monde, d’un humanisme actif et concret, à destination de tous les opprimés de la planète. Césaire déclare en effet : « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ».

Ayant réussi en 1935 le concours d’entrée à l’École normale supérieure, Césaire passe l’été en Dalmatie chez son ami Petar Guberina et commence à y écrire le Cahier d’un retour au pays natal, qu’il achèvera en 1938. Il lit en 1936 la traduction de l’Histoire de la civilisation africaine de Frobenius. Il prépare sa sortie en 1938 de l’École normale supérieure avec un mémoire : Le Thème du Sud dans la littérature noire-américaine des USA. Épousant en 1937 une étudiante martiniquaise, Suzanne Roussi, Aimé Césaire, agrégé de lettres, rentre en Martinique en 1939, pour enseigner, tout comme son épouse, au lycée Schœlcher.

Le combat culturel sous le régime de Vichy

La situation martiniquaise à la fin des années 1930 est celle d’un pays en proie à une aliénation culturelle profonde, les élites privilégiant avant tout les références arrivant de la France, métropole coloniale. En matière de littérature, les rares ouvrages martiniquais de l’époque vont jusqu’à revêtir un exotisme de bon aloi, pastichant le regard extérieur manifeste dans les quelques livres français mentionnant la Martinique. Ce doudouisme, dont des auteurs tels que Mayotte Capécia sont les tenants, allait nettement alimenter les clichés frappant la population martiniquaise.

C’est en réaction à cette situation que le couple Césaire, épaulé par d’autres intellectuels martiniquais comme René Ménil, Georges Gratiant et Aristide Maugée, fonde en 1941 la revue Tropiques. Alors que la Seconde Guerre mondiale provoque le blocus de la Martinique par les États-Unis (qui ne font pas confiance au régime de collaboration de Vichy), les conditions de vie sur place se dégradent. Le régime instauré par l’Amiral Robert, envoyé spécial du gouvernement de Vichy, est répressif. Dans ce contexte, la censure vise directement la revue Tropiques, qui paraîtra, avec difficulté, jusqu’en 1943.

Le conflit mondial marque également le passage en Martinique du poète surréaliste André Breton (qui relate ses péripéties dans un bref ouvrage, Martinique, charmeuse de serpents). Breton découvre la poésie de Césaire à travers le Cahier d’un retour au pays natal et le rencontre en 1941. En 1943 il rédige la préface de l’édition bilingue du Cahier d’un retour au pays natal, publiée dans la revue Fontaine (n° 35) dirigée par Max-Pol Fouchet et en 1944 celle du recueil Les Armes miraculeuses, qui marque le ralliement de Césaire au surréalisme.

Surnommé « le nègre fondamental », il influencera des auteurs tels que Frantz Fanon, Édouard Glissant (qui ont été élèves de Césaire au lycée Schoelcher), le guadeloupéen Daniel Maximin et bien d’autres. Sa pensée et sa poésie ont également nettement marqué les intellectuels africains et noirs américains en lutte contre la colonisation et l’acculturation.

Après guerre, le combat politique

En 1945, Aimé Césaire, coopté par les élites communistes qui voient en lui le symbole d’un renouveau, est élu maire de Fort-de-France. Dans la foulée, il est également élu député, mandat qu’il conservera sans interruption jusqu’en 1993. Son mandat, compte tenu de la situation économique et sociale d’une Martinique exsangue après des années de blocus et l’effondrement de l’industrie sucrière, est d’obtenir la départementalisation de la Martinique en 1946.

Il s’agit là d’une revendication qui remonte aux dernières années du XIXe siècle et qui avait pris corps en 1935, année du tricentenaire du rattachement de la Martinique à la France par Belain d’Esnambuc. Peu comprise par de nombreux mouvements de gauche en Martinique déjà proches de l’indépendantisme, à contre-courant des mouvements de libération survenant déjà en Indochine, en Inde ou au Maghreb, cette mesure vise, selon Césaire, à lutter contre l’emprise béké sur la politique martiniquaise, son clientélisme, sa corruption et le conservatisme structurel qui s’y attache. C’est, selon Césaire, par mesure d’assainissement, de modernisation, et pour permettre le développement économique et social de la Martinique, que le jeune député prend cette décision.

En 1947 Césaire crée avec Alioune Diop la revue Présence africaine. En 1948 paraît l’Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache, préfacée par Jean-Paul Sartre, qui consacre le mouvement de la « négritude ».

En 1950, il publie le Discours sur le colonialisme, où il met en exergue l’étroite parenté qui existe selon lui entre nazisme et colonialisme. Il y écrit entre autres choses :

« Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les arabes d’Algérie, les colonies de l’Inde et les nègres d’Afrique [...] »

S’opposant au Parti communiste français sur la question de la déstalinisation3, Aimé Césaire quitte le PC en 1956, s’inscrit au Parti du regroupement africain et des fédéralistes, puis fonde deux ans plus tard le Parti progressiste martiniquais (PPM), au sein duquel il va revendiquer l’autonomie de la Martinique. Il siège à l’Assemblée nationale comme non inscrit de 1958 à 1978, puis comme apparenté socialiste de 1978 à 1993.

En 1966, Césaire est le vice-président du Festival mondial des Arts nègres à Dakar.

Aimé Césaire restera maire de Fort-de-France jusqu’en 2001. Le développement de la préfecture de la Martinique depuis la Seconde Guerre mondiale est caractérisé par un exode rural massif, provoqué par le déclin de l’industrie sucrière et l’explosion démographique créée par l’amélioration des conditions sanitaires de la population. L’émergence de quartiers populaires constituant une base électorale stable pour le PPM, et la création d’emplois pléthoriques à la mairie de Fort-de-France furent les solutions trouvées pour parer à court terme aux urgences sociales de l’époque.

La politique culturelle d’Aimé Césaire est incarnée par sa volonté de mettre la culture à la portée du peuple et de valoriser les artistes du terroir. Elle est marquée par la mise en place des premiers festivals annuels de Fort-de-France en 1972, avec la collaboration de Jean-Marie Serreau et Yvan Labéjof, puis la mise en place d’une structure culturelle permanente grâce à l’installation au Parc Floral de Fort-de-France et dans les quartiers, pour la première fois en Martinique d’une équipe professionnelle autour de Yves Marie Séraline missionné pour cette tâche, à partir de août 1974. En 1976, à partir des fondations de l’équipe de l’office de la culture provisoire, ce sera la création officielle du Service Municipal d’Action Culturelle (SERMAC) dirigé par Jean-Paul Césaire, qui par le biais d’ateliers d’arts populaires (danse, artisanat, musique) et du prestigieux Festival de Fort-de-France, met en avant des parts jusqu’alors méprisées de la culture martiniquaise. Le Sermac est dirigé depuis quelques années par Lydie Bétis. Cette même année, il reçoit à Léopold Sédar Senghor son ami et président du Sénégal à Fort-de-France.

Son Discours du colonialisme fut pour la première fois au programme du baccalauréat littéraire (épreuve de lettres en Terminale) en 1995, avec le Cahier d’un retour au pays natal.

Aimé Césaire s’est retiré de la vie politique (et notamment de la mairie de Fort-de-France en 2001, au profit de Serge Letchimy), mais reste un personnage incontournable de l’histoire martiniquaise jusqu’à sa mort. Après le décès de son camarade Senghor, il est resté l’un des derniers fondateurs de la pensée négritudiste.

Jusqu’à sa mort, Aimé Césaire a toujours été sollicité et influent. On notera sa réaction à la loi française du 23 février 2005 sur les aspects positifs de la colonisation qu’il faudrait évoquer dans les programmes scolaires, loi dont il dénonce la lettre et l’esprit et qui l’amène à refuser de recevoir Nicolas Sarkozy. En mars 2006, Aimé Césaire revient sur sa décision, à la suite de la médiation de Patrick Karam, et reçoit Nicolas Sarkozy puisque l’un des articles les plus controversés de la loi du 23 février 2005 a été abrogé. Il commente ainsi sa rencontre : « C’est un homme nouveau. On sent en lui une force, une volonté, des idées. C’est sur cette base-là que nous le jugerons4. »

À la suite de cette rencontre Patrick Karam obtiendra du ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy qu’il agisse pour donner le nom Aimé Césaire à l’aéroport de Martinique[réf. nécessaire].

Durant la campagne de l’élection présidentielle française de 2007, il soutient activement Ségolène Royal, en l’accompagnant lors du dernier rassemblement de sa vie publique. « Vous nous apportez la confiance et permettez-moi de vous dire aussi l’espérance5 ».

Rétrospectivement, le cheminement politique d’Aimé Césaire apparaît étrangement contourné, en contraste avec la pensée de la négritude qu’il a développée par ailleurs. Tour à tour assimilationniste (départementaliste), indépendantiste et autonomiste (sans que l’on sache précisément ce qu’il entendait par là), Césaire semble avoir été davantage à la remorque des initiatives prises par les gouvernements métropolitains (en matière de décentralisation tout particulièrement) qu’un élément moteur de l’émancipation de son peuple. Il restera sans doute dans les mémoires comme le « nègre fondamental » et comme l’un des grands poètes de langue française du XXe siècle, mais non comme un chef politique ayant véritablement influencé son époque6.

Décès

Le 9 avril 2008, il est hospitalisé au CHU Pierre Zobda Quitman de Fort-de-France pour des problèmes cardiaques. Son état de santé s’y aggrave et il décède le 17 avril 2008 au matin1.

Hommages

Graffiti en hommage à Aimé Césaire, à Royan

Dès l’annonce de sa mort, de nombreuses personnalités politiques et littéraires lui ont rendu hommage comme le président Nicolas Sarkozy, l’ancien président sénégalais Abdou Diouf ou l’écrivain René Depestre.

Ségolène Royal, Jean-Christophe Lagarde, Christine Albanel, appuyés par d’autres élus, ont demandé son entrée au Panthéon et une pétition a été mise en ligne pour qu’il soit inhumé au Panthéon le 10 mai 20087.

Des obsèques nationales8 ont été célébrées le 20 avril 2008 à Fort-de-France, en présence du chef de l’État. Un grand discours a été prononcé par Pierre Aliker, son ancien premier adjoint à la mairie de Fort-de-France, âgé de 101 ans. Le président de la République n’a pas donné de discours mais s’est incliné devant la dépouille, devant plusieurs milliers de personnes réunies au stade de Dillon9. Il est inhumé au cimetière La Joyaux près de Fort-de-France. Sur sa tombe sont inscrits des mots choisis par Aimé Césaire lui-même et extraits de son Calendrier lagunaire :

« La pression atmosphérique ou plutôt l’historique
Agrandit démesurément mes maux
Même si elle rend somptueux certains de mes mots10 »

D’autres personnalités se sont déplacées, telles Dominique de Villepin, Laurent Fabius, Pierre Mauroy, Lionel Jospin, Yves Jégo, Rama Yade, Bernard Kouchner, François Hollande, François Fillon, Lucette Michaux-Chevry, Victorin Lurel, Michèle Alliot-Marie, Patrick Devedjian, Serge Letchimy

Plusieurs nouveaux édifices ont pris son nom depuis son décès. La station Pont de Stains (métro de Paris) de la ligne 12 du métro de Paris devrait prendre son nom11.

Le parvis de la médiathèque de Limoges a pris le nom de Place Aimé Césaire en 2008.

Dans H (série télévisée), le personnage d’Eric Judor se nomme Aymé Cesaire.

Une plaque en son honneur a été dévoilée au Panthéon le 6 avril 2011.

Son parcours politique

Précédé par Aimé Césaire Suivi par
Victor Sévère
Maire de Fort de France
1945-2001
Serge Letchimy
Camille Petit
Président du Conseil régional de la Martinique
1983-1986
Camille Darsières

Œuvres

Poésie
Théâtre
Essais
Lettre à Maurice Thorez

1956 Présence Africaine, 16 pages, (avant-propos de Alioune Diop).

Histoire
Entretiens
Enregistrement audio

Monographies

Ouvrages collectifs

L’aéroport Martinique – Aimé Césaire

Par arrêté du ministre des Transports, de l’Équipement, du Tourisme et de la Mer, Dominique Perben, en date du 15 janvier 2007, l’aéroport de Fort-de-France – Le Lamentin a été rebaptisé « Aéroport Martinique – Aimé Césaire ».

Filmographie

 

(*) Wikipedia

 

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VIDEOS

 

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Image de prévisualisation YouTube Aimé CESAIRE parle de Léopold SEDAR SENGHOR et de la négritude. Un défenseur des cause oubliées et délaissées de son peuple de Martinique.

Image de prévisualisation YouTube À 94 ans, Aimé Césaire consacre encore toute son énergie à ses concitoyens de la Martinique. Les réalisateurs de ce film ont accompagné sur le terrain celui qui, au crépuscule de sa vie, conserve intacts sa réflexion, ses convictions et son engagement.

Image de prévisualisation YouTube  Dans ce conflit, la violence n’a pas sa place. Réflexion et dignité sont les maîtres mots. Aimé Césaire répond aux propos de Alain Huygues Despointe.

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RS

Révolution Solaire d’Aimé Césaire

aimcesairers26062008

Pour le 26/06/2007 à 16h55 T.U., à Basse-Pointe.

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 2, ET NOEUD SUD EN MAISON 8

Vous disposez d’un soutien planétaire pour réaliser vos désirs et vos souhaits les plus chers. Vous pouvez enfin obtenir les résultats espérés par rapport à ce que vous avez semée. Ni plus ni moins. Mais attention: si tout vous set égal, si vous ne formulez pas vos buts avec une extrême précision ; en d’autres termes, si vous ne demandez rien, le destin ne pourra que vous satisfaire de la même manière, c’est-à-dire avec « rien ».

Vous êtes seul à pouvoir générer une réponse du destin… La condition est de formuler la demande… Avec précision, persistance et détermination. Demandez, redemandez et… Vous recevrez, c’est votre période.

Par ailleurs, vous constaterez que l’état de vos finances personnelles, celles que vous obtenez par vos propres efforts s’améliorera nettement.

Activez vous donc vers l’amélioration de vos ressources ; vous serez largement récompensé de vos efforts.

Cette période favorise les requêtes, les finances et les ressources personnelles, sous tous rapports. Si c’est de l’argent que vous souhaitez, vous trouverez les moyens de l’acquérir. Si c’est une réputation, vous l’obtiendrez. Si c’est la connaissance, vous trouverez le maître. Ayez une confiance absolue dans vos démarches. Accomplissez-les et puis laissez le destin faire le reste. A ce stade, vous êtes convaincu qu’elles porteront des fruits. Par conséquent, elles ne vous concernent plus. Oubliez-les de manière à éviter les attentes anxieuses ou obsessionnelles. Ce sont ces dernières qui « bloquent » le déroulement de votre destin et empêchent celui-ci de réaliser vos désirs. Faites en vous la paix de l’esprit, adoptez une attitude confiante.

Evitez tout emprunts, aides ou supports d’autrui. Rappelez-vous que seuls vos efforts sont productifs en une telle période. Dans le même esprit, ne tentez pas de vous associer avec une ou un partenaire dote. C’est un piège qui aliénera votre liberté.

C’est en vous seul que vous devez trouver la force d’accomplir vos espérances. A cette condition, toutes les forces planétaire concourront a vous satisfaire.

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Personnalitté du 29/05/2011 – Bernard CLAVEL 29 mai, 2011

Posté par phoenix2savoie dans : 05/2011,Litérature,Personnalités du jour , ajouter un commentaire

————————————— PERSONNALITE DU JOUR ———————————–

Durant toute sa vie, Bernard Clavel s'est considéré comme un débutant. Chaque livre était une aventure qui lui donnait envie de recommencer. Durant toute sa vie, Bernard Clavel s’est considéré comme un débutant. Chaque livre était une aventure qui lui donnait envie de recommencer. Crédits photo : ANDERSEN ULF/SIPA/ANDERSEN ULF/SIPA

Bernard Clavel Bernard Clavel / AFP / P. Verdy

Illustration de Brutus

Illustration de Oeuvres

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Bernard Clavel

né le 29/05/1923 à 11h30 à Lons-le-Saunier (39) – France

bernardclavel29051923

Bernard Clavel, né le 29 mai 1923 à Lons-le-Saunier et mort le 5 octobre 2010 à La Motte-Servolex1,2, est un écrivain français principalement connu pour ses romans mais qui s’est aussi adonné à l’écriture d’essais, de poèmes et de nombreux contes pour la jeunesse.

Né dans une famille modeste, il devient apprenti pâtissier à 14 ans et se forme en autodidacte en exerçant différents métiers avant de devenir journaliste dans les années 1950.

Son premier roman L’Ouvrier de la nuit, publié en 1956, marque le début d’une production importante de près d’une centaine de titres avec des œuvres pour la jeunesse et de très nombreux romans, parfois constitués en sagas qui ont rencontré un vaste public comme La Grande Patience (4 volumes – 1962/1968), Les Colonnes du ciel (5 volumes – 1976/1981) et Le Royaume du Nord (6 volumes 1983/1989)3.

Associant l’enracinement régional (la Franche-Comté, Lyon et le Rhône, le Québec…) et l’évocation historique (conquête de la Franche-Comté au XVIIe siècle, la vie des canuts et des mariniers du Rhône au XIXe siècle, la guerre de 1914-1918, l’implantation française au Canada…), Bernard Clavel montre une constante attention aux humbles et défend des valeurs humanistes en contant des destins individuels et collectifs, souvent confrontés au malheur. Son sens de la nature et de l’humain, sa mise en question de la violence et de la guerre et son souci de réalisme ont fait de lui un écrivain récompensé par de nombreux prix dont le prix Goncourt pour Les Fruits de l’hiver en 1968.

Bernard Clavel est né le 29 mai 1923 à Lons-le-Saunier, au fond d’un grand jardin où peinaient son père ancien boulanger et sa mère fleuriste. Enfant rêveur et peu studieux, il quitte l’école à quatorze ans pour entrer en apprentissage chez un pâtissier de Dole. Les deux années qu’il passera sous la coupe d’un patron injuste et brutal feront de lui un éternel révolté. Du fournil à l’usine de lunettes, du vignoble à la forêt, de la baraque de lutte à l’atelier de reliure, de la sécurité sociale à la presse écrite et parlée, il connaîtra bien des métiers qui constituent ses « universités » un peu comme London qui l’a tant fait rêver, ou Gorki à qui Maurois devait le comparer dès ses premiers livres. Bernard Clavel a déménagé une quarantaine de fois entre Dole (Jura), Vernaison, Lyon, Chelles, Brunoy, Château-Chalon, Villeneuve-sur-Yonne, le Québec, Paris, le Portugal, Saint-Rémy-de-Provence, l’Irlande, le Bordelais, la Suisse, Tours et La Courbatière, dans le département de l’Ain. Il a aussi voyagé en Tchécoslovaquie, Union soviétique, en Inde et au Bangladesh. Il a fini sa vie en Savoie.

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En 1968, il obtient le prix Goncourt pour Les Fruits de l’hiver. Il est élu membre de l’Académie Goncourt en 1971, puis démissionne en 1977.

Parmi les autres prix qui lui ont été décernés, on peut citer :

le ‘grand prix de la ville de Paris’ en 1968 pour l’ensemble de son œuvre, le ‘grand prix de la ville de Bordeaux’,

le ‘prix des Maisons de la Presse’, le prix Jean Macé pour Victoire au Mans où il relate l’ambiance de la course mythique vue à l’époque des duels Porsche/Alpine, le Prix Eugène-Le-Roy pour L’Espagnol en 1960,

le ‘grand prix du roman populiste’ pour La maison des autres en 1967, le prix des Petits-Pères pour Qui m’emporte en 1958note 1

Militant inlassable de la paix et défenseur des droits de l’homme, il accompagne Claude Mossé au Bengale dont il reviendra écœuré, écrivant la préface du livre Mourir pour Dacca et défend activement Jean-Marie Deveaux victime d’une erreur judiciaire. Il va aussi lutter pour l’objection de conscience avec son ami Louis Lecoin4, fustigeant constamment la guerre et la violence qu’il a souvent dénoncées dans ses romans, il a fait l’objet d’un longue polémique à la sortie de son roman Le Silence des armes en 1974, des attaques qui ont suivi auxquelles il a répondu dans son livre Lettre à un képi blanc.

Il a longtemps travaillé avec l’association Terre des Hommes, expérience dont il s’est servi pour écrire son livre Le massacre des innocents. Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Il soutient, depuis sa création en 2001, le fonds associatif Non-Violence XXI.

Il meurt le 5 octobre 2010 dans une clinique proche de Chambéry. Il repose à Frontenay dans le Jura.

Son œuvre

Bernard Clavel, s’il est surtout connu comme romancier, a aussi écrit des Contes et nouvelles pour la jeunesse ainsi que de nombreux articles, préfaces et témoignages. Il passe aussi pour être un représentant de ce qu’on appelle le roman du terroir et tire son inspiration de sa vie et d’une observation aiguë du monde qui l’entoure. Il aime décrire les existences rudes et ses personnages évoluent souvent dans des milieux ruraux ou sauvages.

La Grande Patience est une fresque autobiographique dans laquelle il retrace son apprentissage sous la houlette d’un patron tyrannique et injuste. La Seconde Guerre mondiale bouleversera son existence. Dans le dernier ouvrage de cette série, il évoque de manière poignante la mort de ses parents.

La fresque Le Royaume du Nord est née d’une double passion : sa seconde femme (Josette Pratte, écrivaine québécoise) et le Québec, dont le climat et la géographie tourmentée servent à merveille son besoin de décors rudes et grandioses. Cette série relate la vie de pionniers canadiens qui peu à peu, tentent de s’approprier la terre du grand Nord canadien. Les Colonnes du ciel est une série dans laquelle il raconte la Franche-Comté aux prises avec la peste et la guerre. C’est un écrivain prolifique qui a écrit plus d’une centaine d’ouvrages (pas tous disponibles malheureusement). Si ces grandes fresques ont marqué les esprits, il est aussi connu pour des romans tels que : L’Espagnol, Malataverne… ou des œuvres plus récentes comme Brutus ou La Retraite aux flambeaux.

Bernard Clavel est l’homme des émotions : celles qui réveillent les images de Dole, la dure réalité de l’apprenti-pâtissier, puis ses pérégrinations à travers la France pendant la guerre qu’il retrace dans La Grande Patience ; celles qui l’assaillent à Salins-les-Bains quand il prend conscience des horreurs de la guerre de Dix Ans dans son pays de Franche-Comté dont il raconte l’histoire dans Les Colonnes du ciel ; puis celles du Canada dans Le Royaume du Nord et ses pionniers aventureux dont il écrira dans la préface d’Harricana : « Empruntant pour la première fois la route du nord au cours de l’hiver 1977-78, j’étais loin d’imaginer la place que ces terres allaient occuper en moi. » Celles aussi que suscite sa rencontre avec l’homme de Terre des hommes qui lui fit si forte impression qu’il apparaît dans Les Colonnes du ciel à trois reprises sous les traits du père Boissy, d’Alexandre Blondel, le « sauveur des enfants », et du père Delorimière. Il ressemble aussi à son personnage de L’Homme du Labrador qui vit ses rêves jusqu’à les faire partager par les autres et nous livre ainsi quelques clés sur la création romanesque.

Il s’inscrit dans les terroirs qui l’ont marqué, le Québec5 bien sûr et sa région natale de Franche-Comté6 mais aussi les pays du Rhône7 où il résida longtemps et écrivit ses premiers romans et y revint plus tard autour des années 2000 avec des romans comme La Table du roi ou Les Grands Malheurs.

Ses éléments, il le dit lui-même, ce sont la terre et l’eau : « Je suis un homme de la terre mais peut-être encore davantage un homme de l’eau. Le Saint-Laurent, l’Harricana après le Doubs, l’Ain et la Vallière m’ont marqué8. » À cette géographie sentimentale correspond une histoire sentimentale, d’abord l’histoire épique et romantique de la guerre racontée par les Anciens qui « ont laissé en moi une trace profonde » puis il eut « cette chance de rencontrer d’autres hommes (qui lui) ont ouvert les yeux, car, écrit-il, nous avons besoin de bonté autant que de beauté. » À ceux qui lui reprochaient de trop écrire, il répondait par cette citation de François Mauriac : « Notre vie vaut ce qu’elle nous a coûté d’efforts. »

Le fonds d’archives personnelles de Bernard Clavel et Josette Pratte est déposé et conservé auprès de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne (BCU), en Suisse.

Bernard Clavel, qui êtes-vous ?

Il y a une résonance, une connivence entre ces deux ouvrages où Bernard Clavel égrène ses souvenirs et nous livre une partie de lui-même dans Les Petits Bonheurs et Bernard Clavel, qui êtes-vous, qui font l’objet de cette présentation. Évoquant des souvenirs, Bernard Clavel nous confie que « ce sont des choses que l’on croit avoir oubliées, mais qui sommeillent en vous et ressortent quand quelqu’un s’avise de les aiguillonner. »

Sa vocation d’écrivain transparaît, se dévoile quelque peu avec cette citation de Jean Guéhenno : « Les impressions d’enfance marquent la couleur de l’âme, » et son passé entre une mère conteuse-née et un père ressassant des souvenirs comme Henri Gueldry dans son roman Quand j’étais capitaine qu’on retrouve dans les tranchées creusées avec ses copains près du hangar. C’est lors d’un voyage à Lyon qu’il découvre le Rhône, qui va tant compter pour lui, « certain que dès ce jour-là, le Rhône est entré en lui. » Au cours de ses tournées, son père lui enseignait ce que Bernard Clavel nommera plus tard « sa géographie sentimentale ».

Son enfance est un pays de rêves, il plane en haut de l’arbre du jardin, suit avec passion les préparatifs de départ d’un voisin, Paul-Émile Victor, faisant « des tours du monde imaginaires. »

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Vue de Dole

Mais le rêve de l’enfance s’éloigne brusquement avec La Maison des autres, roman largement autobiographique sur son apprentissage de pâtissier, dur apprentissage de la vie aussi pour cet adolescent pour qui la ville de Dole avait été liée au bonheur des repas de famille. Vision contrastée de cette ville qu’il décrira dans Le Tambour du bief avec le canal Charles-Quint et ses écluses. À travers une question sur le message que peut véhiculer un roman, c’est l’ouvrier de la nuit qui répond, celui qui déplore que les intellectuels ne soient pas considérés comme des travailleurs.

Après La Maison des autres, c’est le début de la guerre, chapitre qui commence par cette histoire de Voltaire : « Le soldat tire à genoux, sans doute pour demander pardon de son crime ». La guerre, vieille compagne « qui le hante » dira-t-il en 2005, avec qui il a des comptes à régler : toujours la conviction que la guerre est dans le cœur de l’homme et qu’il faut opérer pour l’éradiquer, en passant comme il l’a fait, par une prise de conscience longue et douloureuse. De l’occupation, il retiendra surtout un grand amour malheureux et, dit-il, « j’ai passé l’essentiel de mon temps à poursuivre des chimères. C’est je crois, ce qui a rendu la vie si difficile à mes proches. »

Il travaille d’arrache-pied et, comme un artisan têtu, remet constamment l’ouvrage sur son chevalet. Ainsi a-t-il traversé le temps de la guerre celui qui voulait voir la mer, part loin de chez lui, loin de ses parents, à la découverte de la France puis c’est à Castres que le cœur de vivants va vivre un grand amour. À l’héroïsme du soldat, il préfère le courage, celui qui « consiste à savoir dire non au pouvoir lorsque ce pouvoir nous oblige à des actes condamnables. » Credo pacifiste de celui qui a écrit Lettre à un képi blanc. Ses ‘affinités électives’ vont vers des pacifismes Romain Rolland, Jean Giono, Jean Guéhenno et Gilbert Cesbron, « un frère pour moi. » Puis ce fut Les Fruits de l’hiver, la disparition de ses parents, lui qui a été « le déchirement de leurs dernières années. »

Après la guerre, il se marie, vit le long du Rhône à Vernaison au sud de Lyon et peint plus qu’il écrit. Il côtoie les gens simples qui lui inspirent plusieurs romans comme Pirates du Rhône, ou La Guinguette et le Rhône, ce fleuve qui est aussi pour lui un ‘personnage’ qui peut être calme ou traitre, mais qui pique aussi de terribles colères comme dans La Révolte à deux sous ou Le Seigneur du fleuve. Peu à peu, il a délaissé la toile pour les mots.

Vernaison, la vie de famille, la société de sauvetage, son travail de salarié, la charge est énorme : le piège pour un écrivain. Bernard Clavel se qualifie lui-même de « menteur-né », ne sachant vraiment plus la part de biographie dans son œuvre et cite Albert Camus : « Les œuvres d’un homme retracent souvent l’histoire de ses nostalgies ou de ses tentations, presque jamais sa propre histoire. »

Quand on lui parle du Rhône, le défenseur de la nature s’insurge contre « les massacreurs de la nature qui, prédit-il, seront à long terme vaincus.» Bernard Clavel connaissait bien ‘le prix du temps’, écrivant « une pièce radiophonique par semaine, un roman par an, des émissions sur les disques et les livres, des articles pour des revues comme Résonances… » Telles sont ses ‘années lyonnaises’ de 1957 à 1964, quai Romain Rolland puis cours de la Liberté. Sa culture s’est forgée pendant ces années : « Tout est dans le tempérament mais tout vient aussi des rencontres, de ce que la pratique des métiers et le côtoiement des êtres vous apportent. » « Être romancier, dit-il, c’est porter en soi un monde, et c’est ivre en ce monde beaucoup plus qu’en celui qui vous entoure. » Malgré sa puissance de travail, Bernard Clavel plonge dans la dépression et il faudra l’intervention de son éditeur Robert Laffont pour qu’il arrive à tourner la page ».

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Vue de Chelles

Vue de Brunoy

Rupture, « l’éternel vagabond » s’installe dans la région parisienne à Chelles de 1964 à 1969 puis à Brunoy. S’il reste fidèle au stylo plume et au papier, le cinéma s’intéresse à lui et achète les droits de Qui m’importe et de Le Voyage du père. Terrible déception. Il ne reconnaît rien de ses romans et préférera désormais les adaptations télévisées auxquelles il participe, et la première, L’Espagnol9, réalisé en deux parties par Jean Prat et diffusé en 1967, est un gros succès. Parfois même, ses romans rejoignent la réalité, une réalité qu’il apprend bien sûr après coup : il en donne quelques exemples à propos de L’Hercule sur la place ou Le Voyage du père. Sans doute écrit-il d’abord pour exorciser la mort. Il confesse : « Finalement, je me demande si l’on ne crée pas avant tout pour se survivre ». Et puis, il y eut 1968, pas mai 68 mais la consécration : prix Goncourt surtout, mais aussi grand prix de la ville de Paris et prix Jean Macé. À la question classique, « pourquoi écrivez-vous », il répond : « Écrit-on jamais pour autre chose que pour aller au fond de soi ? » (p. 123)

Retour au bercail : il s’installe dans la maison des abbesses à Château-Chalon près de Lons-le-Saunier où se déroule l’action de Le Silence des armes. (voir Terre des écrivains : Bernard Clavel à Château-Chalon) C’est l’époque où il écrit Le Seigneur du fleuve, Tiennot, Le Silence des armes et Lettre à un képi blanc. Avec ses deux derniers livres, c’est l’époque de la polémique, au côté des objecteurs de conscience, « j’estime, dit-il, que je n’ai pas le droit de cesser de me battre pour que la justice et la paix s’imposent ». S’il n’a aucun message à transmettre, il ne peut non plus écrire « une œuvre dégagée ». Il se veut comme son ami Roland Dorgelès « anarchiste chrétien ».

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Vue de Morges

Sa nouvelle vie laisse augurer une grande stabilité mais c’est le contraire qui se produit : début 1978, il s’installe au Québec avec Josette Pratte, Montréal puis Saint-Télesphore, « je suis un homme d’hiver » dit-il, saison à laquelle il consacrera un album en 2005. Il revient en France à Paris puis chez un ami à Bruxelles, le Portugal où il écrit Marie bon pain, Paris de nouveau chez des amis pour écrire La Bourrelle. Le périple se poursuit en 1979 dans une ferme du Doubs qu’il quitte en 1981 pour s’installer à Morges en Suisse sur les bords du lac Léman, renouer avec « La lumière du lac », là où en 1985 ce livre a été élaboré (avant de partir en Irlande).

Bernard Clavel se défend d’écrire des romans historiques – Les Colonnes du ciel sont faits de héros ‘modernes’ et l’histoire aurait pu se dérouler à notre époque, ou de mélanger réalité et fiction. Il précise : « J’ai fini par acquérir la conviction profonde qu’il y a pour l’artiste un droit absolu d’adhérer de plus près à son œuvre qu’aux êtres qui l’entourent. » Cette fois, il ne s’agit plus d’une simple rupture, c’est un second souffle, un homme résolument tourné vers l’avenir ; il a rencontré Josette Pratte, « un grand amour avec qui j’ai des échanges constants ». Quand on lui reproche un certain égoïsme, il répond que le métier d’écrivain est fatalement une longue solitude. Il parle de Harricana, cette rivière du Québec qui coule dans Le Royaume du Nord, des gens qu’il a rencontrés, qui sont devenus personnages, recomposés par son imaginaire. Et il conclut : « Vous voyez : une fois de plus, je n’ai rien inventé et j’ai tout inventé ».

Et s’il ne pouvait plus écrire, si on lui interdisait d’écrire, question cruciale : « Je ne vous ai pas attendu pour me la poser, répond-il à Adeline Rivard, il y a près d’un demi-siècle qu’elle me poursuit… »10

Les petits bonheurs

À travers ce récit11, Bernard Clavel part à la rencontre de son enfance, de son passé. Il revoit ses terreurs d’enfant quand la lampe Pigeon de la salle à manger « n’éclairait jamais certains recoins d’où pouvaient bondir des ogres, des loups ou des monstres. » Frayeurs d’enfant qu’amplifie son imagination, visions d’animaux qui peupleront ses livres pour la jeunesse12. Sa mère renforce cette tendance, elle qui « appartenait au temps des veillées de contes populaires », née près de Dole dans le Jura où Marcel Aymé devait rencontrer La Vouivre. C’était leur univers, « des personnages de contes… qui vivaient pour elle aussi bien que pour moi », un monde qu’il fera revivre dans ses livres sur les contes et légendes13. « Je sais, écrit-il, que c’est dans ces moments-là que sourd ce qui m’a nourri et m’a permis d’écrire ».

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Vue de Dole

Il y décrit le travail de ces humbles artisans aux mains d’or, Vincendon le luthier dont le père de Bernard Clavel conservera religieusement les outils, le père Seguin, cordonnier à l’échoppe qui exhalait des odeurs enivrantes de colle qui chauffait au bain-marie et des cuirs qui trempaient. Le jour où Nini la fille des Seguin, leur parle du Groenland, Bernard Clavel se souvient : « Dès ce jour, ce fut comme si j’avais commencé à préparer mon sac à dos ». Les souvenirs comme le départ sur le Pourquoi pas ? du commandant Charcot du fils Victor, se recomposent et se combinent pour déboucher un jour sur L’Homme du Labrador. « Par nature, par instinct, nous confie-t-il, je me sentais déjà du nord ». Bien sûr, dans ses souvenirs, on retrouve la tante Léa et l’oncle Charles, « ce vieux baroudeur qui avait connu les campagnes d’Afrique et d’Extrême-Orient », héros de son roman Quand j’étais capitaine.

Tous ces récits, la fin tragique de la mère Magnin, les balades dans la vieille auto de la mère Broquin, les amis cheminots de son père, vont s’imprégner dans la mémoire du jeune homme, ‘oubliés’, endormis mais qui alimenteront peu à peu son imaginaire. Bernard Clavel « profitait de leurs propos ». Il vivait avec eux leur vie simple, parfois leurs aventures, « c’est ainsi que je devais me rendre jusqu’à Istanbul dès l’âge de cinq ans à travers les récits d’un autre cheminot : le père Tonin ». Il lui suffisait d’un chêne étêté qui devenait navire de haute mer et il était « tour à tour Christophe Colomb, Vasco de Gama ou Charcot », Robinson Crusoé parfois quand « mon bateau se muait en île ».

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Ce vieux chêne qu’il ne soumet à un sévère élagage que sur injonction de son père, a des airs de famille avec L’Arbre qui chante. C’est aussi cette absence de livres chez lui qui l’a marqué, et il se demande « si tous les enfants qui ont vécu leurs jeunes années dans une maison sans livres sont, comme je l’ai été, fascinés par la chose imprimée ». Il gardera des impressions profondes, rémanentes, des impressions de peintre avec ces reproductions de Bosch et de Pieter Bruegel dont ils retrouvent certains traits dans le visage de cette folle entrevue un jour en gare de Chaussin. En peinture, c’est sa tante Léa qui fut son initiatrice, l’aidant à développer ses dons naturels pour le dessin, lui présentant Delbosco, un voisin peintre.

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Vue du lac Léman

A travers les menues distractions qui étaient autant de petits bonheurs, la joie de la retraite aux flambeaux, titre d’un de ses romans, se dessine L’Hercule sur la place qui doit ressembler à son oncle Paul, coiffeur à Dole. Dole, la ville de sa mère où il allait voir la maison natale de Pasteur et, sur le belvédère, admirer le panorama. Un jour de balade, il découvre, béat, le lac Léman dont il écrira Les Légendes. Nostalgie de l’almanach, nostalgie des textes de Roland Dorgelès, « des bonheurs d’enfants qui peuvent déboucher sur de belles joies d’homme », des extraits de Maria Chapdelaine, « de la neige, de la glace… nous parlions du Canada comme d’un paradis », avant-goût du Royaume du Nord. Des quelques livres entrés parcimonieusement chez lui, il dira « c’est d’eux que me vient l’essentiel de ce qui a nourri mes romans ».

Les souvenirs plus récents, c’est le temps de La Grande Patience, l’apprentissage à Dole chez un pâtissier « qui était une brute », c’est le temps des années noires que son ami Jean Guéhenno a si bien décrit dans son Journal, la montée du nazisme et la guerre. « Les hommes sérieux murmuraient, écrit-il. Tout ça ne sent pas bon. Ces nazis sont en train de nous préparer de grands malheurs ». Les Grands Malheurs, titre de son dernier roman.

Les Petits Bonheurs, c’est tout ça, les histoires, la vie quotidienne, les émotions qui l’ont marqué où l’on retrouve toute son iconographie, c’est d’abord une incursion dans ce qu’il appelait « sa géographie sentimentale ».

Écrit sur la neige

Ce livre où Bernard Clavel égrène ses souvenirs, ce qui a fait sa vie et nourri son œuvre, est né d’une série d’interviews recueillis par le journaliste Maurice Chavardès. Il y développe ses conceptions, disant qu’il écrit « pour communiquer mes émotions à mes semblables et pour en provoquer le renouvellement, » que ce métier requiert de la patience pour l’apprendre mais que « ne deviendra romancier que celui qui est né romancier : c’est-à-dire celui qui porte en lui un monde et le désir profond de l’animer. »

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Brueghel : La Tour de Babel

Il y évoque son enfance, son univers à Lons-le-Saunier avec ses parents, tout ce qui a disparu depuis, démoli, le jardin bétonné, saccageant ses souvenirs, qu’il ressent comme une blessure. Il revoit ces petits riens qui affleurent à sa mémoire comme la lampe pigeon de sa mère. Il voudrait retrouver les crépuscules d’hiver, le silence qui accompagne cette fuite de la lumière, « il imprégnait les âmes et ce qui pénètre ainsi une âme d’enfant peut à jamais colorer l’existence d’un homme. » Il était alors un rêveur invétéré.

Il y eut d’abord la peinture, cadeau de la tante Léa qui sera son initiatrice. Puis il rencontra à Lons-le-Saunier près de chez lui Roland Delbosco, un peintre-poète qui lui inocule le virus, lui fit découvrir le Rhône à Vernaison où il s’établit pour plusieurs années. Le Rhône, ce fleuve qui hante nombre de ses romans, de Pirates du Rhône jusqu’à La Table du roi. Vernaison est une étape essentielle, il s’y est marié, ses enfants y sont nés, là-bas il s’est colleté à la peinture puis à l’écriture. Là-bas, il fait la connaissance d’un amateur d’art Louis Mouterde chez qui il découvre la peinture de l’école lyonnaise. Ses goûts le portent aussi vers les impressionnistes et la peinture hollandaise, pays où il aime se rendre pour visiter les musées, surtout Rembrandt et Bruegel, le peintre qui l’a le plus marqué dans sa jeunesse.

Bernard Clavel n’aime pas évoquer le contexte de ses romans et des aspects biographiques qu’ils contiennent, « Parler de moi m’agace très vite » dit-il. Sur le métier d’écrivain, ou plutôt ce que « l’individu porte au plus secret de son être sensible », il sait pour l’avoir vécu que « tout vient de la vie », de ce que l’écrivain engrange de ‘matière première’, expériences faites d’événements et de sensations. « L’art est fait d’impulsions mises en forme. »

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Salins-les-Bains

Généralement, ses œuvres il les porte longtemps, les laisse mûrir puis s’y invertit totalement jusqu’à oublier le présent et délaisser ses proches. Même s’il y répugne, il évoque la genèse de La Saison des loups, sa visite à Salins-les-Bains et le choc quand il découvre cette guerre oubliée quand la Franche-Comté, humiliée et dévastée, devient française, comment ses personnages l’ont amené à donner une suite à ce premier volume dans La Lumière du lac.

À la question de savoir s’il est un intellectuel, Bernard Clavel répond qu’un homme doit pouvoir changer de métier, lui se verrait plutôt menuisier ou charpentier. Sa vocation, même s’il n’aime guère ce mot, il l’a considère comme un ‘bouillon de culture’ : « Je suis né sensible, j’ai été élevé par une mère qui l’était, par un père secret… notre entourage d’artisans raconteurs d’histoires m’a impressionné. » Petit, on l’accusait de mentir alors que, dit-il, il ne faisait que « raconter des histoires. »

Son engagement s’est fait peu à peu, de façon naturelle, l’amenant à défendre un humanisme basé sur la sauvegarde de l’homme et de la nature, le recours à la non-violence. Pour lui, « un fleuve, une terre, un vignoble, des forêts sont tellement liés à l’existence de l’homme qu’il me paraît impossible que l’humanité oublie ce lien sans courir à sa perte. » Engagement pour l’écologie et les enfants martyrs, engagement contre l’État guerrier et marchand d’armes. Engagement aussi dans l’affaire Jean-Marie Deveaux ou l’affaire Buffet-Bontemps contre la peine de mort, contre les pratiques policières, l’impéritie de la justice et du système pénitentiaire. C’est un homme en colère qui fustige policiers et magistrats indifférents ou trop répressifs.

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Marche non violente

Tant que l’injustice sévira jusqu’aux plus hauts degrés de l’État, le problème de la délinquance restera entier. Mais il continuera malgré tout à se battre contre la violence et la haine. « Ma vie est plantée de jalons en forme de clefs », confie-t-il à son interlocuteur. Sa rencontre avec Louis Lecoin en est un. Il écrit dans ses revues Liberté et Défense de l’homme, il participe avec lui à son combat pour le statut d’objecteur de conscience. Son pacifisme remonte à cette nuit d’août 1944, nuit de torture d’un pauvre type qui lui laisse dans la bouche un goût de fiel. C’est le souvenir de cette nuit qu’il utilisera dans L’Espagnol pour peindre une scène semblable. Mais le petit garçon jouait à la guerre et creusait une tranchée dans le jardin de son père : épisode qu’il rappelle à plusieurs reprises et reprend dans son roman Quand j’étais capitaine. Sa rencontre avec le père Maurice Lelong devait aussi l’influencer, évoquant ensemble Romain Rolland, défendant les insoumis et luttant contre la guerre d’Algérie.

Son rejet de la guerre l’amène à publier Le Silence des armes puis sa Lettre à un képi blanc. Il aura d’ailleurs l’occasion de rencontrer son contradicteur le caporal Mac Seale, « ouvert au dialogue, intelligent, et qui avait fort bien compris mon livre. » Hasard de la vie, il retrouve en Allemagne Hans Balzer, soldat allemand qui pendant l’hiver 1942-43 se trouvait comme lui à la prison de Carcassonne. Immense émotion, surtout quand ils visitent Buchenwald et parlent de leur admiration pour Romain Rolland.

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Banque des céréales

Son engagement, c’est aussi sauver les enfants à travers l’association Terre des Hommes et du livre Le Massacre des innocents qu’il écrit à son profit. Avec Claude Mossé et les medias suisses, il se bat pour les enfants du Bengale, se rend sur place et se bat pour acheminer le maximum de vivres. Il y a certes la violence individuelle, Bernard Clavel sait combien il est facile d’y succomber, combien aussi des jeunes comme les héros de son roman Malataverne peuvent en être victimes, mais la violence d’État est encore la plus pernicieuse. Pour lui, l’arme absolue est la non-violence, la seule utilisable « sans enfreindre aucune loi morale. »

Sur le plan littéraire, il reconnaît lire peu de romans et, en matière d’influence note son ami et biographe Michel Ragon, « le rapprochement de tant d’auteurs (une dizaine) signifie qu’en réalité, il ne ressemble à personne. » Le jour où il démissionne de l’Académie Goncourt, il skie dans le Jura avec des amis, « la vraie vie », entre partage et amitié, « nous écrivons toujours sur la neige, note-t-il, le tout est de savoir à quelle heure se lèvera la tempête. »

Les décorations et les prix littéraires ne l’ont jamais intéressé, même s’il a obtenu le prix Goncourt dans des conditions assez rocambolesques auxquelles il est resté totalement étranger. Même s’il a obtenu de nombreux prix, il les juge plus néfastes qu’utiles. Ce qui l’a le plus marqué – et beaucoup aidé – ce sont les rencontres, ses premiers amis avec Delbosco qui, de fil en aiguille, vont lui permettre de devenir l’ami d’écrivains comme Hervé Bazin, Armand Lanoux, Roland Dorgelès puis Jean Giono et Marcel Aymé. Ses livres lui valent l’amitié de philosophes comme Gaston Bachelard et Gabriel Marcel. Il se montre très critique envers les critiques, dénonçant le côté élitiste ou réactionnel de beaucoup d’entre eux. Mais il pense surtout à d’autres rencontres comme celle de Frédéric Ditis des Éditions J’ai lu ou avec le peintre Jean-François Reymond qui débouchera sur la publication du livre Bonlieu ou le silence des Nymphes.

Lors de ses débuts, Bernard Clavel a beaucoup travaillé pour la radio, excellent apprentissage pour lui à Radio-Lyon. S’il est déçu par les deux adaptations au cinéma (Le Tonnerre de Dieu et Le Voyage du père), il s’enthousiasme pour la télévision et participe à l’adaptation de plusieurs de ses œuvres (voir rubrique 7 : adaptation au cinéma).

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Biodiversité

Il a également beaucoup écrit pour la jeunesse car dit-il, « quel bonheur de retrouver un moment de sa propre enfance, rechercher ses propres sources d’émerveillement. » Mais il est difficile de traiter de la réalité en édulcorant les côtés les plus négatifs, en évitant toute violence, à promouvoir de nobles sentiments tels que « la droiture et l’honnêteté » sans pour autant bêtifier.

Si l’attitude de l’Église l’a souvent agacé, si sa recherche de Dieu a toujours été difficile, il a réussi à retrouver la foi. Avec l’âge, il lui semble peu à peu apprivoiser la mort, vouloir une mort plutôt lente avec laquelle il puisse se confronter mais, dans les cas extrêmes, être favorable à l’euthanasie.

Á propos de la Franche-Comté et de ses nombreux déménagements, il admet « être un déraciné » et que c’est un constat très « démoralisant ». Ceci l’amène à développer l’un de ses thèmes favoris : l’écologie, la culture biologique, la défense de la planète et de la biodiversité. C’est aussi le cas précise-t-il pour le Jura où il s’était installé un moment dans le village de Château-Chalon près de Lons-le-Saunier, pollué par l’urbanisation et le tourisme. Pourtant, il pense déjà à l’époque, en 1977, à revenir près de ses racines, « l’essentiel serait seulement que je puisse m’en rapprocher le plus possible. »

NDLR : Il le réalisera en 2002 lorsqu’il s’installera dans la commune de Courmangoux dans le Revermont bressan, avant que tout soit remis en cause par la maladie.

Œuvre

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et Bibliographie au format poche 

Bernard Clavel a écrit près de 40 romans, ainsi que des essais, des recueils de nouvelles et des livres pour enfants :

Romans

Série La Grande Patience
  1. La Maison des autres , 1962
  2. Celui qui voulait voir la mer, 1963
  3. Le Cœur des vivants, 1964
  4. Les Fruits de l’hiver, 1968
Série Les Colonnes du ciel 14
  1. La Saison des loups, 1976, Robert Laffont
  2. La Lumière du lac, 1977, Robert Laffont, dernière édition 1985
  3. La Femme de guerre, 1978, Robert Laffont
  4. Marie Bon pain, 1980, Robert Laffont, dernière édition 1985
  5. Compagnons du Nouveau Monde, 1981, Robert Laffont, dernière édition 1985
Série Le Royaume du Nord
  1. Harricana 1983
  2. L’Or de la terre 1984, Albin Michel
  3. Miséréré 1985
  4. Amarok 1987
  5. L’Angélus du soir 1988, Albin Michel
  6. Maudits sauvages 1989, Albin Michel
Autres romans

Bernard Clavel a écrit de nombreux romans à partir de 1956 jusqu’aux années 2000 :

Contes, nouvelles et divers

Récits et essais (Clavel).

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Image de conte

Essais et récits

Récits et essais (Clavel).

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Montaigne : les essais

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Arbre en hiver

Revues et collaborations diverses

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Préface

articles, préfaces…
(cliquer sur Dérouler)

Œuvres pour la jeunesse

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La Maison du canard bleu, Casterman, 1972, Le Chien des Laurentides, Casterman, 1979,
Ces trois titres sont regroupés désormais sous le titre L’Arbre qui chante, 1997, Albin Michel Jeunesse,
L’autobus des écoliers, illustrations de Christophe Besse, La Farandole, 1991, Le rallye du désert, illustrations Christophe Besse, La Farandole, 1993

Sirènes du Léman

Édition des œuvres complètes

« C’est assez dire que, pour moi, la géographie est toujours sentimentale. »
« Clavel ne donne ni dans la bourgeoisie aisée ni dans l’aristocratie mélancolique. Quel ami des lettres n’a pas été secoué à un moment ou un autre par l’ouragan Clavel ? »
Edmonde Charles-Roux, de l’académie Goncourt
Volume 1 – (ISBN 978-2-258-06135-4)

 

 

 

 


Volume 3 – (ISBN 978-2-258-06393-8)
Volume 5 – (ISBN 978-2-258-06672-4)
  • Romans : Les colonnes du ciel (Harricana, L’or de la terre, Miserere, Amarok, L’angélus du soir, Maudits sauvages
L’arbre qui chante et autres histoires (ISBN 978-2-258-06746-2)
  • L’arbre qui chante, La maison du canard bleu, Odile et le vent du large, Le chien des Laurentides
  • Le roi des poissons, Rouge pomme, Akita, La chienne tempête, Kouglof, chien de guerre
  • Wang, chat-tigre, Les enfants de l’ourse, Le chien de combat, La louve de Noirmont
  • Le commencement du monde, Le voyage de la boule de neige, Le hibou qui avait avalé la lune
Volume 2 – (ISBN 978-2-258-06136-1)
  • Romans : La grande patience (La maison des autres, L’homme qui voulait voir la mer, Le cœur des vivants, Les Fruits de l’hiver)
  • Nouvelle : Victoire au Mans
  • Divers : Conférence sur Bruegel, Terre d’Ornans, patrie de Courbet, La fête à Jérôme, Préface au Talon de fer de Jack London, Le roman par les romanciers
Volume 4 – (ISBN 978-2-258-06394-5)
  • Romans : Les Colonnes du ciel (La Saison des loups, La Lumière du lac, La Femme de guerre, Marie Bon Pain, Compagnons du Nouveau Monde
  • Nouvelles : L’Iroquoise, La Bourrelle
  • Divers : La Mémoire nue, Bonlieu ou Le Silence des nymphes
Volume 6 – (ISBN 978-2-258-06673-1)
L’arbre qui chante et autres histoires – suite
  • Le mouton noir et le loup blanc, L’oie qui avait perdu le nord, Au cochon qui danse
  • Félicien le fantôme, À Kénogami, Le grand voyage de Quick Beaver, Les larmes de la forêt
  • Le loup bavard, La cane, Les portraits de Guillaume, Le château de papier, Béquillou
  • Le tout petit flocon, La visite du père Noël, L’évadé du m

 

Cinéma, télévision, radio

Adaptations au cinéma

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Lilli Palmer

(Fernandel, un Marseillais jouant le rôle d’un paysan jurassien, il fallait oser et Denys de La Patellière osa).
Le film ne fut pas du goût de Bernard Clavel qui s’estima trahi par cette adaptation qui dénaturait son roman. En effet, la plus grande différence est que le père ne part plus seul à Lyon : « Tout était gâché à partir du moment où le père, dans son voyage, n’était plus « seul », mais où on le faisait accompagner par l’instituteur. Comment voulez-vous qu’on soit pris par ce qui se passe dans le cœur du père, dans l’âme d’un homme que j’avais voulu acharné seulement à retrouver son enfant, lorsqu’on entend, sans aucune raison, des allusions à de Gaulle, aux ministres, lorsqu’on ne nous épargne aucun déshabillage ? »

Adaptations à la télévision
Collaborations à la radio

 

(*) Wikipedia

 

flashclips

VIDEOS

 

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Révolution Solaire de Bernard CLAVEL

bernardclavelrs29052010

Pour le 29/05/2010 à 00h00 à Lons-le-Saunier.

TRANSIT DU NOEUD NORD EN MAISON 4 ET DU NOEUD SUD EN MAISON 10:

Actuellement grâce au transit des noeuds dans l’axe Fond de Ciel / Milieu du Ciel de votre thème natal, vous bénéficiez d’un solide appui planétaire vis-à-vis de toutes les affaires immobilières.  L’achat ou la réalisation de biens immobiliers, maisons, terres ou terrains se réalisera au mieux de vos intérêts. Vos climats actuels vous feront découvrir et obtenir la maison ou l’appartement souhaités depuis si longtemps. Par ailleurs si vous souhaitez une légation ou un héritage, surtout issu d’un lien parental et mieux encore, de votre mère, cela interviendra dans le courant de la période actuelle. Faites donc converger vos efforts vers les domaines concernés, même si vous vous êtes heurté jusqu’à présent à des obstacles insurmontables ; ceux-ci s’écarteront car le temps est venu et les fruits sont mûrs, cueillez-les.

Votre période actuelle a pour but majeur de vous ressourcer, d’établir de nouveaux fondements dans votre vie, vers une restructuration. Recherchez donc une nouvelle implantation avec discernement et circonspection car celle-ci deviendra le lieu de production de vos réalisations des prochaines neuf années correspondant à un demi parcours des nœuds. Le soin apporté à son choix a autant d’importance que celui que votre mère apporta à la préparation de votre naissance (neuf mois). Comme elle, vous êtes maintenant en gestation. Ne tentez donc pas de forcer ni de précipiter une élévation sociale ou professionnelle. Le cycle actuel ne vous le permet pas. Inutile donc de chercher à accélérer votre croissance  ou l’éclat dans une vie extérieure ou professionnelle. Vous gaspilleriez vos efforts inutilement en ouvrant dans cette dernière direction. Tentez au mieux de maintenir le cap de vos affaires en minimisant les dégâts car vous n’éviterez pas une certaine stagnation, voire un extrême ralentissement. Tout effort d’élévation, toute tentative d’accentuation de réussite ou de renommée – sociale ou professionnelle – vous coûteront plus cher qu’ils ne pourront vous rapporter, tant physiquement que financièrement. Dépensez-vous plutôt dans l’embellissement ou dans la rénovation de votre commerce, de votre entreprise ou de votre maison. Restructurez en prévision de la période suivante qui favorisera le commerce local. Cette période a pour but essentiel de vous pousser à revoir vos bases qu’une élévation ou un essor inconsidéré compromettraient jusqu’à faire s’effondrer l’édifice. Analysez donc les fondements et les structures de vos assises, y compris celles de votre vie familiale. Votre destin place actuellement la priorité sur cette dernière. Accordez plus de temps aux vôtres, en leur réservant une meilleure partie de vous-même et de votre temps. Achetez ou transformez vos installations ou équipements existants, embellissez.

Un changement de résidence pourrait se révéler très bénéfique et renouveler positivement votre vie. Vous constaterez qu’en fin de compte, durant cette période, vous tirerez bien plus de satisfactions de votre vie familiale que de votre vie professionnelle ou sociale plutôt décevante. Vous êtes en gestation. Contentez-vous donc de bien construire votre nid telle une hirondelle à son retour au niveau cycle de printemps.

-=-=- F I N -=-=-

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